Narcolepsie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Narcolepsie
Classification et ressources externes
CIM-10 G47.4
CIM-9 347
OMIM 161400
DiseasesDB 8801
eMedicine neuro/522 
MeSH D009290
Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale

La narcolepsie ou « maladie de Gélineau » est un trouble du sommeil chronique ou dyssomnie rare. Elle est caractérisée par un temps de sommeil excessif : l'individu ressent une extrême fatigue et peut s'endormir involontairement à un moment non adapté, comme au travail, à l'école, ou dans la rue.
Les patients atteints de narcolepsie souffrent habituellement de troubles nocturnes du sommeil et d'un temps de sommeil anormal, ce qui prête à confusion avec l'insomnie.

Lorsqu'un patient atteint de narcolepsie s'endort, il fait généralement l'expérience d'un sommeil paradoxal durant une dizaine de minutes ; alors que la vaste majorité des individus n'atteignent le sommeil paradoxal qu'après 90 minutes.
Un autre problème surgissant chez les patients atteint de narcolepsie est la cataplexie, une faiblesse musculaire soudaine ressentie lors d'une période d'émotions fortes[1]. Ces émotions se manifestent souvent par des faiblesses musculaires allant d'un relâchement des muscles faciaux à peine perceptible à l'abandon de la mâchoire ou de la tête, une faiblesse au niveau des genoux, ou un effondrement total. Habituellement, le langage et la vision sont troublés (double vision, incapacité à se concentrer) mais l'ouïe et la conscience restent normales. Dans de rares cas, le corps entier peut se paralyser et les muscles devenir raides.

La narcolepsie est un trouble d'origine neurobiologique du sommeil. Elle n'est pas causée par des problèmes psychologiques. Une partie des narcolepsies semble liée à des anomalies génétiques affectant les facteurs biologiques spécifiques cérébraux[2]. D'autres causes environnementales et/ou immunitaires (narcolepsie post-vaccinale) sont possibles[3].

Histoire et société[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

La première observation clinique d'un cas de narcolepsie en a été faite en 1877 sous la forme d'un trouble de l'éveil chez une mère et son fils[4]. Le médecin militaire français Jean-Baptiste Gélineau est le premier à en donner une description en 1880 dans la Gazette des Hôpitaux, créant ainsi le terme de « narcolepsie » (de νάρκη, νάρκωσις (narkê, narcosis) : « engourdissement », « somnolence », et de ληψις, ληπτικός (lepsis, lepticos) : « saisir », « prendre subitement »). Il observait, en effet, hors de son temps de travail, les curieux accès d'endormissements de son voisin[5]. L'année suivante, en 1881, le Dr Gélineau publie l'ouvrage suivant : « Gélineau, Jean-Baptiste Edouard. De la narcolepsie, Imprimerie de Surgères, 1881[6] ». C'est dans cet ouvrage que le Dr Gélineau fait pour la première fois une description complète de la maladie, description beaucoup plus complète (79 pages !) que dans le petit article de trois pages publié l'année précédente dans la Gazette des Hôpitaux.

Société[modifier | modifier le code]

Les hypersomnolences et les accès de cataplexie peuvent être très handicapants. Ils peuvent réduire voire empêcher toute activité professionnelle ainsi que de nombreuses autres activités. Les malades sont parfois amenés à un isolement social de plus en plus important. Il n'est pas rare que la narcolepsie entraîne alors une dépression[réf. nécessaire].

Conduite automobile[modifier | modifier le code]

Par ailleurs, ces hypersomnolences et ces accès de cataplexie font que, dans certains pays dont la France, la narcolepsie est inscrite sur la liste des maladies interdisant la conduite automobile. Il faut alors consulter la commission départementale des permis de conduire. En Suisse, en revanche, la conduite peut être autorisée par le médecin traitant si le niveau d'attention obtenu grâce à la médication est jugé satisfaisant. La capacité de gestion anticipée de ces troubles par le patient est également un facteur prépondérant dans la décision médicale d'autorisation à conduire.

