Maison de Wettin

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Maison de Wettin
Armes de la famille.
Armes de la famille : Maison de Wettin
Blasonnement D’or au lion de sable langué et armé de gueules, brisé de la couronne palatine
Branches branche ernestine, branche albertine
Période XIe siècle à aujourd'hui
Pays ou province d’origine château de Wettin (Allemagne, Arrondissement de Saale)
Allégeance Armoiries moderne Saint-Empire bicéphale.svg Saint-Empire Romain Germanique
Fiefs tenus margraves de Misnie (depuis 1089), rois de Saxe
Demeures château de Wettin

La maison de Wettin est une dynastie qui règne actuellement sur la Belgique (depuis 1831, aujourd'hui sous le nom Maison de Belgique) et sur le Royaume-Uni (depuis 1901, aujourd'hui sous le noms de Maison de Windsor), et qui régna autrefois sur la Bulgarie (de 1887 à 1946), le Portugal (de 1853 à 1910), la Pologne (de 1697 à 1763), le duché puis électorat puis royaume de Saxe (de 1423 à 1918), le grand-duché de Saxe-Weimar (de 1815 à 1918), le duché de Saxe-Cobourg et Gotha (de 1826 à 1918), le duché de Saxe-Meiningen (de 1826 à 1918), le duché de Saxe-Altenbourg (de 1826 à 1918), les Indes (de 1901 à 1947), etc.

Originellement margraves de Misnie en 1089, les seigneurs de Wettin devinrent landgraves de Thuringe en 1263, puis ducs de Saxe en 1423 avec la dignité d’électeurs du Saint-Empire romain germanique. À cette occasion ils ont brisé leur blason, d'or au lion de sable langué et armé de gueules, pour l'actuel, qui reprend les mêmes couleurs en y ajoutant la couronne palatine.

Évolution de la maison de Wettin[modifier | modifier le code]

La famille se divisa en deux branches en 1485 quand les fils de Frédéric II, électeur de Saxe, se partagèrent l'héritage :

Ces deux branches évoluèrent très différemment : la branche albertine maintint l'intégrité de la Saxe et préserva son pouvoir sur la région, tandis que les ernestins divisèrent à plusieurs reprises leurs territoires en créant une mosaïque de petits duchés et comtés en Thuringe.

Les descendants de la branche puinée albertine devinrent rois de Pologne (1697 - 1763) et de Saxe (1806 - 1918) et dirigèrent le duché napoléonien de Varsovie (1807 - 1814) après que l'invasion russe leur eut ôté leurs droits à la couronne de Pologne par la constitution de 1791.

Il existe une troisième branche, nommée Oldenbourg-Wettin, dont les membres sont les seuls, à l'heure actuelle, à porter le patronyme originel de cette maison germanique.

Membres de la maison de Wettin[modifier | modifier le code]

Saxe-Cobourg-Gotha[modifier | modifier le code]

Monarques du Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Maison de Windsor.

La branche aînée ernestine perdit l'électorat au profit des albertins à l'issue de la bataille de Muehlberg en 1547, mais conserva ses possessions en Thuringe, divisant la région en une collection de mini-États. Une de ces maisons, celle de Saxe-Cobourg et Gotha, accéda au trône de Bulgarie (1908 - 1946), et fournit des consorts aux reines du Portugal et du Royaume-Uni. Ainsi, Édouard VII, fils de la reine Victoria (maison de Hanovre), prend le nom de son père Albert de Saxe-Cobourg-Gotha pour lui et la famille royale britannique, faisant passer le trône britannique dans la maison de Wettin à partir de 1901. Cette branche prend le nom de Saxe-Cobourg et Gotha : Wettin, étant une recréation allemande, n'a jamais été utilisé au Royaume-Uni.

Durant la Première Guerre mondiale, la maison royale britannique renonça à ses noms allemands pour prendre celui de Windsor à la fois comme nom de maison et comme nom de famille. Le roi Édouard VIII prit le titre de duc de Windsor après son abdication en 1936.

En 1947, la princesse Élisabeth, héritière du trône de George VI, épousa Philip Mountbatten. Celui-ci était membre de la Maison de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Glücksbourg, une branche de la Maison d'Oldenbourg. Quelques mois avant son mariage, il adopte le nom Mountbatten, celui de son oncle Louis Mountbatten adopté par le père de ce dernier, Louis de Battenberg en 1917.

