Paul Desmarais (père)

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Paul Desmarais

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Nom de naissance Paul Guy Desmarais
Naissance 4 janvier 1927
Sudbury, Drapeau de l'Ontario Ontario, Canada
Décès 8 octobre 2013 (à 86 ans)
en son Domaine Laforest, à Sagard, dans Charlevoix, Drapeau : Québec Québec, Canada
Nationalité Drapeau du Canada Canadien
Pays de résidence Canada
Profession
Affaire, finances, assurance, presse
Activité principale
Actionnaire de Power Corporation
Distinctions
Grand-croix de l'Ordre national de la Légion d'honneur (France) (2008)
Conjoint
Jacqueline Marenger
Famille
Paul Desmarais fils ;
André Desmarais fils ;
Louise fille ;
Sophie fille

Paul Guy Desmarais (né le 4 janvier 1927 à Sudbury, en Ontario, et mort le 8 octobre 2013[1] en son Domaine Laforest, à Sagard, dans Charlevoix, au Québec[2]) est un homme d'affaires canadien, devenu multi-milliardaire[3], faisant partie des 10 hommes les plus riches du Canada (8e en 2008)[4].

De 1968 à 1996, il est PDG de Power Corporation du Canada (PCC), entreprise canadienne qu'il rend active dans les domaines des médias de masse, des pâtes et papiers, et des services financiers.

À l'étranger, ce Desmarais est également propriétaire de maisons à Palm Beach, en Floride et à New York. Il est le 4e homme le plus riche du Canada en 2007, mais une chute économique brutale en 2008 entraîne une chute de 44 % des actions de Power Corp., en même temps qu'une chute de 41 % des bénéfices (les plus faibles en proportion depuis 2002)[5].

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Paul Desmarais est le fils de Jean-Noël Desmarais, un avocat et homme d'affaires de Sudbury, et de Lébéa Laforest, et le petit-fils du bûcheron et pionnier du Nord de l'Ontario, Noël Desmarais, qui a donné son nom à Noëlville[6]. Marié en 1953 avec Jacqueline Maranger[6], alors infirmière, Desmarais et elle ont ensemble deux fils, Paul jr (1954) et André (1956)[7], qui depuis 1996 occupent d'importantes responsabilités à l'intérieur de PCC, ainsi que deux filles, Louise (1959) et Sophie (1962).

Il possède un grand domaine familial, à Sagard, entre Saint-Siméon et Petit-Saguenay : le domaine Laforest, rendant hommage à la lignée patronymique de sa mère. Ce domaine de plus de 75 km² a une valeur estimée à plus de 50 millions de dollars canadiens. L'architecture de son manoir a été imaginée et supervisée principalement par Sylvain Larouche, chef de son équipe de 18 architectes réputés.

Paul Desmarais ou ses fils font partie de nombreuses associations dénoncées par la gauche, tels le groupe Bilderberg, le North American Competitiveness Council qui définit le Partenariat pour la sécurité et la prospérité, ainsi que le Council on Foreign Relations de la famille Rockefeller.

Il est un adversaire résolu du mouvement souverainiste du Québec[8].

Comme un signe de son lien à l'Université d'Ottawa, un immeuble de 12 étages a été nommé en son honneur en raison de sa contribution de 15 millions de dollars à l'université[9]. La bibliothèque de l'université Laurentienne (dans sa ville natale de Sudbury) porte le nom de son père, Jean-Noël Desmarais.

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

Né d'une famille francophone établie en Ontario (franco-ontarien), il est diplômé de l’Université d'Ottawa et de l’Université McGill. Il commence sa carrière dans le cabinet d’expertise comptable Courtois, Fredette et cie à Montréal. Après cela, il retourne à Sudbury en 1951 lorsqu'il achète l'entreprise de transport par autobus de son père, Sudbury Bus Lines, alors en quasi-faillite et qu'il paie symboliquement $ CA.

Après quelques décennies, son entreprise contrôle une grande partie du marché québécois et ontarien du transport par autobus. Il acquiert par la suite des lignes de bus supplémentaires dans la région d'Ottawa et de Québec.

En 1968, trois ans après son acquisition de la société holding Trans-Canada Corporation Fund (TCCF), Desmarais fait une offre d'échange des actions de celle-ci avec celles de Power Corporation du Canada (PCCP)[10], dont le siège social est à Montréal. Paul Desmarais en devient bientôt (en 1970) l'unique président et chef de la direction, en tant qu'actionnaire majoritaire. Il s'associe aussi à Claude Pratte, beau-fils d'Onésime Gagnon, en 1968 pour former Prades.

