Abd al Malik (artiste)

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Abd al Malik
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Abd al Malik au Prix Lumières en 2015.

Informations générales
Nom de naissance Régis Fayette-Mikano
Naissance (41 ans)
Paris, 14e arrondissement, Drapeau de la France France
Activité principale Rappeur, auteur-compositeur-interprète
Activités annexes Écrivain, réalisateur
Genre musical Hip-hop, rap français, slam
Instruments Voix
Années actives Depuis 1988
Labels Atmosphériques, Pias, Polydor, Universal Music
Site officiel www.abdalmalik.fr

Régis Fayette-Mikano dit Abd al Malik, né le dans le 14e arrondissement de Paris, est un rappeur, auteur-compositeur-interprète, écrivain et réalisateur français. Il fonde en 1988 avec son frère aîné Bilal et son cousin Aissa, le groupe de rap N.A.P.. Abd al Malik choisit son nom de scène en référence à son propre nom de naissance.

En 2004, Abd al Malik publie son premier album solo, Le Face à face des cœurs, qui atteint la 155e place des classements français. En 2005, Abd al Malik publie l'ouvrage Qu'Allah bénisse la France, dans lequel il y explique son cheminement et y défend un Islam réfléchi, fait de tolérance et de désir d'intégration. L'ouvrage obtient en Belgique le Prix Laurence Trân 2005. et est adapté par le rappeur pour le cinéma en 2013.

En 2006, il publie son deuxième album, Gibraltar, qui atteint la 13e place des classements français. En novembre 2007, il présente un nouveau projet, le collectif Béni-Snassen composé de New African Poets (NAP), Wallen, Bil'in, Hamcho, Matteo Falkone et lui-même, engagé contre l'illettrisme ; le collectif publie, l'année suivante, en 2008, un album intitulé Spleen et Idéal. En novembre 2015, il publie son cinquième album, Scarifications, intégralement produit par Laurent Garnier

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et débuts[modifier | modifier le code]

Régis Fayette-Mikano est né le dans le 14e arrondissement de Paris[1], d'un père haut fonctionnaire congolais. Entre 1977 et 1981, il vit avec sa famille à Brazzaville. À son retour en France, il grandit dans une cité HLM du quartier du Neuhof à Strasbourg. Après le divorce de ses parents, c'est sa mère seule qui l'élève avec ses six frères et sœurs. Il chantait à l'église comme enfant de chœur et a toujours été croyant[2]. Grâce notamment à une enseignante qui l'oriente vers le collège privé Sainte-Anne à Strasbourg, il poursuit ses études. Il est entrainé très jeune dans la délinquance (vol à la tire et vente de drogue)[3].

La vue d'amis morts de surdose l'ayant beaucoup marqué, il se retire de la délinquance et se plonge dans la lecture pour une autre confrontation avec la mort. Sa victoire sur la dyslexie change pour lui le rapport au monde et à l'écriture. Il est admis au lycée Notre-Dame des Mineurs, puis intègre l'Université Marc Bloch dans un double cursus philosophie et lettres classiques. Il fonde à cette époque, en 1988, avec son frère aîné Bilal et son cousin Aissa, le groupe de rap N.A.P.. Abd al Malik choisit son nom de scène en référence à son propre nom de naissance. Son prénom « Régis », qui signifie « roi » en latin, se dit « Malik » en arabe.

Il se marie en 1998 avec la chanteuse Wallen, avec laquelle il a un garçon en 2001. Il devient en 1999 disciple du maître spirituel marocain Sidi Hamza al Qâdiri Boutchichi[4].

Carrière[modifier | modifier le code]

Abd al Malik aux Eurockéennes en 2007.

En 2004, il publie son premier album solo, Le Face à face des cœurs, qui atteint la 155e place des classements français[5]. En 2006, il publie son deuxième album, Gibraltar, qui atteint la 13e place des classements français[6], et qui compte au total plus de 250 000 exemplaires vendus en 2008[7].