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

La prévalence de la narcolepsie est estimée entre 2 et 3 pour 10 000 habitants en France[7]. Cette prévalence varie suivant les pays, sans doute à cause des critères retenus pour définir la maladie. La narcolepsie touche un peu plus d'hommes que de femmes[8].

Il existe deux pics principaux d'apparition de la pathologie, un durant l'adolescence, un vers la quarantaine[9].

Il est ainsi estimé qu'environ 20 % seulement des patients atteint de narcolepsie sont diagnostiqués. Une étude montre que la narcolepsie est dépistée de plus en plus jeune et de plus en plus rapidement[10][réf. insuffisante].

Cette maladie est aussi sous-diagnostiquée et le suivi est insuffisant pour deux raisons essentielles :

  1. manque de formation des médecins sur le sommeil et ses pathologies (entre 2 et 3 heures seulement pour la totalité du cursus de formation universitaire de premier et deuxième cycles d'études médicales, en 2012) ;
  2. nombreux patients présentant des symptômes légers[réf. nécessaire]. Ils ne consultent dès lors pas et leur maladie n'est pas diagnostiquée ;
  3. le diagnostic est parfois difficile. La cataplexie, qui est une perte brusque du tonus musculaire sans altération de la conscience, n'est pas un symptôme présent chez tous les patients atteints de narcolepsie. On retrouve une cataplexie chez 75 à 80 % des patients atteint de narcolepsie.

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Symptômes[modifier | modifier le code]

Elle comprend deux symptômes principaux qui, présents tous les deux, suffisent à eux seuls à diagnostiquer la maladie : l'hypersomnolence et la cataplexie. La présence seule de l'hypersomnolence demande des investigations plus poussées pour permettre le diagnostic définitif. L'hypersomnie est constante, plusieurs autres symptômes ne le sont pas.

Hypersomnolence diurne[modifier | modifier le code]

La caractéristique principale de la narcolepsie est une hypersomnolence diurne, due à des accès irrépressibles de sommeil survenant plusieurs fois par jour et durant de quelques secondes à 30 minutes. La journée des patients atteint de narcolepsie est ponctuée ainsi d'alternances d'états de veille et d'accès de sommeil.

Elles sont présentes parfois plus et parfois dans des situations délicates (file d'attente dans un magasin, voyage en train ou dans un transport en commun, activité au bureau…) voire dangereuses (traversée de la rue, conduite d'une auto ou d'une moto, utilisation d'un outil de bricolage ou professionnel, bain d'un bébé…).

Ces fluctuations continuelles et importantes de la vigilance s'accompagnent de difficultés d'attention et parfois de troubles momentanés de la mémoire. Elles peuvent entraîner des automatismes (phrases absurdes, rangements d'objets dans des endroits insolites, pertes continuelles de clés ou de sacs à main, conduite d'une voiture dans un endroit imprévu, rêves éveillés inopinés et parfois compromettants. Généralement, l'accès de sommeil est réparateur pendant une heure ou deux, puis survient un nouvel accès de sommeil.

Dans certains cas sévères, les accès de sommeil ne sont pas réparateurs et le patient atteint de narcolepsie est alors en permanence enfermé dans cette alternance handicapante, avec des phases de sommeil de durée variable (de quelques minutes à une heure environ) suivies de phases de veille elles-mêmes de quelques minutes à une ou deux heures, la durée cumulée du sommeil nocturne et des hypersomnies pouvant alors parfois atteindre une quinzaine d'heures par jour (dans la majorité des cas de narcolepsie fort heureusement elle ne dépasse pas une dizaine à une douzaine d'heures).

Au cours de l'année, le patient atteint de narcolepsie peut voir apparaître des moments de répit, avec une diminution du symptôme, de sa profondeur ou de sa fréquence. Moments de répit dont la durée en jours est très variable. Très fréquemment, le sommeil nocturne du patient atteint de narcolepsie est lui-même fragmenté avec des éveils fréquents.

