Muay-thaï

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Muay-thaï (มวยไทย)
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Combattants exécutant le wai-khru (ou ram-muay) avant un combat amateur qui est un rituel pour s'approprier la protection des esprits et qui sert aussi d'échauffement pour tout le corps
Combattants exécutant le wai-khru (ou ram-muay) avant un combat amateur qui est un rituel pour s'approprier la protection des esprits et qui sert aussi d'échauffement pour tout le corps

Autres noms Boxe thaïlandaise (en abréviation : « boxe thaï »)
Domaine Art martial
Pays d’origine Drapeau de la Thaïlande Thaïlande
Dérive de Kbach Kun Boran Khmer, Krabi krabong, Muay-boran
A donné boxes traditionnelles ayant des origines communes avec le muay-thaï : boxe birmane, boxe laotienne, boxe vietnamienne
Pratiquants renommés Nai Khanom Tom (Thaï), Apidej Sit Hrun(Thaï), Ramon Dekkers(NL)
Sport olympique Non
Fédération mondiale IFMA (amateurs) [1]
WMC (pros) [2]
WKA.jpg (pros et amateurs)[3]
ISKA.jpg (pros et amateurs) [4]
Wako.jpg (pros et amateurs) [5]
LogoWKF-Kickboxing.jpg (pros et amateurs) [6]

La boxe thaïlandaise, ou muay-thaï (thaï : มวยไทย, « boxe du peuple Tai »), parfois appelée boxe thaï, est un sport de combat en usage dans les armées de l'empire khmer depuis le début de notre ère. Il fut adopté par les militaires thaïlandais au XVe siècle à la suite de la victoire du royaume Siam d'Ayutthaya sur les khmers d'Angkor. Il est classé en Occident parmi les boxes pieds-poings (BPP), c’est-à-dire les boxes dites « sportives ».

La boxe thaïe trouve son origine dans des pratiques martiales ancestrales, notamment dans ce qu’on appelle en Occident le muay boran (boxe traditionnelle) et du krabi krabong (pratique avec les armes). La boxe thaïlandaise de haut niveau, c’est-à-dire de compétition, nécessite :

  • de bonnes capacités cérébrales, (vision de jeu, prise de décision adéquate et rapide, intelligence de jeu…), et des capacités mentales indispensables, comme la détermination, la volonté et le courage ;
  • de fortes habiletés techniques avec comme support des aptitudes physiques telles que la souplesse musculaire, la vitesse et la capacité de réaction à un signal (réflexes) ; et de surcroit, pour le combat au K.O-system, la puissance musculaire.

La boxe thaïlandaise est un sport très populaire de par son efficacité. Néanmoins son image de pratique pour tous, véhiculée comme comportant des risques physiques par l’utilisation des armes dures comme les genoux et les coudes, semble faire obstacle à son développement ; cela contrairement à d’autres boxes pieds-poings considérées comme moins contraignantes.

Parmi les autres boxes du Sud-Est asiatique (boxe birmane, boxe khmère, boxe laotienne, boxe vietnamienne), elle est la plus populaire des cinq disciplines. Elle doit sa popularité au fait qu’elle est un sport national et professionnel. Ce sport permet à de nombreux pratiquants, athlètes (même très jeunes), entraîneurs, managers et promoteurs, d'en vivre. Elle est surtout un marché lucratif en Thaïlande générant autour d’elle une économie non négligeable. Comme ses cousines elle a la réputation d’être une pratique violente mais au contraire les pratiquants estiment que toute technique peut faire l’objet de contrôle. On lui reproche surtout de répandre l'idée que tous les coups sont permis. Roger Paschy, un des pionniers de ce sport en France en parle ainsi : « La boxe thaïe (Muay Thaï) ne peut être un sport que les gens qualifient à tort et à travers de sport de voyou. Il nécessite beaucoup de volonté et d'assiduité. Mais, comme dans toute activité sportive, le professeur a un rôle fondamental dans la formation de l'élève. L'état d'esprit de l'enseignant aura une influence considérable sur le disciple. ».

