Union socialiste des forces populaires

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Union socialiste des forces populaires (USFP)
Présentation
Premier secrétaire Driss Lachgar
(depuis le )
Fondation 1959 (UNFP)
1975 (USFP)
Siège Drapeau : Maroc Rabat
Presse écrite Arabe : Al Ittihad al Ichtiraki
Français : Libération
Symbole Rose[1]
Idéologie Gauche, Progressisme, Social-démocratie, Social-libéralisme, Socialisme démocratique
Affiliation internationale Internationale socialiste
Couleurs violet, blanc
Site web http://www.usfp.ma/
Représentation
Représentants
39 / 395
Conseillers
24 / 270
Ministres
0 / 31

L'Union socialiste des forces populaires (USFP, en arabe : الاتحاد الاشتراكي للقوات الشعبية) est un parti politique marocain né en 1959 d'une scission avec le parti de l'Istiqlal sous le nom de l'Union nationale des forces populaires (UNFP).

Ce parti se réclame des idées de la gauche, principalement sur les points de la justice sociale, de la modernité et du combat contre les inégalités.

Lors des élections législatives du , le parti obtient cinquante sièges au parlement. C'est le parti majoritaire. Il fait partie de la coalition gouvernementale avec le Parti Istiqlal.

Lors des élections législatives du , le parti obtient uniquement trente huit sièges au parlement, et arrive à la cinquième position. Le parti majoritaire lors de ce scrutin est le Parti Istiqlal.

À l'issue des élections législatives anticipées du 25 novembre 2011, l'USFP doit se contenter, comme en 2007 de la cinquième place avec trente neuf sièges à la Chambre des Représentants. Après quelques jours de discussions internes, le parti décide le de ne pas rejoindre le gouvernement Benkirane[2].

Historique[modifier | modifier le code]

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Phase de la lutte pour la construction du paysage politique marocain[modifier | modifier le code]

  • La création de l'Union Nationale des Forces Populaires en 1959 est associée à une transformation qualitative survenue au sein du parti qui avait conduit à l'indépendance du Maroc : l’Istiqlal, et des divergences concernant l’évolution que devait prendre le Maroc au lendemain de l’indépendance. Le processus de la création de l’UNFP reposait en grande partie sur les résistants, les membres de l'armée de libération, la classe ouvrière et l'aile progressiste de l’Istiqlal, et parmi les fondateurs on peut citer : Mehdi Ben Barka, Abderrahman el-Youssoufi, Mohamed Basri, Mohamed Mansour, Mahjoub Ben Seddik,  Abderrahim Bouabid… Le parti a été fondé le 6 septembre 1959, un an après la nomination du gouvernement Ibrahim, qui avait conduit un certain nombre de réformes dans les domaines de l’ agriculture, l’industrie, du système bancaire, et de l’énergie, c’est ce même gouvernement qui avait mis en place l'autonomie de la monnaie nationale par rapport au Franc français. Abderrahim Bouabid, Ministre de l’Économie et des Finances, était le maître d’œuvre de ces réformes. D’autres réformes avaient été initiées telles que la réforme de l'administration publique, la sureté nationale, l’armée nationale, et le projet d'évacuation des troupes étrangères, mais au mois de mai 1960 le gouvernement d'Abdallah Ibrahim a été démis, et les relations entre le parti et le roi Hassan II se sont détériorées, et ce fut le début de la période des années de plomb qui se sont étendues de 1960 à 1975, années durant lesquelles un système féodal, un pouvoir absolu et une autocratie se sont installés au Maroc. Ces mêmes années ont connu l’assassinat de Mehdi Ben Barka et d'Omar Benjelloun ainsi que l'exécution d'un certain nombre de dirigeants et militants de l'Union. Avec l'émergence de la question du Sahara en 1975, le parti a connu des transformations et un certain nombre de contradictions internes, qui ont conduit à un consensus national, et au processus démocratique dont le parti a été une de ses composantes de base. Cette phase a duré de 1975 à 1990, et a porté son lot de procès et de jugements expéditifs à l’encontre des militants et syndicalistes du parti. Toutefois, la période de transition, à laquelle a contribué l'Union Socialiste des Forces Populaires a débuté en octobre 1991, lorsque Abderrahim Bouabid et M’hamed Boucetta leader du Parti de l’Istiqlal ont présenté un mémorandum commun au défunt Roi Hassan II, axé sur des revendications politiques et constitutionnelles. Ce mémorandum a mené à deux révisions successives de la Constitution en 1992 et 1996,  et à des élections législatives en 1997, aux termes desquelles le Roi Hassan II a nommé le Premier Secrétaire du parti Abderrahman Youssoufi, Premier Ministre dans le gouvernement d’alternance, cette confiance a été renouvelée par le Roi Mohammed VI, à son accession au trône le 30 juillet 1999. En septembre 2002, après les élections législatives, un Premier Ministre a été nommé en dehors des partis, ce qui a suscité un débat sur ce qu'Abderrahman Youssoufi a appelé « la nécessité de respecter la méthodologie démocratique », cependant, le parti a participé à ce gouvernement avec 6 ministres.
  • Évolution organisationnelle

