Pygmalion et Galatée
Dans la mythologie grecque, la légende de Pygmalion et Galatée (en grec ancien Πυγμαλίων καὶ Γαλατεία / Pugmalíôn kaì Galateía) est associée à l'île de Chypre. Elle est principalement racontée par Ovide dans ses Métamorphoses.
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Mythe [modifier]
Pygmalion est un sculpteur de Chypre. Révolté contre le mariage à cause de la conduite répréhensible des Propétides (femmes de Chypre) dont il était chaque jour témoin, il se voue au célibat. Mais il tombe amoureux d'une statue d'ivoire, ouvrage de son ciseau : il la nomme « Galatée », l'habille et la pare richement.
Lors des fêtes dédiées sur l'île à Aphrodite, il prie la déesse de lui donner une épouse semblable à sa statue. Son vœu est exaucé par cette dernière. Pygmalion épouse Galatée en présence d'Aphrodite et, selon certaines versions, aura d'elle deux enfants : Paphos et Matharmé.
Les Propétides avaient nié la divinité d'Aphrodite ; la déesse les punit en allumant dans leur cœur le feu de l'impudicité. Elles finirent par perdre toute honte, et furent insensiblement changées en ivoire.
Origines [modifier]
La critique tombe généralement d’accord pour voir dans Philostéphanos de Cyrène (vers 222-206 av. J.C.) l’une des sources d’Ovide. Les spécialistes s’appuient pour cela sur un extrait du Protreptique (IV, 57, 3) de Clément d’Alexandrie et sur un texte d'Arnobe tiré de son Adversus nationes libri[1]. Sans rejeter une probable influence de Philostéphanos de Cyrène, Julien d'Huy situe quant à lui la première émergence du récit dans l'actuelle Libye. L'histoire y aurait été empruntée par les Grecs entre le VIIe et le Ier siècle[2].
Évocations artistiques [modifier]
La légende de Pygmalion, racontée par Ovide dans les Métamorphoses, a, par la suite, inspiré de nombreux artistes.
- Littérature
- Le Statuaire et la Statue de Jupiter, fable de Jean de La Fontaine, 1678
- Pigmalion, ou la Statue Animée, roman philosophique d'André-François Boureau-Deslandes, 1741
- Pygmalion, acte de ballet de Jean-Philippe Rameau, 1748
- Pygmalion, scène de Jean-Jacques Rousseau, 1770
- La Vénus d'Ille, nouvelle fantastique de Prosper Mérimée, 1837
- Le Chef-d'œuvre inconnu, Sarrasine nouvelles d'Honoré de Balzac, 1831
- Galathée, opéra-comique en deux actes de Victor Massé, 1852
- Pinocchio, de Carlo Collodi, 1883
- L'Œuvre, d' Émile Zola, 1886
- Pygmalion, pièce de l'irlandais Georges Bernad Shaw, 1914
- El Señor de Pigmalión, pièce de l'espagnol Jacinto Grau, 1921
- Le Deuxième Sexe par Simone de Beauvoir traite l'histoire de Pygmalion dans son analyse des mythes et archétypes, 1949
- Galatée, de James Mac Cain, Presses de la Cité, 1954
- La Cité de l'indicible peur, de Jean Ray, 1965. Évocation de Galatée lorsqu'un personnage est tué par une statue qui aurait pris vie
- L'Homme bicentenaire, nouvelle d'Isaac Asimov, 1976
- Peinture
- Pygmalion voyant sa statue animée, tableau de François Lemoyne, 1729, (Musée des Beaux-Arts de Tours)
- Pygmalion et Galatée, tableau de Girodet, 1819, (Paris, Musée du Louvre)
- Pygmalion et Galatée, tableau de Jean-Léon Gérôme, 1890, (New York, Metropolitan Museum)
- Pygmalion (1939), tableau de Paul Delvaux, (Musées royaux des beaux-arts de Belgique)
- Sculpture
- Galatée, de Robert Le Lorrain, 1701 (Washington, National Gallery of Art, inv. 1952.5.105)
- Pygmalion & Galatée, de Falconet, 1763
- Adaptations
- My Fair Lady, comédie musicale de Alan Jay Lerner d'après George Bernard Shaw
- 1923 : Monsieur de Pygmalion, adaptation de la pièce de J. Grau par Antonin Artaud
- 1964 : My Fair Lady, film musical de George Cukor, scénario de Alan Jay Lerner, d'après sa comédie musicale
- 2012 : F5, court métrage russe de Timofeï Jalnine
Notes et références [modifier]
- Victor Ieronim Stoichiţă (2008). L’Effet Pygmalion: pour une Anthropologie historique des Simulacres. Paris : Droz, 320 p.
- Julien d'Huy (2011). Le mythe ovidien de Pygmalion trouverait l’une de ses origines dans la Berbérie préhistorique Les Cahiers de l'AARS, 15, p. 19-25.
Article connexe [modifier]
- Le pygmalionisme ou « agalmatophilie », attirance pour les statues