Cabires

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Les Cabires (en grec ancien Κάβειροι / Kábeiroi, de Kabirim, dieux puissants, ou de Khaberim, dieux associés ; dii patentes, dii socii), sont des divinités mineures, mystérieuses, adorées dans plusieurs endroits de la Grèce, et surtout dans les îles de Samothrace, de Lemnos et d'Imbros. Ces divinités mal connues des Grecs eux-mêmes, survivance d'un passé égéen ayant subi des influences phéniciennes, devinrent protecteurs de la navigation[1].

Elles furent importées en Grèce par les Phéniciens, mais se modifièrent en se confondant avec les divinités du culte pélasgique. Primitivement, les dieux Cabires formaient une tétrade dont les noms étaient : Axiéros, Axiocersos, Axiocersa et Cadmillos ou Casmillos. Plus tard, ils furent adoptés par la mythologie romaine : Vulcain, Mars, Vénus, Amour ou Harmonie ; leurs noms furent traduits en ceux de Cérès, Pluton, Proserpine, ou Mercure. Souvent, on a confondu les Cabires avec les Courètes, les Corybantes, les Dactyles et les Dioscures.

Les Mystères des Cabires[modifier | modifier le code]

On ne peut rien affirmer de certain sur des divinités dont il n'était pas même permis de prononcer le nom, ni sur un culte qui contenait une part occulte, même pour la plupart de ses initiés.

L'initiation était devenue une coutume traditionnelle chez les marins dans l'Antiquité, en Grèce et puis à Rome où Énée, selon la tradition, fit connaître les Cabires à l'Italie, où des fêtes furent instituées en leur honneur. Être initié aux mystères des Cabires, cérémonie que la tradition fait remonter à Orphée, préservait des dangers sur mer[2] ; les Cabires remontent aux mystères orphiques, à l'époque d'Orphée. Le grand prêtre du culte cabirique, appelé Eues, recevait la confession de ceux qui se faisaient initier. La dernière cérémonie de l'initiation, qui ouvrait à l'initié l'accès des mystères, s'appelait thronisme : l'initié, après avoir subi les plus terribles épreuves, était assis sur un trône éclatant de lumière, le front couvert d'un voile, couronné d'un rameau d'olivier et ceint d'une écharpe, tandis que tous les prêtres et les mystes, se tenant par la main, exécutaient autour de lui des danses symboliques.

Autre acception[modifier | modifier le code]

Selon Pierre Dubois, les Cabires sont des nains intermédiaires entre les esprits de la terre et du feu[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Louis Gernet et André Boulanger, Le génie grec dans la religion, Albin Michel, 1970, p. 270-271.
  2. Les Caractères (Théophraste) : Le Lâche (Caractères XXV).
  3. Pierre Dubois (ill. Claudine et Roland Sabatier), La Grande Encyclopédie des lutins [détail des éditions] p.17

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]