Mohammed Amin al-Husseini

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Mohammed Amin al-Husseini
محمد أمين الحسيني‎‎
Le mufti Husseini vers 1929.
Le mufti Husseini vers 1929.
Fonctions
Président du gouvernement de toute la Palestine

(10 ans, 9 mois et 26 jours)
Élection
(par l'Assemblée constituante)
Premier ministre Ahmad Hilmi Pacha
Grand mufti de Jérusalem

(16 ans)
Prédécesseur Kamil al-Husayni
Successeur Hussam ad-Din Jarallah
Président du Conseil musulman suprême

(15 ans)
Biographie
Date de naissance Entre le et 1897
Lieu de naissance Jérusalem (Empire ottoman)
Date de décès (à 76-79 ans)
Lieu de décès Beyrouth (Liban)
Parti politique Haut Comité arabe
Profession Mufti
Religion Islam sunnite

Mohammed Amin al-Husseini (en arabe : محمد أمين الحسيني‎‎) (Jérusalem, (1313 AH)[1] - Beyrouth, 5 juillet[2] 1974), également connu sous le nom d'Hadj Amin al-Husseini ou encore sous son titre de grand mufti de Jérusalem, est un chef religieux, nationaliste et homme politique palestinien.

Devenu en 1921 mufti de Jérusalem alors que la Palestine est sous mandat britannique, il a occupé une place centrale dans le nationalisme palestinien. En 1936, il est l'instigateur de la révolte contre les autorités britanniques.

Exilé par les Britanniques en septembre de l'année suivante, il mise sur une alliance avec l'Allemagne nazie, dont il sert la propagande pendant la Seconde Guerre mondiale et dont il approuve la politique anti-juive. Il dirige le camp palestinien pendant la guerre civile de 1947-1948 en Palestine mandataire, mais perd son influence à la suite de la débâcle palestinienne. Après l'apparition de l'OLP, il perdra définitivement toute représentativité auprès du peuple palestinien au profit de ses leaders.

Sa collaboration avec les nazis pendant la guerre, ses prises de position durant la Shoah et son antisémitisme font de lui une figure particulièrement controversée du conflit israélo-palestinien. Dans sa lutte contre le nationalisme palestinien, la propagande israélienne a utilisé et amplifié cette image.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

La famille Husseini de Jérusalem était l'un des clans les plus puissants et les plus respectés de la société arabe palestinienne depuis des siècles. Les Husseini prétendent être descendants de Al-Hussein ibn Ali, petit-fils du prophète Mahomet[3].

Durant sa jeunesse, Amin a-Husseini est éduqué pour succéder à son père, mufti de Jérusalem[4]. Il étudie la loi islamique à l'université Al-Azhar du Caire puis il poursuit ses études dans une école d'administration à Istanbul[2].

En 1913[2], à 18 ans, il effectue le pèlerinage de la Mecque et rajoute Hadj à son nom[4] comme le permet la tradition musulmane[5] pour se faire appeler Hadj Amin al-Husseini, un des deux noms sous lesquels il est le plus souvent cité[6].

Durant la Première Guerre mondiale, il s'engage dans l'armée ottomane qu'il quitte[7] en 1917 pour retourner à Jérusalem[4]. Après la victoire britannique sur les Ottomans et leur arrivée en Palestine, il collabore avec ces derniers et devient « un musulman pieux, au service d'une armée chrétienne, contre un ennemi musulman »[8].

Leader politique[modifier | modifier le code]

Militant pan-arabe[modifier | modifier le code]

Après la guerre, Amin al-Husseini devient membre d'Al-Nadi, une société secrète qui milite pour l'indépendance de la Syrie-Palestine[9]. À cette époque, les Français et les Arabes, dirigés par Fayçal ibn Hussein s'affrontent pour le contrôle de la Syrie et les Alliés ne se sont pas encore prononcés sur l'avenir du Moyen-Orient.

En 1919, dans le contexte de la montée du nationalisme arabe et de la visite de la commission King-Crane ayant la mission de recueillir l'avis des populations locales sur le mode de gouvernement qu'elles souhaitent, les dirigeants nationalistes Aref al-Aref et Amin al-Husseini parcourent les villes et villages palestiniens afin d'y organiser des manifestations pro-Hussein[10].

En 1920, il figure parmi les principaux instigateurs des émeutes de Nabi Moussa qui font une dizaine de morts et plus de 250 blessés[11] et dont le but est de faire pression sur les Alliés à la veille de la conférence de San Remo[12]. Son rôle lui vaut une condamnation à 10 ans d'emprisonnement par les Britanniques[11] mais il s'enfuit pour Damas avant son arrestation.

Grand Mufti de Jérusalem[modifier | modifier le code]

Le 8 juillet 1920, en geste d'apaisement, le Haut-Commissaire Herbert Samuel, qui vient d'arriver en Palestine mandataire, le gracie, ainsi que les autres personnes condamnées lors des émeutes[13],[14].

En mars 1921, Kamil al-Husseini, par ailleurs grand mufti et demi-frère d'Hadj Amin al-Husseini, meurt. Selon la loi, des élections sont organisées et le haut-commissaire britannique doit choisir parmi les trois premiers celui à qui le poste échoit. Amin al-Husseini termine quatrième. Néanmoins, Herbert Samuel, soucieux de maintenir un équilibre entre les al-Husaynis et le clan rival des Nashashibi (en)[15], décide de nommer Amin al-Husseini mufti de Jérusalem[16], un poste détenu par le clan al-Husseini depuis plus d'un siècle.

En tant que Grand Mufti de Jérusalem et président du Conseil suprême musulman, il était le fonctionnaire arabe le plus puissant de la Palestine mandataire, sa position lui permettait de contrôler des budgets importants[17].

Amin al-Husseini conserve son titre de mufti jusqu'en 1948, date à laquelle il est remplacé par Husam al-Din Jarallah, nommé par le roi de Transjordanie, Abdallah Ier.

