Fandom de la science-fiction

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Cosplays inspirés de la Saga Star Wars

L'expression fandom de la science-fiction ou fandom SF fait référence à la communauté de gens dont l'un des intérêts principaux réside dans la science-fiction, ces gens étant en contact les uns avec les autres en raison de cette passion commune. Le fandom dispose d'une vie qui lui est propre et ne s'approche que de loin d'une organisation formelle. Son importance est telle que l'on peut même le considérer comme une culture ou sous-culture à part entière. Il arrive fréquemment que des couples se forment à l'intérieur du fandom et l'on assiste même souvent à des mariages voire des naissances et ce depuis des décennies.


Historique[modifier | modifier le code]

Le fandom SF commença dans les pages du courrier des lecteurs des magazines de Hugo Gernsback. Très vite, les fans ne se contentèrent plus de commenter les textes publiés mais envoyèrent aussi leur adresse. Ainsi, puisque leurs coordonnées étaient publiées, il commencèrent à s'écrire directement les uns aux autres, à se rencontrer entre personnes d'une même ville ou à l'occasion d'un éventuel voyage (rappelons que l'on est dans les années 1930).

Rapidement après ces premiers échanges, on assista à la création de fanzines, dont le premier fut The Comet, publié par Ray Palmer. Ces publications d'amateurs n'avaient pas toujours la science-fiction comme sujet principal et s'échangeaient autant qu'elles se vendaient. Du strict utilitaire à du quasi-professionnalisme en passant par les recueils d'inepties, on y trouvait de tout. Depuis quelques années, les newsgroups Usenet, les sites internet ainsi que, encore plus récemment, les blogs (ou journaux en ligne) ont supplanté le fanzine imprimé comme medium de communication, bien que les fanzines les plus populaires continuent leur périple sur papier.

Une des actions principales, et des plus visibles, du fandom SF est l'organisation de conventions de science-fiction. Ce sont des rassemblements à but non lucratif durant lesquels les fans (parmi lesquels on compte des professionnels de la branche) se retrouvent pour parler de SF et tout simplement se faire plaisir. (Quelques couples de fans anglo-saxons poussent même l'obsession jusqu'à célébrer leur mariage pendant une convention.) Ces conventions varient du rassemblement amateur d'une soirée à l'énorme organisation professionnelle programmée sur plusieurs jours. Le plus gros événement annuel dans le fandom SF est la Convention « mondiale » (World Science Fiction Convention, WorldCon), principale réunion du fandom SF anglo-saxon depuis plus d'un demi-siècle. C'est à la Mondiale qu'est décerné le Prix Hugo, et la fréquentation atteint fréquemment 8 000 participants ou plus. (Certains événements commerciaux en rapport avec la science-fiction sont parfois nommés conventions de SF mais leurs buts étant lucratifs, ce n'est pas le même domaine. En effet, lors de ces conventions, la littérature est souvent délaissée au profit d'autres media comme la télévision, le cinéma, ou les jeux vidéo.)


Le fandom SF, sous ses diverses formes, est responsable de nombres d'innovations parmi lesquelles la musique filk et la Société pour l'Anachronisme Créatif, qui fait le bonheur des médiévistes. Il se mêle souvent à des domaines d'intérêt similaires comme la fantasy, le jeu de rôle, et les comics

Membres de la 501e légion à l'entrée de Générations Star Wars et Science Fiction 2010.

Le fandom comprend des sous-groupes de fans qui s'intéressent à un auteur, un genre ou un univers particulier. C'est le cas, par exemple, des fans de Star Trek. Ceux-ci forment une communauté à part et ses membres sont surnommés « Trekkies » ou « Trekkers » par le reste du fandom SF. Le cas des « Trekkies », justement, a fait l'objet d'un film humoristique Galaxy Quest. De même, les fans de Star Wars sont également très nombreux et organisent chaque année des manifestations uniquement centrées sur cette saga (Star Wars Celebration aux États-Unis) ou laissant également une place aux autres univers de science-fiction et fantastiques (F.A.C.T.S. en Belgique, Générations Star Wars et Science Fiction en France).

Le fandom SF en France[modifier | modifier le code]

En France, la première convention nationale a eu lieu en 1974 à Clermont-Ferrand. Depuis, il s'en est tenu une chaque année dans diverses villes de France, mais aussi de Belgique et de Suisse. Le Prix Rosny aîné y est décerné chaque année par les participants à partir de 1980.

Beaucoup d'auteurs professionnels se sont d'abord intéressés à la SF en tant que fans (par exemple Roland C. Wagner qui a, entre autres, documenté la naissance du fandom français[1] ) et certains publient encore leur propre fanzine et/ou contribuent à ceux publiés par d'autres. Enfin, internet aidant, des webzines ont pris la relève pour diffuser informations et textes d'auteurs. Citons notamment ActuSF et Le Cafard cosmique.

La notion de fandom étant associée à celle de subculture, l'existence de cette subculture spécifique à la science-fiction a été interrogée par les acteurs de ce domaine, que ce soit en tant que communauté (Gérard Klein[2]) ou au travers de sa relation à l'underground (Philippe Curval[3]).


Au Québec, le fandom SF a toujours été lié de près aux fanzines ; le premier noyau de fandom date de la fondation de Requiem ; ont suivi les troupes de Trois-Rivières (avec Imagine) et de Québec (avec Pour ta belle gueule d'ahuri). Maintenant, le fandom québécois tourne beaucoup autour des éditions Les Six Brumes (www.6brumes.com) et des fanzines Brins d'éternité et Nocturne.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Roland C. Wagner, préface à l’anthologie CRASH, disponible sur le site Génération Science-Fiction
  2. La Science-Fiction est-elle une subculture ? Gérard Klein, catalogue de l'exposition Science-Fiction, Musée des Arts Décoratifs, Paris, du 28 novembre 1967 au 26 février 1968
  3. Philippe Curval, Science-Fiction, nº 1, janvier 1984 "Et pour la presse underground dont Jacques Sternberg fut le pionnier en France avec le Petit silence illustré. Le premier numéro, entièrement ronéoté par ses soins, comporte autant de coquilles que d'écrits, de dessins absurdes et délirants. Pour le deuxième, il demanda à Valérie et à moi de faire partie du comité de rédaction. Je fourbis des textes à l'arme blanche, rameutai les amis et fournis la première couverture, un téléphone pendu à une potence (que Jacques Sadoul dans son Histoire de la Science-Fiction continue au fil des éditions et de mes dénégations d'attribuer à Jacques Sternberg, ce qui m'énerve considérablement). Le Petit silence illustré était l'exemple même de ce que n'avait su faire Bizarre avec d'autres moyens, une revue libre, déjantée, créative où se mêlaient l'humour, l'absurde et la Science-Fiction, qui en fait l'ancêtre de Hara-Kiri et de la presse parallèle, mais pas du tout celui des fanzines."

Articles connexes[modifier | modifier le code]