Johnny Guitare
Johnny Guitare
| Titre original | Johnny Guitar |
|---|---|
| Réalisation | Nicholas Ray |
| Scénario | Philip Yordan Roy Chanslor (roman) |
| Acteurs principaux | |
| Sociétés de production | Republic Pictures |
| Pays d’origine | |
| Sortie | 1954 |
| Durée | 110 minutes (1 h 50) |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution
Johnny Guitare (Johnny Guitar) est un film américain réalisé par Nicholas Ray, sorti le 27 mai 1954.
En 2008, le film est rentré dans le National Film Registry pour conservation à la Bibliothèque du Congrès aux États-Unis.
Sommaire |
Synopsis [modifier]
Ce film, considéré par beaucoup[Qui ?] comme un des plus beaux du cinéma américain, est un western étonnant dans la mesure où c'est l'un des rares, voire le seul, western féministe. Ce sont deux femmes qui en sont les protagonistes. Emma, riche propriétaire du village, est jalouse de la brune Vienna, tenancière d'un saloon, la belle étrangère et aventurière, fière et indépendante, qui vient de retrouver Johnny Guitar, son amant. Les passions du western - rivalité, haine, sont ici incarnées par ces deux femmes, jusqu'au duel habituel au revolver qu'elles vont se livrer. Le bien l'emportera.
Sterling Hayden incarne l'homme idéal pour femme indépendante : fort et tendre, il ne protège pas sa bien-aimée, la laisse vivre sa vie et courir les risques de son indépendance, mais est, tout simplement, à ses côtés.
Coïncidences surprenantes [modifier]
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Ce western est tourné durant l'activité de la commission McCarthy. Nicholas Ray était soupçonné de sympathie pour les communistes mais Howard Hughes son producteur le protégeait efficacement des enquêtes en cours. Le scénario même du film met en présence deux femmes dont l'une ne rechigne pas à manipuler les lyncheurs pour faire avancer sa propre cause.
D'aucuns voient dans cette histoire, la transposition dans ce qu'il y a de plus américain comme sujet, de la chasse aux sorcières[réf. nécessaire]. Johnny Guitare est aussi une très curieuse parabole sur la situation politique de l’Amérique de l’époque[1]. Si l'on regarde la distribution, Sterling Hayden (Johnny Guitar) est passé devant la commission où il a "craqué" et reconnu des activités que l'on qualifierait aujourd'hui de dérisoires. Ward Bond, le chef des lyncheurs était lui membre de "Motion Picture Alliance for the Preservation of American Ideals", et avait participé activement à la même chasse aux sorcières. Philip Yordan, le scénariste du film, déclara : « Nous avons joué un bon tour à Ward Bond, qui était, comme vous le savez, un des meneurs du parti fasciste à Hollywood. Nous lui avons fait jouer le rôle du chef de milice, un extrémiste fascinant faisant régner la terreur. Et lui croyait que son personnage était un héros, un bonhomme sympathique. Il n’avait rien compris[2] ! » Cela avait surpris beaucoup de gens que Nicholas Ray le fasse tourner compte tenu du peu de valeurs qu'ils partageaient[réf. nécessaire].
Ce film se voudrait le pendant de Sur les quais d'Elia Kazan qui faisait lui l'apologie des dénonciateurs[réf. nécessaire].
Fiche technique [modifier]
- Titre : Johnny Guitare
- Titre original : Johnny Guitar
- Réalisation : Nicholas Ray
- Scénario : Philip Yordan, d'après le roman de Roy Chanslor
- Musique : Victor Young
- Photographie : Harry Stradling Sr.