En juillet 1920, les Français avaient pris le contrôle de la Syrie et chassé Fayçal de Damas. Le pan-arabisme de la révolte arabe de 1916-1918 est vaincu et un nationalisme arabe palestinien le remplace principalement au sein de l'élite dont Amin al-Husseini fait partie[18].

Nationalisme palestinien[modifier | modifier le code]

Par la suite, en tant que dirigeant arabe palestinien, Amin al-Husseini joue un rôle central dans l'opposition à l'immigration juive en Palestine et à la présence britannique.

Après son retour en Palestine en 1921, al-Husseini continue ses activités politiques.

Son rôle dans le massacre d'Hébron en 1929 est controversé.

En mars 1935, le clan Husseini crée son propre parti politique, le Parti arabe palestinien[19].

Le , à l'initiative d'al-Husseini, les chefs des clans arabes de Palestine forment le Haut comité arabe et lui en confient la présidence. En 1936, Al-Husseini est surpris par la Grande Révolte arabe mais emboîte le pas au mouvement[réf. nécessaire].

Grande Révolte arabe en Palestine[modifier | modifier le code]

En janvier 1937, durant son témoignage devant la Commission Peel il déclare être favorable à la déportation de la plupart des Juifs de Palestine[20]. Selon Benny Morris, il a « systématiquement rejeté un compromis territorial, définissant toute la Palestine en tant qu'État arabe et permettant seulement à une minorité juive composée uniquement de ceux qui avaient vécu dans le pays avant 1914 d'y résider »[21].

Le , après le meurtre du commissaire britannique pour la Galilée, il est déchu par les Britanniques de sa position au sein du Haut conseil et de son poste de mufti. Il se cache dans le complexe de la Mosquée d'Al-Aqsa puis fuira au Liban[réf. nécessaire]. Durant la même période, il initie une conférence arabe en Syrie, (Bloudan Conference (1937) (en)) afin d'organiser une opposition au plan de partage de la Commission Peel. La conférence réunit 400 délégués, dont 124 Arabes palestiniens. Al-Husseini ne peut y assister mais en est toutefois élu président honoraire.

En octobre 1939, étant mis sous surveillance par les autorités françaises, il quitte le Liban pour le Royaume d'Irak[22].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Collaboration avec les Nazis[modifier | modifier le code]

Rencontre avec Hitler en 1941.
Hadj Amin al-Husseini passant en revue une unité de la 13e division de montagne de la Waffen SS Handschar, composée en grande partie de musulmans de Bosnie (Silésie, novembre 1943).
Rachid Ali al-Gillani et Haj Amin al-Husseini lors d'un discours à Berlin.

Soutenant la prise du pouvoir par Rachid Ali al Gaylani en Irak, il prononce à la radio irakienne une fatwa appelant les musulmans au djihad contre le Royaume-Uni. La victoire britannique dans la guerre anglo-irakienne le force à fuir sur le territoire de l'État impérial d'Iran. Après l'invasion anglo-soviétique de l'Iran, il se réfugie en Italie. Le , il est reçu par Benito Mussolini, qui accepte le principe d'un soutien de l'Axe à sa cause. Il se rend ensuite en Allemagne, où il est reçu par Hitler le [22].

Hitler fut impressionné par Husseini [23]. Il dira de lui : « Le grand mufti est un homme qui en politique ne fait pas de sentiment. Cheveux blonds et yeux bleus, le visage émacié, il semble qu'il ait plus d'un ancêtre aryen. Il n'est pas impossible que le meilleur sang romain soit à l'origine de sa lignée »[24]. Il obtient le titre d'« aryen d'honneur » en 1941. Al-Husseini travaille ensuite à des émissions de radio de propagande, destinées aux mondes arabe et musulman[22]. En , il collabore aux recrutements de musulmans des Balkans pour former la 13e division de montagne de la Waffen SS Handschar[25].

Cependant la majorité des Arabes et des Palestiniens ne le suivront pas. « Les Arabes et les Berbères qui combattirent dans les rangs des Alliés durant la Seconde Guerre mondiale sont considérablement plus nombreux que ceux qui combattirent dans les rangs des pays de l'Axe[26] ». Ainsi, 9 000 Palestiniens combattirent dans les rangs de l'Armée britannique, des centaines de milliers de Maghrébins dans les troupes de la France libre et des centaines d'arabes furent déportés dans les camps nazis »[27],[28].

De 1942 à 1945, durant sa collaboration avec les nazis, al-Husseini répand dans le Moyen-Orient et en Afrique du Nord de la propagande antisémite et génocidaire en arabe dans des millions de tracts, ainsi que dans émissions de radio à ondes courte[29].

Attitude relativement à la Shoah[modifier | modifier le code]

Le 13 mai 1943, Amin al-Husseini demande au ministre des Affaires étrangères allemand « de faire tout son possible » pour bloquer les transferts éventuels de Juifs de Bulgarie, de Hongrie et de Roumanie vers la Palestine suite à des informations selon lesquelles 4 000 enfants juifs accompagnés de 500 adultes avaient réussi à rejoindre cette région. Cette requête lui fut accordée[30],[31]. En juin 1943, il recommande aux Hongrois d'envoyer les Juifs d'Hongrie en Pologne plutôt que des les laisser émigrer en Palestine. À l'été 1943, Heinrich Himmler lui révèle que « l'extermination des Juifs est en cours et qu'environ trois millions ont déjà été liquidés ». Lors de la même réunion, Himmler lui demande comment il compte régler la question juive dans son pays, ce à quoi il répond : "Tout ce que nous voulons et qu'ils retournent dans leur pays d'origine."[32]. Dans une déclaration publique à Berlin le 2 novembre 1943, il déclare que « les musulmans devraient suivre l'exemple des Allemands qui ont trouvé une solution définitive au problème juif »[33]. Le 25 juillet 1944, il écrit au ministre hongrois des Affaires étrangères son opposition à la délivrance de sauf- conduits pour 900 enfants juifs et 100 adultes pour être transférés hors de Hongrie et réitère sa demande[34].

