Lucien Jonas

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Portrait de Lucien Jonas.
Lucien Jonas pendant la Première Guerre mondiale

Lucien Jonas, né à Anzin le 8 avril 1880, mort à Paris 16e le 20 septembre 1947, est un peintre français.

Sommaire

Biographie[modifier]

Né dans une famille d'industriels du Nord de la France, Lucien Hector Jonas, peintre d'Histoire et de genre, est bachelier ès-lettres en juin 1898. Il poursuit ses études à Valenciennes avec Joseph-Fortuné-Séraphin Layraud et étudie également le solfège et le violon pendant sept ans au Conservatoire de Valenciennes.

En 1899, il entre à l'École des Beaux-Arts à Paris. En 1900, il est admis définitif et tout au long de ses années d'école, les prix et récompenses se succèdent et le font remarquer. Il devient membre de la Société des Artistes Français dès 1901.

Dès 1902, Lucien Jonas travaille également dans l’atelier d’Albert Maignan, avec qui il noue une amitié sincère.

À la même époque, il rencontre Harpignies qui manifeste rapidement de l’affection pour celui qu’il considère comme son protégé. Il saura développer en lui son attrait pour la nature, et l’incitera à peindre « sur le motif ». À la mort de son père, le 2 octobre 1902, Lucien Jonas abandonne les Beaux-Arts pour retourner à Anzin, auprès de sa mère, aider à la gestion de la distillerie familiale qui sera ensuite reprise par son frère.

De retour à Paris en 1903, il s’installe au 3 de la rue Lecourbe, dans un atelier de plain-pied donnant sur une vaste cour et mis à sa disposition par un cousin architecte. Il en utilise la vaste terrasse pour peindre en plein air.

En 1904, il profite de ses séjours à Anzin et des vastes entrepôts de la distillerie pour peindre de grandes compositions, inspirées par la vie qui l’entoure. Un drame de la mine (« Les Consolations ») lui vaudra la médaille d’argent au Salon de 1905.

Trois autres prix - les prix Chenavard, Trémont et Stillmann - viennent l’encourager un peu plus.

Lucien Jonas obtient le second grand prix de Rome en 1905, il est fêté à Valenciennes avec son ami Lucien Brasseur, Premier Grand Prix en Sculpture, puis obtient la médaille d'or (hors-concours) avec bourse de voyage en 1907.

En 1907, le Roi de Siam, fait l'acquisition d'une œuvre appelée « Les Rouffions », toujours conservée au palais royal de Bangkok.

Le 2 mai 1908, Lucien Jonas épouse Suzanne Bedorez, fille de Georges Bedorez, conseiller à la Cour de cassation (Docteur en Droit - Chevalier de la Légion d'honneur[1]), qui lui donne trois enfants : Pierre, Solange et Jacques. Le couple s'installe boulevard Raspail à Paris.

En 1911, le Conseil Supérieur des Beaux-Arts lui décerne le Prix National pour le tableau « La Consultation ».

En février 1915, il est agréé « Peintre militaire attaché au musée de l'Armée ». De mission en mission, il parcourt le front, de la Belgique aux Vosges, puis il lui sera plus spécialement demandé les portraits des chefs militaires, tels French (15 mars 1915), Pershing (14 août 1917, actuellement au Metropolitan Museum of Art de New York), Foch (au lendemain de sa nomination comme généralissime). Au total, 700 à 800 panneaux à l'huile, et près de 4 000 dessins reproduits en grand nombre dans L'Illustration, Les Annales, Lectures pour tous et dans les journaux alliés.

En 1916, il est nommé peintre officiel de la Marine. La guerre lui inspire des compositions appréciées qui décorent divers édifices publics. Il décrit souvent la vie des mineurs et le Pays Noir. Il connaît également le succès avec des décors muraux dans le style Art déco et réalise la décoration de nombreux édifices, notamment à Paris (maison des Centraux) et à Valenciennes (Hôtel de ville, Chambre de commerce).

En 1929, il est fait Chevalier de la Légion d'honneur.

Le 6 juillet 1932, il est nommé Peintre de l'Air.

En 1933, c'est le début de sa collaboration avec la Banque de France pour la création de billets de banque dont le 10 francs Mineur et le 20 francs Pêcheur.

