Transport en Tunisie

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Le transport en Tunisie est détenu à près de 70 % par le secteur public. La tutelle de ce secteur est confiée au ministère du Transport qui a pour mission officielle de doter le pays d'un système de transport global, économique et sûr et d'en contrôler le bon fonctionnement en vue d'en faire un facteur de développement économique et social.

Il est composé de trois sous-secteurs : les transports terrestres, la marine marchande et l'aviation civile.

Administration[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ministère du Transport (Tunisie).

Transport terrestre[modifier | modifier le code]

Transport ferroviaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Transport ferroviaire en Tunisie.

Chemins de fer[modifier | modifier le code]

Carte du réseau ferroviaire tunisien

Une grande partie du réseau ferroviaire tunisien est héritée de la colonisation française. Depuis l'indépendance, le gouvernement tunisien a entrepris un programme de modernisation des infrastructures.

Au total, en 2008, la Tunisie compte 2 165 kilomètres de rails[1] et se voit reliée à l'Algérie par la ligne Ghardimaou-Souk Ahras[2]. En 2008, 471 kilomètres des chemins de fer tunisiens sont à voie normale et 1 694 kilomètres sont à voie métrique, dont 65 kilomètres sont électrifiés[1].

La Société nationale des chemins de fer tunisiens gère le transport des voyageurs et des marchandises sur les lignes ferroviaires. Elle exploite par ailleurs des services ferroviaires de banlieue entre Sousse, Monastir et Mahdia sur la ligne électrifiée appelée Métro du Sahel.

Métro léger[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Métro léger de Tunis.

Tunis reste la seule ville africaine et du monde arabe à se doter d'un métro léger. Actif depuis 1985, le réseau s'est enrichi progressivement pour comprendre aujourd'hui six lignes principales et deux lignes partielles (sur 32 kilomètres) comptant 66 stations et équipées de 136 rames.

La tendance est au développement avec la livraison entre 2005 et 2007 de trente rames supplémentaires et l'extension du réseau dans le cadre de l'aménagement du Grand Tunis.

TGM[modifier | modifier le code]

Article détaillé : TGM.

Le Tunis-Goulette-Marsa (TGM) est une ligne ferroviaire ancienne qui relie Tunis à La Marsa (banlieue nord) en passant par La Goulette. Sa longueur est de 19 kilomètres.

Transport routier[modifier | modifier le code]

Réseau routier[modifier | modifier le code]

Voies de l'autoroute A4 en mai 2008

En 2006, la Tunisie possède 19 232 kilomètres de routes[1]. Pour la même année, 12 655 kilomètres[1] — dont 262 d'autoroutes — sont revêtues en distinguant des routes nationales (anciennement appelées « grand parcours » ou GP) et des routes régionales (anciennement appelées « moyenne communication » ou MC) alors que 6 577 kilomètres de pistes ne le sont pas[1]. Le réseau des routes de Tunisie est correctement maillé si on le compare au modeste réseau ferroviaire.

La construction de routes revêtues, et généralement bitumées, commence dans les années 1880 à la suite de l'instauration du protectorat français de Tunisie. En une décennie, 560 kilomètres sont aménagés en complément du chemin de fer. Il faut toutefois attendre 1921 pour que démarre un réseau routier d'envergure avec notamment la réalisation du grand axe littoral de la RN1 reliant Tunis à Sousse puis Sfax et Gabès. Le réseau a pour point nodal Tunis, capitale et premier centre économique, qui confirme sa polarisation extrême de l'espace tunisien. Le nord du pays agricole et les centres miniers sont également les premiers bénéficiaires du quadrillage routier de mieux en mieux interconnecté avec la création des nœuds routiers de Mateur (RN7-RN11) ou Enfida (RN1-RN2). Des axes pénètrent également à l'intérieur du pays comme l'axe Sousse-Le Kef (RN12).

Route de campagne dans le nord du pays

À l'indépendance en 1956 et jusqu'en 1970, le jeune État entreprend de compléter les vides avec notamment un effort concentré sur l'ouest du pays qui totalise la moitié des kilomètres créés dans les années 1960. Ainsi, des routes sont tracées en diagonale telles que Le Kef-Kasserine (RN17) et Gabès-Kasserine (RN15). À partir des années 1970, les agglomérations littorales, et notamment Tunis, captent l'essentiel de l'effort d'aménagement à mesure que le développement économique du pays (dont l'une des activités clés est le tourisme) se concentre sur le littoral méditerranéen oriental. La première autoroute est mise en travaux au début des années 1980 et inaugurée en 1986. À la fin de l'année 2007, avec l'extension de l'A1 jusqu'à Sfax, la Tunisie possède ainsi plus de 360 kilomètres d'autoroutes.

Bus[modifier | modifier le code]

Gare routière de Sousse
Bus appartenant à la SNTRI
Bus de la TUT

Les transports urbains sont gérés par les différentes sociétés régionales de transports.