Présentation[modifier | modifier le code]

Le muay-thaï est la forme moderne (codifiée au début du XXe siècle) du muay-boran lui-même issu du Pradal Serey (ancienne boxe libre khmère codifiée à la même époque appelée depuis le Kun Khmer), ainsi que de certaines pratiques martiales traditionnelles (dont quelques-unes sont inspirées du comportement animal). Parmi les styles les plus connus, on trouve :

  • le muay-chaiya ou « muay-giow » (style du Sud), ce style du XIXe siècle met l’accent sur la vivacité d’esprit afin de trouver des stratégies efficaces. La posture est anguleuse, la défense est privilégiée et les techniques de coude et genou sont particulièrement marquées. On utilise des techniques issues des animaux (notamment le tigre).
  • le « muay-korat » (Est et Nord-Est), privilégie un travail en force, telles les techniques de buffle.
  • le « muay-lopburi » (région centrale), l’accent est mis sur une gestuelle intelligente (travail sur les variations de trajectoire et les feintes d’arme).
  • le « muay-thasao » (Nord), les techniques consistent à prendre de vitesse l’opposant
et les styles thématiques tel les techniques du singe blanc (dit d’Hanuman).

Une formule résume les principaux styles du muay-boran : « Le poing puissant du Korat, l’esprit du Lopburi, la posture du Chaiya et la vitesse du Thasao. » (thaï : หมัดหนักโคราช ฉลาดลพบุรี ท่าดีไชยา เร็วกว่าท่าเสา). Ces pratiques non compétitives de l'art de combat thaïlandais sont regroupées (en Thaïlande) dans le vocable « mae-mai muay-thaï ».

La pratique de la boxe thaïlandaise est considérée comme sport national en Thaïlande. De nombreux petits clubs d'entraînement (appelés « camps ») parsèment le pays et accueillent les jeunes à partir de sept ans. Les combats importants sont régulièrement retransmis tous les samedis et dimanches par les chaînes de télévision régionales et nationales.

Entrée du Rajadamnoen.

Les deux stades de muay-thaï les plus connus se trouvent à Bangkok : ce sont le stade de boxe du Lumpinee et celui du Rajadamnoen. Connus dans le monde entier, ils sont considérés comme la référence sportive en muay-thaï. Le stade du Lumpinee est situé sur Rama IV Road, près du Lumpinee-park et géré par le gouvernement, tandis que le stade du Rajadamnoen, plus prestigieux et ancien, se trouve sur Rajadamnoen Nok Road, en face du quartier général de l'armée royale thaïlandaise, qui le gère.

Chez les professionnels, le combat se déroule en cinq rounds de trois minutes. Il est précédé par une « danse » rituelle : le ram-muay durant laquelle le nak-muay (boxeur) porte le mongkon (bande de tissu autour de la tête pour marquer la tradition du peuple Tai et entre autres, manifester le respect à son entraîneur et pour optimiser sa perception mentale). Cette danse est composée de gestes codifiés exécutés par les deux adversaires individuellement et qui peuvent être propres à chaque école ou style de muay-thaï.

Un petit orchestre composé d'un tambour, d'une cymbale et d'un hautbois nasillard (pi), rythme les différentes manches du combat (rounds).

Les coups autorisés sont les suivants : coups de poing, de coude, de genou et de pied. Les corps-à-corps peuvent être assez longs, et sont souvent l'occasion de coups de genou et peuvent se terminer par une projection voire être interrompus par l'arbitre. Le coup de pied circulaire à différentes hauteurs (tête, tronc et cuisses) est souvent délivré avec le tibia. Le coup de pied circulaire semble le plus usité et est souvent considéré comme le « coup de base » du combattant de compétition.

Les télévisions du monde entier retransmettent les grands combats de muay-thaï en Thaïlande et au Japon particulièrement le spectaculaire tournoi du K-1 (kick-boxing japonais) avec ses 20 000 spectateurs et ses bourses de plus de 200 000 $. Cette forme tenant en grande partie du muay-thaï et du karaté japonais (style kyokushinkai) a été influencée également par de nombreuses pratiques du Sud-Est asiatique, notamment par la boxe birmane (lethwei) et la boxe khmère (kun-khmer).

Historique[modifier | modifier le code]

La genèse, l'histoire ancienne et l'image du muay-thaï sont présentées d'une manière standardisée dans une abondante littérature en Thaïlande. Les données historiques les plus anciennes, qui attesteraient de pratiques de boxe avant le XIXe siècle, sont inspirées principalement par les chroniques royales, plusieurs fois réécrites (notamment sous Rama Ier), après les destructions du XVIIIe siècle (chute d'Ayutthaya en 1767). S'il est donc difficile de confirmer l'historicité des légendes et de la genèse du muay-thai[1] du point de vue thailandais; il est aujourd'hui connu et admis que les thailandais héritèrent des arts martiaux khmers ( Kbach Kun Boran Khmer ), à la suite de la victoire d'Ayutthaya sur le royaume khmer d'Angkor ( en 1431 ) dont il était jusqu'alors le vassal. Il ne faut donc pas ignorer la forte teneur idéologique, notamment nationaliste, qui préside en Thaïlande à la présentation des origines du muay-thaï (et du muay-boran), son histoire ancienne, et son image contemporaine[2].

