José Antonio Primo de Rivera

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José Antonio Primo de Rivera
Image illustrative de l'article José Antonio Primo de Rivera
Fonctions
1er Chef national de la Phalange espagnole
Successeur Manuel Hedilla
Député aux Cortes Generales
pour Cadix
Biographie
Nom de naissance José Antonio Primo de Rivera y Sáenz de Heredia
Date de naissance
Lieu de naissance Madrid, Royaume d'Espagne
Date de décès (à 33 ans)
Lieu de décès Alicante, Espagne
Nationalité Espagnole
Parti politique Union monarchiste nationale
Phalange espagnole
Profession Avocat, personnalité politique
Religion Catholique

José Antonio Primo de Rivera y Sáenz de Heredia (Madrid, - Alicante, ) est un homme politique espagnol, créateur de la Phalange espagnole, un parti national-syndicaliste. Il est mort exécuté le à Alicante.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils du général Miguel Primo de Rivera, dictateur en Espagne entre 1923 et 1930. José Antonio étudie à la Faculté de Droit de Madrid, devenu avocat il écrit dans les journaux El Fascio et ABC. Le , voulant défendre la mémoire de son père, il accepte la charge de vice-secrétaire de la Unión Monárquica d'Alfons Sala i Agermí, mais est battu aux élections de 1931 par son adversaire conservateur Bartolomé Cossío. En 1932, il est arrêté pour son soutien apporté à la Sanjurjada, pronunciamiento militaire du Général Sanjurjo, et fonde avec l'aviateur Julio Ruiz de Alda le « Movimiento Sindicalista Español » qui sera l'embryon de la Phalange. Le , il fonde la Phalange espagnole, un parti d'inspiration fasciste. Battue aux élections législatives du , avec un score électoral de 0,7 % des votes, elle est déclarée hors la loi par les Républicains espagnols à la suite de la tentative d'assassinat de Jiménez de Asúa par des étudiants du Sindicato Español Universitario (SEU), un syndicat national-syndicaliste. José Antonio se voit alors emprisonné à la prison Modelo de Madrid avec d'autres dirigeants du parti, pour avoir eu en sa possession trois revolvers, ce qui ne l'empêchera pas de continuer à diriger depuis la prison. Le il est transféré à la prison d'Alicante qui sera sa tombe.

En juillet 1936, José Antonio se voit obligé, contre sa volonté, d'accorder son soutien au Général Emilio Mola et aux autres généraux insurgés contre le gouvernement républicain.

Le , José Antonio Primo de Rivera est jugé pour rébellion militaire, assurant lui-même sa propre défense et celle de son frère Miguel et de la femme de ce dernier, puis est condamné à mort par un tribunal populaire. Il est exécuté à Alicante le 20 novembre de la même année. Il devient un des martyrs du mouvement franquiste. José Antonio Primo de Rivera est exhumé en 1959 pour être inhumé dans la basilique Sainte-Croix del Valle de los Caídos.

Exécution et conséquences[modifier | modifier le code]

Malgré leur soutien public à la personne de José Antonio Primo de Rivera, les militaires insurgés contre la République ne parvinrent à lui sauver la vie. La figure du martyr, amplement exploitée dans les années qui suivirent, résulte sans doute d'un choix car elle est moins encombrante que celle du dirigeant politique. Primo de Rivera fut alors comme « vivant mais absent », et les chefs de la Phalange n'essayèrent pas de se doter d'un nouveau chef charismatique, obéissant ainsi à la volonté de Franco de concentrer l'ensemble du pouvoir et du potentiel nationaliste entre ses mains. Pendant la guerre, il fut connu dans la zone Nationale comme « l'absent », signe clair qu'à l'époque beaucoup doutaient de la véracité de sa mort. Son testament révèle une constance de son plus grand désir : « que mon sang soit le dernier à être répandu dans des discordes civiles ». Une autre de ses phrases les plus célèbres est sans doute « Que tous les peuples d'Espagne, aussi divers soient-ils, se sentent en harmonie dans une irrévocable union de destin ».

Il a maintenu une relation d'amitié avec divers députés socialistes, parmi lesquels Indalecio Prieto, et on l'aperçut plusieurs fois aux côtés d'anarchistes-syndicalistes tels que Angel Pestaña, avec lequel il ne parvint à aucun accord sur aucun point. Nombre de ses adversaires les plus farouches ne se défendront d'ailleurs que mal d'une sympathie spontanée à son égard[1].

En même temps, l'exécution de José Antonio Primo de Rivera élimina l'unique chef charismatique du camp rebelle qui pouvait faire de l'ombre aux militaires, laissant la voie libre pour la conversion de la Phalange en parti unique du régime (unifié avec les traditionalistes, malgré leurs nombreuses divergences idéologiques, une Phalange 'domestiquée', avec Francisco Franco comme chef national, qui fit arrêter Manuel Hedilla, numéro 2 de la Phalange Espagnole des JONS après la mort de José Antonio Primo de Rivera.

Francisco Franco ordonna que sa dépouille soit transférée et enterrée à la Basílica del Valle de los Caídos.

Informations supplémentaires[modifier | modifier le code]

José Antonio Primo de Rivera est l'auteur des paroles de l'hymne de la Phalange, Cara al sol. Il considérait son mouvement, la Phalange espagnole, comme un parti national-syndicaliste, exaltant la nation.

José Antonio Primo de Rivera fonda en 1934 la Section Féminine de la Phalange espagnole, dans l'intérêt bien sûr d'avoir davantage de soutien. Sa sœur Pilar Primo de Rivera s'occupera de cette Section Féminine jusqu'à son démantèlement après la chute du franquisme.

Sa postérité[modifier | modifier le code]

Pendant le régime franquiste, son nom a été donné à une des principales avenues de presque toutes les villes d'Espagne. Ces voies ont été débaptisées après 1975. La dernière statue publique de José Antonio Primo de Rivera est déboulonnée en mars 2005 sur décision du conseil municipal de Guadalajara, faisant suite au gouvernement espagnol qui procéda à l'enlèvement de la statue du général Franco à Madrid. Ces monuments sont en effet jugés inopportuns dans une Espagne démocratique. Franco est également mort le , soit 39 ans plus tard (on a soupçonné que sa vie avait été artificiellement prolongée pour atteindre cette date symbolique). Il repose près de José Antonio. Le 20 novembre demeure une date symbolique pour l'extrême droite espagnole. Le déplacement des sépultures de José Antonio Primo de Rivera et de Franco a été demandé par les députés communistes d’Izquierda y Unión en 2005 en même temps que la reconversion de la basilique Sainte Croix édifiée au nom des caidos, c'est-à-dire de « ceux qui sont tombés », puisqu'elle était censée rendre hommage à tous les morts de la guerre civile. Il n'est cependant pas prévu dans le projet actuel de procéder à une quelconque exhumation.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Jean Marot Face au soleil, l'Espagne de José Antonio, La Librairie française, 1960.
  • Arnaud Imatz, José Antonio et la Phalange espagnole, Éditions Albatros, 1981.
  • José Antonio Primo de Rivera, La Réponse de l'Espagne, Éditions du Trident, 2003.
  • José Antonio Primo de Rivera, Face à face, Éditions de L'homme libre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Broué et Émile Témime, La révolution et la guerre d'Espagne, Les Éditions de minuit, 2006, p. 35.

Liens externes[modifier | modifier le code]