Cinéma géorgien

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Le cinéma géorgien est reconnu en Europe pour sa grande créativité[1].

Thèâtre Chota Roustavéli (Tbilissi)

Historique[modifier | modifier le code]

Empire russe[modifier | modifier le code]

Le premier festival de cinéma est organisé à Tiflis à la fin du XIXe siècle.

Les premiers courts métrages sont tournés en 1908 par Vassil Amachoukéli : il signe en 1912 le premier documentaire géorgien d'une certaine longueur (28 minutes), Akaki Tsérétéli à Ratcha.

République démocratique de Géorgie[modifier | modifier le code]

Le foisonnement intellectuel redouble sous la jeune république et un studio de cinéma est ouvert à Tiflis en 1918. Aleksandre Tsoutsounava réalise le premier long métrage géorgien, Christine.

Époque soviétique[modifier | modifier le code]

Les premiers films géorgiens de l'époque soviétique, réalisé par Aleksandre Tsoutsounava et Koté Mardjanichvili, s'inspirent d'œuvres littéraires et constituent la plupart du temps des mises en images de légendes ou d'épopées nationales.

Koté Mardjanichvili

La génération suivante, comme Mikheil Kalatozichvili (qui devient à Moscou Mikhail Kalatozov), Mikheil Tchiaoureli et Nikoloz Chenguélaia, bien qu'ayant reçu la formation académique de l'Institut VGIK de Moscou et ne réunissant pas toujours les préalables bureaucratiques indispensables, réussit à tourner des œuvres qui se différencient des grandes fresques cinématographiques soviétiques. La vie culturelle à Tbilissi bénéficie -selon l'humeur politique du moment- d'une certaine tolérance, ainsi Mikhaïl Kalatozov réalise Le clou dans la chaussure -qui sera finalement censuré- avant de se plier à l'air du temps (Quand passent les cigognes obtient le premier Prix du Festival de Cannes en 1958). Tenguiz Abouladzé et Révaz Tchkhéidzé y avaient été primé en 1956 avec l'Âne de Magdana[2].

Le cinéma géorgien connait ensuite un âge d'or, à la tolérance pratiquée par la censure à Tbilissi, s'ajoutent la libéralisation du régime soviétique et la vitrine que représente le cinéma vers la communauté internationale : 60 films sont parfois tournés par année. Apparaissent des talents comme Temur Babluani, Eldar Chenguelaia, Gueorgui Chenguelaia, Goderdzi Tchokheli, Siko Dolidze, Rezo Esadze, Lana Gogoberidze, Mikheil Kobakhidze, Merab Kokochashvili, Nana Mchedlidze, Kote Mikaberidze et Sergei Parajanov (Arménien de Tiflis)[1].

Frederico Fellini décrit le cinéma géorgien de cette époque comme "un étrange phénomène, sophistiqué et bouleversant"[1]. Le grand public européen a commencé à le connaître à la fin de l'époque soviétique, au travers des films de réalisateurs comme Otar Iosseliani et Nana Djordjadze : il a ensuite découvert des jeunes réalisateurs géorgiens -formés à la Faculté de cinéma et de télévision de l'Université d'État de théâtre et de cinéma Chota Roustavéli, héritière de la section film de l'Institut de théâtre-.

Georgiafilm.png

Époque post-soviétique[modifier | modifier le code]

Faute de moyens financiers, ces réalisateurs se tournent souvent vers des coproductions étrangères, voire vers une expatriation personnelle. Ainsi Otar Iosseliani s’installe en France en 1982, Gela Babluani en 1996 et Nino Kirtadzé en 1997. La création du Centre national cinématographique de Géorgie en 2000 tente d’accompagner cette évolution et donne à certains réalisateurs géorgiens, comme Levan Zakareishvili, Levan Tutberidze ou Archil Kavtaradze, l’opportunité de s’exprimer avec Tbilissi Tbilissi, Un voyage au Karabakh ou Subordination. Pourtant après Salomé Alexi sortie de la Fémis à Paris en 1996, Rusudan Chkonia complète sa formation en résidence à la Cinéfondation du Festival de Cannes en 2007, Téona Grenade sort à son tour de la Fémis en 2008, George Varsimashvili reçoit toute sa formation en France (Master de cinéma à l'Université Paris VIII et ESRA), Dea Kulumbegashvili étudie en 2015 à la Cinéfondation du Festival de Cannes .

