Rafael Sánchez Mazas

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Rafael Sánchez Mazas

Rafael Sánchez Mazas était un écrivain espagnol, leader de la Phalange, un mouvement politique d'extrême droite créé en Espagne avant la Guerre d'Espagne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sánchez Mazas est né à Coria le 18 février 1894, et fut diplômé en droit au Real Colegio de Estudios Superiores de María Cristina, à El Escorial.

En 1915, il publia Pequeñas memorias de Tarín. Il a collaboré activement au magazine Hermes, ainsi qu'au journal monarchiste et conservateur ABC, mais aussi à El Sol et El Pueblo Vasco. En 1921, il travaillait au Maroc en tant que correspondant pour El Pueblo Vasco, et en 1922 il se trouvait à Rome en tant que correspondant pour ABC.

Sánchez Mazas vécut en Italie pendant sept ans, et y épousa Liliana Ferlosio. Il s'impliqua alors de façon active en politique, aux côtés du mouvement fachiste qui se développait à cette époque.

Sánchez Mazas est le père de Chicho Sánchez Ferlosio, poète et chanteur libertaire et anti-fasciste, du mathématicien et philosophe Miguel Sanchez Ferlosio-Mazas et du romancier Rafael Sanchez Ferlosio.

Retour en Espagne et engagements politiques[modifier | modifier le code]

Sánchez Mazas rentra en Espagne en 1929 et devint conseiller pour José Antonio Primo de Rivera, l'idéologiste principal et leader emblématique de la Phalange. En 1933, il contribua à la création l'hebdomadaire El Fascio, qui fut interdit par les autorités dès la publication de son second numéro.

Après la création de la Falange Española le 29 octobre 1933, Sánchez Mazas fut nommé "membre du conseil", et resta un membre actif jusqu'à l'éclatement de la Guerre d'Espagne (juillet 1936 - avril 1939). En février 1934, il écrivit Oración por los muertos de Falange. Il collabora également à l'écriture de Cara al sol, l'hymne de la Phalange.

Sánchez Mazas dans la Guerre Civile[modifier | modifier le code]

Sánchez Mazas fut arrêté et emprisonné à Madrid dès mars 1936, alors que la Phalange venait d'être déclarée hors la loi par le gouvernement républicain. Il bénéficia d'une courte permission à l'occasion de la naissance de son quatrième fils, mais pour des raisons inconnues, il ne regagna pas son lieu de détention[1], et se réfugia dans les locaux de l'ambassade du Chili à Madrid où il bénéficiait de l'asile politique.
En 1937 il tenta de quitter le pays, mais fut arrêté à Barcelone au mois de novembre. Il fut alors détenu dans le bateau-prison « Uruguay » jusqu'au 24 janvier 1939, quand il fut transféré pour être exécuté avec environ cinquante autres détenus au Monastère de Santa Maria del Collel, au nord de Gérone Catalogne.

L'exécution eut lieu le 30 janvier, mais, quand le peloton d'exécution ouvrit le feu sur les prisonniers, Sánchez Mazas parvint à se glisser en dehors du groupe et s'enfuit dans la forêt. Une chasse à l'homme fut organisée et Sánchez Mazas fut découvert, caché dans des buissons, peu de temps après sa fuite. Pourtant, le soldat républicain qui le repéra alors décida de garder sous silence sa découverte, et n'en informa personne, lui sauvant ainsi volontairement la vie.
Après quelques jours de marche et d'errance dans les bois, Sánchez Mazas fut secouru par une famille de paysans près de Palol de Revardit Girona. Avec deux soldats déserteurs de l'armée républicaine, il resta caché plusieurs jours dans une ferme abandonnée, n'en sortant à la nuit que pour aller chercher de la nourriture. Il fut délivré quelques jours après par l'arrivée des troupes nationales.

Après-guerre, décès, et postérité[modifier | modifier le code]

En 1940, il fut nommé membre de la Real Academia Española de la Lengua, mais il râta sa cérémonie d'inauguration.

Après la guerre, Sánchez Mazas se retrouva héritier d'une importante fortune. Il continua à faire part de ses nombreuses visions politiques. Il est mort à Madrid, en octobre 1966.

L'histoire de son évasion a inspiré à Javier Cercas, écrivain catalan, le roman Soldados de Salamina, qui fut adapté au cinéma par David Trueba en 2003. Ses fils Rafael Sánchez Ferlosio et Chicho Sánchez Ferlosio ainsi que Máximo Pradera, son petit-fils, sont aujourd'hui des artistes reconnus.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Certains auteurs pensent aujourd'hui qu'il ne put le faire pour des raisons échappant à son contrôle, des contraintes extérieures matérielles dues au conflit.

Voir aussi[modifier | modifier le code]