Selon la tradition, en 1411, à la mort du roi Sen Muang Ma, ses deux fils, Ki et Fang, voulurent s'emparer du pouvoir. Comme leurs armées respectives n'arrivaient pas à se départager sur un champ de bataille, ils décidèrent de régler leur conflit par un duel. Chaque camp choisit son meilleur boxeur. L'homme de Fang fut battu et Ki monta sur le trône. La technique de combat de son guerrier (« boxeur ») fit école.

Au XVIe siècle, le muay-thaï faisait partie de l'entraînement militaire. Le roi Naresuan le grand (r. 1590-1605) aurait encouragé sa pratique à ce titre[3]. Il atteignit sa plus grande popularité au début du XVIIIe siècle, sous le règne de Pra Chao Sua, "le Roi Tigre". C'était le passe-temps favori de la population ; chaque village organisait des combats régulièrement. Le roi, qui était un boxeur de première force s'amusait à défier les champions locaux ! À l'époque les combattants protégeaient leurs poings en se bandant les mains avec du crin de cheval. Plus tard, le crin fut remplacé par des bandes de coton maintenues avec de la glu. On se servait de coquillages ou d'écorces d'arbres, comme coquille ! Parfois, avec l'accord des deux boxeurs, des morceaux de verre pouvaient être amalgamés dans la glu des bandages. À cette époque, les combats se déroulaient sans catégories de poids ni de limite de temps (combat dit « au finish »).

Selon une légende, Naï Khanom Tom, soldat et boxeur capturé par les birmans en 1767, fut opposé à dix champions birmans qu'il mit K.O.. Il est devenu un héros national, auquel les Thaïlandais rendent hommage chaque année à l'occasion de la « Nuit des boxeurs ».

Le ram-muay ou hommage royal

Considérée comme dangereuse, voire mortelle, la boxe thaïlandaise fut interdite en 1921. Puis, vers 1930, elle réapparut en adoptant les règles de compétition et les techniques de poings de la boxe anglaise (gants de boxe, ring, reprises, interdiction des coups de tête, etc.).

Sport national et véritable industrie, le muay-thaï fait vivre environ 200 000 personnes, boxeurs, entraîneurs, commerçants, etc. Cette gigantesque affaire commerciale est gérée par deux organisations composées de promoteurs, qui organisent des combats tous les jours. Le nombre de pratiquants est évalué à 100 000 et chaque semaine des centaines de combats ont lieu à travers le pays.

Internationalisation[modifier | modifier le code]

Le développement du tourisme en Thaïlande a fait découvrir le muay-thaï aux autres nations. Il s'est d'abord répandu aux Pays-Bas puis est venu très vite concurrencer en France le full-contact (boxe américaine) et le kick-boxing américain (low-kick), cela dans sa version « garantie d'origine » et dans sa version japonaise, le kick-boxing japonais (ou K-1).

En 1966, l'adepte du karaté kyokushinkai Kenji Kurosaki défia un boxeur thaïlandais et fut battu par K.O. au premier round. Après ce combat il séjourna en Thaïlande plusieurs mois, pour étudier le muay-thaï, qu'il introduisit ensuite au Japon sous le nom de kick-boxing. En 1975, le Français Patrick Brizon s'entraîne au Merijo-gym de Tokyo, club de Kenji Kurosaki, où il combat les meilleurs japonais. Il ouvre ensuite le premier club de kick boxing à Clermont-Ferrand.

En 1980, Pud Pad Noy Worawut, reconnu comme l'un des dix meilleurs boxeurs thaïlandais de tous les temps, s'installe en France. Il y enseigne un muay-thaï authentique.

Les champions[modifier | modifier le code]

Abréviations : BA = Boxe anglaise, FC = Full-contact (Boxe américaine), KB = Kick-boxing, BT = Boxe thaïe, SBF = Savate Boxe Française, BB = Boxe birmane, BC = Boxe chinoise/Sanda, BK = Boxe khmère (Cambodge), BL = Boxe laotienne, BV = Boxe vietnamienne, KA = Karaté.

Combattants mythiques des années 1970-1980[modifier | modifier le code]

  • Apidej Sit Hrun – Thaïlande : reconnu comme l'un des vingt meilleurs boxeurs de tous les temps (102 combats et 95 victoires).
  • Pud Pad Noy Worawut – Thaïlande : reconnu comme l'un des dix meilleurs boxeurs thaïs de tous les temps.
  • Hippie Singhamanee – Thaïlande.
  • Patrick Brizon – France : pionnier du Kick-boxing en France – 1er champion d’Europe français.
  • Yamoun Saydali, reconnu comme le plus grand boxeur de tous les temps (177 combats et 162 victoires).