Cataplexie[modifier | modifier le code]

La cataplexie est une perte brusque du tonus musculaire sans altération de la conscience et survenant à un moment quelconque de la journée. Elle peut toucher quelques muscles seulement (chute de la tête, impossibilité d'articuler la mâchoire et donc de s'exprimer verbalement, dérobement des genoux, effondrement des épaules) ou être beaucoup plus globale entraînant la chute du malade au sol.

Ces épisodes sont typiquement déclenchés par une émotion : surprise, plaisir, rire ou colère. Le malade ne perd pas connaissance. Il est parfaitement éveillé, et ses perceptions sensorielles sont parfaitement conservées, mais il reste cependant incapable de réagir à toute stimulation. Seuls les muscles automatiques vitaux (notamment cœur, poumons, reins et système digestif) et les yeux restent en activité. Tout le tonus musculaire nécessaire au maintien du corps a momentanément disparu. Le sentiment d'impuissance vécu par le malade en cataplexie est parfois la source d'une panique intérieure qui maintient la cataplexie. Généralement, la cataplexie ne prend fin que lorsque cesse l'émotion qui l'a causée ou qui la maintient. Mais, certaines cataplexies semblent survenir sans la présence d'une émotion. Il ne faut pas confondre la cataplexie (diminution brutale du tonus musculaire) et la catalepsie qui est un état de raideur musculaire.

La comparaison est parfois avancée que la cataplexie est la survenue d'un état quasi-identique à l'état physique de la phase du sommeil paradoxal mais avec un état mental de veille. Lorsque cesse la cataplexie, le malade garde le souvenir de tout événement survenu au cours de son accès puisqu'il était parfaitement conscient. Les cataplexies ne sont pas aussi fréquentes que les hypersomnies. Certains patients atteints de narcolepsie ont une à plusieurs cataplexies par jour, certains une par semaine ou par mois ou par an ou durant toute leur vie. Et certains n'en ont jamais.

Hallucinations[modifier | modifier le code]

Les hallucinations surviennent lors de l'éveil (« hypnopompiques ») ou lors de l'endormissement (« hypnagogiques »). Ces hallucinations peuvent être très effrayantes et les malades développent une véritable peur de se coucher. Elles peuvent être visuelles, auditives ou kinesthésiques (sensations de toucher ou de déplacement).

Les hallucinations du patient atteint de narcolepsie ne se produisent généralement pas en dehors de ces phases d'endormissement ou de réveil et se distinguent clairement des hallucinations dont la cause est psychiatrique. Les hallucinations des patients atteints de narcolepsie ont une fréquence très variable, leur survenue étant généralement assez espacée, à raison de rarement plus d'une par quinzaine ou par mois. Et leur durée se chiffre en général en secondes.

Paralysies du sommeil[modifier | modifier le code]

Elles surviennent lors de l'endormissement ou du réveil du malade : la personne est consciente mentalement mais est dans l'impossibilité d'agir physiquement pendant plusieurs secondes à plusieurs minutes. La situation est identique à une cataplexie mais ici elle commence où termine un sommeil. Les paralysies du sommeil sont de fréquence très variable (parfois absentes) dans la vie du malade, comme les cataplexies. Des paralysies du sommeil peuvent se produire simultanément à des hallucinations hypnagogiques ou hypnopompiques, produisant alors un état d'angoisse profond et extrêmement traumatisant, avec des attaques de panique d'autant plus sévères que tout mouvement est impossible.

C'est souvent à la suite de telles « crises » que des malades pensent avoir été en contact avec des esprits, notamment à cause de l'incapacité à bouger, et parce qu'ils avaient la sensation d'une présence (hallucination). La durée d'une paralysie du sommeil se chiffre généralement en secondes et dépasse rarement deux ou trois minutes.

Histoire de la maladie[modifier | modifier le code]

Comme beaucoup de maladies rares, la maladie est parfois très tardivement diagnostiquée, parfois après plusieurs années d'évolution. De plus, le malade lui-même hésite parfois très longtemps avant de consulter en raison de la nature mentale de ces symptômes, d'où le retard au diagnostic positif.

Un événement stressant peut être retrouvé près de la moitié des cas précédant la première crise[11].

