Sac plastique

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Utilisation en industrie

Le sac plastique est un sac léger fabriqué en matière plastique (éventuellement biodégradable) destiné à accueillir divers types de contenu. Le plus répandu est le sac de caisse, offert, vendu ou prêté par les commerces à leurs clients pour faciliter le transport de leurs achats.

Il existe également le sac poubelle, le sac sous vide, le Publisac. Au sens large, d'autres types de contenants, jusqu'aux coussins gonflables de sécurité (« airbags ») pourraient être considérés comme sacs en plastique.

Le sac plastique est, en 2010 le plus souvent constitué de polyéthylène d'origine pétrolière. Des sacs dits bio-dégradables (en amidon de pomme de terre et de maïs, sucre de betterave, huile de tournesol...)[1]), ainsi que les sacs en papier recyclables sont des alternatives. Il existe aussi des sacs conçus pour se dégrader après exposition à la lumière (dits oxofragmentable, ou oxodégradables grâce à un additif généralement à base de cobalt toxique et écotoxique) ; ces sacs sont interdits en France à partir du 1er juillet 2015 (par la loi Transition énergétique)[1].

En 2015, environ 17 milliards de sacs plastiques ont été distribués en France, dont 700 millions concernés par le décret d'interdiction entrant en vigueur en juillet 2016[1], de manière à limiter leurs effets négatifs sur l'environnement, marin notamment.

Fabrication[modifier | modifier le code]

Extrusion-gonflage : bulle cylindrique verticale pour la production de sacs pastiques.

Les sacs plastiques sont obtenus par le procédé d'extrusion-gonflage. On extrude une paraison à paroi mince qui est ensuite gonflée à l'air en surpression ; on forme ainsi en flux continu une gaine gonflée[2] de film plastique qui, refroidie, va pouvoir être bobinée pour être ensuite imprimée et thermosoudée à une extrémité.

Le sac le plus courant, appelé le « sac bretelle », a un coût de revient d'environ 1 centime d'euro pièce.

Impact environnemental[modifier | modifier le code]

Pictogramme figurant sur un sac plastique afin de prévenir des risques d'étouffement.

Au début du XXIème siècle, la production des sacs en plastique détourne 4 % de la consommation annuelle de pétrole, une ressource fossile non renouvelable dont la production mondiale stagne[3] (8,7 sacs en plastique contiendraient assez d'énergie en pétrole pour permettre à une automobile de parcourir un kilomètre[4]. Ils consomme de l'eau, et émet des gaz à effet de serre responsables du changement climatique.

Les sacs en plastique emportés par le vent, les inondations et cours d'eau vers la mer comptent pour une grande partie des déchets marins (jusqu'à plus de 95 % du total des objets en plastique comptabilisés en baie de Seine et dans le Golfe de Gascogne en 1992 et 1993[5]). Certains contiennent des colorants ou métaux toxiques.

Envasés ou enfouis dans le sable, leur durée de persistance pourrait être de plusieurs siècles.Ceux qui sont ballotés par les vagues ou contre les rochers finissent par se fragmenter en microplastiques puis potentiellement en nanoplastiques. Avant cela, ils représentent un danger pour les grands organismes marins (tortues[6], cétacés, thons, etc.) en provoquant leur étouffement ou étranglement ou une mort de faim induite par une fausse sensation de satiété entretenue par un estomac perpétuellement plein. À titre d'exemple, en 2002, l'autopsie par le GECC[7] d'un petit rorqual trouvé échoué à Lestre a montré que son estomac contenait une vingtaine de sacs plastiques, soit une surface de 3,95 m2 une fois étalés au sol[8]. Divers polluants s'adsorbent ou adhèrent à la surface des plastiques en suspension dans l'eau ; ils sont ainsi transportés, parfois à grande distance (distances qui font encore l'objet d'études)[9]. De même, ils peuvent transporter des espèces susceptibles de devenir invasives hors de leur habitat naturel[10].

Une étude issue de l'université de Colombie Britannique affirme que 93 % des fulmars boréaux échoués (oiseaux marins migrateurs de la même famille que l'albatros) avaient l'estomac remplis de plastique[11].