Grandes figures internationales des années 1980-1990[modifier | modifier le code]

  • Fred Royers – Pays-Bas (KA, FC, KB, BT, SBF) – légende des boxes pieds-poings des années 1980.
  • Rob Kaman – Pays-Bas (également grand champion de kickboxing et autres boxes pieds-poings).
  • Ernesto Hoost – Pays-Bas (également grand champion de kickboxing et autres boxes pieds-poings).
  • Samarth Payakaroon – Thaïlande : reconnu comme le plus grand technicien de tous les temps.
  • Krongsak Prakong-Boranrat – Thaïlande – légende en Occident.
  • Ramon Dekkers – Pays-Bas : champion du Monde de muay-thaï (premier combattant étranger à être nommé aux « boxe thaï awards » en Thaïlande).
  • Murat Comert – Turquie (KB, BT) – grand champion de muay-thaï des années 1980.
  • Peter Aerts – Pays-Bas : champion du Monde de muaythaï. Grand champion du K-1 Grand Prix.
  • Yussop Sor Tanikuhl – Thaïlande.

Grandes figures internationales des années 1990-2000[modifier | modifier le code]

  • Dany Bill – France : un des meilleurs farang (étranger) qui ait combattu en Thaïlande. Sept fois champion du monde de 1993 à 1999.
  • Ernesto Hoost – Pays-Bas : surnommé "the Dancer", vainqueur du K-1 grand prix 1997, 1999, 2000 et 2002.
  • Dida Diafat – France : grand champion. onze fois champions du monde de 1991 a 1998 et acteur de cinéma.
  • Guillaume Kerner – France : champion du Monde.
  • Fabrice Payen – France : champion d'Europe et du Monde – Premier occidental classé au Rajadamnoern video fabrice payen muay boran.
  • Aurélien Duarte - France : champion du monde en 1996 et 2000. L'un des combattants français les plus complets, il a aussi été champion du monde de kick boxing en 1997, 1999, 2004 et 2006, ainsi que champion du monde de shidokan karaté en 1998.
  • Namsaknoï-qui a créé la solide réputation du camp por pramuk grâce à ses 280 victoires appelé plus couramment l'empereur du muay thai.(karaté bushido nov 2010)
  • Buakaw Benchamek – Thaïlande : est l'un des meilleurs boxeurs thaïs du début du XXIe siècle - Vedette du K-1.
  • Anuwat Kaewsamrit – Thaïlande : meilleur combattant 2003 et 2005, a reçu la coupe du roi en 2005 – cinq fois champion du Rajadamnoen-Stadium - Champion du monde WBC, WPMF, WMC - Champion de l’Omnoi-Stadium - Champion Isuzu.
  • Kaoklai Kaennorsing – Thaïlande : vainqueur du K-1 World Grand Prix 2004 à Séoul, il est le combattant le plus jeune et le plus léger à avoir remporté le K-1 Super Heavyweight tournament.
  • Ramon Dekkers – Pays-Bas : surnommé « The Diamant », huit fois champion du monde avec 210 combats à son actif, 185 victoires dont 98 par KO.

Les champions français[modifier | modifier le code]

Années 1980, 1990 et 2000[modifier | modifier le code]

  • Jo Prestia – France : plusieurs fois champion d'Europe et du Monde ; l'un des premiers Français avec Sam Berrandou à défier les Thaïs à Hong Kong 1982.
  • Dida Diafat - France : onze fois champions du monde
  • Sam Berrandou – France : champion de France et d'Europe, Arbitre international, personnage incontournable du Muaythaï Français.
  • Samir Gharbi - France : Champion de France Elite à 18 ans, champion d'Europe et de France, vice-champion d'Europe, vice champion du monde (47 combats - 39 victoires). Reconnu pour son punch dévastateur.
  • Dany Bill – France : l'un des plus grands techniciens de sa génération. Sept fois champion du monde de 1993 à 1999.
  • Aurélien Duarte - France : champion du monde en 1996 et 2000. L'un des combattants français les plus complets, il a aussi été champion du monde de kick boxing en 1997, 1999, 2004 et 2006, ainsi que champion du monde de shidokan karaté en 1998, et plusieurs fois champion de France et d'Europe dans ces disciplines.
  • Fabrice Allouche : champion d'Europe et champion d'Amérique du Nord en muay-thaï poids plumes (-57,5 kg / -126 lb). Également champion du Monde WKA de kick-boxing poids super-coqs (-55,5 kg / -122 lb).
  • Jérome Le Banner : champion du Monde poids lourd (en wait-time), combattant du K-1.
  • Jean-Charles Skarbowsky : champion d'Europe 1995 à 1997 et classé no 1 au Rajadamnoern-stadium de Bangkok durant quatre années consécutives (de 2003 à 2006), deux fois vainqueur de la Coupe du Roi à Bangkok.
  • Farid Villaume : quatre fois champion d'Europe, champion du Monde 2000 à 2005, champion du A1.
  • Guillaume Kerner : cinq fois champion de France de 1985 à 1990, deux fois champion d'Europe et champion du monde le jour de l'anniversaire du roi à Bangkok en 1995.
  • Stéphane Nikiema : Trois fois Champion de France, Trois fois Champion d'Europe, et trois fois Champion du Monde (Thaïlande) ainsi que la Ceinture "Finalist" du Lumpinee Stadium et de nombreux gala.
  • Abdoulaye Fadiga : champion du monde en 2007
  • Damien Alamos - Champion du Lumpinee

