Jeanne Barret

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Jeanne Baré en uniforme de marin.

Jeanne Barret (ou Baré, Baret, née Barer[1]), née le 27 juillet 1740 à La Comelle (Saône-et-Loire) et morte à Saint-Antoine-de-Breuilh (Dordogne) le 5 août 1807, est la première femme à faire le tour du monde[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Orpheline et réduite à la misère, elle prend le parti de déguiser son sexe pour vivre l'aventure.

Compagne du botaniste Philibert Commerson, elle se fait passer pour son valet, sous le nom de Jean Baré pour l'accompagner dans l'expédition dirigée par Bougainville en 1766, à une époque où il est hors de question d'embarquer une femme[3].

Leur supercherie est découverte à Tahiti en 1768, mais Bougainville les laisse continuer le voyage jusqu'à l'Île de France, l'actuelle île Maurice, où il les débarque. Commerson y meurt en 1773.

Désormais seule et sans ressources, Jeanne ouvre un cabaret à Saint-Louis et rencontre un officier de marine français, originaire du Périgord, Jean Dubernat, qu'elle épouse le 17 mai 1774 dans la cathédrale de Saint-Louis. Le couple rentre en France, bouclant ainsi le tour du monde. Jeanne ramène les récoltes botaniques de Commerson destinées au Jardin du roi, soit 30 caisses contenant quelque 5 000 espèces, dont 3 000 sont décrites comme nouvelles. Elle reçoit sa part de l'héritage de Commerson et le roi Louis XVI, qui reconnaît ses mérites comme aide-botaniste, la félicite pour sa bonne conduite, la désigne comme « femme extraordinaire » et lui verse une rente.

Elle meurt en 1807[4]. Elle est enterrée au cimetière de l'église de Saint-Aulaye, située sur la commune de Saint-Antoine-de-Breuilh en Dordogne. Elle a eu un fils né à Paris en 1764 et mort en bas âge.

Bougainville la cite dans son récit de voyage[5], et Diderot dans son supplément au voyage[6].

Son histoire est romancée dans La Bougainvillée, de Fanny Deschamps (1982).

Éponymie[modifier | modifier le code]

Au cours du voyage, Commerson lui dédie un arbuste de la famille des Meliaceae, Baretia bonnafidia. Néanmoins, l'espèce changera, par la suite, de nom pour devenir Turraea floribunda, synonyme de Turraea heterophylla[7].

Il faudra attendre plus de 200 ans pour qu'un nouveau taxon commémore le nom de Jeanne Barret : en 2012, une nouvelle espèce de Solanaceae découverte en Amérique du Sud est nommée Solanum baretiae en son honneur[8].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Son orthographe varie suivant les textes.
  2. Jacques Le Goff, Patrimoine et passions identitaires, Fayard,‎ 1998, p. 82
  3. Le nom retrouvé de Jeanne Baret, première circumnavigatrice et botaniste, Le Monde
  4. et non en 1816 comme indiqué par erreur par certains biographes[réf. nécessaire]
  5. Voyage autour du monde par la frégate du Roi La Boudeuse et la flute l'Etoile en 1766, 1767, 1768, et 1769 (1 volume, 1771 et 2 volumes, 1772)
  6. Le Supplément au Voyage de Bougainville, ou Dialogue entre A et B sur l'inconvénient d'attacher des idées morales à certaines actions physiques qui n'en comportent pas
  7. The International Plant Names Index ne répertorie par ailleurs aucun genre Baretia ou Barretia, et par conséquent aucune espèce de ce genre potentiel.
  8. (en) Eric J. Tepe, Glynis Ridley et Lynn Boh, « A new species of Solanum named for Jeanne Baret, an overlooked contributor to the history of botany », PhytoKeys, vol. 8,‎ 3 janvier 2012, p. 37-47 (DOI 10.3897/phytokeys.8.2101, lire en ligne)