De plus, des sacs en plastique obstruent régulièrement certains réseaux d'évacuation ou de gestion des eaux, ce qui aggrave le risque d'inondation et les coûts de gestion des eaux usées et de ruissellement.

Une étude[12] publiée en 2015 et conduite par le Trinity College en Irlande confirme la dangerosité des sacs en plastique pour la faune aquatique. Elle montre aussi que les sacs biodégradables ne sont pas une alternative satisfaisante s'ils sont immergés avant d'être dégradés. Les effets de sacs plastiques ou biodégradables expérimentalement immergés de manière à ce qu'ils forment une « litière de plastique » ont été testés au fond d'une zone de marais saumâtre près de Dublin. Un secteur a été couvert de sacs en polyéthylène classiques et un autre couvert de plastiques biodégradables à base d'amidon ; tant que ces sacs ne sont pas dégradés (après 9 semaines dans ce cas), les effets des sacs biodégradables sont aussi négatifs que ceux de déchets de plastique non-biodégradable, non seulement pour les oiseaux, tortues ou mammifères qui les ingéreraient mais aussi pour « des communautés entières de la faune, y compris les invertébrés ». Dans ou sous tous ces sacs en plastique, le taux d'oxygène avait fortement chuté, de même que le taux des chlorophylles A et C (divisés par deux environ), ainsi que le nombre des organismes du sédiment (divisé par 6 dans les deux cas) alors que le taux d'ammonium est lui doublé, évoquant des conditions anoxiques (par ailleurs peu propices à la biodégradation). Une étude similaire est prévue en eau profonde en Arctique.

Interdictions et mesures de protection de l'environnement[modifier | modifier le code]

Les problèmes posés par l'usage massif des sacs en plastique ont conduit des gouvernements, régions et des villes, à prendre des mesures de taxation, limitation ou d'interdiction.

Europe[modifier | modifier le code]

Union européenne[modifier | modifier le code]

En 2015, le Parlement européen a signé un texte sur la réduction massive de sacs plastiques à usage unique. L'accord prévoit une réduction progressive de l'utilisation des sacs plastiques. En 2019, chaque État membre devra réduire son utilisation à 90 sacs plastiques par personne et par an, puis à 40 sacs en 2025[13]. Le recours aux sacs plastiques est très différent d'un pays à l'autre au sein de l'Union européenne. Les meilleurs élèves sont le Danemark et la Finlande avec une utilisation de 4 sacs par an et par habitant. Les mauvais élèves sont le Portugal, la Pologne et la Slovaquie où la consommation s'élève à 450 sacs plastiques par habitant et par an[14].

Danemark[modifier | modifier le code]

Le Danemark fait figure de pionnier en instaurant une taxe sur les sacs en plastique dès 1994[15].

France[modifier | modifier le code]

Plusieurs régions telles que la Corse ont pris des mesures contre les sachets plastiques car, abandonnés dans la nature, ils défiguraient le paysage. De même à Mayotte, les sacs plastiques à usage unique sont interdits depuis le 1er janvier 2006 par arrêté préfectoral.

En décembre 2005, une loi votée[16] par l'Assemblée nationale fixe au 1er janvier 2010 la date à laquelle tous les sacs plastiques non biodégradables doivent être interdits. Cependant, en décembre 2006, la Commission européenne estime que ce texte n'est pas conforme à la directive 94/62/CE qui exige une valorisation des déchets d'emballage sans imposer le compostage. Aussi, en 2010, les sacs plastiques non biodégradables sont toujours disponibles aux caisses des principaux supermarchés de France métropolitaine.

La France a décidé de taxer les sacs de caisse à usage unique non biodégradables à partir du . La consommation de sacs de caisse est passée de quinze milliards d'unités en 2003 à environ huit cents millions en 2010, notamment grâce à la suppression de leur gratuité[17]. Mais en 2014, si le nombre de sacs plastique distribués dans les supermarchés a encore diminué et est passé à 700 millions d'unités, 17,7 milliards de sacs plastiques étaient encore distribués, principalement dans les commerces de proximité et pour la vente en vrac de fruits et légumes et de produits vendus à la découpe[18].

En 2014, l'Assemblée nationale va donc plus loin et vote l'interdiction des sacs de caisse en plastique à usage unique à partir du [18]. Cette interdiction est finalement reportée au 1er juillet de la même année[19] ; les sacs en matières plastiques à usage unique destinés à l’emballage de fruits et légumes en vrac seront eux interdits au 1er janvier 2017.