En novembre 2007, il présente un nouveau projet, le collectif Béni-Snassen composé de New African Poets (NAP), Wallen, Bil'in, Hamcho, Matteo Falkone et lui-même, engagé contre l'illettrisme[8]. En 2008, le collectif publie un album intitulé Spleen et Idéal. Le , il est décoré chevalier dans l'ordre des Arts et Lettres par la ministre de la Culture Christine Albanel[9], lors du Marché international de l'édition musicale (MIDEM)[10]. Apprécié par une partie de la presse[11], Abd Al Malik est aussi critiqué. Dans un article intitulé « Rap domestiqué, rap révolté » et publié dans Le Monde diplomatique[12] en septembre 2008, le journaliste Jacques Denis considère que l'œuvre d'Abd Al Malik est trop consensuelle et facilement récupérable politiquement par la droite ou la gauche (par opposition à des rappeurs plus radicaux) : « l'extrême prévisibilité du verbe d'Abd Al Malik ne saurait faire taire l'orage qui menace au-delà du périphérique » et « il ne constitue en fait que la face audible de minorités devenues visibles par une belle opération de communication ».

Toujours en 2008, il participe à l'album Last Night de Moby sur le titre La même nuit (version française du titre Alice)[13]. Il publie également son troisième album solo, Dante, en novembre 2008, aux labels Polydor/Universal Music[1],[7],[14]. En 2009, à la suite de sa collaboration musicale avec Gérard Jouannest, compositeur attitré de Jacques Brel et époux de Juliette Gréco, il écrit plusieurs textes pour la chanteuse[15].

En 2011, il soutient officiellement le chef indigène brésilien Raoni dans sa lutte contre le barrage de Belo Monte[16]. En novembre 2015, il publie son cinquième album, Scarifications, intégralement produit par Laurent Garnier[17].

Style musical[modifier | modifier le code]

Son œuvre s'inspire de l'Islam soufi auquel il s'est converti au cours de son adolescence. Abd al Malik milite depuis pour la paix et pour un « vivre ensemble »[18]. Son style musical mêle rap, jazz et slam[19] au ton volontiers « sérieux ». Il n'hésite pas à faire référence à d'autres chanteurs de langue française, comme Jacques Brel dont il reprend la chanson Ces gens-là, ou Claude Nougaro dans Paris Mai et Le Faqir. Ses chansons cherchent à mettre en valeur un texte fort de sens et d'émotion, chanté ou clamé, accompagné d'une musique qui doit appuyer l'intensité des paroles[20].

La ligne de conduite esthétique pour la création de son second album Gibraltar était de « déconstruire dans la forme la notion même de rap tout en restant hip hop »[21]. Il se met à penser que, dans le slam comme dans l'islam, il avait une posture de paraitre et non d'être parce que trop inquiet de la réaction du public, préoccupé par les opinions des gens. « Il m'a fallu déconstruire pour reconstruire. Mais rien de bon ne peut sortir hors de l'amour et hors de l'acceptation de l'autre » résume-t-il en évoquant son cheminement, « même si cela n'est pas toujours facile »[22].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

En 2005, Abd al Malik publie l'ouvrage Qu'Allah bénisse la France, (Paris, Albin Michel, , 208 p. (ISBN 9782226300430)), dans lequel il y explique son cheminement et il y défend un Islam réfléchi, fait de tolérance et de désir d'intégration. L'ouvrage obtient en Belgique le Prix Laurence Trân 2005[23]. Abd al Malik écrit l'adaptation du livre, qu'il réalise pour le cinéma, en 2013[24],[25].

En 2009, il publie La guerre des banlieues n'aura pas lieu, (Paris, Le Cherche midi, , 180 p. (ISBN 978-2-7491-1512-2)) qui obtient le Prix de littérature politique Edgar-Faure en 2010[26]. Il suit en 2012 de l'ouvrage Le dernier Français, (Paris, Le Cherche midi, , 240 p. (ISBN 978-2-7491-2237-3)) (préf. Mazarine Pingeot), en L'Islam au secours de la République, (Paris, Flammarion, , 146 p. (ISBN 978-2-0812-9033-4)) en 2013 et de Place de la République, (Paris, Indigène éditions, , 32 p. (ISBN 1090354800)) en 2015.