- Montage : R.L. Van Enger
- Direction artistique : James W. Sullivan
- Costumes : Sheila O'Brien
- Production : Nicholas Ray
- Société de production et de distribution : Republic Pictures
- Pays d'origine : États-Unis
- Langue : anglais
- Format : Couleurs (Trucolor) - Mono
- Genre : Western
- Durée : 110 minutes
- Date de sortie : 27 mai 1954
Distribution [modifier]
- Sterling Hayden (VF : Raymond Loyer) : Johnny Guitare
- Joan Crawford (VF : Lita Recio) : Vienna
- Scott Brady (VF : Jacques Thébault) : Dancing Kid
- Mercedes McCambridge (VF : Claire Guibert) : Emma
- Ward Bond (VF : Pierre Morin) : John McIvers
- John Carradine : Old Tom
- Ernest Borgnine (VF : Jean Violette) : Bart Lonergan
- Rhys Williams (VF : Pierre Leproux) : M. Andrews
- Will Wright (VF : Georges Hubert) : Ned
- Royal Dano (VF : Lucien Bryonne) : Corey
- Frank Ferguson (VF : Claude Péran) : Marshal Williams
- Paul Fix (VF : Robert Le Béal) : Eddie
- Ian MacDonald : Pete
- Ben Cooper (VF : Philippe Mareuil) : Turkey Ralston
Autour du film [modifier]
- Jean-Luc Godard rend hommage au film de Ray au début de Pierrot le fou. Répondant à sa femme qui lui dit que si les enfants ne sont pas couchés, c'est parce qu'il les a autorisés une troisième fois à aller au cinéma, Ferdinand, le personnage joué par Jean-Paul Belmondo réplique : « Pour la troisième fois au cinéma… Évidemment, ils jouent Johnny Guitare en bas, il faut bien qu'ils s'instruisent ! »
- Dans Barocco d'André Téchiné, les personnages de Gérard Depardieu et d'Isabelle Adjani reprennent mot à mot le dialogue entre Sterling Hayden et de Joan Crawford : "Dis-moi un mensonge. Dis-moi que toutes ces années, tu m'as attendu. Dis-le moi. - Toutes ces années, je t'ai attendu - Que si je n'étais pas revenu, tu serais morte - Si tu n'étais pas revenu, je serais morte. - Pas une seconde, tu n'as cessé de m'aimer. - Pas une seconde, je n'ai jamais cessé de t'aimer".
- Dans La Sirène du Mississippi de François Truffaut, les personnages de Catherine Deneuve et Jean-Paul Belmondo vont voir Johnny Guitare au cinéma.
- Au début de Femmes au bord de la crise de nerfs de Pedro Almodóvar on assiste au doublage en espagnol d'une séquence de Johnny Guitare.
- Dans le film Des Rats et des Lapins de Lewis Furey 1999, mari de l'actrice québécoise Carole Laure on peut la voir interpréter la chanson thème du film Johnny Guitar
- Au début de l'Acte 2 du "Song d'une nuit d'été" d'Alboran, le personnage d'Orlando interprète à la guitare les premières mesures de "Johnny Guitar".
Critiques [modifier]
« Johnny Guitare […] a été fait sur mesure pour Joan Crawford, comme L’Ange des Maudits de Fritz Lang pour Marlene Dietrich. Joan Crawford fut l’une des plus belles femmes de Hollywood ; elle est aujourd’hui hors des limites de la beauté. Elle est devenue irréelle, comme le fantôme d’elle-même. Le blanc a envahi ses yeux, les muscles de son visage. Volonté de fer, visage d’acier (sens à peine figuré). Elle est un phénomène. Elle se virilise en vieillissant. Son jeu crispé, tendu, poussé jusqu‘au paroxysme par Nicholas Ray constitue à lui seul un étrange et fascinant spectacle. »
— François Truffaut[3], Arts
James Dean, passant par la région de Salinas en se rendant à sa dernière course, dira : « C’est ici qu’a été tourné Johnny Guitar »[4]. D’après certains de ses biographes, il n’oubliait jamais de citer Johnny Guitar parmi ses films favoris et fut particulièrement heureux de pouvoir tourner La Fureur de vivre sous la direction de Nicholas Ray.
Distinction [modifier]
Notes et références [modifier]
- Regards sur le cinéma américain (1932-1963) - Patrick Brion – Éditions de La Martinière - –(ISBN 2-7324-2771-3)
- « Rencontre avec Philip Yordan » par Bertrand Tavernier – Cahiers du cinéma – février 1962
- François Truffaut, Arts, 23 février 1955
- Yves Salgues, James Dean, ou le Mal de vivre, éd. Stock
Lien externe [modifier]
- (en) Johnny Guitare sur l’Internet Movie Database