Liste des gammes et modes

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Liste des modes, des gammes musicales et de leurs tempéraments.

Gammes de la musique occidentale[modifier | modifier le code]

Gammes usuelles[modifier | modifier le code]

Gamme tempérée (logarithmique et chromatique)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gamme tempérée.

La gamme tempérée est la gamme usuellement utilisée de nos jours, dans laquelle l'octave est divisée en douze intervalles (demi-tons) égaux.

Elle comprend les notes suivantes :

Do ou sidièse - dodièse ou rébémol - ré - rédièse ou mibémol - mi ou fabémol - fa ou midièse - fadièse ou solbémol - sol - soldièse ou labémol - la - ladièse ou sibémol - si ou dobémol.

Chromatisme ascendant :

Do - dodièse - ré - rédièse - mi - fa - fadièse - sol - soldièse - la - ladièse - si

Chromatisme descendant :

Si - sibémol - la - labémol - sol - solbémol - fa - mi - mibémol - ré - rébémol - do

Gamme majeure[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mode majeur.

Ensemble de sept notes de la gamme tempérée, séparées par des intervalles dans l'ordre suivant :

1 ton - 1 ton - 1/2 ton - 1 ton - 1 ton - 1 ton - 1/2 ton.

Une gamme majeure peut partir de n'importe quelle note de la gamme tempérée.

La gamme de do majeur correspond, sur un piano, aux touches blanches jouées à partir de do:

Do - ré - mi - fa - sol - la - si - do.

Gamme mineure[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mode mineur.

Une gamme mineure naturelle comporte les mêmes notes que sa gamme majeure relative. Seule la tonique de départ (placée 1 ton + 1/2 ton en dessous) est différente.

Une gamme mineure peut partir de n'importe quelle note de la gamme tempérée. Une gamme mineure peut toujours se transformer en gamme majeure, quelle que soit la note de départ.

Par exemple :

Do majeur = do ré mi fa sol la si do
La mineur = la si do ré mi fa sol la est sa gamme mineure relative

Les notes sont les mêmes, mais la succession des intervalles se trouve décalée :

1 ton - 1/2 ton - 1 ton - 1 ton - 1/2 ton - 1 ton - 1 ton

Gamme mineure harmonique[modifier | modifier le code]

Ensemble de sept notes de la gamme tempérée, séparées par des intervalles dans l'ordre suivant : 1 ton - 1/2 ton - 1 ton - 1 ton - 1/2 ton - 1 ton et demi - 1/2 ton.

La gamme de la mineur harmonique correspond, sur un piano, aux touches blanches jouées à partir de la sauf le sol remplacé par soldièse (touche noire entre sol et la) que l'on appelle note sensible.

La - si - do - ré - mi - fa - soldièse - la.

Gamme mineure mélodique[modifier | modifier le code]

Cette gamme comporte deux formes : ascendante et descendante ; elle permet d'éviter l'intervalle mélodique de seconde augmentée, intervalle « interdit » en musique occidentale mais courant en musique orientale.

Forme ascendante 
ensemble de sept notes de la gamme tempérée, séparées par des intervalles dans l'ordre suivant : 1 ton - 1/2 ton - 1 ton - 1 ton - 1 ton - 1 ton - 1/2 ton. Soit en la mineur :
La - si - do - ré - mi - fadièse - soldièse - la.
Forme descendante 
ensemble de sept notes de la gamme tempérée, séparées par des intervalles dans l'ordre suivant (en descendant) : 1 ton - 1 ton - 1/2 ton - 1 ton - 1 ton - 1/2 ton - 1 ton. Soit en la mineur :
La - sol - fa - mi - ré - do - si - la.
Correspondances entre les gammes mineures et la gamme majeure
Gamme D I D I D I D I D I D I D I
Majeure Ⅰ/Ⅷ 1 1 ½ 1 1 1 ½
Mineure naturelle Ⅰ/Ⅷ
Mineure mélodique
descendante
Mineure mélodique
ascendante
1 ½
Mineure harmonique ½ 1,5

Gamme heptatonique[modifier | modifier le code]

Gamme dans laquelle l'octave est divisée en sept notes principales. La musique occidentale est basée sur les gammes heptatoniques (do - ré - mi - fa - sol - la - si).

Gamme diatonique[modifier | modifier le code]

La gamme diatonique est un ensemble des notes principales de la gamme heptatonique : do - ré - mi - fa - sol - la - si. Ce terme équivaut à gamme heptatonique.