Diagnostic différentiel[modifier | modifier le code]

Examens complémentaires[modifier | modifier le code]

Examen du sommeil dans un laboratoire du sommeil[modifier | modifier le code]

Le tracé EEG enregistré dans la narcolepsie présente des différences notables avec celui enregistré dans le sommeil physiologique.

Article détaillé : Sommeil.

Lorsqu'une personne qui n'a pas de narcolepsie s'endort les ondes électriques du cerveau émises par les neurones du cortex changent de rythme et d'ampleur. Lors d'une nuit de sommeil le cerveau passe plusieurs fois par 4 phases différentes (les trois que nous allons décrire, plus de brefs et multiples moments de « micro-réveil »). Au moment de l'endormissement survient une phase de « sommeil lent léger » (ondes peu amples, de 3 à 7 Hz) accompagnée d'une relaxation musculaire progressive du corps, puis une phase de « sommeil lent profond » (0,5 à 2 Hz, ondes très amples) accompagnée d'une relaxation musculaire importante du corps, ce qui montre la profondeur de l'état de sommeil mental et physique. La personne normale s'endort en moyenne après 15 minutes de repos, durée nommée « latence à l'endormissement ». Environ 90 minutes plus tard, et très rarement avant 45 minutes, les ondes cérébrales entrent alors dans une activité plus rapide, quasi identique au sommeil lent léger (de 3 à 7 Hz), mais avec absence totale de tonus musculaire, une respiration irrégulière, des variations brusques de la pression artérielle, des mouvements rapides des yeux, et souvent une érection des zones érectiles : pénis chez l'homme, clitoris et mamelons chez la femme. Or malgré cette activité physique brusque et intense la personne dort profondément et le réveil est difficile. C'est le professeur Michel Jouvet qui a découvert cet état du sommeil appelé à juste titre « sommeil paradoxal ». C'est lors de cette période que se produisent le plus fréquemment des rêves.

L'ensemble de ces phases successives forme un cycle de sommeil. Il se produit plusieurs cycles de sommeil, de durées identiques mais de profondeurs décroissantes, lors d'une nuit de sommeil. La phase de sommeil paradoxal cependant, s'étend en durée à chaque fin de cycle, pouvant atteindre 15 à 20 minutes en fin de nuit.

Chez les patients atteint de narcolepsie, la polysomnographie et le test itératif de latence à l'endormissement (TILE) montrent une latence moyenne d'endormissement de seulement 3 à 4 minutes (parfois encore moins), nettement inférieure à la latence d'endormissement normale de 15 à 20 minutes. Ils montrent également des passages immédiats en sommeil paradoxal, c’est-à-dire moins de 15 minutes après l'endormissement. Lors du test de polysomnographie et du test itératif de latence à l'endormissement au moins deux endormissements en sommeil paradoxal sont nécessaires pour établir un diagnostic de narcolepsie. Mais certains patients atteints de narcolepsie n'ont qu'un seul endormissement en sommeil paradoxal durant le test, voire aucun. Ce sont alors les autres caractéristiques du sommeil (ou la présence de cataplexies) qui vont permettre d'établir de façon formelle ce diagnostic. Par ailleurs, chez certains patients atteints de narcolepsie la durée cumulée de sommeil paradoxal lors d'un sommeil est beaucoup plus importante que chez la personne normale.

Ponction lombaire[modifier | modifier le code]

Une ponction lombaire n'est pas nécessaire au diagnostic lors des formes typiques. Elle peut trouver un taux faible d'orexine.

Causes[modifier | modifier le code]

Elles sont mal comprises ; probablement multiples, et peut-être synergiques.
Le contrôle neuronal des états du sommeil normal et les relations avec la narcolepsie ne sont que partiellement compris.
Chez l'être humain, le sommeil des patients atteints de narcolepsie est caractérisé par une tendance à s'endormir très abruptement à partir de l'état d'éveil, et ce à de nombreux moments de la journée et de façon irrépressible.

