Jianpu

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le Jianpu (chinois simplifié : 简谱 ; chinois traditionnel : 簡譜 ; pinyin : jiǎnpǔ ; Wade : chien³p'u³ ; cantonais Jyutping : gaan²pou² ; cantonais Yale : gaan²póu littéralement « notation simplifiée ») est un système de notation musicale utilisé dans le monde chinois. Il est dérivé du système français Galin-Paris-Cheve et s'est largement répandu comme système de notation en 1900. Les Chinois l'appellent également système numéroté.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Jianpu succède à la notation gongche (en), qui est parfois encore utilisée. Du fait de sa simplicité, il a été inventé ou revisité à plusieurs reprises au cours de l'histoire. Une première trace d'un système de notation chiffrée apparaît en 1663 sous la plume d'un moine franciscain Souhaitty C. Willems. Rousseau exploite ou réinvente le procédé dans son mémoire de 1742. Au début du XIXe siècle, le professeur de mathématique P. Galin (1786 ─ 1821), l'orchestre philharmonique du Dr A. Paris (1798 ─ 1866) et le professeur de musique EJ Chevé (1804 ─ 1864) popularisent la notation. Le gouvernement français valide ce système de notation et lui donne une reconnaissance officielle sous le nom de notation Galin-Paris-Chevé[1].

La date d'arrivée exacte du Jianpu en Chine est inconnue, le système Chevé serait importé par un Français via le Japon à la fin du XIXe siècle[2],[3]. Il se diffuse ensuite très rapidement dans le pays, et il est aujourd'hui majoritaire en Chine. Ce système est également d'un usage courant en Indonésie, tant dans la musique religieuse que dans la musique traditionnelle (angklung).

Notation[modifier | modifier le code]

notes de musique[modifier | modifier le code]

Les nombres de 1 à 7 représentent les notes musicales. Ils correspondent à la gamme majeure diatonique. Par exemple, en do majeur, la relation entre le solfège et la notation jianpu est :

Solfège :  do  ré  mi  fa  sol la  si
Notation : 1   2   3   4   5   6   7

Le 0 représente un silence.


Changement d'octave[modifier | modifier le code]

Les points, sur ou sous les notes de musique, les augmentent ou diminuent d'une octave. Le nombre de points correspond au nombre d'octaves. Par exemple, « 6 » avec un point dessous est inférieur d'une octave à « 6 ». Les gammes peuvent donc être écrites ainsi :

Piano chinois pour enfant en notation Jianpu
                                         .
gamme majeure :            1 2 3 4 5 6 7 1
 
gamme mineure naturelle :  6 7 1 2 3 4 5 6
                           · ·

Durée des notes[modifier | modifier le code]

Un chiffre seul correspond à une noire. Les traits suivant la note la prolongent.

1      noire
1-     blanche
1--    blanche pointée
1---   ronde
1----- ronde pointée

Au contraire, les traits soulignants correspondent à des divisions

1 soulignement : croche
2 soulignements : double croche
3 soulignements : triple croche
4 soulignements : quadruple croche

Cela correspond donc aux nombres de barres ou de crochets dans la notation du solfège.

Liaisons[modifier | modifier le code]

Les liaisons se notent comme en solfège, avec une courbe allant de la première à la dernière note liée.

Au contraire, un V en haut de la ligne de lecture, indique un endroit où l'on peut reprendre sa respiration.

Ornements[modifier | modifier le code]

Parmi les ornements utilisés en jianpu, on peut noter :

L'appoggiature[modifier | modifier le code]

L'appoggiature est notée généralement par une flèche arrondie, montante ou descendante, entre les 2 notes auxquelles elle va s'appliquer, elle est notamment utilisée dans les instruments à vent ou à corde pour des transitions qui doivent se faire progressivement entre 2 notes, et non pas de manière très distincte.

Appoggiature brève[modifier | modifier le code]

Il existe également des appoggiatures brèves. Elles sont notées par le numéro de la note écrit en petit, au-dessus de la ligne de base, avec un double souligné et une courbe allant vers la ligne de la note (quart bas, gauche d'un cercle).

La trille[modifier | modifier le code]

La trille est notée tr comme en solfège. La notation est placée au-dessus du numéro de la note et se joue en alternant avec la note supérieure. Un numéro de note peut être écrit au-dessus de tr, dans ce cas, la trille s'exécute en alternant entre la note au-dessus de laquelle elle est inscrite et cette note ajoutée au-dessus.

Exemple[modifier | modifier le code]

Voici pour l'exemple le morceau « Amazing Grace » de John Newton, en version jianpu, puis en version solfège.

Le morceau assez simple, « Amazing Grace » en notation jianpu Pour comparaison, version du même morceau en notation de solfège

Liens externes[modifier | modifier le code]

  1. (zh) « 音 乐 和 简 谱 知 识 » (consulté le 2009/11/24)
  2. In cipher notation. Western numerals are used for the degrees of the scale. This system (called jianpu or Cheve system) was originally imported from France, presumably via Japan. It became popular in China towards the end of the nineteenth century.
  3. However, perhaps the most interesting example of the use of cipher notation was in China, where the jianpu system was adapted from the numeral system via Japan where it had been introduced by a French musician.

Il existe plusieurs logiciels de conversion du solfège au jianpu.

Voir aussi[modifier | modifier le code]