Siim Kallas

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Siim Kallas
Siim Kallas, en 2013.
Siim Kallas, en 2013.
Fonctions
Commissaire européen aux Transports
En fonction depuis le
Président José Manuel Durão Barroso
Gouvernement Commission Barroso II
Prédécesseur Antonio Tajani
Vice-président de la Commission européenne
En fonction depuis le
Président José Manuel Durão Barroso
Gouvernement Commission Barroso I et II
Commissaire européen à l'Administration, à l'Audit
et à la Lutte anti-fraude
Président José Manuel Durão Barroso
Gouvernement Commission Barroso I
Prédécesseur Neil Kinnock
Successeur Maroš Šefčovič (Administration)
Algirdas Šemeta (Audit)
Commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires
1er avril
En tandem avec Joaquín Almunia
Président Romano Prodi
Prédécesseur Joaquín Almunia
Successeur Joaquín Almunia
6e Premier ministre estonien
(Depuis l'indépendance de 1990)

(&&&&&&&&&&&&04371 an, 2 mois et 12 jours)
Président Arnold Rüütel
Gouvernement Kallas
Législature IXe
Coalition ER-EK
Prédécesseur Mart Laar
Successeur Juhan Parts
Ministre des Finances
Premier ministre Mart Laar
Gouvernement Laar II
Prédécesseur Mart Opmann
Successeur Harri Õunapuu
Ministre des Affaires étrangères
Premier ministre Tiit Vähi
Gouvernement Vähi III
Prédécesseur Riivo Sinijärv
Successeur Toomas Hendrik Ilves
Président du Parti de la réforme d'Estonie
Successeur Andrus Ansip
Biographie
Date de naissance (65 ans)
Lieu de naissance Tallinn (Union soviétique)
Parti politique ER (depuis 1994)
EKP (1972-1990)
Diplômé de Université de Tartu
Profession Économiste

Siim Kallas
Premiers ministres estoniens

Siim Kallas, né le à Tallinn, alors en Union soviétique, est un homme politique estonien membre du Parti de la réforme d'Estonie (ER). Il est vice-président de la Commission européenne depuis 2004 et commissaire européen aux Transports depuis 2010.

Biographie[modifier | modifier le code]

Une jeune cadre bancaire à l'époque soviétique[modifier | modifier le code]

Siim Kallas effectue ses études supérieures en finance et crédit à l'université de Tartu où il obtient son diplôme en 1972. Cette même année, il rejoint le Parti communiste d'Estonie (EKP), branche du Parti communiste de l'Union soviétique (PCUS). Il poursuit ensuite un troisième cycle jusqu'en 1975.

Sous l'ère Brejnev, il travaille au ministère des Finances de la République socialiste soviétique d'Estonie de 1975 à 1979, puis comme directeur de la Caisse d'épargne entre 1979 et 1986.

Président de la Banque centrale : le père de la couronne estonienne[modifier | modifier le code]

À la fin des années quatre-vingt, il est l’un des premiers économistes d’Estonie à introduire l’idée d’indépendance économique. Promoteur actif de cette nouvelle conception, il contribue de façon significative à mettre en place le cadre de l’économie estonienne.

Membre du Soviet suprême de l'Union soviétique et président de la Confédération estonienne des syndicats entre 1989 et 1991, il devient cette année-là président de la Banque centrale estonienne.

Il est alors l’un des principaux architectes de la réforme monétaire estonienne. Les Estoniens le considèrent comme « le père de la couronne estonienne ».

En 1992, l’Estonie adopte sa propre monnaie nationale, la couronne estonienne (kroon) qui est rattachée au mark allemand en utilisant un mécanisme de caisse d'émission. Cette réforme audacieuse et non conventionnelle est couronnée de succès et constitue aujourd'hui un excellent exemple pour toutes les économies en transition dans le monde. Le système de caisse d'émission est couplé aux principes d’une politique monétaire prudente et d’une doctrine budgétaire restrictive, qui continuent de former les piliers de l'économie estonienne. Siim Kallas a toujours été le champion de ces principes et un fervent défenseur d'une politique budgétaire équilibrée en Estonie.

Débuts en politique : la fondation du Parti de la réforme[modifier | modifier le code]

Le , il décide d'entamer une carrière politique et fonde le Parti de la réforme d'Estonie, une formation libérale de centre-droit. Il annonce ensuite sa candidature aux élections législatives du avec la volonté de devenir Premier ministre.