En 1934, Lucien Jonas, achève une œuvre importante destinée à être présentée dans l'entrée du séminaire de Lille, c'est-à-dire trois ans après l'inauguration du séminaire, un triptyque intitulé : « La réponse des âmes à l'appel du Christ ».

Dans les années 1970, on perd la trace de ce triptyque, et c'est en 2004, à la suite d'un concours de circonstances, que les toiles sont retrouvées et récupérées. Leur état nécessitant une restauration coûteuse, la commission d'art sacré du diocèse de Lille participe alors à un concours du magazine Pèlerin et obtient le premier prix « Patrimoine pour demain ». Le reste a été pris en charge par l'émission le jour du Seigneur et le conseil général. Avec l'aide du département du Nord, de la direction générale des affaires culturelles et du conservateur des monuments historiques, l'œuvre est restaurée et confiée à deux spécialistes. En 2010 les toiles sont réinstallés au séminaire de Lille, exposition inaugurée le 28 avril 2010[2].

En 1937, il réalise des décors pour l'Exposition Universelle de Paris.

En 1942, il crée un important carton de tapisserie pour la Manufacture des Gobelins : « Le travail pour la France ».

En 1943, il offre 17 grandes compositions sur la vie de la Vierge à l'église espagnole de la rue de la Pompe à Paris.

En 1944, il réalise les portraits des généraux Kœnig et De Larminat (Musée de l'Ordre et de la Libération), ainsi que celui du Général De Lattre de Tassigny.

En 1945, au Salon des Artistes Français, il lui est attribué la « Médaille d'Honneur de peinture » pour une fresque de 14 mètres de long comportant quelque 120 personnages et intitulée : « Furor teutonicus ».

En 1946, Lucien Jonas est très malade et épuisé. Victime d’une inflammation des yeux, il redoute la lumière. Il termine ses 14 tableaux du chemin de croix destiné à l'église Saint-Martin à Saint-Amand-les-Eaux[3].

En août 1947, à la Flèche, après une crise particulièrement douloureuse, il peint ses dernières scènes de plein air dans le jardin de ses beaux-parents. Il retourne à Paris, où il décède le 20 septembre. Il est enterré à la Flèche, dans une tombe située, ainsi qu’il le désirait, auprès de celles des Soldats du Souvenir français.

Héritage[modifier]

Une grande partie de ses œuvres valenciennoises a été détruite par les bombardements qui frappèrent la ville en 1940. Toutefois, le fils de l'artiste, Jacques Jonas, a offert dans les années 2000 au musée de Valenciennes une centaine d'esquisses pour ses décorations murales ou de plafond.

Le musée Carnavalet à Paris lui consacre une exposition temporaire en 2003 puis le musée des Beaux-Arts de Valenciennes en 2006. L'attachement de l'artiste à la ville de ses jeunes années excéda cependant très largement la seule reconnaissance portée à ses maîtres.

Lucien Jonas n'eut de cesse de rendre hommage à Valenciennes et à sa région, magnifiant dans de grandes compositions le passé artistique de la ville, mais également sa population, communauté chatoyante et unie formée de créateurs, d'intellectuels, d'industriels, de commerçants, d'ouvriers... Nulle glorification pompeuse ou larmoyante : l'ambition de Lucien Jonas fut comme il aimait à le rappeler « de copier, en critiquant, sans raillerie, sans méchanceté, les gens, les types, les physionomies ou les petits travers caractéristiques de mon temps à moi ».

Un de ses tableaux, représentant un mineur agenouillé portant une barrette et une lampe, a été choisi pour illustrer le timbre commémoratif intitulé « Hommage aux mineurs - Courrières 1906-2006 » pour le centenaire de la catastrophe minière de Courrières.

En janvier 2009, une toile de trois mètres sur deux fut acquise par la Communauté d'agglomération de la Porte du Hainaut. Cette œuvre majeure, restaurée et aujourd'hui visible au Musée d'archéologie et d'histoire locale de Denain, s'intitule Forges et aciéries du Nord et de l'Est. Cette allégorie de l'industrie nourricière représente un convertisseur Bessemer qui irrigue la France. Les différents métiers de la sidérurgie sont représentés dans une frise entourant l'œuvre.

Le Musée Théophile Jouglet, situé à Anzin, en septembre et octobre 2009, a consacré à Lucien Jonas une exposition relative à ses œuvres représentant des scènes de la vie quotidienne ou religieuses de l’hôtel de ville, du théâtre et de l’église Sainte-Barbe.

