Louis Michel (homme politique)

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Louis Michel
Louis Michel à Bruxelles
Louis Michel à Bruxelles
Fonctions
Député européen
En fonction depuis le 7 juin 2009
Élection 2009
Réélection 2014
Biographie
Date de naissance 2 septembre 1947
Lieu de naissance Tirlemont
Drapeau de la Belgique Belgique
Nationalité Belge
Parti politique Logo Mouvement Réformateur.jpg Mouvement réformateur
Conjoint Martine
Enfant(s) Charles Michel
Mathieu Michel

Louis Michel, homme politique belge libéral, est né le 2 septembre 1947 à Tirlemont. Il est actuellement député européen et Ministre d'État. Il a été commissaire européen au Développement et à l'Aide humanitaire dans la Commission Barroso.

Avant son entrée dans la Commission européenne, Louis Michel était la figure de proue du Mouvement réformateur (MR), un parti de droite francophone. Suite à ses nouvelles fonctions, il s'est mis à l'écart de la politique intérieure belge pour mettre en avant ses successeurs Didier Reynders et surtout son fils Charles Michel, et s'est impliqué dans les relations avec la République démocratique du Congo.

Louis Michel, reconnaissable à la manière qu'il a d'articuler ses phrases pour appuyer sa conviction, a déjà reconnu avoir perdu l'usage des langues qu'il enseignait, par manque d'exercice[1].

Carrière[modifier | modifier le code]

De 1968 à 1978, Louis Michel - régent en langues germaniques - a enseigné l'anglais, l'allemand et le néerlandais à Jodoigne. De 1967 à 1977, il est Président des Jeunes Libéraux dans le district de Nivelles. Ensuite il occupe successivement les fonctions d'échevin à Jodoigne de 1977 à 1983 et de secrétaire-général du Parti réformateur libéral (PRL) de 1980 à 1982, avant d'accéder à la présidence du parti, d'abord de 1982 à 1990 suite à l'arrivée des libéraux au Gouvernement fédéral, puis de 1995 à 1999, après le décès inopiné de Jean Gol, son mentor. En accédant à nouveau à la présidence des libéraux francophones, Louis Michel approfondit la relation nouvelle avec le Front démocratique des francophones et tente de sortir les libéraux de l'isolement politique dans lequel ils se trouvent depuis 1988[2]. L'opération aboutit au lendemain du scrutin de 1999. Les libéraux forment le gouvernement avec les socialistes et les partis écologistes.

Le roi Albert II lui a octroyé en 1995 le titre honorifique de ministre d'État. Louis Michel est élu au Parlement fédéral belge de 1978 à 2004, d'abord comme député (1978-1999) puis comme membre du Sénat. Élu sénateur en 1999 et en 2003, il cèdera son siège pour un portefeuille ministériel.

Suite aux élections législatives de 1999, Louis Michel est nommé informateur par le roi Albert II. Au terme d'une semaine de consultations, il suggère au souverain une coalition arc-en-ciel entre le VLD, le PRL-FDF-MCC, le PS, le SP, Ecolo et Groen. Lors de la campagne électorale, il avait exprimé le souhait d'être ministre de l'Intérieur pour accomplir l'ambitieuse réforme des polices, mais il devient ministre des Affaires étrangères et Vice-Premier ministre dans deux gouvernements successifs dirigés par Guy Verhofstadt, de 1999 jusqu'en juillet 2004.

Jusqu'en 2004, il fut l'un des 105 membres de la Convention sur l'avenir de l'Europe chargée de rédiger le Traité établissant une Constitution pour l'Europe, représentant le gouvernement belge. En juillet 2004, le gouvernement belge l'a désigné candidat commissaire européen au sein de la Commission européenne présidée par José Manuel Durão Barroso. Dans un premier temps, il remplace le socialiste belge francophone Philippe Busquin dans la Commission Prodi. Busquin commissaire à la Recherche sortant est, en effet, élu député européen en juin 2004. Après ce court intérim, Louis Michel devient commissaire chargé du Développement et de l'Aide humanitaire en novembre 2004 dans l'équipe emmenée par Barroso.