Entre 1959 et 2012, l’USFP a tenu neuf congrès ordinaires et deux congrès extraordinaires (1975 et 2006). Depuis sa création le parti a connu une organisation basée sur une direction bilatérale (politique et syndicale, qui s'est soldée en 1972, par l'exclusion de l’Union marocaine du travail de la direction du parti, (les décisions du 30 juillet), et en janvier 1975, le congrès extraordinaire a rompu avec ce qu'on appelait les organisations secrètes, et qui a pratiqué l'action armée de 1961 à 1973, et annoncé le changement du nom du parti qui est devenu l'Union Socialiste au lieu de l’Union Nationale, et a adopté la stratégie de lutte démocratique, derrière cette transformation il y avait des dirigeants syndicaux et politiques, des résistants et membre de l'Armée de Libération, et une avant-garde de jeunes du parti. Le congrès a élu Abderrahim Bouabid en tant que Premier Secrétaire du parti, il le restera jusqu'à son décès en janvier 1992, date à laquelle Abderrahman Youssoufi l’a remplacé jusqu’à sa démission en octobre 2003. Mohamed Elyazghi a alors été élu au poste de Premier Secrétaire lors du Septième Congrès, et le restera jusqu’à sa démission du Bureau Politique en décembre 2007, remplacé par Abdelwahed Radi qui sera élu Premier Secrétaire au 8e congrès en 2008. En décembre 2012, Driss Lachgar lui succédera au terme du 9e congrès. Entre 1978 et 2001, le parti a connu deux défis fondamentaux, le premier étant le débat politique interne axé sur le bien fondé de la participation aux élections et la stratégie de lutte démocratique, et le  second le retour de l’aile syndicaliste à la direction du parti, ce qui a mené à clarifier les choix politiques et les relations avec les centrales syndicales. Le phénomène le plus important qu’a connu l'USFP depuis le congrès extraordinaire de 1975 est l'équilibre entre les enjeux politiques nationaux et les problèmes organisationnels internes, ce qui a conduit à une dynamique au sein de la société tant au niveau syndical que politique. La participation effective du parti à la vie politique nationale a contribué à l’émergence d’un débat sur l’action politique et les formes de représentation politique, les priorités de la ligne politique et l’identité idéologique, la modernisation des institutions et le développement des libertés.

  • L’identité partisane

La création du parti en 1959, visait à «établir une démocratie réaliste qui assure à tous les citoyens la gestion de leurs affaires par eux-même, que ce soit au niveau national ou local dans le cadre d'une monarchie constitutionnelle sous le patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed V », mais les développements qui ont eu lieu à partir de 1961, ont fait que la parti a présenté deux visions idéologiques, la première véhiculée par le Rapport idéologique approuvé par le deuxième congrès en 1962, et la seconde véhiculée par le document « l’option révolutionnaire » rédigé par Mehdi Ben Barka et qui n'a pas été soumis au congrès. Néanmoins, on peut parler à cette époque d’une identité acquise des transformations historiques qu’a connues le Maroc après l'indépendance. Le parti a connu entre 1962 et 1975 une identité militante aux multiples facettes, il a adopté depuis 1975, la stratégie de lutte démocratique sous la bannière de la libération, la démocratie et le socialisme, pour ensuite démarrer un débat interne sur l'adoption du socialisme scientifique ou le socialisme démocratique et social, choix qui n’a été clairement tranché qu'au sixième Congrès National en 2001. Malgré la diversité des discours de «l'établissement d’une démocratie réaliste sous le haut patronage de Sa Majesté" dans la période de création du parti, ou de «régime autoritaire» dans la période des « graves violations des droits de l'homme », ou de « transition démocratique » dans la période équité et réconciliation, le terme démocratie reste présent dans le discours ittihadi, plus que d'autres concepts, dont la diversité et le contenu ont varié avec le temps et les conflits politiques et organisationnels internes. L'Union socialiste a essayé durant sa participation aux différents gouvernements, d'arbitrer entre l'identité politique et la réalité de l'exercice des responsabilités gouvernementales, et c’est dans ce contexte, que se situe le débat sur « la méthodologie démocratique » après l'exclusion du parti de la primature, bien qu'ayant obtenu la première place dans les élections législatives de septembre 2002.