De novembre 2009 à mars 2010 au Musée de l'Orangerie eut lieu l'exposition Les enfants modèles, de Jean Renoir à Pierre Arditi, ayant pour thème les enfants des artistes. Parmi les œuvres exposées, trois sont de Lucien Jonas : La belle histoire, (1921), La Sainte Suzanne (1921) et La Récitation (1920)[4].

D’octobre 2011 à janvier 2012, le Musée d'archéologie et d'histoire locale de Denain a organisé l'exposition La Plume et le marteau dans le cadre de la saison culturelle « Dessiner-Tracer » menée par l’Association des conservateurs des musées du Nord-Pas de Calais (MUSENOR). De nombreuses œuvres inédites de Lucien Jonas y furent présentées[5].

En octobre 2012, la Banque de France (31 rue Croix-des-Petits-Champs - Paris 1er) a reçu des descendants de Lucien Jonas un ensemble de dessins et de peintures portant sur la création graphique des billets conçus par lui entre 1934 et 1946, tels que le 100 francs Sully, le 10 francs Mineur ou le 20 francs Pêcheur.

La Banque de France expose du 18 juin au 4 juillet 2013, sous le titre « Du portrait au billet, l’art de Lucien Jonas », les 140 études de détails, esquisses au crayon ou au fusain, et maquettes à la gouache qui révèlent les différentes facettes de l’énergie créatrice de Lucien Jonas, et plus particulièrement la très grande qualité de ses portraits. La majeure partie de ces documents conservés par Lucien Jonas, puis par ses fils et petit-fils, n'avaient encore jamais été montrés au public.

Hommage[modifier]

Buste de Lucien Jonas, par Aimé-Gustave Blaise (1949)

À Anzin, un monument situé au chevet de l'église Sainte-Barbe, rue des Martyrs, rend hommage au peintre natif de la cité. Il est l'œuvre du sculpteur Aimé-Gustave Blaise et fut inauguré le 16 octobre 1949. Une plaque commémorant son souvenir fut installée le même jour sur la façade de sa maison natale, 213, avenue Anatole France à Anzin. On doit le médaillon représentant le peintre de profil au sculpteur Lucien Brasseur.

Œuvres exposées[modifier]

Références bibliographiques[modifier]

  • La Plume et le Marteau, dessins de la mine et de la sidérurgie dans le Denaisis de 1890 à 1947, Musée d'Histoire Locale et d'Archéologie de Denain, 2011.
  • Philippe Gayot, Yvette Martin Chantraine, Lucien Jonas, Des églises aux usines, Musées de Saint-Amand-les-Eaux et Denain, Communauté d'Agglomération de la Porte du Hainaut, 2006.
  • L'empreinte d'une ville : les grands décors valenciennois de Lucien Jonas par Emmanuelle Delapierre, conservatrice du Musée des Beaux-Arts de Valenciennes, Un Deux... Quatre Éditions, 2006.
  • Catalogue de l'exposition au Musée Carnavalet : Lucien Jonas et le décor mural des années 30 à Paris par Christophe Leribault, conservateur chargé des peintures et des dessins, mai-octobre 2003.
  • Lucien Jonas - rétrospective, IRO La Rochelle, mai 2003.
  • E. Benezit, Lucien Jonas, Éditions Gründ, 1999.
  • Catalogue de l'Exposition au Musée Faure, Aix-les-Bains, juillet-août 1999.
  • Catalogue de l'expositionLucien Jonas, Splendeurs du pays noir, au musée Théophile Jouglet à Anzin, 1997.

Notes[modifier]

  1. geneawiki.com/index.../59122_-_Cambrai.fr
  2. Inauguration des toiles de Jonas
  3. Les amis de l'église Saint-Martin, Eglise Saint-Martin, Saint-Amand-les-Eaux, Bayard Service Edition, s. d., 26 p. , en part. p. 17. Ces tableaux ont été restaurés en 2009.
  4. Voir le dossier de presse de cette exposition.
  5. Ces dessins sont consultables sur la base de donnée du site Musenor. Dans son édition du 11 janvier 2012, le journal Libération évoquait cette exposition et l'œuvre de l'artiste dans un article intitulé « le Nord honore le dessin ».

Lien externe[modifier]


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