Il a également été élu bourgmestre de Jodoigne en 1983 et réélu en 2000, jusqu'à ce que son portefeuille européen l'oblige à abandonner cette fonction en 2004. Louis Michel a sollicité un congé du 12 mai au 10 juin 2007 à l’Union européenne pour s’occuper de son parti à l’approche des législatives du 10 juin 2007, ce qui n'a pas été sans provoquer des remous au sein de la Commission et du Parlement européen. Il a obtenu 232 328 voix, soit le score le plus élevé dans le collège électoral francophone du Sénat[3].

Lors de la crise politique de l'été 2007, Louis Michel a fait partie des Ministres d'État consultés officiellement par le roi Albert II au château du Belvédère.

Il est élu député européen le 7 juin 2009, brigue le poste de président l'Assemblée générale de l'ONU en décembre 2009, est vu comme favori, mais après décompte des voix, il n'est pas élu et l'élection profite au candidat suisse Joseph Deiss. Louis Michel dénoncera un manque d'« unicité », avant de reprendre le mot en le remplaçant par « unité », et réagira en déplorant que l'Europe n'ait pas choisi un candidat faisant partie d'un pays qui partage davantage les valeurs européennes. Il ne s'est pas dit déçu[4].

Louis Michel est coprésident de l’Assemblée parlementaire paritaire, laquelle conseille l’orientation des politiques de coopération entre l’Union européenne et ses partenaires des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique.

Il est enfin membre du comité d'honneur de la Fondation Chirac[5], lancée en 2008 par l’ancien chef de l’État Français Jacques Chirac pour agir en faveur de la paix dans le monde.

Louis Michel et le Congo[modifier | modifier le code]

Louis Michel s'est beaucoup intéressé à la République démocratique du Congo (RDC) lorsqu’il était ministre des affaires étrangères de 1999 à 2004 et commissaire européen au Développement et à l'Aide humanitaire dans la Commission Barroso.

Le père de Joseph Kabila, Laurent-Désiré Kabila, avait de mauvaises relations avec Bruxelles. Louis Michel lance l'idée d'une Commission Lumumba, afin de déterminer le rôle de la Belgique dans l'assassinat de Patrice Lumumba. Mais Laurent-Désiré Kabila reste méfiant[6].

C’est aussi pendant que Michel était membre du gouvernement que la Belgique a reconnu des crimes qu'elle a commis pendant l’époque coloniale, notamment ceux de Léopold II ou ceux reconnus par la commission Lumumba. Le président congolais Joseph Kabila a rendu « hommage à la mémoire de tous ces pionniers qui crurent au rêve du roi Léopold II », lors de sa visite à Bruxelles en 2003 lorsque la chambre des représentants et le sénat du Parlement fédéral belge ont été réunis pour le rencontrer.

Louis Michel a contribué à mettre sur pied un processus de paix en République démocratique du Congo qui a finalement mis fin à la Deuxième guerre du Congo en juin 2003 en instaurant un Gouvernement de transition (2003-2006).

Des troupes de l'Union européenne ont été envoyées en RDC en 2006 pour sécuriser le processus électoral, en soutien à la présence militaire de l'ONU dans ce pays.

Lorsque Laurent-Désiré Kabila est assassiné, Louis Michel déclare : « Le choc a peut-être créé un moment propice à la négociation »[7]. Il assiste aux funérailles et s'entretient avec le nouveau président Joseph Kabila.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Congo[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ciné Télé Revue, semaine 37 (2008)
  2. Pascal Delwit, La vie politique en Belgique de 1830 à nos jours, Bruxelles, Éditions de l'Université de Bruxelles, 2010, p. 255.
  3. Louis Michel en "congé électoral" à la Commission, 7 sur 7
  4. Interview Jacqueline Liesse, rédactrice en chef de La Première, lors du journal radio de 8h le 15/12/2009)
  5. Comité d'honneur de la Fondation Chirac
  6. Le président Joseph Kabila au Sénat belge: « Un appel pathétique pour un plan de développement pour le Congo », ptb.be
  7. Les enjeux de l'ordre Michelin au Congo-Kinshasa - janvier 2006

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