Gamme chromatique[modifier | modifier le code]

La gamme chromatique est un ensemble de douze notes comprenant les sept notes principales de la gamme diatonique et les cinq notes intermédiaires définissant douze intervalles rigoureusement ou sensiblement égaux dans une octave.

Gamme de Pythagore[modifier | modifier le code]

La gamme de Pythagore (ou gamme pythagoricienne) est une gamme chromatique dont les douze intervalles sont définis par le « cycle des quintes ». C'est la gamme toujours utilisée pour chanter, dans un mode majeur ou mineur.

Gamme des physiciens[modifier | modifier le code]

La gamme des physiciens est une gamme chromatique dont les douze intervalles sont définis par le choix de certains harmoniques de la note fondamentale. Ce choix peut varier, mais dans la pratique, la gamme de Zarlino est souvent considérée comme « la » gamme par excellence.

Gamme de Zarlino (zarlinienne)[modifier | modifier le code]

La gamme de Zarlino (ou gamme zarlinienne) est une gamme naturelle particulière, qui privilégie les harmoniques dont la fréquence relative par rapport à la note fondamentale est un nombre fractionnaire ne contenant que des puissances de 2, 3 et 5 au numérateur comme au dénominateur.

Gamme par tons[modifier | modifier le code]

Article détaillé : gamme par tons.

La gamme tempérée comporte 12 demi-tons, par conséquent la gamme par tons divise l'octave en 6 tons (à partir de do : do - ré - mi - fadièse - soldièse - ladièse - do). Cette gamme présente la particularité de ne pas comprendre l'intervalle de quinte juste. Elle a été utilisée entre autres par Claude Debussy.

Les fichiers MIDI contiennent la gamme montante, la gamme descendante, quelques accords, et, quand c'est possible, un extrait de pièce jouée dans cette gamme.

Gammes octatoniques[modifier | modifier le code]

Les 2 gammes dites « octatoniques » ou « diminuées » sont basées sur la gamme chromatique tempérée. Elles alternent tons et demi-tons et comportent de ce fait huit notes. Cette symétrie dans la répartition des intervalles fait que seulement deux modes peuvent exister : celui qui commence par un demi-ton, et celui qui commence par un ton.

Elles font partie des « modes à transpositions limitée » d’Olivier Messiaen (cf. Quatuor pour la fin du Temps). La répétition du couple ton/demi-ton implique également que le nombre de transpositions pour chacun de ces modes est limité à trois ; en effet une gamme octatonique transposée à la tierce mineure redonne les notes de départ.

  • le mode « demi-ton/ton » 1/2 1 1/2 1 1/2 1 1/2 1

Il est très fréquemment utilisé dans le jazz, notamment pour « sortir de la tonalité » sur certains accords de 7e de dominante (notamment V 7 9+ 13)

  • le mode « ton/demi-ton » 1 1/2 1 1/2 1 1/2 1 1/2

Il ressemble à une gamme mineure et a la particularité d’avoir une dominante altérée. On trouve ce mode dans le 3e mouvement de la Suite, op. 14, de Béla Bartók.

Gammes décatoniques[modifier | modifier le code]

  • Mode bi-pentaphonique

Échelle de sons constituée par la superposition (avec deux notes communes) de deux hexaphones à la composition intervallique identique. Transposable sur tous les degrés chromatiques, elle est utilisée par son inventeur, le compositeur français Christophe Looten depuis 1981.

Exemple: deux hexaphones : [do - dodièse - ré - mi - fa - fadièse] et [fa - fadièse - sol - la - sibémol - si]. Ces deux hexaphones ont deux notes communes : fa et fadièse. La composition intervallique est identique : 1/2 ton, 1/2 ton, ton, 1/2 ton, 1/2 ton. Elle est non rétrogradable.
On obtient donc : do - dodièse - ré - mi - fa - fadièse - sol - la - sibémol - si dont la composition intervallique est la suivante : 1/2 ton, 1/2 ton, ton, 1/2 ton, 1/2 ton, 1/2 ton, ton, 1/2 ton, 1/2 ton.
On remarque l'absence de deux sons (mibémol et labémol). De plus, le système bi-pentaphonique interdit la superposition des deux notes communes aux deux hexaphones (ici, fa et fadièse). Le compositeur dispose donc de 10 notes mélodiques et de 9 harmoniques. Le grand intérêt du mode bipentaphonique est d'offrir un fonctionnement modulatoire très comparable à celui du système tonal mais dans un univers sonore non tonal.

Modes et musiques du monde[modifier | modifier le code]

Le système des modes est très ancien, c'est un héritage des Grecs qui se retrouve par exemple dans le chant grégorien (voir musique modale), mais aussi dans le jazz, tant dans la composition des thèmes, la construction et le chiffrage des accords que dans les improvisations.