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums studio[modifier | modifier le code]

Albums collaboratifs[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Abd Al Malik », sur RFI Musique (consulté le 17 avril 2016).
  2. La part d'enfance, Abdel Malick, (12/25) par Jean-Michel Djian ; réalisation de Marie-Christine Clauzet ; Anne-Pascale Desvignes ; Isabelle Yhuel ; Luc-Jean Reynaud ; Nathalie Salles ; Lionel Quantin ; entretient Mazarine Pingeot sur France Culture
  3. « Le regard critique d'anciens sauvageons devenus artistes » [PDF], sur Le Figaro (consulté le 17 avril 2016).
  4. La guerre des banlieues n'aura pas lieu, Paris, Le Cherche midi, , 180 p. (ISBN 978-2-7491-1512-2), p. 171.
  5. « ABD AL MALIK - LE FACE À FACE DES CŒURS (ALBUM) », sur lescharts.com (consulté le 17 avril 2016).
  6. « Abd al Malik - Gibraltar - charts » (consulté le 17 avril 2016).
  7. a et b « Abd Al Malik en interview », sur Charts in France,‎ (consulté le 17 avril 2016).
  8. « Interview de Abd al malik », 5styles, novembre 2007.
  9. « Chevalier dans l'ordre des Arts et Lettres », sur gala.fr,‎ (consulté le 25 octobre 2010).
  10. (fr) « Programme de Christine Albanel à l’occasion de la 42e édition du Midem », sur culture.gouv.fr (consulté le 25 octobre 2010).
  11. « Abd Al Malik Dante », sur lexpress.fr,‎ (consulté le 25 octobre 2010).
  12. « Rap domestiqué, rap révolté », sur monde-diplomatique,‎ (consulté le 17 avril 2016).
  13. « Abd Al Malik en duo avec Moby », sur ramdam.com,‎ (consulté le 17 avril 2016).
  14. Pierre Siankowski, « Abd Al Malik - Dante », sur Les Inrocks,‎ (consulté le 17 avril 2016).
  15. « Juliette Gréco travaille avec Olivia Ruiz & Abd Al Malik », sur greatsong.net,‎ (consulté le 17 avril 2016).
  16. « Avec Raoni contre le grand barrage du Brésil », sur Le Parisien,‎ (consulté le 17 avril 2016).
  17. « Abd al Malik revient avec la rage au ventre sur “Scarifications” », sur Les Inrocks,‎ (consulté le 17 avril 2016).
  18. « Soufisme : une porte musulmane vers la modernité ? »
  19. « Abd Al Malik : rap, slam, chanson et jazz », sur Larousse (consulté le 25 octobre 2010).
  20. TASSEL François-Xavier, « L'espérance avec Abd al Malik », Revue Villard de Honnecourt, no 67,‎ , p. 259-280 (ISBN 978-2-901-628-56-9).
  21. (fr) « Gibraltar », sur stylehiphop.com (consulté le 25 octobre 2010)
  22. Entretien avec le parolier Pierre Delanoë sur France Inter, juillet 2006.
  23. a et b « Palmarès prix littéraire Laurence Tran », sur fondation-laurencetran.be (consulté le 6 novembre 2010).
  24. « Je tournerai un film cet été au Neuhof », 20 minutes,‎ (consulté le 11 juillet 2013).
  25. « Abd al-Malik fait son cinéma », DNA,‎ (consulté le 11 juillet 2013)
  26. a et b « Le Prix Edgar Faure de littérature politique attribué à Abd Al Malik », sur livreshebdo.fr (consulté le 6 novembre 2010).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Les 100 personnalités de la diaspora africaine : Abd Al Malik », in Jeune Afrique, no 2536-2537, du 16 au 29 août 2009, p. 59
  • « A ‘Picture-Perfect’ Banlieue Artist: Abd Al Malik or the Perils of a Conciliatory Rap Discourse » , in French Cultural Studies, Olivier Bourderionnet.

Liens externes[modifier | modifier le code]