« […] Plusieurs des principales entreprises de Power Corporation se heurtent à des difficultés [en 1968], soit à cause de la dégradation de la conjoncture, soit pour avoir commis des erreurs.

La valeur de Consolidated-Bathurst, qui est née en 1966 de la fusion des deux principales participations de Power dans les pâtes et papiers, s’effondre comme celle de tout son secteur au Canada sous l’effet du marasme mondial, des excédents de capacité et de l’escalade des charges. Dominion Glass, un fabricant de contenants en verre, est en perte de vitesse. Canada Steamship Lines, un groupe de transport maritime et de constructions navales, éprouve des conflits syndicaux. Inspiration Limited, la filiale de construction, subit un ralentissement de la demande et essuie des pertes sur deux importants contrats. Enfin, alors même que la Financière Laurentide parvient à surmonter la crise de confiance envers le secteur financier canadien, causée par la faillite d’Atlantic Acceptance au milieu des années 1960, elle doit omettre les dividendes de ses actions privilégiées et ordinaires. La brusque chute du bénéfice de Power n’est alors compensée que par la vente à profit de certains actifs, notamment la participation dans Congoleum-Nairn et les actions de la Banque Royale, de British Newfoundland Corporation et d’International Utilities.

Dans ce contexte particulièrement difficile, Peter Thomson et son conseil d’administration acceptent, au début de 1968, un échange d’actions avec La Corporation de Valeurs Trans-Canada (Trans-Canada), un holding de 75 millions de dollars contrôlé par le financier Paul Desmarais, qui assume aussitôt la direction de Power Corporation. […] En 1968, le portefeuille de Trans-Canada comprend la totalité des actions de Transport Provincial, un important service d’autocars interurbains, une participation majoritaire dans L’Impériale, Compagnie d’Assurance-Vie, de Toronto, une position récemment acquise de 25 % dans le Groupe Investors, une société de fonds communs de placement de Winnipeg (celle-ci détient environ 25 % du capital du Montréal Trust), et un champ de course, une station de radio et des immeubles.

M. Desmarais contrôle aussi Gesca Ltée, détentrice en toute propriété de La Presse, le plus important et prestigieux quotidien montréalais, ainsi que de 62 % des trois quotidiens et 10 hebdomadaires québécois de Les Journaux Trans-Canada. Gesca ne sera cédée à Power Corporation qu’en 1970.
[…]
Conformément à l’entente, Paul Desmarais est nommé président du conseil et chef de la direction de la Société, et Peter Thomson, président délégué du conseil. Comme chacun détient environ 30 % des droits de vote, ils ont ensemble le contrôle de Power Corporation. La convention de vote qu’ils ont passée entre eux restera en vigueur jusqu’à ce que M. Desmarais rachète, en 1970, la plupart des actions privilégiées participantes conférant dix voix que M. Thomson détenait encore. […] »

— Power Corporation du Canada : Soixante-quinze années de croissance 1925-2000, historique, document corporatif de PCC[10]

Power Corporation du Canada[modifier | modifier le code]

Profitant de l'important fonds d'investissement de Power Corp., Desmarais prend le contrôle d'une importante papeterie, Consolidated Bathurst (intégrée depuis dans Stone-Consolidated, ensuite fusionnée pour former Abitibi-Consolidated, aujourd'hui Produits forestiers Résolu).

Par la suite, PCC s'est diversifiée sous la gouverne de Desmarais. Il a acquis le journal La Presse, ce qui lui a permis d'acquérir de l'expérience dans le domaine des médias écrits au Canada. En outre, il détient environ 15 % du Groupe Bruxelles Lambert, une société de holding belge, qui a acquis une participation de 25 % dans le groupe de médias allemand Bertelsmann en 2001, dont les filiales comprennent BMG et Random House (la société allemande Bertelsmann a racheté les 25 % en juillet 2006). Le Groupe Bruxelles Lambert détient 3,7 % du conglomérat pétrolier français Total.

Alors qu'il recherchait des entreprises en Europe pour étendre l'influence de PCC, il a rencontré le financier belge Albert Frère au conseil d'administration de Paribas. Les deux hommes se sont découverts un alter ego appliquant les mêmes techniques financières : OPA amicale d'entreprises saines qui vivent des difficultés financières importantes, mais temporaires.