Principe : chacun des degrés (I II III IV V VI VII) d'une gamme (principalement de la gamme majeure) peut servir de point de départ à un mode particulier modifiant ainsi la place des tons et des 1/2 tons (parfois d'un ton et 1/2).

À partir de la gamme majeure, chaque mode à un nom particulier :

Ier degré = mode ionien (ou mode de do)
exemple en do
do ré mi fa sol la si do = 1 1 1/2 1 1 1 1/2
écouter le mode ionien
II = dorien (ou mode de )
ré mi fa sol la si do ré = 1 1/2 1 1 1 1/2 1
écouter le mode dorien
III = phrygien (ou mode de mi)
mi fa sol la si do ré mi = 1/2 1 1 1 1/2 1 1
écouter le mode phrygien
IV = lydien (ou mode de fa)
fa sol la si do ré mi fa = 1 1 1 1/2 1 1 1/2
écouter le mode lydien
V = mixolydien (ou mode de sol)
sol la si do ré mi fa sol = 1 1 1/2 1 1 1/2 1
écouter le mode mixolydien
VI = éolien (ou mode de la)
la si do ré mi fa sol la = 1 1/2 1 1 1/2 1 1
écouter le mode éolien
VII = locrien (ou mode de si)
si do ré mi fa sol la si = 1/2 1 1 1/2 1 1 1
écouter le mode locrien

Les musiques du monde, telles la musique indienne, la musique vocale orthodoxe grecque (musique byzantine), la musique ottomane, la musique arabe ont développé leurs propres systèmes modaux avec des caractéristiques et des règles bien différentes, intégrant des éléments cosmologiques (heure, saison ou lieu pour jouer), moraux (sévère, triste, joyeux, etc.) et esthétiques (gamme ascendante pentatonique et descendante heptatonique). Il ne s'agit pas de simples gammes que l'on pourrait décliner au hasard, mais de véritables codes de procédure, avec des phrases types, des passages obligés, des règles d'interprétation, des improvisations encadrées, etc. Tout est reconsidéré à chaque fois : l'intervalle entre deux notes tout comme la succession des notes peut varier selon les moments ou les humeurs. Certains modes ne se jouant qu'au milieu de la nuit, c'est au public de s'adapter et d'assister à un concert nocturne... Les modes varient aussi en fonction des instruments, des artistes ou des écoles...

Modes arabo-andalous[modifier | modifier le code]

Les modes de la musique arabo-andalouse, se définissent par rapport à des suites musicales nommées noubat, originellement au nombre de 24, mais réduites à une quinzaine, selon les traditions. Les modes quant à eux, varient entre 26 et 16, selon les écoles (gharnati, malouf, etc.), mais ils sont tous diatoniques et très différent de ceux de la musique arabe. De très récentes influences ont introduit des quarts de tons, mais de manière discrète.

Modes arabo-persans et turcs[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Maqâm.

Certains modes de la musique arabe, persane ou turque (uniquement la tradition savante ottomane, qui a emprunté aux traditions arabes, persanes et grecques) ont la particularité de posséder un intervalle de trois-quart de ton. S'il existe des modes de base, il y en a des centaines de dérivés.

Ce système existe aussi dans la musique ouzbèke, ouïghoure, tadjike, azérie et chez les Grecs d'Orient, sous le nom de dromos, muqam, mugham, maqôm, etc. Chaque peuple ayant des particularités.

En mode de do (rast)

  • Le mode rast (mode de do)
Il y a 3/4 de ton entre le et le mibémol barré (appelé sikah), et 3/4 de ton entre le sikah et le fa ; 3/4 de ton entre le la et le sibémol barré (appelé ouj) et 3/4 de ton entre le ouj et le do.
Rast scale.svg
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  • Le mode nawa atar
Ne possède pas d'intervalles de 3/4 de ton, mais deux intervalles d'un ton et demi.
Nawa atar.png
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En mode de (doukah)

  • Le mode bayati
C'est une gamme mineure dont le deuxième degré est abaissé d'un quart de ton. On retrouve donc le 3/4 de ton entre le mibémol barré (sikah) et le fa.
Bayati.svg
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  • Le mode saba
La composition de cette gamme est particulière : la tonique () et son octave (bémol) sont différentes, ce qui lui donne une couleur spécifique.
Saba.png
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  • Le mode hijaz
Le sibémol (ouj) peut être remplacé par un sibémol barré (ajam). Si elle n'est pas remplacée par un si bémol barré, la gamme correspond à une gamme mineure harmonique de sol.
Hijaz scale.svg
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En mode de mi (sikah)