Origines génétiques[modifier | modifier le code]

La narcolepsie est parfois familiale ; cette constatation conduisit à émettre l'hypothèse de désordres génétiques héréditaires.[réf. nécessaire] Par ailleurs, il est devenu courant de dire que la narcolepsie, qui peut rester sous-jacente les premières années, apparaît soudain à un certain âge à l'occasion de contextes environnementaux particulièrement stressants, un événement lié à une forte émotion (dépression, deuil ou au contraire grande joie, naissance d'un enfant) pouvant devenir le déclencheur qui éveille la phase pathologique de la maladie.
En 2008, un gène lié à la narcolepsie[12] a été trouvé, avec l'espoir de nouveaux traitements. La comparaison de l'ADN de sujets normaux et patient atteint de narcolepsie, pour le polymorphisme de 500 000 nucléotides simples (SNP, pour Single Nucleotide Polymorphism, variation de nucléotide entre les membres d'une espèce) a montré un fragment muté du chromosome 22 qui rend son porteur 1,8 fois plus vulnérable à la narcolepsie, via un dysfonctionnement du gène CPT1B perçu comme étant impliqué dans le sommeil. Un modèle canin existe (pour deux formes : sporadique et héréditaire). Il évoque une mutation du récepteur à l'hypocrétine[13].

Liens avec l'immunité, et narcolepsies post-vaccination[modifier | modifier le code]

Grâce au repérage de six cas chez des adolescents de 12 à 16 ans, signalés par des médecins, l'Agence suédoise des produits médicaux a conduit en 2010 une enquête sur l'éventuelle capacité d'un vaccin anti-grippe A/H1N1, (le Pandemrix) à provoquer ou exacerber une narcolepsie[14]. Le rapport direct entre la vaccination au Pandemrix et l'apparition de la narcolepsie chez les individus de moins de 30 ans a été confirmé par l'Agence suédoise le 26 mars 2013[15]. L'Institut finlandais pour la santé (THL) étudie aussi cette possibilité à la suite d'une augmentation de cas de narcolepsies au printemps 2010, également chez les enfants[16]. L'EMEA signale à ce jour[17] vingt-deux cas de narcolepsie avec cataplexie pour l'ensemble de l'Europe, dont six en France.

  • En Europe, une actualisation européenne (juin 2012) des données de pharmacovigilance sur les effets indésirables du Pandemrix (vaccin qui n'est plus commercialisé depuis la fin de la pandémie), a conclu à la confirmation de 450 cas de narcolepsie post-vaccination A (H1N1) pour toute l'Europe[3].
  • En France, une pharmacovigilance renforcée a permis d'identifier 51 cas de narcolepsie (dont 38 associés à des épisodes cataplexiques[3] ; 47 cas pour 4 100 000 personnes vaccinées. Pour le Panenza 3 cas ont été repérés pour 1 600 000 vaccinés et un cas a été cité pour un vaccin grippal A/H1N1 dont le nom de spécialité n’a pas été identifié[3].
    Dans tous ces cas, des tests d'enregistrement du sommeil ont confirmé une narcolepsie dont les premiers symptômes sont apparus entre 2 jours et 15 mois après la vaccination[3].
    Les jeunes y sont plus vulnérables et il semble exister une « légère prédominance masculine » : sur ces 51 patients français victimes de narcolepsie post-vaccination, 22 avaient moins de 16 ans et plus et 28 étaient des adolescents de 8 à 15 ans. Seules huit des victimes (6 adultes et 2 adolescents) présentaient des facteurs de risques identifiés (antécédents médicaux et/ou familiaux de narcolepsie)[3]. Aucun mécanisme de cause à effet n'a été identifié, et des facteurs de risques génétiques et environnementaux ne peuvent à ce jour être exclus)[3].
    L'ANSM a lancé une étude cas-témoin dite étude « NarcoFlu-VF », faite par l'Inserm et associée à l'étude VAESCO (qui a confirmé, un risque de narcolepsie augmenté chez les personnes vaccinées (par rapport aux non vaccinées) en Suède et Finlande, mais non au Danemark, en France, en Italie, en Norvège, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni (selon les données disponibles)[3].

