François Dollier de Casson

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François Dollier de Casson en 1681

François Dollier de Casson (Casson, 1636 - Montréal, 1701) est un militaire, explorateur, Sulpicien chargé de développer la Nouvelle-France. Il est considéré comme le second fondateur de Montréal et a écrit la première histoire de la ville.

Biographie[modifier | modifier le code]

François Dollier de Casson, est né en 1636 au manoir de la Praye, paroisse de Fougeré, alors située dans le diocèse de Nantes (source : archives de la paroisse de Grand-Fougeray - 35390).

Le 09 septembre 1651, ses parents "Ecuyer Claude Dollier et Dame Françoise Descaillum, demeurant en leur maison de la Praye, achetent à Messire Charles d'Andigné, Chevalier des Ordres du Roy et Seigneur Baron d'Angris en Anjou, la Seigneurerie du Plessis Casson, la Barillère et le Moulin en la paroisse de Casson, diocèse de Nantes". (source : AVEU d'obéissance à la Seignerie, Cour et Marquisat de Fougeré, proche de la Seigneurie, Cour et Juridiction d'Anguinac, en Fougeré, reçus du 23 mars 1556 au 25 août 1708 et conservés au manoir de la Praye jusqu'en 1968).

Le 11 septembre 1651, l'Ecuyer François Dollier, âgé de 15 ans devient propriétaire du manoir et des terres de la Praye" (source : AVEU rendu à la Seigneurie de Fougeré le 16 août 1652 par François Dollier Ecuyer, demeurant en sa maison de Port de Roche en Fougeré).

La Seigneurie de Casson a été achetée par son père (en 1651), afin de pouvoir ajouter la particule noble "De Casson" à son nom (source : A. De Brehier "Fougeray depuis le IXième siècle à nos jours" - 1895).

François Dollier n'a jamais habité au Chateau du Plessis Casson :

- De sa naissance en 1636 à septembre 1651, il a habité le manoir de la Praye, avec ses parents.

- De septembre 1651 à may 1661, il a habité le manoir de Port-de-Roche; ces deux manoirs étant situés sur la paroisse de Fougeré. De 1657 à may 1661, il résidait le plus souvent au Séminaire Saint-Sulpice à Paris (où il était entré comme séminariste en 1657).

- De 1661 à 1666 (date de son premier départ pour la Nouvelle France), il habitait au Séminaire Saint-Sulpice à Paris.

Du 09 septembre 1651 (date d'achat de la Seigneureie de Casson par Ecuyer Claude Dollier, son père), au 25 août 1708, les propriétaires successifs du manoir de la Praye, descendants de l'Ecuyer Claude Dollier (père de François Dollier), ne portent jamais officiellement la particule "De Casson" :

- Ecuyer François Dollier (né en 1636), son fils, propriétaire du 11 septembre 1651 au 21 avril 1661, du manoir et des terres de la Praye, d'une valeur de 10.000 livres tournois.

- Ecuyer Julien Dollier (né en 1637), son fils, propriétaire à compterb du 21 avril 1661, du manoir et terres de la Praye (après échange avec son frère François Dollier, rentré au Séminaire Saint-Sulpice à Paris)

- Dame Françoise Dollier, petite fille de Claude Dollier , née de Julien Dollier (frère de François Dollier), propriétaire du manoir et des terres de la Praye en date du 25 août 1708.

(source : AVEUX d'obéissance a la Seigneurie, Cour et Marquisat de Fougeré, reçus du 16 août 1652 au 25 août 1708 et conservés au manoir de la Praye jusqu'en 1968)

François Dollier ajoute la particule "De Casson" à son nom, (après son ordination en temps que prêtre Sulpicien); lorsque qu'il rejoint son affectation à Montréal (alors Seigneurie de l'Ordre de Saint-Sulpice), afin de traiter d'égal à égal avec "ces Messieux de Saint-Sulpice", Seigneurs de l'Isle de Montréal.(source : Les AVEUX de simple obéissance à la Seigneurerie de Fougeré, pour la période du 11 septembre 1651 au 12 may 1661, mentionnent simplement : "Ecuyer François Dollier demeurant en sa maison de Port-De-Roche, paroisse de Fougeré")

En 1671, il est nommé Supérieur de l'Ordre de Saint-Sulpice et Grand Vicaire de Montréal, en 1672 il commence la rédaction de son manuscrit "Histoire du Montréal", dédiè aux infirmes du Séminaire de Saint-Sulpice à Paris.