En 2016, le 1er juillet tout sac de caisse gratuit à usage unique devient interdit, pour tout type de commerce, ainsi que tout sac dont l'épaisseur est de moins de 50 microns [1]. Au 1er janvier 2017, les empaquetages de formulaires et magazines (films de routage) seront aussi concernés ; seuls les sacs biodégradables en conditions de compostage domestique seront autorisés (en papier ou plastiques biosourcés) [1]. Pour aider les industriels à la transition, la mesure est progressive : au moins 30 % de la matière plastiques devra être biosourcé à partir de 2017, 40 % à partir de 2018, 50 % à partir de 2020 et 60 % à partir de 2025. La part non-végétale du plastique pourra provenir de ressources fossiles, mais devra être formulée pour être biodégradable (ex polycaprolactone créé dans les années 1960, ou polyester Ecoflex) [1].

Irlande[modifier | modifier le code]

En 2002, l'Irlande impose une taxe de quinze centimes par sac de caisse. Ce prélèvement a permis de favoriser l'usage de sacs plastiques recyclables, tout en rapportant 9,6 millions d'euros réinvestis dans un fond destiné à la gestion de déchets. La consommation en Irlande aurait chuté de 90 %[15],[20].

Italie[modifier | modifier le code]

Depuis 2011, l'Italie interdit les sacs en plastique[21].

Portugal[modifier | modifier le code]

Devant se conformer à l'accord signé au Parlement européen, le Portugal impose, en février 2015, un prix de 10 centimes d'euros et une TVA à chaque achat de sac plastique afin de réduire leur utilisation à 35 unités par habitant et par an[22].

Suisse[modifier | modifier le code]

En 2009, Migros, le plus grand distributeur du pays[23], a interdit les sacs en plastique de caisse dans certains cantons[24]. En 2016, les parlementaires abordent la question de l'interdiction des sacs plastiques. Un accord est trouvé avec les membres du secteur de la grande distribution pour interdire les sacs de caisse gratuits dans tous les magasins du pays sauf ceux se trouvant dans les gares, mais la date d'entrée en vigueur de l'accord n'a pas encore été décidée[25].

Amérique du Nord[modifier | modifier le code]

États-Unis[modifier | modifier le code]

En 2012, Los Angeles ou près de 19 % des déchets de la ville sont composés de sacs plastiques, devient la 45e ville de Californie à adopter l'interdiction des sacs en plastique[26].

En février 2014, l'État de Hawaï vote une interdiction des sacs en plastique[27].

En avril 2014, une ville de Puerto Rico interdit les sacs en plastique[28].

En août 2014, la Californie vote une interdiction des sacs en plastique[29].

Haïti[modifier | modifier le code]

En Haïti, le gouvernement interdit les sacs en plastique non biodégradables depuis octobre 2012[30].

Québec[modifier | modifier le code]

Au Québec, des municipalités comme Deux-Montagnes et Huntingdon ont interdit l'utilisation des sacs de plastique[31].

En mars 2014, la ville de Québec commence à recycler les sacs en plastique[32].

Afin de diminuer leur utilisation, la plupart des chaines de distribution alimentaire imposent des frais de 0,05 $ par sac, et promeuvent l'utilisation de sacs réutilisables longue durée. Cette politique a permis de réduire de plus de 90 % la quantité de sacs qu'elles utilisent.

Asie[modifier | modifier le code]

Bali[modifier | modifier le code]

Un mouvement porté par deux jeunes sœurs balinaises a été lancé en 2013 pour promouvoir l'interdiction de sacs en plastique sur l'île de Bali d'ici 2018. Melati et Isabel Wijsen ont évoqué leur campagne « Bye bye plastic bags » lors d'une conférence TED à Londres en septembre 2015[33]. Après les avoir rencontrées, le gouverneur de Bali s'est engagé à interdire les sacs en plastique en 2018.

Bangladesh[modifier | modifier le code]

En 2002, le Bangladesh ordonne une interdiction des sacs en plastique, soupçonnés d'avoir provoqué de graves inondations à Dacca en empêchant l'évacuation des eaux dans les égouts.

