Moteur PRV
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Le moteur PRV tire son nom de PRV (acronyme pour Peugeot-Renault-Volvo), une société fondée en 1971 par les constructeurs automobiles Peugeot, Renault et Volvo, et détenue à parts égales par les trois constructeurs.
Cette union n'a donné naissance qu'à un seul type de moteur à explosion, le « V6 PRV », qui était construit à Douvrin, dans l'usine de la Française de Mécanique, sous le nom de code « moteur Z ». Ce moteur ne doit pas être confondu avec deux autres types de moteur à 4 cylindres construits à Douvrin à la même époque : les moteurs « X » (entre 1 000 et 1 400 cm³) et « J » (entre 2 000 et 2 200 cm³), qui n'étaient le fruit que d'une association entre Peugeot et Renault. Volvo n'ayant pas participé à la conception de ces moteurs, ils n'ont pas le sigle « PRV ».
Sommaire |
[modifier] Présentation
Le V6 PRV, présenté le 3 octobre 1974 sur la Volvo 264, a équipé les berlines haut de gamme françaises durant plus de vingt ans, et même quelques coupés sportifs. C'est un moteur à six cylindres en V ouvert à 90°, bloc, culasses et semelle en aluminium, distribution par chaîne. Ce moteur, d'une cylindrée, pour sa première version, de 2 664 cm³ (alésage standard de Peugeot 88 mm - sur 504 - et course de 73 mm - idem Peugeot 404), équipe dans un premier temps les Peugeot 504 coupé, les Peugeot 604 et les Renault R30.
Beaucoup plus tard, en version turbocompressée, il équipe la Renault 25 V6 Turbo, l'Alpine GTA Turbo et la Venturi 210 - à 3 000 cm³, 12 ou 24 soupapes, atmosphérique ou turbocompressé.
Une augmentation de cylindrée, donne une évolution à ce moteur qui équipa notamment les Peugeot 505 et 605, la Talbot Tagora SX, Renault 25, Renault Laguna 1 de 1994 à 1996, Renault Espace II et Safrane, les Alpine A310 V6, GTA atmosphérique et A610, les venturi 260, 300, 400 GT, les Volvo de la série 26X (262C, 264, 265), les 7XX (760, 780), les Citroën XM, les Eagle Premier, les Dodge Monaco de troisième génération, la Lancia Thema V6 et la fameuse DeLorean DMC-12.
[modifier] Moteur V8
À l'origine, le PRV devait être un moteur V8. En raison de la crise pétrolière des années 1970, il fut décidé de diminuer la cylindrée en enlevant deux cylindres ; le V8 est devenu un V6.
L'ouverture est de 90° a été conservée pour des questions de hauteur (passage sous capot), alors que 60° est une valeur plus courante pour un V6 pour une question de régularité cyclique. Ceci explique en partie la mauvaise réputation de ce type de moteur, car en raison du vilebrequin à manetons non-décalés, le cycle de fonctionnement du premier V6 PRV n'était pas régulier. La critique la plus courante de cette première version (2 664 cm³) était qu'il « ne tournait pas rond ». C'est Peugeot, sur la 505 V6, qui installa en premier des manetons décalés sur ce moteur, afin de le faire tourner « rond ». Les versions de ce V6 se sont améliorées au fil des années, notamment lors de l'apparition de l'injection électronique, changement des arbres à cames sur les versions 24 soupapes, etc.. La fragilité de ce moteur particulier n'est nullement due à l'angle de 90°, mais de grossières erreurs de conception au niveau de la commande de distribution et d'entraînement des accessoires (pompe hydraulique,climatiseur, alternateur)[réf. nécessaire].
Des V6 ouverts à 90° étaient déjà utilisés aux États-Unis (blocs usinés sur des machines conçues pour fabriquer des V8) et l'architecture V6 à 90° avait également été utilisée en France pour le moteur Maserati de la Citroën SM, adaptation d'un V8.
[modifier] Épilogue
Au milieu des années 1980 arrive un nouveau modèle : la cylindrée est portée à 2 849 cm³ et le vilebrequin dispose désormais de manetons décalés. La consommation de cette nouvelle version est plutôt raisonnable, selon les critères de l'époque.
Le début des années 1990 voit naître les dernières versions du V6 PRV, un bloc de 3 litres décliné en plusieurs versions différentes : 12S atmosphérique (167, 163 et 170 ch), 12S turbo (250 ch), 12S bi-turbo (268 ch), 24S atmo (200 ch), 24S bi-turbo (400 ch)...
Après plus de vingt ans de service, il sera remplacé chez les marques françaises vers la fin des années 1990 par le V6 2.9 PSA ES/Renault L conçu conjointement par Renault et PSA, avec des puissances allant de 194 à 215 ch.
[modifier] Utilisations
[modifier] Voitures de série
Il a été monté en série sur les modèles suivants :
- AMC/Renault/Eagle : Premier,
- Alpine : A310, GTA et A610
- Citroën : XM
- Dodge : Monaco
- Lancia : Thema
- Renault : R30, R25, Safrane, Laguna, et Espace
- Peugeot : 504 Coupé, 504 Cabriolet, 505, 604, 605
- Talbot : Tagora SX
- MVS Venturi : 210, 260, 300, 400 GT
- Volvo : 264, 262C, 760, 780
- DeLorean Motor Company : DeLorean DMC-12
[modifier] Compétition automobile
Il a été utilisé en compétition en endurance, rallye, rallye-raid, autocross, sport-prototypes, rallycross.
- R.J. Racing : Helem V6
- Venturi :
- soixante-treize 400 Trophy produites entre 1992-1994
- sept 500 LM aux 24 Heures du Mans 1993
- une 600 LM aux 24 Heures du Mans 1994
- une 600 SLM aux 24 Heures du Mans 1995
- deux 300 GTR en 1999.
- trente-trois 260 LM/ Atlantique de 1994 à 1996.
- WM :
- P76 (atmosphérique)
- P77 (Turbo)
- P79 et P79/ P80 (Turbo)
- P81 (Turbo)
- P82 (Turbo)
- P83 et P83B (Turbo)
- P85 (Turbo)
- P86 (Turbo)
- P87 (Turbo)
- P88 (Turbo Garrett, record de vitesse - 405 km/h - dans les Hunaudières)
- A.L.D. :
- C290 (24 Heures du Mans 1992, 3 litres, 12 soupapes, préparé par Robert Vinegra)
[modifier] Engins militaires
- Panhard : ERC 90, char léger à six roues motrices
- Peugeot P4 : quelques versions pour l'armée française, ainsi que des véhicules d'assistance Peugeot Sport et Citroën Sport en rallye raid
- SOCEA : groupe de démarrage avion encore utilisé dans l'Armée de l'air pour faire démarrer les chasseurs Français en leur fournissant l'énergie électrique nécessaire, d'abord en allumage classique, puis en allumage électronique. Couplé à une génératrice, il fournit un courant sous une fréquence de 400 Hz.
[modifier] Aviation
Au début des années 1990, le moteur PRV a été installé sur le Robin 3000, puis sur le DR400. Ces avions ont connu un gros succès d'estime, mais pas de succès commercial.