En 1974, Desmarais engage Paul Martin, Jr. en tant que président d'une filiale de Power Corporation, la Canada Steamship Lines Inc.. En 1981, il vend l'entreprise à Laurence Pathy et Paul Martin, Jr. — ce dernier est devenu le Premier ministre du Canada en décembre 2003.

Paul Desmarais est également l'ancien employeur de Pierre Elliott Trudeau, Jean Chrétien, Brian Mulroney ainsi que de Maurice Strong, le « père des Accords de Kyoto » qui a été mis à la porte pour avoir participé à une fraude de 10 milliards $ USD dans le cadre du programme Pétrole contre nourriture en Irak[11].

Critiques[modifier | modifier le code]

La famille Desmarais bénéficie de liens étroits avec des politiciens du monde entier. Les critiques lui reprochent que les connexions politiques de la famille lui fournissent des avantages injustes en affaires[12].

La relative obscurité de Desmarais à l'extérieur du Canada a été utilisée pour masquer un nombre incalculable de relations politiques de sa famille et son influence dans les affaires[13].

Au fil des ans, les observateurs politiques ont souligné l'énorme influence et l’exceptionnelle puissance de Desmarais dans la politique fédérale canadienne. Desmarais a été dénoncé par des journalistes du Canada pour un accès direct dans tous les bureaux du Premier ministre. Nombre de premiers ministres et d'autres élus canadiens influents sont ou ont été financièrement à la charge de Desmarais, y compris le 20e premier ministre Jean Chrétien, qui a siégé au conseil d'administration de Power Corp[14].

Liens en France[modifier | modifier le code]

Liens d'affaires[modifier | modifier le code]

Paul Desmarais (fils) est membre du conseil d'administration de Total SA, et de Suez, qui s'allient fréquemment pour leurs opérations européennes avec le financier belge Albert Frère. Paul Desmarais (fils) est aussi membre du conseil d'administration et du groupe Lafarge[15].

La famille Desmarais entretient également des relations avec les dynasties industrielles françaises Dassault, Peugeot et Rothschild, entre autres[15].

Nicolas Sarkozy a privatisé les compagnies dans lesquelles Power Corporation a investi. Par l'entremise du groupe Carlyle, plusieurs projets de port méthaniers sont en développement dont les controversés projet Rabaska, au Québec, et celui du Nord Médoc en France[16].

L'évasion de Paribas[modifier | modifier le code]

En 1981, pour contrecarrer la nationalisation de Paribas, voulue par François Mitterrand, fraîchement élu président de la République, Paul Desmarais se lance, en compagnie d'Albert Frère et d'autres hommes d'affaires européens, dans l'opération « Arche de Noé ». Il s'agissait de récupérer les filiales belge (Cobepa) et suisse de Paribas (Paribas Suisse), en lançant une OPE par l'intermédiaire d'une société suisse, Pargesa. L'opération échoue, mais permet à Paul Desmarais de se lier à d'importants financiers et politiciens européens[réf. nécessaire].

Amitié avec Nicolas Sarkozy[modifier | modifier le code]

En 1995, Nicolas Sarkozy se rend à Sagard, chez Desmarais qui le conseille pour élaborer une stratégie d’accès au pouvoir[17],[18],[19],[20].

Selon Le Figaro[21], il serait un proche de l'ancien président de la République Française, Nicolas Sarkozy. Paul Desmarais père participait ainsi à la fête tenue au Fouquet's pour célébrer son élection le 6 mai 2007.

À la mort de Paul Desmarais, Nicolas Sarkozy prononcera un émouvant discours, à la Basilique Notre-Dame de Montréal, pour rendre hommage à Paul Desmarais. Seront alors présentes aux obsèques de nombreuses personnalités publiques, parmi lesquelles Brian Mulroney, Jean Chrétien, Pauline Marois, l'ancien secrétaire d'État américain sous Georges H. W. Bush (père), le pianiste Alain Lefebvre et le chanteur et compositeur Robert Charlebois, qui souligneront l'humanité, la détermination et la philanthropie de Paul Desmarais.

Philanthropie[modifier | modifier le code]

À la tête de Power Corporation, Paul Desmarais est à la source d'une importante collection d'œuvres d'art. Contrairement à la plupart des collections d'entreprises qui visent l'art international, Paul Desmarais voulait se concentrer sur la production nationale et ainsi encourager le milieu des arts local. « C'est ainsi que nous nous efforçons d'encourager la production et le marché artistique de notre pays. »[22] À ce titre, une exposition est organisée au Musée des beaux-arts de Montréal en 1989 consacrée aux œuvres de la collection, notamment les artistes Jean-Paul Riopelle, Cornelius Krieghoff, James Morrice, Paul-Émile Borduas, Stanley Cosgrove, le Groupe des Sept, etc.