Les règles[modifier | modifier le code]

L'organisation sportive de la boxe thaïlandaise se subdivise en de nombreux sigles et fédérations, si bien que le règlement peut revêtir des formulations diverses. Les règles reproduites ici sont extraites de celles appliquées dans les stades thaïlandais.

Ring[modifier | modifier le code]

Le ring, qui mesure entre cinq et sept mètres de côté, doit être entouré de trois rangés de cordes minimum. Le plancher sera doublé d'un matériau moelleux et élastique, de quatre centimètres d'épaisseur, et recouvert de toile.

Tenue vestimentaire des combattants[modifier | modifier le code]

Le short de Muay Thaï, avec l'inscription thaïlandaise signifiant « Muay Thaï »

Les boxeurs (nak-muays) se présenteront dans une tenue appropriée au combat, se composant d'un short et d'un suspensoir pour la coquille. Ils doivent combattre torse nu et pieds nus, mais sont autorisés à porter des chevillières. Ils peuvent nouer un ruban appelé « prajeet » autour d'un ou des deux bras. La coiffure sacrée appelée « mongkon » est permise durant les phases préliminaires et rituelles mais doit être retirée avant le début du combat.

Bandages et gants[modifier | modifier le code]

Les jointures seront protégées par une bande élastique de trois mètres, fixée avec du ruban adhésif. Les gants peuvent aller de la taille 6 à la taille 16 onces.

Poids[modifier | modifier le code]

Un médecin exécutera un contrôle physique général qui permettra au boxeur (ou a la boxeuse) de faire ses combats ou assauts (version light-contact).
Les opérations de pesée s'effectuent en présence de l'adversaire et de ses assistants, et se déroulent au moins quatre heures avant la rencontre.

Jeunes combattants

Rounds[modifier | modifier le code]

Les matchs officiels comptent cinq reprises de trois minutes avec deux minutes de repos entre chaque round en Thaïlande (voire quelquefois 1 minute 30 de repos en Europe). Mais en France cela dépend de la « classe » dans laquelle le pratiquant nak-muay évolue. Les « classes » vont de « D » à classe « A » pour les seniors (vingt ans et plus).

Assistants[modifier | modifier le code]

Chaque combattant peut être accompagné de deux assistants voire trois suivant la classe (entraîneur et soigneur).

Score[modifier | modifier le code]

Les points sont attribués selon des critères d’évaluation suivants :

  • Technique, précision, puissance et dommage engendré par chaque coup (de poing, de pied, de coude et de genou) ;
  • Habileté défensive ;
  • Combativité et habileté à l'attaque ;

La notation du juge (porte sur la différence entre les deux combattants – code de la boxe anglaise professionnelle)

  • Égalité : 10 points par round à chacun des deux protagonistes,
  • Léger avantage : 10 points à 9,
  • Avantage net : 10 points à 8,
  • Avantage écrasant : 10 points à 7.

Quand les boxeurs obtiennent le même nombre de points, la victoire revient à celui jugé le plus combatif. - Pénalité : L'arbitre est autorisé à retirer un point chaque fois que le combattant commet une faute grave ou faute mineure mais répétée.

Arbitres et Juges[modifier | modifier le code]

La décision finale est du ressort d'un arbitre et de deux juges, qui remplissent leurs bulletins (cartons de jugement) respectifs à la fin de chaque reprise. La décision est donnée après le dernier round au regard des cartons de juge.