  • Le mode el houzam
El houzam.svg
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En mode de fa (jiharkah)

  • Le mode jiharkah
Elle est très proche de la gamme majeure de fa, mais la sensible est abaissée d'un quart de ton.
Jiharkah.svg
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En mode de sol (nawa)

  • Le mode chadda arabane
Très proche (mêmes notes) que la gamme nawa atar, mais l'intervalle d'un ton et demi entre le troisième et le quatrième degré est déplacé entre le deuxième et le troisième degré.
Chadda arabane.svg
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En mode de la (ouchairan)

  • Le mode ouchairan-houssaini
Ouchairan-houssaini.png
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En mode de si (ourak)

  • Le mode rahat el arouah (signifie « le repos des âmes »)
C'est la même gamme que el houzam, mais transposée
C'est une gamme parfaitement symétrique, avec des intervalles 3/4, 1, 1/2, puis 1/2, 1, 3/4.
Rahat el arouah.svg
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Modes indiens[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Râga.

Les modes indiens peuvent être soit heptatoniques, soit hexatoniques, soit pentatoniques, soit une combinaison de deux de ces éléments. Il existe dix gammes (thât) de base, à partir desquelles se déclinent des centaines de râgas : Asavari - Bhairav - Bhairavi - Bilaval - Kafi - Kalyan - Khammaj - Marwa - Poorvi - Todi

Modes iraniens[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Dastgâh.

Les modes iraniens sont au nombre de douze et comportent des notes séparées par des quarts de ton.

Gammes indonésiennes[modifier | modifier le code]

La musique indonésienne utilise 2 gammes :

  • La pelog heptatonique,
  • La slendro pentatonique, dont les 5 degrés divisent l'octave de façon théoriquement égale.

La musique sundanaise connaît en outre une 3ème échelle, la sorog, utilisée notamment pour les poèmes chantés (tembang).

Gammes pentatoniques[modifier | modifier le code]

Gammes dans lesquelles l'octave est répartie entre cinq notes principales.

L'appellation "gamme pentatonique" est un abus de langage dû à une mauvaise traduction de l'allemand, der Ton voulant tout à la fois dire le ton et le son. Penta-ton voudrait donc dire 5 tons ou 5 sons. Nous pouvons constater que la traduction exacte serait pentaphonique qui correspondra à une gamme de 5 sons et non pentatonique qui voudrait dire gamme de 5 tons... Les gammes pentaphoniques sont basées sur 5 sons en quinte, ramenés sur une seule octave. Ex : do - sol - ré - la - mi, donnant la gamme do - ré - mi - sol - la

Pentatonique majeure[modifier | modifier le code]

Gamme constituée par les intervalles successifs suivants : 1 ton - 1 ton - 1 ton et demi - 1 ton - 1 ton et demi. Soit en do :

do - ré - mi - sol - la - do

Pentatonique mineure[modifier | modifier le code]

Gamme constituée par les intervalles successifs suivants : 1 ton et demi - 1 ton - 1 ton - 1 ton et demi - 1 ton.

Soit en do :

do - mibémol- fa - sol - sibémol - do.

Cette gamme est notamment utilisée dans le blues en y ajoutant la blue note (qui forme une quarte augmentée avec la tonique de la gamme). Par exemple, en do, la gamme blues est :

do - mibémol - fa - fadièse - sol - sibémol - do.

Les musiques chinoise et japonaise utilisent beaucoup les gammes pentatoniques.

Article détaillé : système pentatonique.

C'est une gamme très appréciée des guitaristes, de par sa facilité mais aussi parce qu'on peut s'en servir dans de nombreux styles de variété (blues, hard rock, heavy metal...). Parmi ses utilisateurs célèbres figurent B. B. King, Chuck Berry, Eric Clapton, Angus Young (AC/DC), Tom Morello (Rage Against the Machine, Audioslave), Zakk Wylde (Black Label Society) ainsi que Pat Metheny, Scott Henderson et plusieurs autres en jazz et en jazz fusion.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dominique Devie, Le tempérament musical, philosophie, histoire, théorie et pratique, Librairie Musicale Internationale, Marseille (2e édition 2004).
  • Heiner Ruland, Évolution de la musique et de la conscience - Approche pratique des systèmes musicaux, ÉAR, Genève 2005, (ISBN 2-88189-173-X)
  • Jean-Pierre Poulin, La Petite Encyclopédie des Échelles et des Modes, (ISBN 2-9506070-3-9)