Après l'accession au trône d'Élisabeth II, Louis Mountbatten souhaita que la maison royale adopte le nom de Mountbatten, comme voulait la pratique pour les épouses d'adopter le nom de leur mari. Toutefois, la reine Mary et Winston Churchill s'y opposèrent et le , Élisabeth II signe une proclamation déclarant « Moi et Mes enfants seront connus comme la Maison et la Famille de Windsor et mes descendants qui se marient et leurs descendants porteront le nom de Windsor[1]. » Philip se plaignit en privé d'être « le seul homme au pays non autorisé à donner son nom à ses propres enfants[2]. »

Le , après la mort de la reine Mary et la démission de Churchill, la reine confirma qu'elle et ses enfants continueront à être appelés Maison et Famille de Windsor ainsi que les descendants agnatiques qui portent le prédicat d'Altesse royale et le titre de prince ou princesse[1], mais elle décida que les descendants agnatiques qui ne portent pas ces titres et prédicats porteraient le nom de Mountbatten-Windsor[1].

Rois de Portugal[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Maison de Bragance-Saxe-Cobourg.

Le neveu d'Ernest Ier, Ferdinand de Saxe-Cobourg-Gotha, cousin du Prince Albert, épousa en 1835 la reine Marie II de Portugal, dont il fut le second époux. Il fut titré prince consort, et le Parlement ne lui octroya le titre honorifique de roi qu'à la naissance de leur premier enfant mâle, le Prince Royal Dom Pedro de Bragança - futur Pierre V de Portugal. Le prince Ferdinand devint alors roi consort sous le nom de Dom Fernando II: il ne fonda pourtant pas une nouvelle dynastie portugaise de Saxe-Cobourg-Gotha, car au Portugal de tout temps les femmes ont pu transmettre leurs maisons, ainsi que leurs noms patronymiques, à défaut d'enfant mâle. Ainsi, les Bragance ont continué de régner jusqu'en 1910 au Portugal, Bragança étant le seul nom officiel de leur dynastie continuée dans cette nouvelle branche séparée de celle du Brésil, et de celle du roi Michel Ier de Portugal. L'usage portugais étant aussi de porter des patronymes maternels et paternels mélangés sur l'ensemble de leurs noms multiples, les derniers souverains à Lisbonne sont nommés officiellement aussi avec les noms de Saxe, Cobourg, Gotha, Savoie, Orléans... qu'ils n'ont pourtant jamais signés.

Tsars et rois de Bulgarie[modifier | modifier le code]

Ferdinand de Saxe-Cobourg-Gotha, fut élu prince de Bulgarie en 1887 sous le nom de Ferdinand Ier puis tsar des Bulgares en 1908, et fonda la branche bulgare de cette maison.

On pourrait aussi signaler les mariages des filles de cette Maison avec les têtes couronnées d'Europe; ainsi en 1914, la tsarine de Russie, la reine d'Espagne, l'impératrice allemande, l'épouse du prince héritier de Suède entre autres sont membres ou apparentées de très près à la maison de Saxe-Cobourg-Gotha.

Saxe-Cobourg-Saalfeld[modifier | modifier le code]

Rois des Belges[modifier | modifier le code]

En 1816, Léopold de Saxe-Cobourg-Saalfeld, frère cadet du duc Ernest Ier, épouse la princesse héritière du Royaume-Uni, Charlotte qui meurt en donnant naissance à un enfant mort-né l’année suivante. Léopold reste en Angleterre où il fera épouser sa sœur Victoria au duc de Kent en 1818. Il est le mentor de la famille.

Il refuse le trône de Grèce en 1830 mais accepte celui de Belgique l’année suivante et prête serment le . Roi des Belges sous le nom de Léopold Ier, il est ainsi fondateur de la maison royale de Belgique. Il épouse ensuite Louise fille du roi des Français Louis-Philippe Ier. Ses descendant portent les titres de duc de Saxe et prince de Saxe-Cobourg et Gotha jusqu’à la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle ils sont abandonnés par le roi Albert Ier de Belgique en raison de leur origine germanique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Royal Styles and Titles – 1960 Letters Patent
  2. Brandreth, Gyles (2004). Philip and Elizabeth: Portrait of a Marriage. p.253–254. London: Century. ISBN 0-7126-6103-4

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Stefan Pätzold, Die frühen Wettiner – Adelsfamilie und Hausüberlieferung bis 1221, Cologne, Weimar, Vienne, Böhlau,‎ 1997 (ISBN 3-412-08697-5)

Articles connexes[modifier | modifier le code]