Irrégularités[modifier | modifier le code]

  • Frapper l'adversaire quand il est à terre, lorsqu'il est en train de se relever ou bien après la fin du round.
  • Tirer les cheveux.
  • Mordre ou cracher.
  • Frapper l'œil avec le pouce.
  • Prendre appui sur les cordes.
  • Combattre en se tenant à une corde.
  • Éviter malicieusement les attaques de l'adversaire, en feignant par exemple de tomber, de glisser sous les cordes ou de se cacher derrière l'arbitre.
  • Frapper intentionnellement les organes génitaux.
  • Commettre n'importe quelle action incorrecte susceptible de blesser l'adversaire.

Rappel : un combattant qui commet une faute sans toutefois causer un handicap ou infliger une blessure à l'adversaire recevra un avertissement oral et sera pénalisé d’un point. Le combattant qui commet volontairement une irrégularité désavantageant ou blessant l'adversaire peut perdre le match pour faute ou être disqualifié par l'arbitre, sans préavis s'il réitère son attitude durant la rencontre. En cas de faute involontaire empêchant la poursuite du combat, l'arbitre arrête la rencontre ; il attribuera, donc, la victoire par K.O. technique au boxeur ayant obtenu le score le plus élevé, ou bien déclarera le match nul en cas d'égalité des scores. Un athlète peut se plaindre d'avoir subi une irrégularité auprès de l'arbitre, qui prendra immédiatement une décision : s'il estime que la faute ne rentre pas dans le cadre de celles énumérées plus haut, le combat se poursuivra.

Match à Bangkok (Thailand) – Salut au coach

Victoire[modifier | modifier le code]

La victoire est proclamée :

  • aux points ;
  • par K-O : l'adversaire tombé à terre ne se relève pas dans les 10 secondes ;
  • par K-O technique : l'arbitre interrompt le combat parce qu'un athlète
- n'est pas en état de continuer,
- ne se présente pas après l’appel du gong,
- est victime d'une blessure qui l'empêche de poursuivre le combat ;
  • par décision du médecin, à la suite d'une blessure ;
  • par abandon : l'un des combattants déclare ne pas vouloir continuer le combat ;
  • par disqualification de l'adversaire pour faute grave ;
  • par décision des juges : le combat une fois terminé, les juges attribuent la victoire au boxeur ayant obtenu le score le plus élevé.
Combat au Ratchadamnoen Boxing Stadium en 2007

Décision[modifier | modifier le code]

  • à l'unanimité : trois votes favorables.
  • à la majorité : deux votes favorables et un contraire.
  • match nul :
- si telle est la décision de deux juges sur trois ;
- si les avis des juges sont tous discordants.
  • No-contest : en cas de phénomène imprévisible ou d’une blessure en début de combat.
- Si telle est la décision des juges sur demande du superviseur, parce que les deux athlètes combattent de manière incorrecte ou évitent l'affrontement.
- Quand un combattant se retrouve au sol, l'arbitre ordonne à son adversaire d'aller dans le coin neutre, et commence immédiatement à compter de 1 à 10.
- Si le boxeur qui a envoyé son adversaire à terre n'obéit pas, il arrête de compter, réitère son ordre et attend que ce dernier ait produit son effet pour reprendre le compte des secondes.
- Si le boxeur tombé à terre pendant le compte ou bien avant d'être compté 8, le combattant pourra poursuivre.
- Si le boxeur tombé à terre n'est pas en état de poursuivre le combat, il doit continuer de compter jusqu'à 10.
- Si le boxeur tombé à terre se relève avant d'être compté 10, puis tombe de nouveau, il doit recommencer à compter les secondes.
- Si les deux boxeurs tombent à terre :
. Il commence à compter et ne s'arrête pas si l'un des deux se relève,
. Il déclare le match nul si à 10, aucun des deux ne se relève.

Modalités particulières[modifier | modifier le code]

La cloche ne sauve pas le boxeur hors-combat (du compte des secondes), sauf au dernier round. À la fin du compte des secondes, le boxeur en état de poursuivre le combat sera déclaré vainqueur.