Inde[modifier | modifier le code]

En 2012, le gouvernement de Delhi décrète qu'il sera dorénavant interdit de fabriquer et d'utiliser des sacs en plastique dans la capitale[34].

Afrique[modifier | modifier le code]

Afrique du Sud[modifier | modifier le code]

En 2003, l’Afrique du Sud bannit les sachets en plastique d’une épaisseur de moins de trente micromètres et introduit une taxe sur les plastiques dont une partie est versée à une compagnie de recyclage[20].

Île Rodrigues[modifier | modifier le code]

Les sacs plastiques sont interdits depuis juin 2014.

Madagascar[modifier | modifier le code]

En octobre 2014, le gouvernement de Madagascar promulgue un décret fixant l'interdiction des sacs en plastique au 1er mai 2015.

Mali[modifier | modifier le code]

Au 1er janvier 2013, l'Etat a interdit la production, l'importation, la commercialisation et l’usage de sacs en plastique non biodégradables[35].

Maroc[modifier | modifier le code]

Au Maroc, le parlement marocain a adopté en 2011 à l'unanimité un projet de loi relatif à l'utilisation des sacs et sachets en plastique dégradables ou biodégradables[36].

Mauritanie[modifier | modifier le code]

Depuis le 1er janvier 2013, la production, l'importation, la commercialisation et l’usage de sacs en plastique non biodégradables sont interdits en Mauritanie[37]. Or une nouvelle loi a été adoptée en janvier 2016 pour interdire et sanctionner « la fabrication, l’importation, la distribution, la commercialisation et l’usage des sacs et sachets plastiques souples »[38].

Rwanda[modifier | modifier le code]

Au Rwanda, les sacs en plastique sont interdits depuis 2004. La loi est entrée en vigueur en 2008. Elle sanctionne très gravement le trafic et la commercialisation des sacs[39]. La ville de Kigali est considérée comme la ville la plus propre d'Afrique et l'ONU-Habitat lui a décernée le titre de "Meilleur capitale africaine" en 2008[40].

Sénégal[modifier | modifier le code]

Le parlement a adopté en 2015 une loi interdisant les sacs en plastique fins. La loi est entrée en vigueur six mois plus tard[41].

Alternatives[modifier | modifier le code]

Alternative : sac en papier brun, recyclable et réutilisable (souvent fabriqué de papier kraft, dont certains types sont biodégradables).

Sacs en plastique oxo-dégradables (oxo-biodégradable ou photo-oxo-dégradable)[modifier | modifier le code]

Ce terme est défini par le document CEN 15351 du comité européen de normalisation, mais plusieurs termes (parfois non-synonymes) ont caractérisé cette technologie de plastics additivés : « dégradable », « totalement dégradable », « oxo-dégradable », « oxo-biodégradable » ou « photo-oxo-dégradable ».

Ces plastiques peuvent éventuellement être biosourcés (sachant que biosourcé [issu de canne à sucre par exemple] ne signifie pas nécessairement biodégradables (BRASKEM) et qu'un plastique biodégradable peut être d'origine pétrochimique).

Avantages : Le principe de l'oxo-dégradabilité est celui d'une oxydation accélérée par l'action combinée de la lumière, de la chaleur, du stress mécanique, de l'oxygène. Cette réaction est catalysée par les UV solaires et par un catalyseur chimique (souvent à base de métal, cobalt par exemple).
Des thermo- et photo-inducteurs et « molécules pro-oxydantes »[42]soigneusement dosés peuvent « programmer » la durée de vie du matériau (en permettant une réduction de la masse moléculaire du polymère par oxydation dans un temps déterminé et mesurable) ; en cas d'abandon, les produits oxo-biodégradables se désintègrent dans la majeure partie des environnements.
Ainsi le polyéthylène (PE) n'est ni biodégradable ni dégradable à échelle humaine de temps, mais un catalyseur (« additif pro-dégradant ») introduit lors de sa fabrication peut rendre fragmentable un film de ce plastique. En favorisant chimiquement la rupture des chaînes moléculaires hydrocarbonées composant la matière, il devient oxydable par l'air, la chaleur, le soleil, puis se fragmente. La biodégradation des fragments qui en résultent se fera après de longues années (un siècle environ). Ce phénomène peut être contrôlé par des antioxydants ; il est irréversible[réf. nécessaire]. En cas d'abandon dans la nature, au bout d'une quinzaine de mois (cette durée est programmable par la formulation et dépend des conditions climatiques), le polymère devient fragmentable, fragile, il perd ses propriétés mécaniques.