Le 14 février 1674, en traversant un lac gelé, la glace se rompt, il reste plusieurs heures à demi immergé, il réussit cependant à regagner la rive mais attrappe une très grave pneumonie, qui l'affaiblit de jour en jour.

Sur ordre de ses supérieurs, il rentre à l'automne 1674 en Bretagne se soigner chez sa soeur Renée, (épouse de Gabriel Peschard, Seigneur de Bossac, au château de la Thébeaudais en Saint-Ganton, paroisse attenante à la paroisse de Fougeré).

Il y restera jusqu'au printemps 1678, pendant son séjour chez sa soeur Renée Peschard de Bossac, il sera le précepteur de ses deux neuveux, moyennant une rente annuelle de 1.200 livres. Son beau-frère Gabriel Peschard sera assasiné dans son château, en 1695.

Durant cette convalescence au chateau de la Thébeaudais, il continue la rédaction de son manuscrit "Histoire du Montréal" (source: Marcel FOURNIER "Les Bretons en Amérique Française").

Ce personnage, robuste, déterminé, haut en couleur et bon vivant ; fut tour à tour :

- Militaire à 16 ans (de 1652 à 1657) dans l'armée de Turenne,

- Aumônier dans l'armée de Prouville de Tracy, engagée contre les Indiens Agners (Mohawks)

- Explorateur aux côtés de l'utopique et trouble Robert Cavelier de la Salle (exploration des Grands Lacs Canadiens, recherche d'une route fluviale à l'ouest, vers la Chine ...) . Cavelier de la Salle, abandonna son équipe (apeuré à l'idée d'être tué par les Indiens), pour retourner à Montréal. François Dollier continua l'exploration avec le reste de la troupe, pendant 347 jours ...

- Missionnaire infatiguable ; en évangélisant les Indiens du Misssipi, il planta une croix et pris possession de la région au nom du Roy de France, avec cette inscription "François Dollier, prêtre du Diocèse de Nantes"

- Pacificateur et diplomate près des Indiens (Agners, Iroquois, Montagnais, Hurons, Outaouais et Alconguins), il s'opposa parfois avec force au Gouverneur de la Nouvelle France

- Créateur d'écoles pour enseigner les indiens

- Administrateur, architecte, ingénieur, etc.

Il est nommé "deuxième fondateur de Montréal" où une plaque commémore son action (le premier fondateur étant Maisonneuve, une vingtaine d'années plus tôt); .

Il est le concepteur du Canal de Lachine, en 1680 (creusement arrêté à cause de bancs rocheux et des attaques meurtrières des Iroquois) et qui fut repris et achevé seulement en 1825.

Il meurt à Montréal le 27 septembre 1701.

A sa mort, les Indiens diront de lui : "Dollier çà c'est un homme !!!", à cause de sa virilité, sa force, sa droiture et son énergie.

Période missionnaire[modifier | modifier le code]

L'hiver 1666-67 est une dure initiation alors qu'Alexandre de Prouville de Tracy mène une expédition contre les Agniers (Mohawks). Il est envoyé la même année au fort Sainte-Anne du lac Champlain. L'année suivante, il fut chargé de la cure des Trois-Rivières, l'espace d'un an.

Décidé d'apprendre la langue algonquine, il se rend aux Grands Lacs avec René Bréhant de Galinée en juin 1669. Il revient par la rivière des Outaouais et arrive à Ville-Marie en juin 1670.

Supérieur des Sulpiciens à Ville-Marie[modifier | modifier le code]

Plan des rues de Ville-Marie en 1672 par François Dollier de Casson, supérieur des Sulpiciens, seigneurs de l'île de Montréal.