Catégories Professionnelles[modifier | modifier le code]

Deux jeunes nak-muays lors de leur danse d'avant-combat, le Ram-Muay

Catégories officielles du Rajadamnoen: (Au stade du Lumpini les catégories s'arrêtent aux Welters)

  • Paille (-47,5 kg / -105 lb)
  • Mi-mouche (-49 kg / -108 lb)
  • Mouche (-51 kg / -112 lb)
  • Super-mouche (-52,5 kg / -115 lb)
  • Coqs (-53,5 kg / -118 lb)
  • Super-coqs (-55,5 kg / -122 lb)
  • Plumes (-57,5 kg / -126 lb)
  • Super-plumes (-59 kg / -130 lb)
  • Légers (-61,5 kg / -135 lb)
  • Super-légers (-63,5 kg / -140 lb)
  • Welters (-67 kg / -147 lb)
  • Super-welters (-70 kg / -154 lb)
  • Moyens (-72,5 kg / -160 lb)

En Europe, les catégories sont différentes selon les fédérations et correspondent très souvent aux organismes internationaux de boxes pieds-poings (notamment la WKA, ISKA, WKF et WAKO). Ainsi, il faut rajouter les catégories moins de 75 kg, moins de 81 kg, moins de 90 kg puis les plus de 90 kg (poids lourds).

Les techniques[modifier | modifier le code]

Les techniques

L'art du Muay Thaï passe par la maîtrise de l'ensemble des techniques. Les techniques de frappe sont les suivantes :

  • Techniques de poing (Chok)
  • Techniques de pied (Tei)
  • Coups de pied pénétrants (Teep)
  • Techniques de genou (Khao)
  • Technique de coude (Sok)
  • Techniques de corps à corps
  • Techniques de projection et de fauchage
  • Technique de blocage et de saisie
  • Techniques d'esquive
  • Termes thaïs (Muay bang – techniques de parade et d'esquive)
Un mat-trong (coup de poing direct du bras avant ou jab)

Techniques de projection et de fauchage[modifier | modifier le code]

  • Projection  : action qui consiste à projeter le corps de son adversaire afin de sortir d'un corps à corps (sans passage de hanche).
  • Fauchage  : action qui consiste à déséquilibrer ou faire chuter l’adversaire par un coup de pied bas circulaire.

Technique de blocage et de saisie[modifier | modifier le code]

  • Blocage  : action qui consiste à empêcher qu'un coup atteigne son point visé (Blocage avec le bras ou le tibia).
  • Saisie : action qui consiste à prendre un coup avec la ou les mains, d'un mouvement rapide pour le tenir et ainsi le contre-attaquer.

Techniques d'esquive[modifier | modifier le code]

Mouvement du corps pour éviter adroitement un coup.

Exemple : pour éviter un coup de pied bas (low-kick) ou un middle-kick, retirez le pied puis attaquez en basculant la hanche et la jambe vers l'extérieur ; ensuite ré-enchaîner sur un middle-kick ou coup de pied bas (low-kick).

Termes thaïs (Muay bang – techniques de parade et d'esquive)
  • Bang Mat : parade avec la main (Parade bloquée ou chassée de la main avant ou arrière)
  • Bang Tei : parade avec la jambe (Parade bloquée de la jambe avant ou arrière)
  • Bang Sok : parade avec le coude (Parade bloquée du coude avant ou arrière)
  • Bang Khao : parade avec le genou (Parade bloquée ou chassée du genou avant ou arrière)
  • Yok Toa Lop : esquive sans déplacement des appuis (Esquive sans déplacement des appuis, latérale, avant, arrière, par flexion du tronc ou par flexion des membres inférieurs)
  • Lop Tchak : esquive avec déplacement des appuis (esquive avec déplacement d'un des appuis par un pas de retrait, pas de côté, pas de pivot ou par un retrait d'un seul appui).

Œuvres associées[modifier | modifier le code]

  • Le manga Noritaka, plus humoristique que culturellement essentiel, raconte les débuts d'un jeune lycéen japonais entraîné par une ancienne star du muaythaï aux méthodes plutôt désinvoltes.
  • Le documentaire de Josette D. Normandeau, Bushido, qui traite entre autres du muay thaï.
  • Le livre Muay thaï, boxe thaïlandaise de Krongsak (techniques traditionnelles).
Un conseil de coin entre deux rounds