  • L’Union socialiste et les élections

Dès 1960, l'USFP, a participé aux premières élections locales qu’a  connu le Maroc indépendant, puis aux élections législatives de mai 1963, et son groupe au parlement a constitué une importante force d'opposition malgré leur nombre réduit. Il a conduit à la première motion de censure de l'histoire législative du Maroc, présentée par Abdellatif Benjelloun en juin 1964, mais le lancement de la campagne de répression et d'arrestations dans les rangs du parti l’a éloigné de toute participation politique, au même moment Hassan II décrétait l’État d’exception en juin 1965. La question du Sahara a joué un rôle primordiale dans ce qu’il est convenu d’appeler le « processus démocratique » déclenché en novembre 1976 avec l’organisation d’élections communales pour ouvrir une nouvelle ère politique au Maroc, le parti y a participé après un long boycott (depuis les élections législatives de mai 1963). Et depuis, le parti a participé à toutes les élections locales, législatives et professionnelles, et ce qui distingue cette phase est le vote positif pour la première fois pour le projet d'amendement de la Constitution en 1996, tous les projets de constitution précédents avaient été boycottés par le parti.

  • Réalisations

Si la naissance du parti en 1959 était une réponse aux mutations historiques du Maroc indépendant, les réalisations les plus importantes de cette période étaient l’édification des institutions économiques et financières nationales, ce qu'Abderrahim Bouabid, alors ministre de l’économie et des finances, a appelé « la transition de l'économie coloniale à l'économie nationale », et avec le début des années de plomb en 1960, le parti est entré dans une phase de lutte, tantôt politique tantôt violente contre « la tyrannie », et il en a payé le prix avec les dizaines de procès et d'arrestations, l'exil, l’assassinat et les peines de mort, le parti avait aussi participé la question de la construction démocratique, qui a débuté en 1975, par le biais de l'opposition parlementaire, ses relations étaient parfois tendues avec le Roi, comme c'est le cas entre les années 1981 et 1983, mais aussi parfois sereines comme c’est le cas dans les années 1990 qui ont connu un nouvel élan politique par l’ouverture d’un débat sur les réformes politiques et constitutionnelles initié par l’USFP, notamment celles relatives au projet de la Constitution, à l’amnistie générale pour les prisonniers politiques et le retour des exilés, cette dynamique a permis l’émergence d’un gouvernement d’alternance dirigé par l'Union socialiste des Forces Populaires, dont les réalisations les plus importantes sont l'expansion des libertés publiques, et l’ouverture des grands chantiers économiques, le parti a également participé au gouvernement de 2002- 2007, avec des ministères clés tels que l’Aménagement du territoire, l'économie et les finances, l'éducation, la justice, la jeunesse et la communauté marocaine à l'étranger. L'USFP a décidé de continuer à assumer des responsabilités dans le gouvernement 2007-2012, avec un ministre d'État et les ministères de la Justice, de modernisation des secteurs, de l'emploi, des affaires de la communauté marocaine à l’Etranger, après le remaniement ministériel de 2010, l’USFP est maintenu dans les mêmes ministères à l'exception du ministère de la Justice, avec un Ministère en plus , celui des relations avec le Parlement, au moment où Abdelwahed Radi, Premier Secrétaire a été élu Président de la Chambre des représentants, la première chambre du Parlement. En 2011 ; le parti a choisi de rejoindre l’opposition, et a refusé l’offre de participation proposé par le nouveau Chef du gouvernement. La stratégie de participation adoptée par le parti, tant législative que gouvernementale depuis le gouvernement d’alternance en 1998, visait le renforcement de la stabilité politique au Maroc, en plus de l'application de politiques de développement social, économique et politique, et le renforcement des droits individuels et collectifs, en particulier ceux relatifs aux droits des enfants, des femmes et des groupes vulnérables. Il s'agit d'un pari stratégique important, malgré le prix payé par le parti tant au niveau politique qu’organisationnel.