Dans ses mémoires le Mufti écrit que les accusations relatives à son implication dans l'Holocauste sont mensongères : « Durant le régime nazi, les Allemands réglèrent leurs comptes avec les Juifs bien avant mon arrivée en Allemagne et n'eurent besoin d'aucune incitation pour le faire »[35]. Il rajoute, évoquant une plainte déposée contre lui à l'ONU en 1947, que « les Allemands étaient suffisamment sans pitié et n'avaient eu besoin d'aucun encouragement pour exterminer les juifs » et que, pour sa part, opposé au projet de transférer les Juifs d'Europe de l'Est en Palestine, il s'était contenté d'écrire « à Ribbentrop, Himmler et Hitler jusqu'à ce qu['il] réussisse à faire échouer leurs efforts »[36]. Le Mufti affirme également que quand il envoya ses requêtes « son intention n'était pas d'empêcher l'extirpation des Juifs mais plutôt d'empêcher un flot d'immigration agressive juive visant à inonder la Palestine et à la vider de ses natifs comme en fait cela se produisit plus tard »[37].

Selon l'historien Zvi Elpeleg, il n'y a aucun doute que « la haine d'Husseini n'était pas limitée au sionisme mais s'étendait aux Juifs en tant que tel. (...) Ses contacts étroits et fréquents avec les leaders du régime nazi ne pouvait lui laisser de doute sur le destin qui attendait ceux dont l'émigration était rendue impossible par ses efforts. Ses nombreux commentaires montrent qu'il n'était pas seulement heureux que les Juifs ne puissent émigrer en Palestine mais qu'il était satisfait de la solution finale nazie. »[35].

Le sociologue des médias Barry Rubin et l'historien Wolfgang G. Schwanitz vont plus loin et estiment que le Mufti de Jérusalem, « ami et confident d'Adolf Hitler » aurait été l'« architecte de l'Holocauste »[38]. Ils estiment qu'il a rendu la Solution finale inévitable en fermant aux Juifs toute possibilité de fuir en Palestine[39]. Cependant, pour Robert Fisk, « faire porter la responsabilité de l'Holocauste sur cette personnalité misérable est une insulte à l'histoire et aux six millions de victimes de ce régime démoniaque »[40]. Selon David Mikics, la thèse du Mufti responsable de l'Holocauste est « stupide » et cache un « programme politique » au vu du matériel sur lequel elle se base[38].

Selon les historiens Philip Mattar et Zvi Elpeleg, le Mufti de Jérusalem n'est en définitive responsable d'aucun crime de guerre et aucun des deux ne pense « que les erreurs qu’il a commises ont modifié le cours de l’histoire »[41]. Selon le politologue Gilbert Achcar, le Mufti de Jérusalem « a pris fait et cause pour le nazisme, au point d’approuver le judéocide » et que ce faisant, il est allé bien plus loin que la logique selon laquelle « l’ennemi (allemand) de mon ennemi (britannique) est mon ami »[42].

Refuge en France et fuite en Égypte[modifier | modifier le code]

À l'issue de la guerre, Amin al-Husseini fut recherché par les Britanniques en tant que collaborateur et par les Yougoslaves en tant que criminel de guerre.

Il trouva refuge dans la région de Constance où il fut « arrêté » le par les troupes françaises. Le , il fut transféré dans la région parisienne où il fut hébergé avec ses deux secrétaires dans une villa de Saint-Maur et ce dans des conditions très favorables. À titre d’exemple, il recevait ses repas d’un restaurant voisin et, plus tard, un cuisinier fut mis à sa disposition par la mosquée de Paris. La maison était placée sous la surveillance de la police judiciaire de la préfecture de police mais c’était le Quai d’Orsay qui déterminait les conditions de détention du mufti et la politique à adopter à son égard. En , le mufti déménagea dans la villa « La Roseraie », à Bougival, puis il changea encore de lieu de résidence. Il pouvait recevoir librement ses invités, il était autorisé à se déplacer librement.

À plusieurs reprises, la France refusa de répondre aux demandes d’extradition de la Grande-Bretagne et de la Yougoslavie. En , les autorités françaises prirent la décision de permettre au mufti d’aller dans un pays arabe et la diplomatie française effectua des démarches diplomatiques auprès de ces pays afin qu’ils exigent la libération du mufti. Craignant en effet les réactions des États-Unis et de la communauté juive, la France voulait que cette libération apparaisse comme la conséquence des pressions irrésistibles des pays arabes, pressions auxquelles la Grande-Bretagne n’aurait pu d’ailleurs elle-même résister si elle avait été dans la même situation. Finalement, après avoir pu déjouer les surveillances, le mufti réussit à quitter la France le à 11 heures, en prenant un vol régulier de la compagnie américaine TWA d’Orly au Caire, muni d’un faux passeport fourni par le Quai d'Orsay et sous un nom d’emprunt[43].

Son passif pro-nazi ne l'a pas transformé en un paria après la guerre. A son retour dans le monde arabe, en Égypte à l'été 1946, il a été salué par les masses en tant qu' héros. Abdul Rahman Hassan Azzam, secrétaire général de la Ligue arabe, a persuadé les gouvernements occidentaux de ne pas le poursuivre pour crimes de guerre[44]. Selon Jeffrey Herf, pour son clan et son parti politique, le Parti arabe palestinien, ses activités durant la guerre « étaient une source de fierté et pas de honte »[45].

Guerre israélo-arabe de 1948[modifier | modifier le code]

Article connexe : Guerre israélo-arabe de 1948.

Durant la Guerre israélo-arabe de 1948, il mène, dans le camp arabe, le clan nationaliste palestinien, s'opposant à la fois à la fondation d'un État juif et aux ambitions du roi Abdallah Ier d'annexer une portion de la Palestine.

Suite à son isolation au sein du monde arabe et à la mort de ses deux officiers sur le terrain Abd al-Kader al-Husseini et Hassan Salameh, son influence sur la guerre sera limitée à la première partie de la guerre.

Le 15 mai 1948, suite à la débâcle palestinienne, des contingents égyptiens, syriens, jordaniens et irakiens entrent dans l'ancienne Palestine mandataire. Ils désarment des milices palestiniennes, prennent le contrôle des territoires arabes et affrontent les forces israéliennes.