Mécanismes biologiques[modifier | modifier le code]

Les changements dans le système locomoteur et le système proprioceptif impliqueraient l'acétylcholine.

L'orexine (ou hypocrétine) est une protéine du cerveau, découverte en 1998 simultanément par deux équipes, l'une japonaise et l'autre américaine[18]. La présence de cette protéine créée dans l'hypothalamus est fortement diminuée chez un grand nombre de patients atteints de narcolepsie au point de devenir indétectable dans les analyses biologiques du liquide céphalo-rachidien de certains d'entre eux. Ce taux bas est parfois retrouvé dans d'autres maladies comme lors du syndrome de Guillain-Barré. Ce dosage n'est cependant pas utile pour le diagnostic en cas de présentation typique de la maladie[8].

Chez environ 80 % des patients atteints de narcolepsie deux formes d'haplotypes du système HLA. La fréquence de ces formes varie suivant le type ethnique (DR2 - DQw1 chez les Européens) et n'implique nullement une narcolepsie. De même, il existe des patients atteints de narcolepsie non porteurs de ces formes[8]. L'hypothèse forte d'une pathologie auto-immune pour la narcolepsie se pose cependant et c'est le but de certaines recherches actuelles.

La narcolepsie peut être associée avec une amygdale cérébrale endommagée.

Des recherches sont actuellement en cours sur une possible origine de la narcolepsie et des hypersomnies liée à un défaut de production d'histamine[19].

Traitements[modifier | modifier le code]

Médicamenteux[modifier | modifier le code]

Les traitements existants à ce jour visent seulement l'apaisement des symptômes et non la cause.

Contre le symptôme de l'hypersomnolence les traitements actuels sont des molécules éveillantes comme le modafinil ou stimulantes comme le méthylphénidate, ou la méthamphétamine.

Contre le symptôme de la cataplexie, ce sont essentiellement des molécules ayant un rôle inhibiteur de la recapture de la noradrénaline et/ou de la sérotonine et/ou de la dopamine. Donc, des médicaments connus par ailleurs pour leur rôle antidépresseur (clomipramine, imipramine, ou protriptyline, venlafaxine).

D'autres médicaments visant les propriétés du système immunitaire sont à l'étude.