Après les poésies cinématographiques issoliénnes -parfois délirantes et ayant acquis notoriété en Europe occidentale-, la nouvelle génération -marquée par la guerre civile des années 1990 (Notre enfance à Tbilissi) et par le sécessionnisme (La Terre éphémère)-, trace une image de la société civile géorgienne (Eka et Natia, chronique d'une jeunesse géorgienne, Les Mariées, voire Keep Smiling et Credit Line) emprunte d'arbitraire vis-à-vis des individus et dont la clé est l'émigration (Particulier à particulier est la transposition de l'aventure de centaines d'étudiants géorgiens cherchant une chambre à Paris, Depuis qu'Otar est parti -bien qu'issu du cinéma français- illustre le malaise des émigrés économiques géorgiens).

Le public géorgien regrette parfois la vision négative ainsi donnée. La plupart de ces films réalisés en coproduction étrangère, souvent franco-géorgienne ou germano-géorgienne, rencontrent un retentissement international souvent supérieur à leur notoriété nationale. L'école de cinéma géorgienne tente de perdurer sans oublier la poésie et la créativité de ses origines, non pas contre l’arbitraire étatique comme à l’époque soviétique mais contre l’arbitraire dans lequel est enfermé l'individu appartenant à une petite nation[3].

Liste des réalisateurs géorgiens par époque[modifier | modifier le code]

Á partir des années 2000[modifier | modifier le code]

Nana Ekvtimishvili et Simon Gross

Années 1980 et 1990[modifier | modifier le code]

  • Levan Tutberidze (1959-) : Nazaris ukanaskneli lotsva (1988), Tsarsulis achrdilebi (1995), Gaseirneba Karabaghshi (Voyage au Karabakh) (2005), Moira (2015)

Années 1950-1980[modifier | modifier le code]

  • Otar Abesadze (1934-)
  • Arkadij Airapetjan (1928-)
  • Vahtang Cabukiani (1910-)
  • Revaz Carhalashvili
  • Sergei Celidze
  • Bidzina Cheidze
  • Baadur Culadze
  • Giuli Cohonelidze
  • Giorgij Cohonelidze
  • Giorgij Danelija
  • Revaz Gabriadze
  • Tamaz Gomelauri
  • Zaharij Gudavadze
  • Levan Hotivari
  • Ramaz Hotivari
  • Georgij Kalatoeishvili (1929-)
  • Gela Kandelaki
  • Jurij Kavtarazde
  • Valerjan Kvacadze
  • Irakli Kvirikadze
  • Nana Mcedlidze
  • Tamaz Meliava (1929-1972)
  • Karaman Mgeladze
  • Nelli Nenova
  • Aleksandr Rehviashvili
  • Vahtang Tabliashvili (1914-)

Années 1900-1950[modifier | modifier le code]