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Kickboxer (1989), film américain où Jean-Claude Van Damme apprend le Muay Thaï auprès d'un maître thaïlandais pour venger son frère (joué par le grand fulleur, Dennis Alexio), paralysé à la suite d'un combat avec le champion local Tong Po.
  • Ong-bak (2003) et L'Honneur du dragon (2005), films thaïlandais de Prachya Pinkaew avec Tony Jaa.
  • Beautiful Boxer (2003), ce film thaïlandais retrace la vie d'un champion de boxe thaïe transsexuel qui change de sexe une fois sa carrière terminée. Cette histoire est basée sur l'histoire réelle du champion Nong Toom.
  • Le film français Chok dee (2005) (bonne chance, en thaï) raconte la vie de Dida Diafat, jeune délinquant, qui, à force de volonté, est devenu champion du monde de boxe thaïlandaise.
  • Muay Thai Chaiya (2007), film thaïlandais de Kongkiat Khomsiri. Ce film raconte la vie de trois jeunes qui se lient d'amitié et pratiquent le Muay Thai. Plus tard, ils se rendent à Bangkok afin de devenir des combattants professionnels.
  • Yamada, la voie du samouraï (2010), film thaïlandais de Nopporn Watin, raconte l'histoire de Yamada Nagamasa, un samouraï japonais secouru par des guerriers siamois qui lui apprennent l'art du Muay Thai.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Livre sur le Muaythaï "le choc des Mondes" de Catherine Choron-Baix Ethnologue
  1. Stéphane Rennesson, « Art martial, sport international et produit culturel. Note de recherche sur la boxe et l’histoire politique de la Thaïlande », Actes de la recherche en sciences sociales, 2009/4, no 179, p. 62-75, et Peter Thomas Vail, « Violence and control: social and cultural dimensions of boxing in Thailand », thèse d'anthropologie, Cornell University, 1998
  2. Stéphane Rennesson, op. cit. ; Benoit Gaudin, « La codification des pratiques martiales. Une approche socio-historique », Actes de la recherche en sciences sociales 2009/4, no 179, p. 4-31.
  3. Michel Jacq-Hergoualch, Le Siam, Guide Belles Lettres des Civilisations, Les Belles Lettres 2004, ISBN 2-251-41023-6, p.  185.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Delmas Alain, Lexique de la boxe et des autres boxes, document de formation BPP, 1981-2005.
  • Habersetzer Gabrielle & Roland, Encyclopédie des arts martiaux de l'Extrême-Orient, Ed. Amphora, Paris, 2000.
  • Lombardo Patrick, Encyclopédie mondiale des arts martiaux, Éditions E.M., Paris, 1997
  • Pitsaporn Prayukvong et all., Muay thaï, la boxe thaïlandaise authentique, Budo Éditions, Paris, 2004.
  • Poy-Tardieu, N., Le guide des arts martiaux et sports de combat, Budo Éditions, 2001.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Fédérations mondiales[modifier | modifier le code]

Fédération mondiale Site Web
World Muaythai Council (W.M.C) - Pros www.wmcmuaythai.org
International of Federation Muaythai Amateur (I.F.M.A) - Amateurs www.ifmamuaythai.org
World Kickboxing & Karate Association (W.K.A) - Amateurs et pros www.kickboxing-wka.co.uk
World Kickboxing Federation (W.K.F) - Amateurs et pros www.wkfkickboxing.com
International Sport Kickboxing Association (I.S.K.A) - Amateurs et pros www.iska.com
World Association of Kickboxing Organizations (W.A.K.O) - Amateurs et pros

(officiellement reconnue par le GAISF comme l’organe officiel du kick-boxing amateur)

www.wakoweb.com

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Livre sur le Muaythaï "le choc des Mondes" de Catherine Choron-Baix Ethnologue; édition Kimé Paris 1995.
  • Bonomelli, R., Dimarino, S., Thaï boxing. Éditions De Vecchi, Milan, 1998.
  • Delmas, A., 1. Lexique de combatique, document de formation BPP, Ligue Midi-Pyrénées de BF.S, 1975 – 2. Cahiers de formation du moniteur, Ligue de Picardie, Amiens, 1981. – 3. L’acte d’opposition, Ligue de Picardie, Amiens, 1981. – 4. Les comportements d’opposition, Mémoire de BEES 2°, Evry, 1978. – 5. Technoboxe : fiches techniques de la boxe et des autres boxes, Ligue de Picardie, Aix-en-Provence, 1981-2005.
  • Dimarino, S., Leçons de kickboxing, Éditions De Vecchi, Paris, 2000.
  • Draeger, D., Smith, R., Asian Fighting Arts, Kodansha International, Tokyo, New York, San Francisco, 1969.
  • Falk, D, La boxe thaïlandaise, Éditions Judoji, 1990.
  • Paschy, R., Kick-boxing « Muay thaï », Éditions Sedirep, Paris, 1982.
  • Rennesson, S., "Les coulisses du Muay Thai. Anthropologie d'un art martial en Thaïlande", Éditions Les Indes Savantes, Paris, 2013
  • Royers, F., Kick-boxing, Éditions Sedirep, Paris, 1987.
  • Rudetski, M., La boxe, Collection « Que-sais-je ? », Éditions P.U.F., Paris, 1974
  • Savodelli, J., Do-Tuong, A., La boxe thaï, Éditions Amphora, Paris, 1989.

Notes et références[modifier | modifier le code]