Inconvénients : Les matériaux oxo-dégradables ou oxo-biodégradadables ne sont plus recyclables, et les premiers ne sont pas compostables au sens de la norme NF EN 13432 (norme concernant la compostabilité industrielle et non la mesure de la biodégradabilité en milieu naturel) ; cette technologie vise à limiter leur l'impact visuel et physique en cas d'abandon dans l'environnement. Ils continuent à poser problème dans l'environnement aquatique. Ils ne sont pas conformes à la norme EN 13432 qui définit des conditions de compostabilité industrielle d'un emballage. Il faut différencier biodégradation en compostage industriel, soit avec des températures de 58 °C, et les conditions de biodégradation rencontrées dans l'environnement. Un produit compostable peut ne pas être biodégradable dans l'environnement.
Un PE additivés ne doit pas être collecté pour le recyclage avec les plastiques traditionnels, car il n'est plus recyclable.
Toxicité : La première génération d'additifs fragmentant les pastique (développés désintégrer le plastique de paillage agricole) était des dithiocarbamates. Toxiques et écotoxiques, ils sont désormais interdits. Ils ont été remplacés par quatre sels (stéarates) de métaux (cobalt, manganèseetc.) également capables d'induire l'oxo-biodégradation du polyéthylène (d'origine fossile ou non), mais contenant des métaux parfois toxiques (ex : cobalt).

En Europe les produits additivés doivent être conformes aux normes en vigueur REACH et OCDE. Pour certains usages (contact alimentaire selon normes CE et FDA[43]....) ils doivent être testés selon les normes en vigueur (dont en termes d'écotoxicité pour les sols et l'eau). Un référentiel AFNOR (AC 51-808, de mars 2012) cadre les tests de ces matériaux. souvent présenté comme une norme, c'est un consensus de professionnels qui cherchent une normalisation des performances de ces produits et la possibilité de lutter contre les fausses allégations sur des produits non conformes.[réf. nécessaire]

Polyéthylène vert[modifier | modifier le code]

  • En juin 2007, la compagnie brésilienne Braskem a annoncé la certification d'un polyéthylène « vert », 100% synthétisé à partir d'éthanol issu de canne à sucre. L'analyse du cycle de vie de ce matériau reste médiocre mais les efforts des chercheurs se poursuivent. L'innovation réside dans le biosourcage des monomères et le moindre recours au carbone fossile, mais la chimie vert pourrait ainsi détourner des cultures à vocation alimentaire. De plus, le polyéthylène vert met autant de temps à se dégrader dans le milieu naturel que le PE issu du pétrole (entre 10 et 20 ans[réf. nécessaire]). Une solution serait d'additiver le PE vert pour le rendre oxo-biodégradable (mais les additifs efficaces sont souvent toxiques).
  • Le Néosac, invention française, est en polyéthylène additivé présentant une résistance mécanique comparable à celle d'un plastique normal.

Il est selon ses promoteurs biodégradable par oxo-dégradation, car se fragmentant en morceaux de plus en plus petits jusqu'à disparaître (au bout d'environ trois mois sur le sol). L'impact visuel des sacs - accrochés aux arbres par exemple - sera moins long. La structure moléculaire peu à peu altérée du polymère rendra ses derniers fragments (particules oxydées) bioassimilable par les micro-organismes, phénomène largement admise par la communauté scientifique[réf. nécessaire]. Selon le producteur, les additifs qu'il contient sont conformes aux normes en vigueur REACH et OCDE.