Les Sulpiciens, possesseurs de la Seigneurie de Montréal depuis 1663, demandèrent à Dollier de Casson de devenir supérieur en 1671. Il s'engagea avec énergie. Avec l'aide de Bénigne Basset, arpenteur, il fit le premier tracé des rues.

Les Sulpiciens décidèrent la construction d'une église et M. Dollier en fit le plan. (Cette première église Notre-Dame servira de 1678 à 1829.)

Entre 1672 et 1674, il commença à écrire son Histoire du Montréal.

Tombé malade en 1674 (grave pneumonie suite à la rupture de la glace, en traversant un lac gelé), il part retrouver l'air de son pays natal ; séjournant chez sa soeur Renée, épouse de Gabriel Peschart, Comte de Bossac, quatre ans au château de la Thébeaudais en Saint-Ganton (paroisse voisine de Fougeré, où il est né) Pendant cette convalescence, il est le précepteur de ses deux neveux et continue la rédaction de son manuscrit "Histoire du Montréal" dédié aux infirmes du Séminaire de Saint-Sulpice à Paris. (source : Marcel Fournier : "Les Bretons en Amérique Française")

Désirant revenir à Ville-Marie, il repart au printemps de 1678. En 1680, il songe à créer un canal : le canal de Lachine. On commence les travaux mais les difficultés amènent l'arrêt de l'entreprise (bancs rocheux).

En 1685, il se mit à ériger le vieux séminaire de la rue Notre-Dame.

Il meurt le 27 septembre 1701.

Extrait de son Histoire du Montréal[modifier | modifier le code]

« Monsieur de Montmagny, ayant donc l'esprit imbu de la sorte, dit à M. de Maison Neufve dans sa première visite : "Vous savez que la guerre a recommencé avec les Yroquois, qu'ils nous l'ont déclarée au lac Saint-Pierre ce mois dernier, qu'ils ont rompu la paix d'une façon qui les fait voir plus animés que jamais. Il n'y a pas d'apparence que vous songiez à vous mettre dans un lieu si éloigné. Il faut changer de délibération. Si vous voulez, on vous donnera l'île d'Orléans. Au reste, la saison serait trop avancée pour monter jusques à l'île du Montréal, quand vous en auriez la pensée". À ces paroles, M. de Maison Neufve lui répondit en homme de cœur et du métier : "Monsieur, ce que vous me dîtes serait bon si on m'avait envoyé pour délibérer et choisir un poste, mais, ayant été déterminé par la Compagnie qui m'envoie que j'irais au Montréal, il est de mon honneur et vous trouverez bon que j'y monte pour y commencer une colonie, quand tous les arbres de cette île se devraient changer en autant d'Iroquois. Quant à la saison, puisqu'elle est trop tardive, vous agréez que je me contente avant l'hiver d'aller reconnaître le poste avec les plus lestes de mes gens, afin de voir le lieu où je me pourrai camper avec tout mon monde, le printemps prochain."»

(Depuis l'an de N.-S. 1640 jusques à l'an 1641)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvre[modifier | modifier le code]

Restée à l'état de manuscrit, conservée à Paris, son Histoire du Montréal a finalement été publiée. Il existe plusieurs versions.

  • Histoire du Montréal, Nouvelle édition critique par Marcel Trudel et Marie Baboyant, Hurtubise HMH, Cahiers du Québec, Collection documents d'histoire, Montréal, 1992, 342 p.
  • Histoire du Montréal, 1640-1672, Eusèbe Sénécal, Montréal, 1871. Édition conforme au manuscrit de Paris.
  • A History of Montreal 1640-1672. Translated and Edited With a Life of the Author By Ralph Flentey, London: J. M. Dents & Sons, 1928

Références[modifier | modifier le code]

  • Marie Baboyant, Une mise à jour de l'histoire du Montréal de François Dollier de Casson (1672), dans Les Origines de Montréal, Actes du colloque organisé par la Société historique de Montréal, Leméac, Montréal, 1993.
  • Les Bretons en Amérique française 1504-2004, Éditions les Portes du large, de Marcel Fournier, président de la société généalogique franco-canadienne

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]