Paul Desmarais est également mécène pour le Musée des beaux-arts de Montréal. Il a contribué au financement de l'important pavillon auquel il donne le nom de son père, Jean-Noël Desmarais. Il fait également don de plusieurs œuvres au musée, notamment un tableau d'Alfred Pellan et d'Hubert Robert, une commode en marqueterie de Jean-Pierre Latz et des bronzes de Pierre-Philippe Thomire[23].

L'épouse de Paul Desmarais, Jacqueline Desmarais, est également mécène avec la Fondation Jacqueline Desmarais pour les jeunes chanteurs d'opéra canadiens.

Distinction et décoration[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://twitter.com/CBCMontreal/status/387931857716654080
  2. Notice nécrologique : « Desmarais, Paul Sr », dans La Presse du 10 octobre 2013.
  3. Une fortune évaluée par Forbes à 3,8 milliards $ US (en anglais : 3,8 $-billion), au moment de la retraite du père (à 79 ans), selon :
    (en) Konrad Yakabuski (The Globe and Mail Update), « Power Corp. & the Desmarais Family », Canadian Banks & Insurance Analyst Reports, sur financialsector.blogspot.ca, 26 mai 2006.
  4. (en) Lisa Kassenaar, « Buffett Loses to Desmarais as Power Exceeds Return », Bloomberg,‎ juillet 2009 (consulté le 15 septembre 2010).
  5. (en) Lisa Kassenaar, « Desmarais advances on Buffett zone », The Australian,‎ août 2009 (consulté le 15 septembre 2010).
  6. a et b Jean-Yves Pelletier, « Desmarais, Paul », dans l'Encyclopédie canadienne.
  7. André est marié à France Chrétien, la fille de Jean Chrétien, alors Premier ministre du Canada.
  8. (en) Philip Authier et Peter O’Neil, « Sarkozy’s sovereignty comments spark anger in Quebec », National Post, Toronto,‎ 3 février 2009 (lire en ligne).
  9. (en) « Desmarais Building to mark strong family ties to uOttawa », University of Ottawa,‎ août 2006 (consulté le 15 septembre 2010).
  10. a et b [PDF] Power Corporation du Canada : Soixante-quinze années de croissance 1925-2000, historique, document corporatif de PCC [lire en ligne (page consultée le 27 juin 2011)].
  11. (en) The Monk, « Paul Desmarais and corruption from Canada », The Key Monk,‎ mars 2005 (consulté le 15 septembre 2010).
  12. (en) « The Name Is ‘Power’ and It Fits », The New York Times, 26 janvier 2007.
  13. (en) « Desmarais advances on Buffett zone », The Australian, 3 août 2009.
  14. (en) « Globe and Mail hyperventilating on Harper picture misses the real news », Canada Free Press, 25 juin 2010.
  15. a et b « L'Express International consacre sa Une à Paul Desmarais Jr », sur canoe.com, 29 juin 2007 [lire en ligne (page consultée le 27 juin 2011)].
  16. « Débat Public sur le Projet de Terminal Méthanier du Verdon », SEPANSO,‎ septembre 2008 (consulté le 14 février 2009).
  17. Louis-Bernard Robitaille, « Paul Desmarais reçoit la grand-croix », La Presse, 16 février 2008, page A5.
  18. « Paul Desmarais (PowerCorp, GBL) fait grand' croix de la Légion d'honneur par Nicolas Sarkozy », sur Zonebourse, 18 février 2008.
  19. Yves Chartrand, « L'effet Sagard se fait sentir », Le Journal de Montréal, 10 mai 2008.
  20. « Une légende du monde des affaires parle », Le Point, 26 juin 2008.
  21. « Vacances du président : la piste canadienne » sur le site du Figaro, 2 août 2007.
  22. dans Les maîtres danadiens de la collection Power Corporation du Canada, 1850-1950, catalogue de l'exposition, Musée du séminaire du Québec, 1989, page IX.
  23. Nathalie Bondil, « Les Lumières en héritage de Paul Desmarais à Michal Hornstein », Revue M du Musée des beaux-arts de Montréal,‎ hiver 2014, p. 3 (ISSN 1715-4820).
  24. Nicolas Sarkozy en vacances au Québec, 985fm.ca

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]