Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul d'Ottmarsheim

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Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul
Image illustrative de l'article Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul d'Ottmarsheim
Présentation
Culte catholique
Type église abbatiale et collégiale
Début de la construction XIe siècle
Style dominant romane
Protection Logo monument historique Classé MH (1841, église abbatiale)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Haut-Rhin
Commune Ottmarsheim
Coordonnées 47° 47′ 14″ nord, 7° 30′ 27″ est

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Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul

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Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul

L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul d'Ottmarsheim est une ancienne église abbatiale et collégiale d'Alsace.

Elle a la particularité d'avoir un plan octogonal reprenant celui de la chapelle impériale d'Aix-la-Chapelle, ce qui lui vaut d'être l'une des églises romanes les plus célèbres du Rhin supérieur.

L'abbaye a été fondée par Rodolphe d'Altenbourg (de) de la famille de Habsbourg vers 1030. L'église a été consacrée par le pape Léon IX en 1049.

L'édifice fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le [1].

Clocher
Intérieur

Historique[modifier | modifier le code]

Le domaine d'Ottmarsheim est mentionné pour la première fois en 881. Le nom pourrait venir d'Othmar, abbé de Saint-Gall. L'abbaye de Saint-Gall possédait en effet des biens à proximité.

Vers 1030, le comte Rodolphe d'Altenbourg (de), de la famille de Habsbourg, construit sur son domaine d'Ottmarsheim un monastère dédié à la Vierge pour les religieuses de l'ordre de saint Benoît. Rodolphe d'Altenbourg appartient à une famille d'Argovie. Son frère Radbot a fondé l'abbaye de Muri. Son oncle Wernher, est évêque de Strasbourg. L'évêque Wernher a entrepris la construction de la nouvelle cathédrale de Strasbourg. Avec Radbot, il a construit le château de Habsbourg qui a donné son nom à la dynastie.

Le pape Léon IX consacre en 1049 l'église abbatiale. Il promulgue alors une bulle plaçant le monastère sous la protection du Saint-Siège, auquel les moniales doivent une redevance d'une aube et d'un amict.

Rodolphe d'Altenburg meurt vers 1055. La tradition veut qu'il ait été enterré dans l'église.

Le 29 janvier 1063, l'empereur Henri IV confirme à Cunégonde, veuve de Rodolphe d'Altenbourg, le libre emploi de l'avouerie et les privilèges pontificaux de l'abbaye.

Puis le 1er mars 1064, l'empereur Henri IV confirme à Cunégonde les possessions de l'abbaye dans le Sundgau en deçà du Rhin.

À la demande de l'abbesse Évanchilde, le pape Eugène III renouvelle 21 mai 1153 les privilèges accordés à l'abbaye par le pape Léon IX qui sont :

  • la protection du Saint-Siège,
  • l'exemption de la juridiction de l'évêché diocésain,
  • la libre élection de l'abbesse,
  • le choix de l'avoué parmi les membres de la famille de Rodolphe d'Altenbourg.

Les bourgeois de Neubourg, alliés de l'évêque de Bâle, Henri de Neuchâtel (Heinrich III. von Neuenburg-Erguel), en guerre contre Rodolphe d'Altenbourg, avoué d'Ottmarsheim, rasent en 1272 la tour de péage construite par le comte Rodolphe près du passage de Bantzenheim.

Gisèle, abbesse d'Ottmarsheim, vend le 25 juillet 1280 la commanderie de l'ordre de Saint-Jean et la dîme du village de Heitersheim en Brigsau.

Le 1er avril 1321, le pape Jean XXII charge l'abbé de Murbach d'examiner l'élection d'Adélaïde d'Eptingen, sœur de Berthe.

Passage en 1335 au monastère du duc d'Autriche, Albert II de Habsbourg au cours de son voyage officiel en Argovie. L'abbé vend à Anne, bourgeoise de Bâle, pour deux marcs d'argent, des biens.

Le 19 septembre 1437, Frédéric de Rhein (Friedrich von der Pfalz), évêque de Bâle, donne en fief à Turing d'Eptingen l'office de grand maréchal. Il rappelle à cette occasion que lors de son installation l'abbesse d'Ottmarsheim, celle de Masevaux, les abbés de Munster et de Marbach doivent au maréchal de Bâle un marc d'argent.

Au cours des combats entre les Confédérés suisses et l'archiduc Sigismond d'Autriche, en février 1445, le village d'Ottmarsheim est pillé par les Bâlois. Les chanoinesses se réfugient à Colmar.

Le 8 juin 1446 un contingent de Bâlois surprend des mercenaires de Neubourg retranchés dans la « maison de l'abbesse » située à côté de l'abbatiale. Ils pillent l'église et volent l'image miraculeuse de la Vierge, brisent la fontaine de Saint-Quirin, puis emportent le bétail et des prisonniers. L'église résiste au feu. La « maison de l'abbesse est détruite ». L'abbesse Adélaïde de Flachslanden porte plainte devant une cour arbitrale réunie à Colmar. Elle sera dédommagée par l'archiduc Albert d'Autriche.