L'oxybate de sodium, qui est le sel sodique[20] de l'acide gamma-hydroxybutyrique (GHB) (Gamma-OH), et qui est commercialisé sous le nom de Xyrem, est disponible y compris en France, exclusivement dans le cadre d'une autorisation temporaire d'utilisation (ATU) et sous surveillance hospitalière. Ce médicament sous sa forme actuelle a reçu son AMM (no 370 235-2) le 13 octobre 2005 avec inscription sur la liste des stupéfiants, et sa commercialisation a débuté en France le 12 octobre 2006 dans un cadre très surveillé et très strict, ne pouvant être initié et suivi que par un neurologue spécialiste exerçant dans un centre des troubles du sommeil, à l'exclusion de tout autre. Son renouvellement tous les 28 jours peut en revanche être assuré par un généraliste pour une durée limitée entre deux consultations du spécialiste du sommeil. Hors du traitement de la narcolepsie et de la cataplexie il ne peut être utilisé en France que comme anesthésiant par les hôpitaux. Cette molécule, dont l'utilisation quotidienne est contraignante (une première prise au coucher au moins trois heures après le dîner, une seconde prise 4 heures plus tard dans la nuit) améliore la qualité du sommeil nocturne, et son spectre d'action se concentre essentiellement dans le traitement de la cataplexie. Mais cette molécule, découverte dans les années 1920 et utilisée dans les années 1960 lors des recherches du Pr Henri Laborit sur le GABA est aussi une drogue à fort pouvoir addictif, appelée la « drogue des violeurs », utilisée par certains délinquants sexuels, car elle entraîne une euphorie de leur victime avec consentement inconscient à l'acte sexuel, suivi de la perte de mémoire des faits récents d'autant plus importante que cette molécule est connue pour entraîner un phénomène d'amnésie antérograde (page 2 du document cité ci-dessous sur le Plan de Gestion des Risques du Xyrem). Seule la dose administrée de la molécule active fait la différence entre ces deux utilisations, thérapeutique ou illégale. Son utilisation, même normale dans le cadre thérapeutique, est donc dangereuse en cas de maîtrise insuffisante par le patient et nécessite une surveillance importante. Le mésusage bien connu de cette molécule est même la première information fournie explicitement au tout début de la notice et du RCP (lien ci-dessous). À noter que le Xyrem est conditionné en liquide avec un excipient lui aussi salé (de l'hydroxyde de sodium) pour un ajustement du pH de la solution mais aussi pour être plus difficilement utilisable de façon délictueuse sur une victime, le sel étant facilement détecté par la langue lorsqu'il est inclus même à faible dose dans une boisson. Mais, même avec cet excipient très salé (la quantité d'hydroxyde de sodium est délibérément importante dans le cas du Xyrem) le risque de mésusage délictueux avec levée des inhibitions sur une victime potentielle n'est pas totalement exclu. Pour cette raison que représente le risque d'abus et d'usage détourné (termes qui sont explicites, voir le contenu des deux documents pdf cités ci-dessous) la mise du Xyrem sur la liste des médicaments faisant l'objet d'un plan de gestion des risques applique directement l'article 6.2.7 de la Recommandation 1777 (2007)[21] de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. Mais c'est aussi pour des raisons liées à un manque de recul encore considérable dans les effets secondaires dont certains sont déjà avérés et importants donc cités dans le RCP (dépressions respiratoires (dont plusieurs cas mettant en jeu le pronostic vital ayant nécessité intubations et ventilations artificielles !), bradycardies (dont un cas a nécessité l'injection intraveineuse d'atropine), effets neuropsychiatriques très variés, potentialisation importante des effets dépresseurs centraux en association avec l'alcool, retentissement majeur sur la conduite de véhicules et sur la vigilance diurne essentiellement le matin (réveils parfois très difficiles et très longs), risques de surdosage dont un cas rapporté de coma profond !) que le Xyrem est entré le 31 mars 2008 dans la liste des médicaments faisant l'objet d'un Plan de Gestion des Risques par l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM)[22], et en fait toujours partie aujourd'hui en juin 2013[23]. Le RCP (résumé des caractéristiques du produit) du Xyrem, dont la version en vigueur est en permanence disponible en ligne sur le site web de l'ANSM[22], fournit aussi de nombreuses indications très détaillées sur les études préalables qui ont été faites avant autorisation de mise sur le marché (AMM), les panels de tests, les caractéristiques thérapeutiques, les propriétés pharmacodynamiques et pharmacocinétiques et les nombreux risques déjà identifiés ou restant à qualifier et quantifier encore à ce jour.

Non médicamenteux[modifier | modifier le code]