  • Vladimir Barskij (1866-1936) (Russe de Tiflis) : L'Exilé (1922), Arsène le brigand (1923), Le Cauchemar de passé (1925), Le Secret du phare (1925), En plein dans le mille (1925), Le Neuvième Précipice (1926), La Princesse Mary (1926), Bela (1927), Maxime Maximovitch (1927), Les Cosaques (1928)
  • Zaharij Berishvili (1887-1965) : La marâtre Samanichvili (1927)
  • Mihail Ciaureli (1894-1974) : Saba (1929), ..., Aujourd'hui d'autre temps (1965)
  • Aleksandr Cucunava (1881-1955) : L'Écuyer du Wild-West (1925), Khanouma (1926), Les deux chasseurs (1927), Djanki (1928)
  • Siko Dolidze (1903-1983) : Au pays des avalanches (1931), Les derniers croisés (1934), Dariko (1936), L'amitié (1940), Le bouclier de Djourgaï (1944), La Géorgie (1952), La Cigale (1954), Le chant d'Eteri (1956), Fatima (1958), Le dernier jour et le premier jour (1959), Paliastomi (1963), Rencontre avec le passé (1965), Les jardins de Sémiramis (1970)
  • Kote Mardzanishvili (1872-1933) : L'oiseau-tempête (1924), La marâtre Samanichvili (1927), La loi et le devoir (Amok, 1927), Gogi Ratiani (1927) , Le taon (1928), La pipe du communard (1929)
  • Konstantin Pipinashvili (1912-) : Kadjana (1941), Le pont (1942), Le berceau du poète (1947), Le secret des deux océans (1956), Majakovskij commençait ainsi... (1958), Au seuil de la vie (1961), Les enfants de la mer (1964)
  • Ivan Perestiani (1870-1959) : N°37 au pénitencier (1918), La sœur du décabriste (1919), Jours de combat (1920), Arsène Djordjiachvili (1921), La forteresse de Souram (1922), L'homme est un loup pour l'homme (1923), Les diablotins rouges (1923), Trois vies (1924), Savour-Mogila (1925), L'affaire Tariel Meklavadze (1925), Illan-Dilli (1926), La faute de la princesse Chirvanskaia (1926), Dans la fondrière (1927), Commérages (1928), L'avalanche (1928), Zamallou (Le pont sur l’abîme, 1929), Anouch (1931), Le fainéant (1932), Deux amis (1936)
  • David Rondeli (1904-) : Ougoub-ziara (1930), L'échelle d'Archaoul (1935), Le paradis de Colchide (1941), Le bouclier de Djourgaï (1944), Les dompteurs de cimes (1952), L'ombre sur la route (1956), Mamliouk (1958), Sur les bords de l'Ingouri (1961), Petr, employé de la police (1965)
  • Nikolaj Sanishvili (1902-) : David Guramishvili (1946), Heureuse rencontre (1949), Printemps à Saken (1950), Ils sont descendus de la montagne (1954), L'écharde (1956), Le destin d'une femme (1957), La chanson interrompue (1960), Les poupées rient (1963), La loi des montagnes (1964), Rencontre dans les montagnes (1966), Tchermen (1970), Daïssi (1971), Le prix de la vie (1978)
  • Nikolaï Chenguelaia (1903-1943) : Gjulli (1927), Elisso (1928), Les 26 commissaires (1932), La vallée d'or (1937), La patrie (1939), Dans les montagnes noires (1941), Il reviendra encore (1943),

mais aussi :

  • Aleksandr Andrievskij (1899-)
  • Isidor Annenskij (1906-1977)
  • Diomid Antadze (1904-1955)
  • Aleksandr Balagin
  • Efim Dzigan (1898) : Le dieu de la guerre (1929)
  • Leonard Esakia (1899-1969) : À cheval sur Kholte (1928)
  • Shalva Gedevannishvili : Keto et Kote (1948)
  • Mihail Gelovani
  • Nina Gogoberide (1902-)
  • Garsevan Gomarteli (1898-)
  • Iosif Hejfic (1905-) : Le tertre de Malakoff (1944)
  • S. Huskibadze
  • N. Kahidze : Les deux troupeaux (1927), Gogi l'aviateur (1928)
  • Mikhaïl Kalatozov, né Mikheïl Kalatozichvili, (1903-1973)
  • Vladimir Legoshin (1904-1954)
  • Grigorij Lomidze (1903-1962) : C'est très simple (1930)
  • Aleksandr Maceret (1896-1979) : Moi, marin de la Mer Noire (1944)
  • Georgij Makarov (1894-1966) : La femme de la foire (1928), Le rapide n°2 (1929), Le divorce (1930), À bientôt ! (1934)
  • Sota Managadze (1902-) : Les mauvais voisins (1945)
  • Boris Mihin (1881-1963) : La loi des montagnes (1927)
  • Konstantin Mikaberidze (1896-1973) : Ma "grand-mère" (1929), Gassan (1932), Kadjeti (1936), Le fiancé en retard (1939), Le poste avancé (1941), Zueiko et Mariko (1952)
  • Sibo Paladandishvili : La dot de Joujouna (1934)
  • Vladimir Petrov (1896-1966) : Jan l'insaisissable (1942)
  • Lev Push (1892-) : Gjulli (1927), Le sang tzigane (1928), Mzago et Gela (1930)
  • A. B. Segel' (1897-1950) : Miss Cathy et M. Jack (1927), Mit'ka, Pet'ka et Chamberlain (1927)
  • Vahtang Tabliashvili : Keto et Kote (1948)
  • Aleksandr Zarhi (1908-) : Le tertre de Malakoff (1944)

Références[modifier | modifier le code]

Listes et catégories[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]