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Andreï Jdanov

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Andreï Jdanov
Fonctions
Parlementaire du Soviet suprême de l'Union soviétique
2ème législature du Soviet Suprême de l'Union soviétique (d)
-
Membre du præsidium du Soviet suprême de l'URSS
à partir du
Parlementaire du Soviet suprême de l'Union soviétique
1ère législature du Soviet Suprême de l'Union soviétique (d)
-
Membre de la 1re législature du Soviet suprême de la RSS de Biélorussie (d)
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 52 ans)
Dolgiye Borody (en) ou MoscouVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
Андрей ЖдановVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Allégeance
Activités
Homme politique, militaireVoir et modifier les données sur Wikidata
Père
Aleksandr Zhdanov (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Ekaterina Zhdanova (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Anna Zhdanova (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Zinaida Zhdanova (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Iouri Jdanov (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Partis politiques
Parti communiste de l'Union soviétique (à partir de )
Parti ouvrier social-démocrate de Russie (bolchevik) (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de
Politburo du Parti communiste de l'Union soviétique
Comité exécutif central panrusse (en)
All-Union Society of Old Bolsheviks (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Grade militaire
Colonel général (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Conflits
Guerre d'Hiver
Front de l'Est
Bataille de Leningrad (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions

Andreï Aleksandrovitch Jdanov (en russe : Андрей Алекса́ндрович Жданов, /ɐnˈdrej ɐlʲɪˈksandrəvʲɪtɕ ˈʐdanəf/), né le à Marioupol dans l'Empire russe et mort le près de Valdaï, est un homme politique soviétique, proche collaborateur de Joseph Staline[1],[2]. Il a joué un grand rôle dans la politique culturelle de l'URSS[2].

Andreï Jdanov a adhéré à la faction bolchevik du Parti ouvrier social-démocrate de Russie en 1915 et a gravi les échelons du parti. Il en devint ainsi le secrétaire général à Léningrad après l'assassinat de Sergueï Kirov en [3].

En 1939, il entre au Bureau politique. Staline le pousse en avant contre la vieille génération des Kaganovitch, Vorochilov et Molotov. Staline fait même pression sur sa fille Svetlana pour qu'elle épouse le fils de Jdanov.

En vacances au moment de l'invasion allemande le , il regagne rapidement Léningrad où il fait partie de l'équipe dirigeante pendant le siège de la ville, long de près de 900 jours, et au cours duquel 1 800 000 personnes trouvèrent la mort.

Au nom du « réalisme socialiste », il entreprend d'écraser le semblant de vitalité des arts qu'avait connu l'URSS à la faveur de la Seconde Guerre mondiale, jusqu'en 1946. Ainsi, il supervise jusqu'à sa mort le contrôle politique sur les livres, les films, la musique et les tableaux, réduisant nombre des plus grands artistes soviétiques au désespoir. L'aspect artistique s'efface devant l'exaltation de l'édification du socialisme, selon une pratique qui, après la fin de la Seconde Guerre mondiale, est directement associée à son nom, le « jdanovisme ». C'est dans ce contexte que Mikhaïl Zochtchenko et Anna Akhmatova sont chassés de l'union des écrivains soviétiques et interdits de publication[4],[5].

En 1947, il organise le Kominform, dont le but était la coordination des partis communistes en Europe. À l'occasion de cette création, il jette les bases de la politique soviétique de Guerre froide : la doctrine Jdanov. Cette dernière, à l'instar de la doctrine du Containment de Harry S. Truman (la même année), voit la séparation du monde en deux camps. Pour Jdanov : « le camp impérialiste est antidémocratique, le camp anti-impérialiste est démocratique ».

Il meurt en dans un sanatorium près du lac Valdaï, dans l'oblast de Novgorod. Sa mort semble liée à l'alcoolisme dont il souffrait, sans que l'on puisse écarter l'hypothèse d'un assassinat politique[6].

Sa mort est particulièrement profitable à Nikita Khrouchtchev, alors en semi-disgrâce, et à Malenkov, rival de Jdanov. Elle prive en outre Léningrad de son principal protecteur, ce qui permet à Malenkov et Beria de déclencher l'affaire de Léningrad. Cette machination se solde, entre autres, par l’exécution de Nikolaï Voznessenski et d'Alexeï Alexandrovich Kouznetsov, deux de ses « poulains » et candidats potentiels ultérieurs à la succession de Staline[2].

Staline profite également de sa mort et de celles de plusieurs autres dirigeants communistes, tels Dimitrov et Alexandre Chtcherbakov, pour mettre en cause les 9 médecins de la clinique du Kremlin. Le , la Pravda publie un communiqué du PCUS accusant un « complot des blouses blanches » organisé par des médecins contre des cadres du Parti, dont Andreï Jdanov[7].

Par ailleurs, Staline renomme en 1948 la ville ukrainienne de Marioupol, du nom de celui qu'elle a vu naître, Jdanov. Elle retrouve son nom original en 1989. La gigantesque statue d'Andreï Jdanov est déboulonnée en 1990.

L'université de Léningrad a porté son nom de 1948 à 1989.

Andreï Jdanov est inhumé dans la nécropole du mur du Kremlin. Sa femme est morte en 1990.

Notes et références

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  1. (en) « 1948: Zhdanov Dies », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  2. a b et c (en) Kees Boterbloem, Life and Times of Andrei Zhdanov, 1896-1948, McGill-Queen's Press, , 593 p. (ISBN 9780773526662, lire en ligne)
  3. (en) Max Shachtman, Behind the Moscow Trial, Pioneer Publishers, , 142 p. (lire en ligne)
  4. (en) Gregory Carleton, The Politics of Reception: Critical Constructions of Mikhail Zoshchenko, Northwestern University Press, coll. « Studies in Russian literature and theory », (ISBN 9780810116092, lire en ligne), p. 1-4
  5. Commission de publication des documents diplomatiques français, Documents diplomatiques français : 1946. (1er juillet - 31 décembre), Bruxelles/Bern/Berlin etc./Paris, Peter Lang, , 876 p. (ISBN 978-90-5201-177-6, lire en ligne), p. 375-377
  6. (en) « The death of Andrei Zhdanov (mysterious circumstances of his death in 1948) », Slavonic and East European review,‎ (lire en ligne)
  7. Jean-Michel Krivine - Stalinisme : le « complot des Blouses blanches », NPA jeunes.

Articles connexes

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Liens externes

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