Mademoiselle Fifi (nouvelle)

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Mademoiselle Fifi
Publication
Auteur Guy de Maupassant
Langue Français
Parution Drapeau : France
dans Gil Blas
Recueil Mademoiselle Fifi
Nouvelle précédente/suivante
Madame Baptiste Suivant

Mademoiselle Fifi est une nouvelle de Guy de Maupassant, parue en 1882.

Historique[modifier | modifier le code]

Mademoiselle Fifi est publiée pour la première fois dans le Gil Blas du 23 mars 1882, puis reprise dans un recueil homonyme[1].

Dans cette œuvre, Maupassant reprend les thèmes de la guerre et de la prostitution qui ont fait son succès. Il reprend également les thèmes du libertinage, prend parfois des aspects macabres et pose des interrogations sur la mort.

Thèmes[modifier | modifier le code]

Mademoiselle Fifi traite, comme plusieurs histoires de Maupassant rédigées après la guerre de 1870, du contraste entre Français et Allemands. Les officiers allemands dépeints dans le roman sont typiques du ressentiment français d’après 1870 envers les Allemands : ce sont tous des brutes teutonnes blonds ou roux portant des barbes et d’énormes moustaches. Pompeux, ils n’ont aucune culture et obéissent aveuglément à n’importe quel ordre.

Violent, immoral, arrogant, prenant plaisir à détruire sans raison les objets de collection et les œuvres d’art inestimables du château qu’il occupe, Fifi lui-même est un condensé des pires stéréotypes touchant aux Allemands. Par contraste, Rachel, le principal personnage français, représente l’honneur français dans la défaite. Bien qu’elle appartienne, en tant que prostituée, à une basse classe de la société, et en tant que juive à une catégorie à l'époque méprisée (la nouvelle paraît une douzaine d'années seulement avant l'Affaire Dreyfus), elle incarne les Français ordinaires résistant à leur manière à l’oppression de leurs vainqueurs allemands.

L’histoire[modifier | modifier le code]

Des Prussiens ont envahi la France et occupent le château d’Uville.

Le major est le comte de Farlsberg. Il y a le baron de Kelweingstein et trois officiers de moindre grade : un lieutenant, Otto de Grossling ; deux sous-lieutenants, Fritz Scheunaubourg et le marquis Wilhem d’Eyrik, « un tout petit blondin fier et brutal avec les hommes ». Ce dernier est, depuis son entrée en France, surnommé Mademoiselle Fifi par ses camarades en raison de sa taille fine, de sa figure pâle et de l’habitude qu’il avait prise, pour exprimer son souverain mépris des êtres et des choses, d’employer à tout moment la locution française « fi », « fi donc », qu’il prononçait avec un léger sifflement.

Occupant un château en Normandie, ces cinq officiers prussiens désœuvrés font venir des filles de joie. L’un d’eux, le petit blondin (Mademoiselle Fifi), insulte la France et maltraite Rachel. La prostituée patriote lui enfonce un couteau dans la gorge. Elle se sauve et épousera, quelque temps après, un homme bien (un patriote). Maupassant renouvelle ainsi le motif romantique de la prostituée au grand cœur, rédimée par ses bonnes actions. Cette histoire n'est pas sans rappeler celle de Judith qui accepta pour sauver les siens de coucher avec Holopherne et profita de son sommeil pour le décapiter.

Commentaires[modifier | modifier le code]

L'héroïne de Mademoiselle Fifi se prénomme Rachel comme la prostituée qui dans Bel-Ami ne fait pas payer Georges pour ses prestations. Cette nouvelle met en valeur l'héroïsme d'une fille du peuple qui fait preuve de plus de courage face à l'occupant que la majorité des bourgeois qui ne pensent qu'à leurs intérêts matériels. La nouvelle évoque la répression prussienne à travers la prise d'otages et leur exécution et le sadisme du commandant prussien.

Adaptations[modifier | modifier le code]

Au théâtre
Au cinéma
Dans son film, Christian-Jaque a mêlé deux nouvelles Boule de suif et Mademoiselle Fifi, ce qui a entraîné des modifications importantes de l’intrigue originelle. Après avoir cédé au Prussien à Tôtes, Boule de suif et les voyageuses se retrouvent au château d’Uville où elles servent de compagnes aux envahisseurs. Boule de suif poignarde d’Eyrik et se réfugie dans le clocher comme Rachel dans la nouvelle.
À la télévision
Claude Santelli fait incarner Fifi par un acteur brun, Yves Lambrecht, tout comme Christian-Jaque avait confié ce rôle à Louis Salou.
Livre lu
  • Mademoiselle Fifi est également lu par Bernadette Lafont pour les éditions Thélème.

Édition française[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Richard Bolster, « Mademoiselle Fifi: An Unexpected Literary Source » dans Maupassant conteur et romancier, Éd. Christopher Lloyd, Robert Lethbridge, Durham, Univ. of Durham, 1994, p. 29-39
  • (en) Ritt Deitz, « Visuality and Sexual Difference in Maupassant’s Mademoiselle Fifi », Chimères: A Journal of French Literature, Spring 1994, no 21, p. 1-9
  • (en) E. P. Abamine, « German-French Sexual Encounters of the Franco-Prussian War Period in the Fiction of Guy de Maupassant », College Language Association Journal, mars 1989, no 32 (3), p. 323-334
  • (en) Richard Bolster, « The Patriotic Prostitutes of Maupassant: Fact or Fantasy? », French Studies Bulletin, Summer 1994, no 51, p. 16-17
  • Kristiane Zappel, « Vainqueurs et vaincus : la structure argumentative de Mademoiselle Fifi », Orbis Litterarum, 1988, 43 (1), p. 58-68

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir à Maupassant, contes et nouvelles, page 1410, Bibliothèque de la Pléiade

Lien externe[modifier | modifier le code]

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