La guerre se solde en définitive par le partage de l'ancienne Palestine mandataire entre Israël et la Jordanie, la Bande de Gaza passant sous administration militaire égyptienne.

Gouvernement de toute la Palestine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gouvernement de toute la Palestine.

Al-Husseini est opposé à l'annexion jordanienne et les États de la Ligue arabe ne sont pas favorables à voir le territoire jordanien grandir de la sorte[46].

En juillet 1948 la Ligue arabe adhère en conséquence à la demande du Mufti de formation d'un gouvernement palestinien et annonce la création d'un « Gouvernement de tous les Palestiniens ». En septembre 1948, al-Husseini est placé à la tête de ce gouvernement, son frère Jamal al-Husseini nommé ministre des Affaires étrangères et un autre membre de la famille Husseini, ministre de la Défense[47].

Le 23 septembre, un congrès palestinien se réunit à Gaza sous l'égide de l'Égypte pour proclamer un État palestinien[46]. Les leaders palestiniens ont obtenu le soutien de la Ligue arabe pour autant qu'ils n'élisent pas Amin al-Husseini comme chef du gouvernement[46]. Il présidera cependant la séance[46].

Le 30 septembre, une assemblée constituante composée de 83 membres du Haut Comité arabe, des comités nationaux, des chambres de commerces et des municipalités se réunit à Gaza et investit le nouveau gouvernement et élit Amin al-Husseini comme président bien que les Égyptiens lui aient interdit l'entrée à Gaza[46]. Il est également décidé de rétablir la milice palestinienne Jaysh al-Jihad al-Muqaddas que les Jordaniens ont démobilisée et désarmée quand ils sont entrés en Palestine, afin qu'elle redevienne l'instrument de libération de toute la Palestine[46]. Dans la pratique, le gouvernement n'aura que très peu de moyens et ne sera actif que dans les zones sous contrôle égyptien[46].

Le Mufti signe la « déclaration de l'indépendance de la Palestine »[48]. La Jordanie s'oppose à ce gouvernement. Elle convoque le 2 octobre à Amman un congrès palestinien qui rejette la légitimité du « gouvernement de toute la Palestine » et elle fait désarmer tous ses membres dans les territoires qu'elle contrôle. Ce dernier est reconnu par l'Égypte et l'Irak le 12 octobre, par la Syrie et le Liban le 13, par l'Arabie saoudite le 15 et par le Yémen le 16. La Grande-Bretagne fait pression pour empêcher cette reconnaissance et les États-Unis déclarent que la création d'un gouvernement de « toute la Palestine » ne favorise par une solution au conflit israélo-palestinien en particulier au vu du rôle qu'y joue Husseini[46].

1948-1960[modifier | modifier le code]

Amin al-Husseini vit en Égypte jusqu'en 1960.

En 1951, il participe au Congrès islamique mondial à Karachi, au Pakistan dont il est élu président. Il a assisté à d'autres congrès islamiques au Pakistan ce qui augmente sa popularité dans ce pays[49].

Au cours des années 1950, il maintient ses liens avec des cellules armées et orchestre des attaques en Israël, ce qui améliore sa popularité dans les pays arabes[50].

En 1955, il a assiste à la Conférence de Bandung en Indonésie afin d'encourager au soutien de la cause palestinienne dans les pays en voie de développement. Cette conférence des pays asiatiques et africains a été une étape importante vers la création du bloc des pays non aligné devenu extrêmement important pour la cause palestinienne à l'ONU[51].

Selon Léon Poliakov, Amin al-Husseini a joué un rôle pivot dans l'alignement de pays africains et asiatiques sur les positions antisionistes défendues par les pays arabes[52]. En , représentant le Yémen à la conférence de Bandung, Amin al-Husseini s'est efforcé de « révéler les véritables visées sionistes », à savoir « la constitution d'un vaste empire s'étendant du Nil à l'Euphrate — et incluant notamment la ville sainte islamique de Médine ». Si les autres orateurs arabes ont également prononcé des discours anti-israéliens à cette conférence, Amin al-Husseini aurait selon Poliakov été le plus éloquent et aurait convaincu son auditoire au point que, selon le compte rendu paru dans Le Monde du 20 avril 1955, « la résolution anti-israélienne a été le seul point d'accord de la conférence[53]».

Déclin[modifier | modifier le code]

L'établissement de l'OLP marque la fin de la carrière politique d'Al-Husseini[54]. Au cours des 10 dernières années de sa vie, le nom d'Husseini « disparait graduellement dans la presse arabe » et il n'est plus vu aux conférences arabes ou islamiques[54]. Durant cette période, il se consacre à l'écriture de nombreux articles et mémoires sur sa vie au destinés à répondre à ses nombreuses critiques qui le rendent responsables du drame vécu par le peuple palestinien[55].

À partir de 1964, le représentant palestinien entendu dans « les institutions de la Ligue arabe, aux réunions de Ministres arabes, dans les centres palestiniens de population et dans les médias » est désormais son fondateur Ahmed Choukairy[54]. Suite à la Guerre des six jours, Choukairy est contraint à la démission[56] et est remplacé par Yasser Arafat à la tête de OLP, chapeautant désormais les différentes factions palestiniennes unifiées, et considérée comme représentante légitime du peuple palestinien[57].

Soutenu par la Jordanie et les Frères musulmans, Husseini s'oppose sans succès au monopole de l'OLP sur la cause palestinienne en essayant de fonder des unités militaires sous ses ordres. Celles-ci sont tantôt attaquées par le Fatah d'Arafat, tantôt le rejoignent en abandonnant Husseini[58]. Al-Husseini s'allie alors au roi Hussein de Jordanie pour lutter contre l'influence de l'OLP dont les forces sont chassées de Jordanie suite aux événements de Septembre noir quand l'armée jordanienne attaque les milices palestiniennes installées dans son pays[59].