Incorporation de matière amylacée (amidon de maïs, fécule de pomme de terre, farine de maïs)[modifier | modifier le code]

Une invention d'origine italienne permet de fabriquer des sacs grâce à une combinaison entre l'amidon du maïs et un polyester aliphatique aromatique d'origine pétrolière. Ces nouvelles résines sont appelées « plastiques compostables » car elles répondent aux normes internationales de compostabilité. Le procédé de fabrication et les machines de production sont les mêmes qu'avec le polyéthylène, sauf que la matière première est remplacée par des granulés obtenus à partir d'amidon de maïs ou de farine de maïs. Celui-ci est garanti, selon les fabricants, sans OGM, car la production du maïs n'est pas uniquement européenne. L'Asie devient un acteur majeur. Les sacs produits ressemblent à ceux en plastique avec des caractéristiques de résistance mécanique largement différentes. Ils sont en effet sensibles à l'humidité et donc inaptes au transport des matières trop chargées en eau. Leur fabrication dégage une odeur biscuitée. Ces sacs sont donc partiellement d'origine végétale (~30 %) et partiellement d'origine pétrolière (~70 %). La part d'origine pétrolière est nécessaire à la souplesse du produit, elle est absente des produits rigides de type barquette. Les sacs sont conformes à la norme EN 13432, qui garantit 4 paramètres inaccessibles aux autres matières plastiques :

  • biodégradabilité supérieure à 90 % au bout de 6 mois en compostage industriel ;
  • la désintégration au bout de douze semaines selon des critères de compostages industriels, il y a un maximum de 2 % des fragments ayant un diamètre de plus de 2 mm ;
  • absence de métaux lourds ;
  • absence d'écotoxicité pour les plantes (évaluation sur la germination et sur la biomasse).

D'autre part, le coût de fabrication actuel est quatre à six fois supérieur à celui du polyéthylène. Le Mater-Bi, nom commercial des granulés de copolymère à base d'amidon de maïs, permet par ailleurs de fabriquer la plupart des produits actuellement en plastique. Il existe également des procédés faisant appel à d'autres graminées ou à de l'amidon de pomme de terre.

Enfin, l'unique plastique compostable fabriqué en France s'appelle « biolice ». Sa fabrication est basée sur l'incorporation de farine de maïs issue d'un simple broyage. Cela tranche avec l'amidon ou la fécule, qui nécessitent une extraction exigeant beaucoup d'eau et d'énergie.

Biopolymères PHA[modifier | modifier le code]

Les biopolymères PHA sont fabriqués à partir de micro-organismes ; ils présentent donc l'avantage de ne pas être fabriqués à partir de pétrole[44]. Des sacs fabriqués avec des biopolymères PHA, imaginés par des scientifiques italiens du Parc scientifique et technologique de Sicile, ont été présentés en 2010 à l'exposition universelle de Shanghai[45].

L'incorporation de biopolymères PHA à de la matière amylacée permet de fabriquer des sacs entièrement végétaux, on ne peut plus dans ce cas utiliser la dénomination de « sac plastique ». Ces sacs sont compostables et conformes à la norme EN 13432. Ils constituent, avec les sacs papiers, les sacs réutilisables et les sacs en tissus, une réponse à l'interdiction des sacs plastiques.

Collection[modifier | modifier le code]

Un collectionneur de sac plastique est un saccuplastikophile. L'Association des collectionneurs de sacs plastiques publicitaires (ACSPP, créée à Toulon en 2002) a réuni une collection unique au monde de 27 000 sacs plastiques publicitaires. Son fondateur a commencé cette collection en 1984 ; elle entre dans le Livre Guinness des records en 2001.