Aucun des traitements de la narcolepsie n'a d'action sur les causes de la maladie. Tous ces traitements actuellement connus ont seulement pour rôle de soulager les symptômes de cette maladie extrêmement complexe. Dans de nombreux cas, des siestes organisées peuvent réduire la nécessité du traitement ou améliorer son efficacité. Dans tous les cas, la pratique des siestes qui ne doivent pas dépasser 20 minutes ou des « Citation|sommeils flash » est recommandée. Leur pratique n'est pas immédiate et demande un certain entraînement et une certaine persévérance pour devenir efficace. Mais pour certains malades, la pratique de ces siestes est insuffisante et la maladie reste lourdement handicapante.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Narcolepsy », sur Adam.about.com (consulté le 29 mai 2011).
  2. (en) Harvey Simon, Associate Prof of Medicine, Harvard University & David Zieve, Medical Director of A.D.A.M, Inc., « Narcolepsy-Causes », University of Maryland Medical Center
  3. a, b, c, d, e, f, g et h ANSM, Vaccins pandémiques grippe A (H1N1) et narcolepsie : Résultats de l’étude européenne et de l’étude cas-témoins française ; 20 septembre 2012, consulté le 20 octobre 2012.
  4. (de) C Westphal « Eigentümliche mit Einschlafen verbundene Anfälle » Arch Psychiatr Nervenkr. 1877;7;631–635.
  5. Jean-Baptiste Gélineau « De la narcolepsie » Gazette des Hôpitaux 1880;53;626–628.
  6. Gélineau, Jean-Baptiste Edouard. De la narcolepsie, Imprimerie de Surgères, 1881. L'ouvrage complet (les 79 pages scannées) est gratuitement consultable en ligne sur le site web de la BIU Santé mais aussi entièrement téléchargeable (tout aussi gratuitement) au format PDF depuis la même page web.
  7. Orphanet.
  8. a, b et c (en) Yves Dauvilliers Isabelle Arnulf, Emmanuel Mignot « Narcolepsy with cataplexy », Lancet 2007 ; 369:499-511.
  9. (en) Y. Dauvilliers, J. Montplaisir, N. Molinari, B. Carlander, B. Ondze, A. Besset, M. Billiard, « Age at onset of narcolepsy in two large populations of patients in France and Quebec ».
  10. Étude (Harmony) menée par l'université de Montpellier, (référence incomplète).
  11. (en) C Orellana, E Villemin, M Tafti, B Carlander, A Besset, M Billiard, Sleep 17, Life events in the year preceding the onset of narcolepsy,‎ 1994, S50–S53.
  12. Découverte du Pr Katsushi Tokunaga (université de Tokyo) et de son équipe, publiée dans la Revue Nature Genetics du 28 septembre 2008 : (en) Taku Miyagawa, Minae Kawashima, Nao Nishida, Jun Ohashi, Ryosuke Kimura, Akihiro Fujimoto, Mihoko Shimada, Shinichi Morishita, Takashi Shigeta, Ling Lin, Seung-Chul Hong, Juliette Faraco, Yoon-Kyung Shin, Jong-Hyun Jeong, Yuji Okazaki, Shoji Tsuji, Makoto Honda, Yutaka Honda, Emmanuel Mignot, Katsushi Tokunaga, « Variant between CPT1B and CHKB associated with susceptibility to narcolepsy », Nature Genetics, vol. 40, no 11,‎ 2008, p. 1324-1328 (ISSN 1061-4036, PMID 18820697, DOI 10.1038/ng.231, lire en ligne).
  13. (en) L Lin, J Faraco & R Li et al. « The sleep disorder canine narcolepsy is caused by a mutation in the hypocretin (orexin) receptor 2 gene », Cell 1999;98;365–376.
  14. « Bulletin AFP »,‎ août 2010 (consulté le 19 août 2010).
  15. (se) http://www.lakemedelsverket.se/Alla-nyheter/Nyheter-2013/Registerstudie-bekraftar-okad-risk-for-narkolepsi-efter-vaccination-med-Pandemrix-hos-barn-och-ungdomar-och-visar-aven-en-riskokning-hos-unga-vuxna/
  16. Agence finlandaise pour la santé STT, relayée par l'AFP.
  17. Communiqué de presse de l'AFSSAPS en date du 26 août 2010.
  18. (en) L. de Lecea, TS Kilduff & C Peyron et al. « The hypocretins: hypothalamus-specific peptides with neuroexcitatory activity », Proc Natl Acad Sci USA 1998;95;322–327.
  19. « Histamine (Unité U628 de l'INSERM) ».
  20. Le sel sodique d'un acide est une formule chimique de cet acide dans laquelle on a remplacé un atome H par un atome Na).
  21. http://assembly.coe.int/ASP/XRef/X2H-DW-XSL.asp?fileid=17498&lang=FR
  22. a et b http://ansm.sante.fr/var/ansm_site/storage/original/application/168862dc45ad5b29721afa2403bf52b0.pdf
  23. http://ansm.sante.fr/Activites/Surveillance-des-medicaments/Medicaments-faisant-l-objet-d-un-plan-de-gestion-des-risques/%28offset%29/2

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]