La perte d'influence politique d'Al-Husseini se marque également lors des conférences islamiques. En septembre 1969, il n'est pas invité à la conférence de Rabat tandis que l'OLP l'est en tant qu'observateur et il refuse de participer à celle de Lahore en 1974 suite à l'invitation de Yasser Arafat en tant que leader de l'OLP[60]. Il finit par s'y rendre mais n'y aura aucun statut officiel[60].

Mort[modifier | modifier le code]

Amin al-Husseini meurt d'une crise cardiaque le 4 juillet 1974 à Beirout[61]. Il est immédiatement visité par les leaders de l'OLP qui se montreront particulièrement visibles à son enterrement[61]. Selon Zvi Elpeleg, « il est [cependant] improbable qu'il y eut qui que ce soit dans l'OLP qui ait vu la mort d'Haj Amin comme une perte pour le mouvement national palestinien »[61].

Mohammed Amin al-Husseini, bien qu'ayant dédié sa vie à son peuple, est devenu à la fin de celle-ci et après sa mort « un symbole de défaite » et les Palestiniens ont oublié ses échecs et sa mémoire[62].

Analyses[modifier | modifier le code]

Responsabilités du mufti[modifier | modifier le code]

Un certain nombre d’études émanant d’historiens ou de penseurs s'accordent sur la détermination du mufti dans sa lutte contre l'établissement des Juifs dans la région, sur son antisémitisme et l’importance du rôle qu’il joua à refuser tout accord entre Juifs et Arabes en Palestine. S'il y a débat sur la portée de son implication dans le processus d'extermination des Juifs, il ne fait néanmoins aucun doute qu'Husseini « a coopéré avec le régime le plus barbare des temps modernes », suivant l'un de ses biographes palestiniens[63].

Le conflit israélo-arabe[modifier | modifier le code]

L'historiographie israélienne traditionnelle considère dès 1947 que le mufti de Jérusalem est responsable du conflit entre Arabes et Juifs en Palestine mandataire. La réédition d'une biographie du mufti écrite cette année-là par Moshe Pearlman (en), un proche de David Ben Gourion, est résumée par l'éditeur en ces mots :

« Par le passé, Arabes et Juifs vivaient pacifiquement en Palestine. Leurs dirigeants construisaient leur futur ensemble. Alors arriva Hadj Amin al-Husseini, l'oncle de Yasser Arafat. Il choisit le fascisme et le jihad. Les dirigeants modérés durent partir, intimidés et assassinés par lui. Ses projets sanglants furent temporairement interrompus par la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle il partit pour l'Allemagne et où il collabora étroitement avec les dirigeants nazis dans des plans d'extermination et de bataille. Accusé de crime de guerre, il échappa aux Alliés pour poursuivre son travail de terreur, travail perpétué par ses proches et ses associés après sa mort[64]. »

Walter Laqueur rapporte des témoignages de l'époque qui vont dans le même sens. Ainsi, en 1938, le colonel Kisch écrit : « Je n'ai aucun doute, quoi qu'il en soit, que sans l'abus par le Mufti de ses immenses pouvoirs et la tolérance de ces abus par le gouvernement pendant 15 ans, une compréhension judéo-arabe dans le contexte du mandat aurait été atteinte depuis longtemps. » Cependant Laqueur nuance ce point de vue. Il écrit que : « [si le Mufti] assume beaucoup de responsabilité dans les émeutes de 1929 et la guerre civile de 1936-39 [;] […] il est naïvement optimiste de supposer que sans la nomination du Mufti et ses activités, les relations judéo-arabes auraient suivi un chemin différent [car] tôt ou tard l'élément extrémiste aurait prévalu parmi les autorités arabes[65]. »

Les biographies récentes du Mufti vont dans le même sens. Tant l'historien Palestinien Phiip Matar que l'israélien Zvi Elpeleg estiment qu'en 1948, quelqu'auraient été les actions du Mufti, « l' État d’Israël aurait en tout cas vu le jour en raison des puissants soutiens internationaux dont bénéficiaient les sionistes » et que « la création d’un État palestinien était exclue, compte tenu de l’opposition de la plupart des pays arabes à une telle entité souveraine »[41].

L'antisémitisme[modifier | modifier le code]

L'historiographie israélienne insiste sur l'antisémitisme du mufti[66] et l'importance de son rôle dans la collaboration avec le régime nazi pour l'extermination des Juifs, aspect le plus connu en Occident, ainsi qu'en Israël[67].

Dans son livre « Eichmann à Jérusalem », Hannah Arendt écrit : « Les connexions du Grand Mufti avec les nazis durant la guerre n’étaient pas secrètes ; il avait l’espoir qu’elles l’aideraient à exécuter une sorte de solution finale au Proche-Orient »[68].

Selon Benny Morris, « le Mufti était profondément antisémite. » Il justifie ce point de vue en soulignant que le mufti colportait l'idée que les Juifs avaient provoqué leur propre Holocauste et qu'ils étaient « suffisants [et] enracinés dans leur croyance d'être le peuple élu […] ». Dans le contexte de sa thèse selon laquelle la guerre de 1948 était perçue par les Arabes comme un Jihad, il souligne que le mufti faisait référence au Coran dans ses attaques contre les Juifs[69].

Ce point de vue est également partagé par d'autres chercheurs. Ainsi, dans une étude portant sur les possibilités de voir la solution finale s'établir en Palestine, une équipe d'historiens de l'université de Stuttgart écrit que « Le Grand Mufti de Jérusalem, Hadj Amin al-Husseini, était le plus grand collaborateur des nazis dans le camp arabe et un antisémite sans compromis »[70],[71].

L'historiographie officielle israélienne[modifier | modifier le code]

Un ouvrage américain a fait du Mufti de Jérusalem une « icône du mal »[72].

