Adolphe-Louis Terracher

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Adolphe-Louis Terracher
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Adolphe-Louis Terracher
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Louis Adolphe Terracher[1],[2] né à Vindelle le et mort à Vichy le [3], est un professeur de linguistique et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

  • Lecteur à l'université d'Uppsala en Suède d'octobre 1907 à 1910.
  • Lecteur à l'université John Hopkins à Baltimore aux États-Unis de 1911 à 1913.
  • Lecteur à l'université de Liverpool en Angleterre du 30 décembre 1913 à décembre 1914 avant d'être mobilisé le 10 avril 1915 pendant la guerre de 1914-1918. Son classement dans le service auxiliaire des armées avec des sursis d'appel l'y font revenir d'août 1915 à septembre 1919. Il y devient professeur de français le 28 juillet 1919.
  • Il est nommé professeur d'histoire de la langue française à la faculté de lettre de Strasbourg[4] le 22 novembre 1919 jusqu'au 2 novembre 1925.
  • Fondateur à Paris, en 1924, avec Oscar Bloch (1877-1937) de la Société de linguistique romane et de la Revue de linguistique romane.
  • Recteur d'académie de Dijon[5] de novembre 1925 à juin 1932, puis recteur d'académie de Bordeaux[6] jusqu'au 30 septembre 1938 et enfin recteur d'académie de Strasbourg[7] le 1er octobre 1938.
  • Il reçoit délégation du Maréchal Philippe Pétain, chef de l'État français, pour occuper la fonction de directeur de l'Enseignement secondaire le 1er octobre 1940[8] jusqu'au 18 décembre 1940.
  • Secrétaire général à l'Instruction publique du 19 décembre 1940 au 2 janvier 1944[9],[10],[1], dans les gouvernements Flandin, Darlan et Laval.
  • Recteur de l'académie et de l'université de Strasbourg, il le reste sous l'occupation allemande lorsqu'elle est déplacée à Clermont-Ferrand et à Salagnac en Dordogne, pour la faculté de médecine, où il conserve ce poste jusqu'en janvier 1944[9].
  • Son limogeage de 1944, tant de ses fonctions ministérielles que de ses fonctions de recteur, est l'aboutissement de son opposition constante au rapatriement des enseignants, étudiants et de la bibliothèque de l'université à Strasbourg expressément demandé par les autorités allemandes[9].

Ses apports à la linguistique[modifier | modifier le code]

Dans sa thèse, Les aires morphologiques dans les parlers populaires de l'Angoumois (1800-1900) publiée en 1914, il trace la limite entre oc et oïl en Charente dans la région entre Angoulême et Mansle. Par rapport à ses prédécesseurs qui avaient déjà étudié cette limite[11],[12], il ajoute plusieurs communes au domaine occitan, montrant que le marchois (variété du limousin), s’avançait au début du XXe siècle en un cap allant jusqu’à Saint-Amant-de-Boixe[13]. Constatant la régression de ce cap marchois, il explicite également les mécanismes de changement linguistique : « Sous l'influence des voies de communication : le saintongeais et le poitevin [...] plus proches du français, [...] font reculer le limousin dans les vallées; au nord de Saint-Amant-de-Boixe, c'est le poitevin qui se met à dominer, au sud le saintongeais. »[14]

Le géographe Pierre Bonnaud de l'université de Clermont-Ferrand, sous le nom d'« effet Terracher », théorise ainsi son apport à la linguistique : « Le philologue A.-L. Terracher a montré dans sa thèse [que] le français n'avançait pas directement aux dépens du limousin, mais sous le couvert d'un éclaireur, le saintongeais, qui lui ouvrait la voie car il bénéficiait du prestige de la langue nationale dont il était proche, tandis qu'il figurait, dans une population rurale sans instruction, la seule approximation accessible de l'idiome "supérieur". Ce phénomène, que nous appelons effet Terracher, exista partout où le français avançait. [...] Comme une onde de choc qui se propage encore longtemps après le heurt qui lui a donné naissance [...]. Il a deux aspects: la réaction d'adaptation du langage atteint et la fossilisation de certains traits du langage éclaireur [...] disparus dans leur propre domaine par l'approfondissement de la francisation. Dans cette seconde fonction il est un conservatoire précieux de traits originaux disparus, quelque peu transformés certes, mais tout de même d'un grand intérêt à divers titres. »[15]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Origine des noms en -acus, Bulletins de la Société archéologique et historique de la Charente, 1908.
  • La chevalerie Vivien, chanson de geste, Bulletins de la Société archéologique et historique de la Charente, 1909.
  • Les Aires morphologiques dans les parlers du nord-ouest de l’Angoumois, Librairie ancienne Honoré Champion, 1913. (Thèse pour le doctorat ès lettres de l’université de Paris.)
  • Les Aires morphologiques dans les parlers du nord-ouest de l’Angoumois, Librairie ancienne Honoré Champion, 1914. (Atlas.)
  • La rencontre des langues entre Loire et Dordogne, dans : Le Centre-Ouest de la France, encyclopédie régionale illustrée, 1926.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Fiche sur IDREF
  2. Archives départementales de la Charente, Vindelle, registre 1873-1882 vue 229/266 acte n° 6 et registre matricule, Angoulême, 1901 de 1001 à 1500 vue 6 et 7. Adolphe est son prénom usuel comme le montre sa signature (A. Terracher) sur son acte de mariage aux Archives départementales du Calvados, Caen 1914 vue 178 et 179/265 acte no 241.
  3. Ian W. Alexander, Periodical publications, French Studies 1955 IX: 382-385., fs.oxfordjournals.org
  4. décret du 2 décembre 1919 JORF no 327 page 13806
  5. décret du 3 novembre 1925 JORF no 263 du 8 novembre 1925 page 10726
  6. décret du 8 juin 1932 JORF no 143 du 19 juin 1932 page 6644
  7. décret du 29 juillet 1938 JORF no 177 du 30 juillet 1938 page 9050
  8. décret du 18 septembre 1940 JORF no 238 du 20 septembre 1940 page 5118
  9. a b et c André Gueslin, Les facs sous Vichy : étudiants, universitaires et universités de France pendant la Seconde Guerre mondiale : actes du colloque des Universités de Clermont-Ferrand et de Strasbourg - Novembre 1993, publié en 1994.
  10. Décrets no 1 et no 2 du 2 janvier 1944, JO de l'État français du 3 et 4 janvier 1944 page 71
  11. Charles de Tourtoulon et Olivier Bringuier, Limite géographique de la langue d'oc et de la langue d'oil, Paris, Imprimerie nationale (réimprimé en 2007 par Massert-Meuzac, IEO), , 63 p. [[ Carte de la limite oc-oil en France, partie ouest, visualisation en ligne]]
  12. Voir aussi : langues de la Charente.
  13. Éric Nowak, Histoire et Géographie des parlers poitevins et saintongeais, Éditions des régionalismes, 2010 (ISBN 978-2-84618-677-3).
  14. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées dicchar
  15. Pierre Bonnaud, « Lexique identitaire de l'Auvergne », (consulté le 13 février 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]