L'artiste Claude Briand-Picard réalise des œuvres à partir de sacs plastiques, publicitaires ou sachets de routage[46].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Canto A (2016) Sacs plastiques : enfin interdits ! ; Cette fois, c'est sûr : depuis le 1er juillet les sacs de caisse gratuits et à usage unique sont interdits, article publié en ligne le 01/07/2016 par le magazine de l’environnement
  2. En raison de son grand diamètre, la bulle cylindrique verticale est souvent spectaculaire.
  3. Voir l'article Pic pétrolier
  4. « David Suzuki Foundation », sur Fondation David Suzuki,‎
  5. Galgani, F., Burgeot, T., Bocquene, G., Vincent, F., Leaute, J.-P., Labastie, J., … et Guichet, R. (1995), Distribution and abundance of debris on the continental shelf of the Bay of Biscay and in Seine Bay, Marine Pollution Bulletin, 30(1), 58-62 (résumé).
  6. (en) Balazs, G. H., Impact of ocean debris on marine turtles: entanglement and ingestion. In Proceedings of the Workshop on the Fate and Impact of Marine Debris, vol. 26, p. 29, novembre 1984
  7. Groupe d'étude des cétacés du Cotentin
  8. L'Homme et les mammifères marins : pour une cohabitation durable dans la mer de la Manche, Groupe d'étude des cétacés du Cotentin (GECC), p. 17 [PDF]
  9. Zarfl, C. et Matthies, M. (2010), Are marine plastic particles transport vectors for organic pollutants to the Arctic ?, Marine Pollution Bulletin, 60(10), 1810-1814.
  10. Gregory, M.R. (2009), Environmental implications of plastic debris in marine settings—entanglement, ingestion, smothering, hangers-on, hitch-hiking and alien invasions, Philosophical Transactions of the Royal Society B: Biological Sciences, 364(1526), 2013-2025.
  11. « Seabirds on B.C., Washington, Oregon coast eating bellyfuls of plastic: study », sur The Globe and Mail,‎
  12. Puneet Kollipara (2015) Plastic Bags Cut Wildlife Populations In Marshland Ecosystems ; Pollution: Conventional and biodegradable plastic bags covering marsh sediments reduce abundance of small animals underneath Latest News, April 14, 2015 ; Chemical & Engineering News (American Chemical Society), (ISSN 0009-2347)
  13. http://www.euractiv.fr/section/developpement-durable/news/l-ue-va-diviser-par-deux-l-usage-des-sacs-plastiques-d-ici-2019/
  14. http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/20140627tribada2912e9/vers-l-interdiction-des-sacs-plastiques-distribues-aux-caisses-des-magasins.html
  15. a et b « La guerre aux sacs en plastique continue… », sur ConsoGlobe,‎
  16. Article 47 de la Loi no 2006-11 du 5 janvier 2006 d'orientation agricole
  17. Gilles van Kote, « L'interdiction des sacs en plastique se mondialise », sur Le Monde,‎
  18. a et b « Le sac plastique va-t-il vraiment disparaître ? », Science et Vie, no 1164,‎ , p. 44 (lire en ligne)
  19. Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre), « Interdiction des sacs plastique à usage unique en caisse à partir de juillet 2016 », sur service-public.fr,‎ (consulté le 31 mars 2016)
  20. a et b « Programme des Nations unies pour l'environnement - L'élimination des sacs plastiques au cœur d'une nouvelle stratégie de gestion des déchets au Kenya », sur Programme des Nations unies pour l'environnement,‎ (consulté le 17 septembre 2014)
  21. http://www.liberation.fr/terre/2010/12/30/les-sacs-plastique-hors-la-loi-en-italie-a-partir-du-1er-janvier_703860
  22. http://observador.pt/2014/12/30/sacos-de-plastico-vao-ser-pagos-em-2015-mas-nao-logo-em-janeiro/
  23. http://www.bilan.ch/entreprises-plus-de-redaction/coop-migros-toujours-plus-gros
  24. https://report.migros.ch/2009/fr/environnement-et-société/écologie/sacs-en-plastique.html
  25. http://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/Les-sacs-plastiques-seront-ils-interdits--18614669
  26. « Los Angeles bannit les sacs plastique », sur Slate,‎
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  30. « http://www.seneweb.com/news/Environnement/interdiction-des-sacs-plastiques-apres-le-mali-et-la-mauritanie-le-senegal-toujours-a-la-traine_n_85062.html », sur Seneweb
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  41. « Le Sénégal adopte une loi interdisant les sacs plastiques fins », sur Radio France internationale,‎ (consulté le 19 mai 2016)
  42. Vogt N B & Kleppe E.A (2009) Oxo-biodegradable polyolefins show continued and increased thermal oxidative degradation after exposure to light. Polymer Degradation and Stability, 94(4), 659-663
  43. Sacs plastiques dégradables
  44. Pauline Olivier et Claire Riefer, « L'utilisation des biopolymères dans l'industrie des emballages papiers complexes et laminés : info ou intox ? », mai 2008
  45. « Un sac plastique star écolo de l'Expo Universelle ? », Greenzer, 26 avril 2010
  46. Images sur le site personnel de Claude Briand-Picard

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]