Pour le politologue franco-libanais Gilbert Achcar, le mufti de Jérusalem a occupé une place centrale dans la propagande israélienne visant à « dénoncer [un] antisémitisme congénital [chez les] Arabes » et à « impliquer les Palestiniens et les Arabes dans le génocide nazi »[73],[74]. Il rappelle cependant que le Mufti, fondateur des Frères Musulmans en Palestine, n'eut qu'une influence très limitée dans le monde arabe en rappelant notamment que seulement 6 300 Arabes rejoignirent différentes organisations militaires nazies tandis que 259 000 rejoignirent les Alliés, dont 9 000 Palestiniens[75]. Sur ce point particulier, les affirmations de Gilbert Achcar ont été vigoureusement contestées par l'historien américain Jeffrey Herf, qui relève notamment que selon une étude effectuée en 1941 60% des Palestiniens étaient en faveur des nazis - ce qu'Achcar lui-même reconnaît dans son livre - et note en outre la grande influence qu'eurent les idées du mufti sur l'OLP[76].

Dans un ouvrage consacré au rôle et à l'usage de l'Holocauste dans le sentiment nationaliste israélien, l'historienne Idith Zertal considère qu'« une description plus correcte [le ferait apparaître] comme un dirigeant palestinien nationaliste-religieux fanatique […][77][réf. insuffisante] ». Au terme d'une étude de l'utilisation de son image lors du procès Eichmann en 1961, elle conclut que « l'amplification de l'image du Mufti et de son rôle dans l'extermination des Juifs d'Europe ne se limite pas aux actes à visées éducatives et politiques du procès Eichmann. Elle s'est également diffusée dans l'historiographie de référence sur l'Holocauste. » Reprenant un constat de Peter Novick (en)[78], elle souligne à cet égard à propos de l'Encyclopédie de l'Holocauste (en), projet international de Yad Vashem, « le fait étonnant que le Mufti a été dépeint par les auteurs de l'Encyclopédie comme l'un des grands concepteurs et auteurs de la Solution finale : l'article qui lui est consacré est deux fois plus long que ceux de Goebbels et Goering, plus long que la somme des articles consacrés à Heydrich et Himmler et plus long que celui d'Eichmann ». Elle ajoute que, dans la version hébraïque, son article est presque aussi long que celui d'Adolf Hitler[79].

L’historien israélien Tom Segev explique que le mur qui lui est consacré à Yad Vashem cherche à tort à donner l’impression d’une convergence entre le projet génocidaire antisémite du nazisme et l’hostilité arabe à Israël[80].

Instrumentalisation politique[modifier | modifier le code]

Selon Gilbert Achcar, « [c]es dernières années ont vu une recrudescence spectaculaire de la guerre des mots opposant Israël aux Palestiniens et aux Arabes, avec le concours actif des partisans des deux camps en Europe et aux Etats-Unis. Cette dimension particulière du conflit israélo-arabe a toujours été cruciale pour l’Etat d’Israël [qui] doit impérativement cultiver le soutien des pays occidentaux à sa cause. » Dans ce contexte, les sympathies du leader palestinien Mohammed Amin al-Husseini pour les Nazis sont régulièrement utilisées par les leaders israéliens pour « conclure à un antisémitisme congénital de tous les Arabes... et justifier ainsi l’injustifiable occupation de leurs Territoires »[81].

En octobre 2015, en s'adressant au congrès sioniste à Jérusalem le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou soutient que « Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs à l'époque, il voulait seulement les expulser », mais que c'est le Mufti qui l'aurait persuadé de les exterminer car il ne voulait pas les voir arriver en Palestine[82].

Cette prise de position entraîne immédiatement de vives critiques. Du côté israélien le chef de l'opposition travailliste Isaac Herzog déclare sur sa page Facebook « il s'agit d'une distorsion historique dangereuse. Je demande à Netanyahu de corriger directement ses déclarations qui minimisent l'Holocauste, le nazisme et... le rôle d'Hitler dans la terrible catastrophe de notre peuple[83] ».

Les historiens Jeffrey Herf et Wolfgang Schwanitz prennent sa défense[84],[85], le second indiquant qu'en effet « des attachés de leaders nazis ont témoignés qu'al-Husseini était un des instigateur du génocide »[85]. Dans une tribune publiée sur I24news, l'historien Élie Barnavi évoque pour sa part une « prostitution de la Shoah » et estime que Netanyahou « foule aux pieds le Saint des Saints de la mémoire douloureuse du peuple juif » et « offre un cadeau inespéré aux négationnistes de tout poil[86] ». Du côté palestinien, Saeb Erekat déclare que c'est « un jour triste que celui où le chef du gouvernement israélien en vient à tellement haïr ses voisins qu'il est prêt à absoudre le pire criminel de guerre de l'histoire, Adolf Hitler, du meurtre de six millions de juifs au cours de la Shoah. M. Netanyahu devrait cesser d'utiliser cette tragédie humaine pour essayer de faire avancer son agenda politique[87] ».