Lors du scrutin, sa formation remporte 16,2 % des voix et 19 députés sur 101, se classant au second niveau des forces politiques derrière le Parti de la coalition et du monde rural (KMÜ). Lui-même entre à l'Assemblée nationale en remportant 1 968 voix de préférence, soit le quatrième meilleur résultat.

Ministre à deux reprises : de la diplomatie au budget[modifier | modifier le code]

À la suite de ces élections, le chef de file du KMÜ Tiit Vähi prend la direction du gouvernement et constitue le 17 avril une coalition dont l'ER ne fait alors pas partie. Cependant, dès le 6 novembre, Vähi recompose une alliance à laquelle les libéraux participent. À 47 ans, Siim Kallas est nommé ministre des Affaires étrangères, un poste auquel il renonce le , après que Vähi a accepté le soutien du Parti du centre d'Estonie (EK). Le Parti de la réforme passe le reste de la législature de quatre ans dans l'opposition.

Aux élections législatives du , l'ER se contente de 15,9 % et 18 députés, se plaçant au troisième range des forces parlementaires. Kallas obtient 1 390 voix de préférence, réalisant la cinquième performance de ce scrutin.

Pourtant, le 25 mars, il est nommé ministre des Finances. Le chef de file de l'Union Pro Patria (IL) Mart Laar a en effet dû composer une coalition à laquelle les libéraux participent avec le Parti populaire des modérés (RM), parti de centre-gauche.

Premier ministre estonien : un mandat éphémère[modifier | modifier le code]

Les désaccords entre les trois formations conduisent à la rupture de l'alliance en . Le , Siim Kallas devient Premier ministre et forme un gouvernement minoritaire avec le Parti du centre d'Estonie.

Quinze mois plus tard se tiennent les élections législatives du . Avec 17,7 % des suffrages et 19 députés, le Parti de la réforme d'Estonie conserve sa troisième place et n'est pas en mesure de revendiquer la direction de l'exécutif, quand bien même le Premier ministre sortant remporte 1 937 voix de préférence, soit le deuxième meilleur résultat. Aussi, bien que l'ER rejoigne la coalition formée par Juhan Parts, Siim Kallas ne conserve aucun siège au gouvernement.

Commissaire européen : un pilier de la Commission[modifier | modifier le code]

Le , alors que l'Estonie adhère à l'Union européenne, le gouvernement estonien le choisit comme commissaire européen. Sur décision du président de la Commission européenne Romano Prodi, chaque commissaire d'un pays entrant est « jumelé » avec un commissaire en fonction, et Siim Kallas se retrouve en tandem avec le commissaire aux Affaires économiques et monétaires Joaquín Almunia.

À la suite des élections européennes de , José Manuel Durão Barroso prend la succession de Prodi. Le gouvernement d'Estonie confirme Kallas à l'exécutif européen, et Barroso le choisit comme vice-président de la Commission européenne et commissaire européen à l'Administration, à l'Audit et à la Lutte anti-fraude. Il prend ses fonctions le 22 novembre suivant, soit neuf jours après avoir cédé la présidence de l'ER à Andrus Ansip.

À son poste, il plaide pour une « réduction radicale des impôts sur les entreprises » et estime qu'entre pays européens « la concurrence en matière de fiscalité est nécessaire », et préparerait une « initiative européenne de transparence », pour obliger les lobbyistes professionnels à révéler les intérêts qu'ils représentent et leurs sources de financement.

Il est de nouveau confirmé par le gouvernement estonien après les élections européennes de . Le , conservant sa vice-présidence, il change de portefeuille et devient commissaire européen aux Transports. En 2012, il tente d'imposer le contrôle technique automobile annuel ainsi que la libéralisation complète du trafic ferroviaire, cherchant à rompre les monopoles de la SNCF et de Deutsche Bahn, son équivalent allemand.

Retour avorté en Estonie[modifier | modifier le code]

Le , le Premier ministre Ansip, au pouvoir depuis , annonce sa démission pour la semaine suivante. Le Parti de la réforme d'Estonie décide alors que Siim Kallas prendra sa succession, quittant ainsi la Commission européenne après neuf ans de mandat et retrouvant ses anciennes fonctions. Toutefois, alors que les négociations en vue de la formation d'une nouvelle coalition sont en cours, Siim Kallas annonce le 12 mars qu'il renonce à devenir Premier ministre et rentre à Bruxelles pour achever son mandat de commissaire. Kallas explique cette décision par la campagne médiatique menée contre lui à propos d'une affaire datant des années 1990 lorsqu'il était président de la Banque centrale d'Estonie[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (et)« Siim Kallas: loobun valitsuse moodustamisest », Postimees.ee,‎ 12 mars 2014

Annexes[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]