Mouloud Aounit

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Biographie[modifier | modifier le code]

Il arrive en France métropolitaine en 1955 à l'age de 2 ans à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis (93). Il obtient en 1974 son baccalauréat au lycée Henri-Wallon d'Aubervilliers.

En 1976 il obtient un DEUG de sciences économiques à l'Université Paris-XIII. L'année suivante, il adhère pour la première fois au Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP). En 1979, à l'occasion de sa maîtrise de sciences économiques, il rédige un mémoire sur « Le coût économique de l'immigration » et développe en parallèle le comité local d'Aubervilliers du MRAP. En 1980, il prépare un DEA en économie des ressources humaines à l'Université Paris 1 et prend pour sujet de mémoire « L'économie de la musique ».

En 1981, il entre au bureau national, l'organe décisionnel du MRAP, puis l'année suivante au secrétariat national, son organe exécutif.

En 1983, Mouloud Aounit participe activement à la marche pour l'égalité et contre le racisme, dite « Marche des beurs »[1], dans laquelle il croit beaucoup et qu'il cite comme le début de son véritable engagement politique[2]. La même année, il devient président de la fédération de Seine-Saint-Denis du MRAP.

En 1989, il succède à Albert Lévy au poste de secrétaire général du Mouvement et devient le porte-parole du MRAP.

Il est nommé membre du Conseil national pour l'intégration des populations immigrées en 1993[3].

En 1996, il devient directeur général de l'Association pour l'insertion sociale et professionnelle des jeunes et adultes d'Aubervilliers (AISPJA), qui s'occupe des 16-25 ans.

En 2003, il est victime d'une agression à Saint-Mandé, selon lui de la part de militants de la Ligue de Défense Juive[4].

Il est également élu au conseil régional d'Île-de-France, en tant que tête de liste en Seine-Saint-Denis de la liste de rassemblement menée par le Parti communiste français. Jean-Paul Huchon lui refuse cependant la vice-présidence, bien qu'il soit proposé par son groupe, arguant qu'il avait tenu par le passé des « propos contestables »[5].

Il est nommé au comité consultatif de la Halde en 2005[6], et son mandat de trois ans est renouvelé en 2008[7].

En 2006, il envisage des poursuites[8] contre un professeur de philosophie, Robert Redeker, alors menacé de mort à la suite de la publication d'un article[9] qualifié de « tribune très violente consacrée à l'islam » par Le Monde[10]. En réaction à cet article, Robert Redeker avait reçu des menaces de mort : plusieurs intellectuels français lui avaient alors apporté leur soutien au nom de la liberté d'expression. Le MRAP et Mouloud Aounit, tout en condamnant les intimidations dont il était victime[11], ont critiqué les propos de Robert Redeker expliquant qu'ils renforçaient les amalgames du type « musulman-fanatique-violent-terroriste »[11].

En 2007, il décide de soutenir la candidature de Marie-George Buffet à l'élection présidentielle en lui adressant une lettre ouverte[12].

Battu lors du vote d'investiture du candidat communiste dans la 3e circonscription législative de la Seine-Saint-Denis[13], Mouloud Aounit annonce sa volonté de se porter quand même candidat « au nom de la diversité »[14] et pour représenter selon lui le « candidat des populations issues de l'immigration »[15]. Il ne recueille finalement qu'un peu plus de 3 % des voix.

Estimant qu'il s'agit là d'une « rhétorique communautariste et ethniciste » de la part de Mouloud Aounit[15], des membres du conseil d'administration du MRAP[16] lui demandent alors dans une pétition de se retirer de la présidence du MRAP. Ces membres estiment que le message du Mrap est altéré « régulièrement et de plus en plus gravement par les déclarations d'un président devenu électron libre » ; l'un d'entre eux, Gérard Kerforn, ajoute : « Nous craignons que le Mrap ne s'égare sur une voie qui n'est pas la nôtre, celle de la défense d'une religion »[15].

De 2008 à 2011, il est l'un des quatre membres du Collège de la Présidence du mouvement et, au Congrès de janvier 2011, est nommé Président d'Honneur sans mandat de représentation du mouvement[17] pendant que la responsabilité du MRAP et la fonction de porte-parole sont assurées par un Collège de quatre coprésidents dont il ne fait plus partie[18].

Atteint d'une tumeur cérébrale, il meurt le 10 août 2012[19]. Sa mort suscite de nombreuses réactions au sein de la classe politique[20]. Il est inhumé a Aubervilliers.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Il est promu chevalier de l'ordre national du Mérite en 2000[21], puis chevalier de la Légion d'honneur en 2003[22].