Face à cette polémique, Netanyahou assure qu’il n’a pas eu l’intention « d’absoudre Hitler de sa responsabilité », mais de souligner les intentions génocidaires contre les Juifs du premier leader du nationalisme palestinien[88].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Philip Mattar fait état d'une controverse quant à la date de naissance d'Husseini qui a longtemps été présenté comme étant né en 1893.
  2. a, b et c Biographie d'Amin al-Husseini sur le site passia.org
  3. (en) Zvi Elpeleg (en), The Grand Mufti: Haj Amin al-Hussaini, Founder of the Palestinian National Movement, Winter, , p. 345
  4. a, b et c Tom Segev (2000), p. 103.
  5. Voir l'article Hadj.
  6. On parle de lui en tant « qu'Hadj Amin al-Husseini », « le mufti » ou « le grand mufti », en précisant parfois « de Jérusalem ». Attention néanmoins qu'il ne devint mufti qu'à partir de 1921, poste auquel il succéda à son frère.
  7. Benny Morris, Victimes, p. 117, parle de désertion pour rejoindre l'armée de Hussein; c'est aussi le cas de sa biographie sur passia.org mais qui fixe cet événement à 1916. Tom Segev, One Palestine, complete, p. 103 fait référence à une démobilisation pour cause de maladie.
  8. Tom Segev (2000), p. 103 indique qu'il aurait ainsi permit le recrutement d'au moins 2 000 Arabes pour les Britanniques.
  9. Benny Morris (2003), p. 49.
  10. Howard Sachar, A History of Israel from the Rise of Zionism to our Time, Knopf, 3e édition, 2007, p. 166.
  11. a et b Tom Segev (2000), p. 138-139.
  12. Howard Sachar, A History of Israel from the Rise of Zionism to our Time, Knopf, 3e édition, 2007, p. 123.
  13. Benny Morris (2003), p. 111.
  14. Moshe Perlman, Mufti of Jerusalem, 2006, p. 16 écrit qu'en réalité il n'est pas gracié à ce moment mais plus tard en septembre, à la suite d'une visite en Transjordanie et que cela indique la gravité de l'implication d'al-Husseini; Tom Segev (2000), p. 156 situe également l'amnistie dans le contexte de la visite en Transjordanie d'Herbert Samuel.
  15. Benny Morris, Righteous Victims, p. 111ff.
  16. Howard M. Sachar, 2006, A History of Israel: From the Rise of Zionism to Our Time, New York, Alfred A. Knopf, seconde édition (ISBN 0679765638), p. 170.
  17. (en) Hellmuth Gensicke (de), The Mufti of Jerusalem and the Nazis: The Berlin Years, Vallentine Mitchell, , p. 8–14
  18. Benny Morris (2003), p. 47-50.
  19. Elpeleg, p. 34,35
  20. (en) Efraim Karsh, Palestine Betrayed, Yale University Press, , p. 32,33
  21. (en) Benny Morris, A History of the First Arab-Israeli War, Yale University Press, , p. 408-409
  22. a, b et c HAJJ AMIN AL-HUSAYNI: TIMELINE
  23. « Au cours des discussions il s'est révélé être un fin renard ; en vue de gagner du temps pour réfléchir, il se fait traduire certaines choses non seulement en français mais aussi en arabe, et il pousse la prudence jusqu'à s'en faire écrire d'autres. Quand il parle, il soupèse chacun de ses mots. Dans l'astuce, il égale presque les Japonais », Hugh Trevor-Roper, Gerhard Weinberg, Norman Cameron (trad.), R. H. Stevens (trad.), Hitler's Table Talk 1941-1944: His Private Conversations, Enigma Books, 2008, 609 p. (ISBN 978-1929631667), p. 412.
  24. Hugh Trevor-Roper, Gerhard Weinberg, Norman Cameron (trad.), R. H. Stevens (trad.), Hitler's Table Talk 1941-1944: His Private Conversations, op. cit., p. 412.
  25. Léon Poliakov, De Moscou à Beyrouth : essai sur la désinformation, Paris, Calmann-Lévy, 1983 (ISBN 2-7021-1240-4), p. 54.
  26. Gilbert Achcar, Les Arabes et la Shoah, Arles, Actes Sud, coll. « Sindbad », 2009 présentation en ligne.
  27. Alain Gresh, De quoi la Palestine est-elle le nom – Les Liens qui Libèrent, Floch, septembre 2010.
  28. Gilbert Achcar, The Arabs and the Holocaust: The Arab-Israeli War of Narratives, Henry Holt and Company, 2009, p. 146.
  29. Herf, p. 145,146
  30. Henry Laurens, Une mission sacrée de civilisation. La Question de Palestine, Fayard, , p. 670,n.190
  31. Raul Hillberg, The Destruction of the European Jews, New Viewpoints, , p. 504
  32. Henry Laurens, Une mission sacrée de civilisation. La Question de Palestine, Fayard, 2002, p.469.
  33. (en) « Amin al-Husaini and the Holocaust. What Did the Grand Mufti Know? », sur World politic review,
  34. Gilbert Achcar, The Arabs and the Holocaust: The Arab-Israeli War of Narratives, Chastleton Travel, , p. 148
  35. a et b Zvi Elpeleg, The Grand Mufti: Haj Amin Al-Hussaini, Founder of the Palestinian National Movement, Routledge, 1993, p.73.
  36. (he) Zvi Elpeleg, Hamufti Hagadol, éd. Misrad habitachon, 1989, p. 74-75.
  37. Gilbert Achcar, The Arabs and the Holocaust: The Arab-Israeli War of Narratives, Chastleton Travel, , p. 151
  38. a et b David Mikics, Did Zionism Cause the Holocaust? A New Biography Says Yes., Tabletmag, 3 février 2014.
  39. (en) Schwanitz, Wolfgang G.; Rubin, Barry, Nazis, Islamists, and the Making of the Modern Middle East, Yale University Press, (ISBN 978-0-300-14090-3), p. 160
  40. (en) Robert Fisk, Dumping blame for the Holocaust on the Grand Mufti is an insult to its six million victims., The Independant, 6 juillet 2014.
  41. a et b Eric Rouleau, Qui était le mufti de Jérusalem ?, Le Monde Diplomatique, 1994.
  42. Dominique Vidal, Le Grand mufti, les Palestiniens et le nazisme, Le Monde diplomatique, 8 décembre 2009.
  43. Tsilla Hershco, Le grand mufti de Jérusalem en France : Histoire d'une évasion, Revue Controverses, no 1, mars 2006.
  44. Herf, p. 233–234.
  45. Herf, p. 241
  46. a, b, c, d, e, f, g et h Henry Laurens, La Question de Palestine - Tome 3 (1947-1967) : L'accomplissement des prophéties, Fayard, p. 164-169
  47. Elpeleg, p. 99,100
  48. Elpeleg, p. 104
  49. Elpeleg, p. 124,125
  50. Elpeleg, p. 129,131
  51. Elpeleg, p. 131,132
  52. Léon Poliakov, De Moscou à Beyrouth : essai sur la désinformation, op. cit., p. 53-55.
  53. Cité par Léon Poliakov, De Moscou à Beyrouth : essai sur la désinformation, op. cit., p. 54.
  54. a, b et c Zvi Elpeleg, The Grand Mufti, Frank Cass, 1993, p.145.
  55. Zvi Elpeleg, The Grand Mufti, Frank Cass, 1993, p.180.
  56. Zvi Elpeleg, The Grand Mufti, Frank Cass, 1993, p.153.
  57. Zvi Elpeleg, The Grand Mufti, Frank Cass, 1993, p.155.
  58. Zvi Elpeleg, The Grand Mufti, Frank Cass, 1993, p.156-7.
  59. Zvi Elpeleg, The Grand Mufti, Frank Cass, 1993, p.159-60.
  60. a et b Zvi Elpeleg, The Grand Mufti, Frank Cass, 1993, p.161-62.
  61. a, b et c Zvi Elpeleg, The Grand Mufti, Frank Cass, 1993, p.162-64.
  62. Zvi Elpeleg, The Grand Mufti, Frank Cass, 1993, p.165.
  63. Philip Mattar, The Mufti of Jerusalem, éd. Columbia University Press, 1992, p. 99 ; cité par Benny Morris, Victimes : histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, éd. Complexe, 2003, p. 186, extrait en ligne.
  64. Moshe Perlman, Mufti of Jerusalem : Haj Amin el Husseini, A Father of Jihad, Pavilion Press, 2006, page de couverture.
  65. Walter Laqueur, A History of Zionism, Schocken Books, 1976, p. 244-245, se référant à F. Kisch, Palestine Diary, Londres, 1938, p. 19.
  66. Voir Joseph Schetchman et Moshe Perlman dans la bibliographie et http://www.jcpa.org/phas/phas-kuntzel-s05.htm
  67. Voir David G. Dalin dans la bibliographie.
  68. Traduction libre de Eichmann in Jerusalem, Hannah Arendt, p. 13 [1].
  69. Benny Morris, 1948, 2008, p. 21-22.
  70. Article publié le 13 avril 2006 dans le Washington Times
  71. Étude de Matthias Küntzel publiée dans Jewish Political Studies Review (17:1-2, Spring 2005) [2].
  72. G. Dalin and John F. Rothmann, Icon of Evil: Hitler's Mufti and the Rise of Radical Islam, Random House, 2008.
  73. Inusable grand mufti de Jérusalem
  74. Les Arabes et la Shoah. La guerre israélo-arabe des récits, Gilbert Achcar, Sinbad, Actes Sud, 2009, p. 260-273
  75. Les Arabes et la Shoah. La guerre israélo-arabe des récits, Gilbert Achcar, Sinbad, Actes Sud, 2009, p. 231-234
  76. « Not in Moderation », The New Republic, 1er novembre 2010
  77. Idith Zertal, Israel's Holocaust and the Politics of Nationhood, Cambridge University Press, 2005.
  78. Voir, selon la référence donnée par Idith Zertal, Peter Novick, The Holocaust in American Life, New-York, 1999, p. 158.
  79. Idith Zertal, Israel's Holocaust and the Politics of Nationhood, Cambridge University Press, 2005, p. 103.
  80. Le Septième Million. Les Israéliens et le génocide, Paris, Liana Levi, 2002
  81. Gilbert Achcar, Inusable grand mufti de Jérusalem, Le Monde diplomatique, mai 2010. (Consultable en entier en suivant ce lien)
  82. Netanyahu: Hitler Didn't Want to Exterminate the Jews, Haaretz, 21 octobre 2015
  83. "Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs", Le Vif, 21 octobre 2015
  84. Jeffrey Herf, Netanyahu, Husseini, and the Historians, Times of Israel, 22 octobre 2015.
  85. a et b Press Releases, Mufti Advised Hitler on Holocaust, Says Middle East Forum Scholar, Middle East Forum, 21 octobre 2015.
  86. Les nouveaux nazis de Netanyahou, Elie Barnavi, I24news, 21 octobre 2015
  87. Opposition Blasts Netanyahu for 'Distorting' Holocaust History, Barak Ravid et Jonahtan Lis, Haaretz, 21 octobre 2015
  88. Centre Wiesenthal : « Le Grand Mufti de Jérusalem, un personnage clé de la Solution finale.