  • Dates clé :
  • 1972 : Rupture de la Commission administrative de l'UNFP avec l'aile syndicaliste et choix assumé de l’action politique et démocratique. L’UNFP demande l’élection au suffrage universel d’une assemblée nationale constituante.
  • 1973 : Après l’envoi de colis piégés à Mohamed Elyazghi et Omar Benjelloun, de nombreux militants de l’UNFP seront également traduits devant le Tribunal militaire de Kénitra pour atteinte à la sécurité de l’État.
  • 1975 : “ Choix démocratique ”. Congrès Extraordinaire qui désigne Abderrahim Bouabid, premier secrétaire du Parti.
  • 1975 (le 18 décembre) : Assassinat à Casablanca de Omar Benjelloun, un des principaux fondateurs du Parti, de ses organes de presse et animateur de l’action pour démocratiser la Centrale Syndicale (UMT), par la Chabiba islamiya.
  • 3 jours après l’assassinat de Omar Benjelloun, le 21 décembre 1975 : Création de la Jeunesse Ittihadia.
  • 1981 (le 20 juin) : Hausses vertigineuses des prix des denrées de première nécessité. Grève générale réprimée durement à Casablanca. Les responsables des deux organisations (USFP et CDT) sont arrêtés et leurs locaux assiégés. La presse de l’USFP ("Al Moharrir" et "Libération") est interdite.
  • 1981 (le 5 septembre) : le Bureau politique de l’USFP rejette publiquement par un communiqué l’acceptation par le Maroc de l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental (résolution qui avait été adoptée à Nairobi par le Sommet de l’Organisation de l'unité africaine (OUA): Arrestation du Bureau politique de l’USFP, avec à sa tête Abderrahim Bouabid, Mohamed Elyazghi et Mohamed Lahbabi.

Phase préparatoire et consolidation du dialogue[modifier | modifier le code]

  • 1984 : Mémorandum présenté à Hassan II par l’USFP contre le plan d’ajustement structurel imposé par le FMI.
  • 1984 : Tenue à Casablanca du 4e congrès national de l’USFP.
  • 1989 : Tenue du 5e congrès. Demande de révision constitutionnelle.

Phase d’ouverture[modifier | modifier le code]

  • 1991 : manifeste démocratique présenté conjointement avec le parti de l'Istiqlal à Feu le Roi Hassan II, prônant un rééquilibrage institutionnel.
  • 1992 : décès de Abderrahim Bouabid. Abderrahman El Youssoufi devient premier secrétaire de l’USFP, et Mohamed El Yazghi, premier secrétaire adjoint.
  • 1993 : réactivation du bloc démocratique “la Koutla” (USFP, Istiqlal, PPS, OADP).
  • 1998 : gouvernement de l’Alternance dirigé par Abderrahman Youssoufi.
  • 2001 : 6e congrès de l’USFP.
  • 2003 : démission de Abderrahman El Youssoufi.
  • 2005 : 7e congrès de l'USFP et élection de Mohamed El Yazghi en tant que Premier Secrétaire.
  • 2006 : 2e congrès extraordinaire de l'USFP pour se conformer aux nouvelles clauses du nouveau code des partis politiques.
  • 2007 : démission de Mohamed El Yazghi à la suite de pressions internes remettant en cause la participation de son parti au gouvernement malgré l'échec électoral.
  • 2008 : Abdelwahed Radi alors ministre de la justice est élu à la tête du parti à la suite d'un scrutin où seulement 25 voix l'ont départagé de son dauphin Fathallah Oualalou.
  • 2012 : 9e congrès de l'USFP et élection sur deux tours, de Driss Lachgar à la présidence du parti.

Premiers secrétaires[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF] « Arrêté du ministre de l'Intérieur no 2914-11 du 30 kaada 1432 (28 octobre 2011) fixant les symboles attribués aux listes de candidatures ou aux candidats appartenant aux partis politiques », Bulletin officiel du Royaume du Maroc, no 5992,‎ , p. 2386-2387 (lire en ligne)
  2. RFI, « Maroc : l’USFP ne participera pas au gouvernement Benkirane », Radio France internationale,‎

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]