Le 21 janvier 2012, il reçoit le prix des droits de l'homme attribué par la Cojep.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Coûts et blessures, éditions Iconovox, 1979
  • Lucien Bitterlin (dir.), L'antiracisme dans tous ses états (sous la direction de Lucien Bitterlin), éditions du Seuil, 1998
  • Préface du livre d'Ariane Lantz, L'administration face aux étrangers : les mailles du filet, éditions Forum de l'IFRA – L'Harmattan, 1998
  • Le grand livre contre le racisme , éditions Rue du Monde, 1999
  • Chronique d'un combat inachevé, éditions Le temps des cerises, 1999
  • Préface d'un recueil de 30 nouvelles pour les droits de l'Homme : Écrivains sans papiers, éditions Bérénice, 2001
  • Lettre à mes compagnons de route qui s'interrogent, dans L'Humanité, 8 janvier 2007 [lire en ligne]

Sur Mouloud Aounit[modifier | modifier le code]

  • Luc Le Vaillant, « Antiracines » dans Libération, 8 décembre 2003

Vidéographie[modifier | modifier le code]

  • Vincent Geisser et Jean-Michel Riera, Mouloud Aounit, une marche pour l'égalité, 2011

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La « Marche des beurs» fut une marche qui est partie de Marseille jusqu'à Paris réunissant près de 60 000 personnes. Les leaders de la marche rencontreront François Mitterrand qui leur accordera à tous une carte de séjour et de travail valable pour 10 ans.
  2. Mouloud Aounit se référera très souvent à la « Marche des beurs » comme l'espoir de toute une génération d'immigrés qui croyait en des idéaux de justice et d'équité. Vingt ans après, il cite encore, dans des colloques et des rencontres, la « Marche des beurs » comme un espoir déçu. Il s'interrogera même en public sur le fait de savoir pourquoi des militants actifs de la « Marche des beurs », pourtant laïcs à l'époque, ont fait une démarche, vingt années après, vers la religion. Pour Mouloud Aounit, la « Marche des beurs » reste le fruit de revendications qui n'ont pas encore trouvées de réalisations concrète sur le plan de l'égalité et de la lutte contre les discriminations. Voir notamment « La Marche des beurs : 20 ans après », sur le site du MRAP, 2 décembre 2003.
  3. Arrêté du 23 mars 1993 portant nomination au Conseil national pour l'intégration des populations immigrées, JORF no 73, 27 mars 1993, p. 5080, NOR SPSN9300993A, sur Légifrance.
  4. http://www.liberation.fr/societe/0101461533-mrap-mouloud-aounit-menace
  5. Michel Soudais, « Conseil régional d'Île-de-France : Mouloud Aounit recalé par Jean-Paul Huchon », dans Politis (ISSN 1290-5550), 8 avril 2004 [lire en ligne]
  6. Délibération du collège de la haute autorité du 19 septembre 2005, JORF no 9, 11 janvier 2006, p. 452, texte no 66, NOR ADEX0508950X, sur Légifrance.
  7. Délibération no 2008-196 du 15 septembre 2008 relative à la composition du comité consultatif, JORF no 0262, 9 novembre 2008, texte no 54, NOR ADEX0822809X, sur Légifrance.
  8. [1]
  9. « Le texte de Robert Redeker qui fait polémique », sur 20 minutes.fr, 28 septembre 2006.
  10. « L'affaire Redeker : critique de l'islam et liberté d'expression », dans Le Monde, 5 octobre 2006.
  11. a et b Mouloud Aounit, « Robert Redecker : quand la provocation génère l'inacceptable », sur le site du MRAP, le 29 septembre 2006.
  12. Mouloud Aounit, « Présidentielles : une lettre ouverte de Mouloud Aounit », sur Bellaciao, 7 janvier 2007.
  13. Mort du militant anti raciste Mouloud Aounit Le courrier de l'Atlas, 10 août 2012
  14. « Mouloud Aounit attend 2.000 soutiens », sur NouvelObs.com, 13 avril 2007.
  15. a, b et c « Des membres du Mrap fustigent Mouloud Aounit », sur NouvelObs.com, 24 mai 2007.
  16. « Les signataires, parmi lesquels les membres du conseil d'administration (comptant 33 membres) Gérard Kerforn, Emmanuelle Le Chevallier, Horiya Mekrelouf, René Meyer, Didier Poupardin, Yves Loriette, Anne Savigneux, Maya Vigier ou encore Nadia Kurys, de la Présidence nationale », ib.
  17. Site web du MRAP
  18. Site web du MRAP
  19. L'ancien président du Mrap est mort, Le Figaro, 10 août 2012.
  20. Mort de M. Aounit : Aubry "triste", Le Figaro, 10 août 2012.
  21. Décret du 14 novembre 2000 portant promotion et nomination, JORF no 264, 15 novembre 2000, p. 18015, NOR PREX0004475D, sur Légifrance.
  22. Décret du 31 décembre 2003 portant promotion et nomination, JORF no 1, 1er janvier 2004, p. 17, texte no 7, NOR PREX0307043D, sur Légifrance.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]


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