Études des sciences et technologies

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Les Études des sciences et technologies, mieux connues dans le monde anglo-saxon sous le nom de Science and technology studies (STS ou S&TS) désignent un programme de recherche interdisciplinaire en sciences sociales qui s'est développé durant les années 1960-1970.

Les STS étudient la manière dont les facteurs sociaux, politiques ou culturels interviennent dans les recherches scientifiques ou les innovations technologiques et, comment, en retour, ces dernières modifient la société, le politique ou la culture[1]. Ce programme est actuellement implanté dans une vingtaine d'universités à travers le monde, offrant la possibilité de poursuivre des études de baccalauréat et dans certains établissements de maîtrise et de doctorat dans le domaine des STS.

Deux grands axes de recherche peuvent être dégagés des études des sciences et technologies:

  • L'étude des relations entre les innovations scientifiques/technologiques et la société, en postulant que celles-ci sont socialement constituées et que la société est elle-même un agrégat sociotechnique ;
  • La prise en considération des effets produits par ces innovations, les risques qu'elles produisent et la redéfinition des paramètres sociaux qu'elles induisent ;

Histoire[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Les principales composantes des STS se sont développées indépendamment et de manière isolée à partir des années 1960, bien que l'ouvrage de Ludwik Fleck Genèse et développement d'un fait scientifique (1935) soit considéré comme précurseur de la démarche de l'étude des sciences et technologies. Parallèlement, l'influence des travaux de Karl Mannheim, du constructivisme social et la sociologie des sciences ont également contribué à la mise en place du programme des STS qui se situe aux confluents de plusieurs domaines d'études relevant de disciplines diverses (histoire, philosophie, sciences sociales) dont les principaux sont:

  • Science Studies: issues le plus souvent des représentants du courant de la sociologie de la connaissance scientifique, elle mettent l'analyse des controverses scientifiques et de leur contexte socio-technique au cœur de leur démarche. Ce courant se distingue de la sociologie des sciences initiée par Robert K. Merton en refusant de concevoir les sciences comme un domaine autonome (par rapport aux intérêts, aux passions ou à la politique) dont les énoncés seraient universels. Au contraire, les penseurs du « programme fort » tels que David Bloor ou Barry Barnes, de même que Harry Collins avec son « programme empirique du relativisme » considèrent les sciences comme des constructions humaines au même titre que toute autre pratique sociale. Ils défendent également un principe de symétrie qui contraint l'analyste à demeurer impartial et à considérer également les réussites comme les échecs, les gagnants comme les perdants. Loin de réduire la science à une rationalité et un fonctionnement intrinsèque, les Science studies adoptent une conception dynamique des sciences qui tient compte de sa dimension politique, de ses conséquences, ses coûts, ses lieux de production (tels que le laboratoire), son mode de diffusion et les objets qu'elle mobilise pour réaliser son programme. L'intérêt se porte non plus sur la science déjà faite qui intéresse plutôt l'épistémologie, mais sur la science en train de se faire et produite localement.
  • Histoire des technologies: s'intéresse à la technologie d'un point de vue sociohistorique. À partir des années 1960, certains historiens se sont interrogés sur le « déterminisme technologique », un courant de pensée qui postule la passivité du public face au développement scientifique et technologique. Cette perspective est bientôt abandonnée et rejetée comme relevant d'une approche positiviste par une nouvelle génération historiens qui commencent à développer une approche contextuele de la technologie en prenant notamment pour objet l'histoire de la médecine. Durant les années 1980, les historiens Thomas P. Hughes, Steven Shapin et Simon Schaffer développent une histoire des sciences et des technologies qui tient compte de l'approche des Science studies. Le premier propose une analyse des réseaux à la fois sociaux, politiques et économiques de l'électricité et des nombreux sites d'administration, de production et de contrôle qui rendent possible son fonctionnement ; les deux derniers mettent l'accent sur la dimension politique et rhétorique du savoir scientifique et de la reconfiguration du monde qu'implique la diffusion et la légitimation d'innovations telles que la pompe à air de Boyle.


Notes[modifier | modifier le code]

  1. Williams, Robin et Edge, David The Social Shaping of Technology, Research Policy, Vol. 25, 1996, pp. 856-899 (version html).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Ressources diverses[modifier | modifier le code]

Associations professionnelles[modifier | modifier le code]