Rodrigo Díaz de Vivar

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Rodrigo Díaz de Vivar
Le Cid
Le Cid

Surnom El Cid Campeador
Naissance c. 1043
Vivar del Cid, province de Burgos
Décès 10 juillet 1099
Valence
Allégeance Royaume de Castille
Conflits Reconquista
Autres fonctions Seigneur de Valence (1094-1099)
Signature
Ego Ruderico.jpg
Statue du Cid Campeador sur la Plaza Mio Cid à Burgos,
œuvre de Juan Cristóbal González, inaugurée en 1955.

Rodrigo Díaz de Vivar (parfois écrit Bivar), né vers 1043 à proximité de Burgos et mort à Valence le 10 juillet 1099 - dit El Cid Campeador ou simplement El Cid (Le Cid en français) - est un chevalier mercenaire chrétien, héros de la Reconquista, bien qu'il ait également combattu aux côtés des musulmans contre les chrétiens en contrepartie d'avantages financiers.

Biographie[modifier | modifier le code]

Naissance et généalogie[modifier | modifier le code]

Selon la tradition, il naît à Vivar (aujourd'hui Vivar del Cid), petit village à 7 km de Burgos. Il est le fils de Diego Láinez (connu pour avoir conquis les châteaux d'Ubierna, d'Urbel et de La Piedra en Navarre), et de Teresa Rodriguez (fille de Rodrigo Álvarez et de Teresa Nuñez)[1]. L'histoire de la famille du Cid et sa généalogie restent l'objet de recherches et d'études dont le résultat peut encore évoluer[2].

Jeunesse : au service de Sanche II de Castille, puis d'Alphonse VI[modifier | modifier le code]

A l'âge de 15 ans, son père meurt. Il est alors élevé à la cour du roi Ferdinand Ier, auprès de son fils héritier, le futur Sanche II de Castille. Il devient son ami[3] et le sert lorsqu'il accède au trône (1065). Après l'assassinat de Sanche II (1072) à l'instigation de son frère et ennemi Alphonse VI, Rodrigo passe au service du nouveau roi. Celui-ci le charge de recouvrer pour lui les parias, tributs dus par le roi maure de Séville. En récompense, Alphonse VI lui donne en mariage sa nièce, Jimena Díaz (Chimène), fille du comte d'Oviedo.

Le premier exil : au service de la Taïfa de Sarragosse[modifier | modifier le code]

Pour avoir enfreint la paix du roi, en l'accusant plus ou moins directement d'avoir participé à l'assassinat de son propre frère, il est exilé en 1081, et parcourt l'est de la péninsule, offrant ses services aux princes, tant chrétiens que musulmans. De cette époque date son surnom de Cid (de l'arabe سيد (Sayyid), seigneur)[4] ; son autre surnom, Campeador (le « Champion »), vient du latin campidoctor, instructeur « maître d'armes ») et lui est donné dès 1066 après sa victoire en combat singulier contre Jimeno Garcés, lieutenant du roi de Navarre Sanche IV, réputé invincible. Certains pensent que « Cid » est une hispanisation de l'arabe qâ'id (caïd), grade équivalent à celui de général dans les armées mauresques.

Rodrigo Díaz de Vivar sert alors le roi taïfa de Saragosse.

Réconciliation avec le roi[modifier | modifier le code]

En 1087, Rodrigo Díaz de Vivar reprend du service auprès du roi Alphonse VI et conquiert Valence, mal contrôlée par le roi chrétien depuis 1086. Il garde alors cette cité pour lui et lève le tribut sur les villes voisines.

Second exil : intervention au Levante[modifier | modifier le code]

En 1092, excédé, Alphonse VI s'allie avec le roi d'Aragon et le comte Raimond-Bérenger II de Barcelone contre lui, mais l'attaque navale échoue contre Tortosa. Le Cid retourne pourtant à Saragosse.

La conquête de Valence[modifier | modifier le code]

Cette même année de 1092, les Almoravides, menés par Youssef Ibn Tachfin, lancent une offensive contre Valence et sa région. Le Cid revient en 1093 et reprend la ville. Les Almoravides attendent mais reviennent aussitôt leurs forces reprises. Le Cid fait inonder l'Horta pour éloigner les troupes en campagne, et reprend le siège de Valence, qui tombe en juin 1094. Il se proclame alors roi de Valence et continue de mener une politique opportuniste, se souciant peu des accords passés avec Alphonse VI ou le comte Bérenger de Barcelone.

La mort du Cid[modifier | modifier le code]

Le Cid gouverne la ville de Valence jusqu'à sa mort le 10 juillet 1099.

Sa veuve Chimène tiendra Valence contre Youssef Ibn Tachfin, de retour, jusqu'en 1102 avec ses maigres forces, sans véritablement être aidée par le roi de Castille ou par le comte de Barcelone. En évacuant la ville avec sa petite armée, elle emporte les restes du Cid. Pour ne pas décourager les soldats, dit-on, Chimène le fit tenir sur son cheval, Babieca, en lui plaçant son épée Tizona dans la main, de façon à ce que les soldats le croient encore en vie. Il s'agit bien sûr d'une légende : le Cid était alors mort depuis trois ans et on imagine difficilement le réalisme de la mise en scène compte tenu du climat de la province de Valence.

Page de Cantar de Mío Cid

La légende du Cid[modifier | modifier le code]

Réputé invaincu, le Cid devint rapidement une figure légendaire. Son tombeau, ainsi que celui de sa femme Chimène, est visible dans la Cathédrale Santa María de Burgos. Une partie de leurs restes (une côte et une omoplate), prélevés suite au pillage de leur sépulture par les troupes de Napoléon Bonaparte en 1809, sont conservés dans le reliquaire de Vivant Denon, visible au Musée Bertrand de Châteauroux[5].

Son épée Tizona est conservée au Musée de l'armée (Museo del Ejército) de Madrid.

Par sa fille Cristina, le Cid est le grand-père du roi García V de Navarre dit le Restaurateur (règne 1134-1150) et l'ancêtre des rois de Navarre qui ont succédé à celui-ci.

Le Cid dans les arts[modifier | modifier le code]

Le Cid est le personnage central de plusieurs œuvres littéraires, musicales ou cinématographiques :

Littérature[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Cinéma et télévision[modifier | modifier le code]

Jeux[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. site Medieval Land : [1].)
  2. Voir à ce sujet l'article solidement documenté de Joannidis sur center Blog : http://joannidis.centerblog.net/269-les-ancetres-du-cid-rodrigo-dias-de-vivar.
  3. http://web.jet.es/vliz/cid.htm
  4. Pierre Guichard, L'Espagne et la Sicile musulmanes aux XIe et XIIe siècles, Presses Universitaires Lyon,‎ 2000, p. 133
  5. Site de la bibliothèque municipale de Lyon [2].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Source partielle[modifier | modifier le code]

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Rodrigo Díaz de Vivar » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)http://web.jet.es/vliz/cid.htm

Articles connexes[modifier | modifier le code]