Le transport interurbain est défini comme étant un transport effectué sur des itinéraires dépassant le périmètre du transport urbain et régional. Il est assuré notamment par des opérateurs publics tels que la Société nationale de transport interurbain (SNTRI) et les douze sociétés régionales de transport.

En 2013, quatre sociétés privées de transport collectif urbain et suburbain opèrent dans la région de Tunis[3] :

  • Société de transport collectif de voyageurs (TCV) ;
  • Société de transport urbain de Tunis (TUT) ;
  • Société de transport collectif (STC) qui opère sous l'identité commerciale « Transport City »[4] ;
  • Société de transport urbain et suburbain (TUS).

Taxis[modifier | modifier le code]

Le taxi collectif est courant en Tunisie où on le nomme aussi « louage ». Des camionnettes font la navette entre les principales villes du pays. Les horaires n'étant pas fixes, la voiture ne part que lorsqu'elle est pleine, ce qui prend généralement moins de cinq minutes. Les voitures à bandes bleues desservent les environs d'une ville, tandis que celles à bandes rouges sont pour les longues distances.

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Transport maritime[modifier | modifier le code]

Ports de commerce[modifier | modifier le code]

Vue aérienne du port de commerce de Radès

Marine marchande[modifier | modifier le code]

La marine marchande compte sept navires[1] (de 1 000 tonneaux ou plus de jauge brute) totalisant 115 118 tonnes de port en lourd.

Transport aérien[modifier | modifier le code]

Aéroports[modifier | modifier le code]

Vue du terminal de l'aéroport de Tunis-Carthage
Avions sur le tarmac de l'aéroport de Monastir Habib-Bourguiba

La Tunisie compte 29 aéroports en 2012[1] dont huit aéroports internationaux, qui sont, sauf mention contraire, gérés par l'Office de l'aviation civile et des aéroports :

Quinze sont des aéroports à pistes revêtues et se répartissent comme suit en 2012[1] :

  • plus de 3 047 mètres : 4 ;
  • 2 438 à 3 047 mètres : 6 ;
  • 1 524 à 2 437 mètres : 2 ;
  • 914 à 1 523 mètres : 3.

Pour les aéroports à pistes non-revêtues, en 2012, ils sont au nombre de quatorze[1] :

  • 1 524 à 2 437 mètres : 1 ;
  • 914 à 1 523 mètres : 5 ;
  • moins de 914 mètres : 8.

Actuellement, l'aéroport international de Tunis-Carthage est le plus grand et le plus ancien du pays ; il est devancé en termes de taille par le nouvel aéroport international d'Enfidha après l'achèvement des travaux de ce dernier. En 1986, l'aéroport international de Carthage réalisait 92 % du transport global de marchandises en Tunisie[5].

De plus, un nouvel aéroport international est en cours de construction à Gabès.

Compagnies aériennes[modifier | modifier le code]

La compagnie aérienne nationale est Tunisair qui est fondée en 1948. Le pays compte également trois compagnies à capitaux privés, Nouvelair Tunisie et Karthago Airlines, qui ont fusionné au sein d'un même groupe mais gardent leur identité propre, et Syphax Airlines. De plus, Freejet, une autre compagnie privée, a été autorisée par le Conseil national de l'aviation civile en même temps que Syphax Airlines en 2011[6].

Transport par conduites[modifier | modifier le code]

Le réseau tunisien est composé en 2010 de 2 386 kilomètres de gazoducs, de 1 323 kilomètres d'oléoducs et de 453 kilomètres de produits raffinés[1].

Le gaz algérien exporté vers l'Europe transite par la Tunisie et la Sicile via le gazoduc transméditerranéen.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j (en) Transports en Tunisie (CIA World Factbook)
  2. (en) The Railways of Morocco, Tunisia, and Algeria (Mike's railways history)
  3. (fr) [PDF] La mobilité urbaine dans le Grand Tunis. Évolutions et perspectives par Morched Chabbi et Hassen Abid (Plan bleu)
  4. (fr) Mohamed Zghal, « Transport urbain : Deux nouvelles sociétés privées entrent en service », Le Quotidien, date inconnue
  5. Yves Lacoste et Camille Lacoste-Dujardin [sous la dir. de], L'état du Maghreb, éd. La Découverte, Paris, 1991, p. 474 (ISBN 2707120146)
  6. (fr) « Deux nouvelles compagnies aériennes autorisées : Freejet et Syphax Airlines », Leaders, 11 septembre 2011

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Taoufik Belhareth, Transport et structuration de l'espace tunisien, éd. Faculté des sciences humaines et sociales de Tunis, Tunis, 2004
  • Amor Belhedi, Le chemin de fer et l'espace en Tunisie : transport et organisation de l'espace, éd. Université de Tunis, Tunis, 1980