Cinéma portugais

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Histoire[modifier | modifier le code]

Le début du cinéma portugais est associé à la production de courts-métrages amateur par l’industriel de la ville de Porto Aurélio Paz dos Reis - 1896. Le premier film de fiction portugais, réalisé en 1907, est le court métrage d’un photographe de Lisbonne, João Correia.

L’industrie du cinéma au Portugal débute en 1918, avec la restructuration de la maison Invicta Film, à Porto. À cette époque, on adaptait des auteurs classiques portugais, employant des réalisateurs étrangers. Entre les années 1930 et 1940, des films ont été faits par certains auteurs d’avant-garde d’inspiration moderniste, qui hésitaient entre la comédie et le drame historique. Dans les années 1920, on a vu surgir certains films musicaux.

Ce n’est qu’après le début des années 1950 que la production de films au Portugal démarre, pour le grand public et sous les auspices de l’« Estado Novo », le régime fasciste d’Oliveira Salazar : des comédies en rose pour la petite et moyenne bourgeoisie, avec des acteurs connus venus du théâtre. Ces films vont ressurgir, sur les téléviseurs de la RTP, la chaîne publique de télévision, une bonne cinquantaine d’années plus tard. Édités en DVD, ils sont toujours vus par un nombre considérable de fans.

Entre-temps, des jeunes rebelles, venus des milieux ciné clubiste et universitaire, réussissent à contourner les obstacles et, séduits par la Nouvelle Vague française, avec l’aide financière de l’institution culturelle Fondation Calouste-Gulbenkian, lancent le mouvement qu’on appelle le Cinema Novo. Le cinéma portugais commence alors à être vu en dehors du pays. En même temps que la fiction, le film documentaire prendra un nouveau souffle.

On a convenu que les premiers films du nouveau cinéma seraient Dom Roberto (1962) de José Ernesto de Sousa (mention spéciale du jury à Cannes en 1963) et Les vertes années (1963) de Paulo Rocha. On peut aussi considérer comme représentatifs de ce mouvement Fernando Lopes, António de Macedo, Alberto Seixas Santos, José Fonseca e Costa, António Pedro Vasconcelos.

En même temps que la nouvelle fiction faisait ses premiers pas, le film documentaire, sous l’inspiration de Robert Flaherty et de Jean Rouch, reprenait son chemin, discrètement, sur un terrain plus ferme.

Sous le charme d’un film de Leitão de Barros (Nazaré, Praia de Pescadores -1929) et de celui de Manoel de Oliveira (Douro, Faina Fluvial – 1931, d’autres, avec lui, (Acto da Primavera - 1963), se laissent envahir par l’idée séduisante de l’anthropologie visuelle et créent des œuvres touchantes et originales : António Campos et António Reis. Au tournant de la décennie, sorti d’une révolution inattendue, Ricardo Costa les suit, pressé.

La Révolution des œillets serait un tournant important du cinéma portugais, soit par les possibilités que les nouvelles libertés offraient aux nouveaux cinéastes, soit parce que, démocratiquement, la RTP, la chaîne publique de télévision, ouvrait ses portes à ces indépendants assoiffés. À côté du film anthropologique, au sens profond, surgit, au sens radical, le film politique.

Pour lutter on crée des associations coopératives : la Cinequipe, la Cine quanon, le Grupo Zero. Certains cinéastes indépendants s’organisent, soutenus par des fonds publics ou produisant pour la télévision. Sont représentatifs du film politique : Alberto Seixas Santos (Grupo Zero), Fernando Matos Silva (Cinequipe), Luís Galvão Teles (Cinequanon), Rui Simões, l’un des indépendants. En groupe ou isolés, ces cinéastes et producteurs joueront non seulement un rôle important dans le renouvellement formel du cinéma, mais formeraient aussi toute une génération de techniciens qui, avec compétence, iraient, un peu plus tard, servir d’autres patrons.

Dans les années 1980, sur les traces de João Botelho, on voit surgir une nouvelle génération de jeunes cinéastes, issus pour la plupart de l’École supérieure de théâtre et cinéma de Lisbonne. Favorisé par les soutiens publics aux premiers films, le cinéma portugais connait alors un nouveau souffle : Pedro Costa, Teresa Villaverde. Pedro Costa, plus crû en anthropologie et dans un registre plus urbain, se servant d'une petite caméra numérique, suit tranquillement la tradition qui va de António Campos jusqu’à Ricardo Costa. Dans son style personnel, où l’œil critique et l’œil humain s’ajustent, Sérgio Trefaut poursuit le même chemin.

Dans la fiction, certains des parvenus, tels que João Pedro Rodrigues, cinéaste radical, ou Marco Martins, cinéaste graphique, se font remarquer avec des films novateurs dans des festivals importants.

Venu aussi de l’école de cinéma de Lisbonne, Edgar Pêra, vidéo-cinéaste avant-gardiste, manipulant l’image par ordinateur, est l’un des plus originaux de cette génération et dans son genre. Le cinéma d'animation apporterait aussi des contributions importantes pour le déjà riche patrimoine du cinéma.

Tout un ensemble de jeunes, de sensibilités différentes, poursuit entre-temps sur le chemin du documentaire : Pedro Seda Nunes, Sílvia Firmino, Daniel Blaufuks, Miguel Gonçalves Mendes, Luísa Homem, Catarina Mourão, Susana Sousa Dias, Cristina Ferreira Gomes, Sílvia Firmino et d’autres. L’arbre donnerait ses fruits.