Aljama

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Le terme aljama (de ŷāma'aʻ, « groupe de personnes ») en castillan a traditionnellement été utilisé pour faire référence à tous les Juifs ou musulmans d'une localité (en particulierYama 'al-Yahud,' tous les Juifs »).

Aljama juive[modifier | modifier le code]

Dans l’Espagne médiévale, l’aljama désignait le lieu où se regroupaient les communautés juives, ainsi que l’ensemble des institutions sociales, religieuses et judiciaires qui les gouvernaient. C’était à la fois un espace urbain (Juderia ou Juiverie) et une institution politique (l’équivalent du conseil municipal). Chaque aljama élaborait ses propres ordonnances municipales (taqqanot) qui servaient de code civil à la communauté, en matière d’héritage, de divorce, de mariage, de respect de la tradition, de conversion, etc. L 'aljama' se réfère également à la Synagogue[1].

Ce sens apparaît dans un poème de Gonzalo de Berceo dès 1220 :

« ¡Eya velar, ella velar, ella velar!
Velat aljama de los judíos.
¡Eya velar!
Que non vos furten al Fijo de Dios.
¡Eya velar!
Ca furtávoslo querrán »

À la veille de l’expulsion de 1492, le judaïsme s’était considérablement appauvri dans les couronnes de Castille et d’Aragon, et les prestigieuses aljamas de Séville, Tolède, Cordoue et Burgos avaient perdu leur lustre d’antan. On estime que les juifs ne dépassaient pas 200 000 personnes – 150 000 dans la couronne de Castille et 50 000 dans la couronne d’Aragon –, soit un peu moins de 4 % de la population globale. Tout au long du XVe siècle, les juifs abandonnèrent les grandes juiveries urbaines médiévales pour trouver refuge dans des villes moyennes ou des villages placés sous juridiction seigneuriale, comme Hita, Buitrago, Cuéllar ou Plasencia. La couronne d’Aragon abritait 25 aljamas, tandis que la Couronne de Castille en comprenait 216. C’est dans l’évêché de Plasencia, l’archevêché de Tolède, et, à un moindre degré, en Estrémadure et en Andalousie, dans de petits centres urbains ou ruraux, que les juiveries étaient les plus nombreuses. Neuf aljamas pouvaient encore se targuer d’abriter 300 familles chacune à la fin du XVe siècle : Ségovie, Tolède, Trujillo, Guadalajara, Ocaña, Almazán, Soria, Avila et Murcie[2].

Ainsi, l'existence d'une ville avec un aljama nous indique un certain niveau d'organisation et de personnes, ainsi qu'une organisation interne suffisante pour permettre la collecte d'une série d'imposition.

Aljama arabe[modifier | modifier le code]

À son sens arabe, on appelle ŷāmiʻou aljama la mosquée principale (les autres mosquées sont nommées masŷid). Bien que l'arabe ne juxtapose les deux termes, en castillan les termes de «mosquée aljama» sont utilisés pour désigner, par exemple, de Córdoba, ou ceux dans d'autres villes de la Al-Andalus, souvent là où se trouve aujourd'hui la cathédrale, ou église principale

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Guide du quartier Juif de Tarazona (Aragon)
  2. De historia judía hispánica Par David Romano Ventura Publié par Edicions Universitat Barcelona, 1991 ISBN 8478754539, 9788478754533 505 pages books.google.fr