Annexes[modifier | modifier le code]

Documentation[modifier | modifier le code]

Ouvrages utilisés dans la rédaction de l'article[modifier | modifier le code]

Historiographie récente[modifier | modifier le code]

Historiographie palestinienne[modifier | modifier le code]

  • (en) Tatsur Jbara, Palestinian Leader, Hajj Amin Al-Husoyni, Mufti of Jerusalem, Kingston Press, 1985, (ISBN 0-940670-21-6).

Historiographie israélienne traditionnelle[modifier | modifier le code]

  • (en) Moshe P. Waters, Mufti over the Middle East. An account of the career of Amin el Husseini, Londres, Barber, 1942.
  • (en) The Arab Higher Committee: its Origins, Personnel and Purposes. The Documentary Record, New York, Nations Associates Inc., 1947. Traduction française : Le Haut Comité arabe, ses origines, ses membres, ses buts. Documents d'archives soumis aux Nations Unies en mai 1947, Paris, 1948.
  • (de) Simon Wiesenthal, Grossmufti grossagent der Achse, 1947.
  • (en) Moshe Perlman, Mufti of Jerusalem: The Story of Haj Amin el Husseini, V Gollancz, Londres, 1947 republié sous le titre Mufti of Jerusalem: Had Amin el Husseini, A Father of Jihad, Pavilion Press, 2006, (ISBN 1-4145-0698-8).
  • (en) Joseph Schechtman, The Mufti and the Fuehrer: the rise and fall of Haj Amin el-Husseini, Yoseloff, 1965.
  • Menachem Arnoni, Le Nationalisme arabe et les nazis, Tel-Aviv, Mouvement ouvrier sioniste mondial, 1970 (1re édition, en hébreu, en 1968).
  • Union Internationale de la Résistance et de la Déportation (U.I.R.D), Comme au temps de Hitler, 1970.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Témoignages[modifier | modifier le code]

  • André-Paul Weber, Conseiller du Grand Mufti, l'Odyssée du docteur Pierre Schrumpf-Pierron 1882-1952, Éditions Hirlé, 2005.

Articles[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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