L'abbesse d'Ottmarsheim, Élisabeth de Blumeneck, fait réaliser vers 1460 des peintures murales dans le chœur dédié à saint Pierre, à l'étage des tribunes.

En 1468, les différends entre noblesse du Sundgau et les Bernois amènent ces derniers, avec des détachements de Zurich et de Schwyz, à piller les villages de Blotzheim, Bartenheim, Ottmarsheim, entre autres.

L'abbesse Bénigne de Dürckheim fait construire, vers 1495, une chapelle sur le flanc sud-est de l'abbatiale.

L'abbesse Agnès de Dormentz (1567- 1584) fait entreprendre plusieurs travaux : une chapelle spéciale pour les chanoinesses est bâtie au nord du chœur de l'église et de nouveaux bâtiments conventuels au nord-ouest.

L'ancienne Pfalz ou « palatium » servant de résidence aux empereurs ou aux princes de la maison d'Autriche quand ils résident à Ottmarsheim est transformée en hôtellerie. En 1584, mention du « Pfalzwirt ».

En 1584, Jacques Christophe Blarer, évêque de Bâle, approuve les nouveaux statuts des chanoinesses. Leur nombre est fixé à dix. Le curé et le prébendier de la chapelle Saint-Quirin assistent aux délibérations du chapitre.

L'abbesse Agnès de Flachslanden reçoit en 1603, de l'abbaye de Muri, des reliques de la Sainte Croix et de la Couronne d'épines. Elles sont exposées sur l'autel de la chapelle Sud qui devient autel paroissial.

En 1687, le chapitre est ruiné par les guerres successives de Louis XIV. Le roi lui fait don de quatre villages dans le Hardt. Le chapitre n'accueille plus que des postulantes ayant au moins seize quartiers de noblesse.

La « chapelle des Dames nobles » est restaurée après 1760.

Vers 1765, Silbermann constate des fissures importantes dans la face sud-ouest.

Le 25 août 1786, l'abbesse Catherine de Flachslanden obtient, grâce à son neveu, un arrêt du Conseil d'État supprimant l'abbaye augustinienne de Marbach au bénéfice des dames nobles d'Ottmarsheim.

14 juillet 1789, prise de la Bastille, à Paris. Début de la Révolution française. Le chapitre, comprenant l'abbesse et six chanoinesses, est dissous en 1790. Les bâtiments claustraux et le mobilier sont vendus comme biens nationaux, puis démolis par les acheteurs. Les stalles de la chapelles des chanoinesses se trouvent dans l'église de Bantzenheim.

Les travaux de restauration de l'enceinte sont préparés et entrepris entre 1833 et 1835, notamment grâce à l'inspecteur général des Monuments historiques Prosper Mérimée. Une seconde campagne de restauration menée par des architectes allemands commence à partir de 1877. C'est lors de ces travaux que sont dégagées les fresques visibles actuellement.

Deux nouvelles cloches coulées à Brest sont installées en grande pompe en 1924, en remplacement de celles réquisitionnées par les autorités allemandes en 1917.

L'église est épargnée lors des combats de la seconde guerre mondiale, notamment lors de la libération du village le 9 février 1945.

Dans la nuit du 27 au 28 février 1991, un violent incendie endommage l'intérieur de l'église et ses fresques. Les magnifiques orgues baroques datant de 1726 et provenant de l'abbaye cistercienne de Lucelle sont détruites. La tribune en bois sculpté de même origine est sauvée. Les trois cloches de l'église sont endommagées par la chaleur et sont inutilisables. Elles sont descendues dans les jours qui suivent l'incendie puis sont stockées. Elles trônent aujourd'hui dans un square au nord de la rue du général de Gaulle à Ottmarsheim.

À cette catastrophe succède un événement heureux, la reprise de la vie monastique : en octobre 1991, un prieuré des Serviteurs de Jésus et de Marie, congrégation fondée en 1930, est créé à Ottmarsheim pour desservir l'église et les paroisses environnantes. Le couvent compte une dizaine de religieux.

La restauration de l'église durera plusieurs années. Dès 1993, de nouvelles cloches fondues à Karlsruhe sont installées. Un nouvel orgue, avec un buffet d'inspiration baroque, est inauguré en 2000.

Architecture[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hans Haug - Alsace romane - Éditions Zodiaque - La Pierre-qui-Vire -1982 - (ISBN 2-7369-0064-2)
  • Dictionnaire des églises de France, Belgique, Luxembourg, Suisse (Tome V-A) - Robert Laffont - 1969
  • Germain Sieffert - Ottmarsheim - présenté au Congrès archéologique de France, 136e session, Haute-Alsace de 1978 - Société Française d'Archéologie

Liens externes[modifier | modifier le code]

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