Jean Follain

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Signature de Jean Follain

Jean Follain, né le 29 août 1903 à Canisy et mort accidentellement le 10 mars 1971 à Paris, est un écrivain et poète français.

Son œuvre est l'une de celles qui ont le plus contribué à l'avènement d'une poésie nouvelle, dégagée de l'empreinte du surréalisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Follain naît le 29 août 1903 dans le petit bourg de Canisy, au sud de Saint-Lô, dans la Manche, où il passe son enfance. Dès 1913, il fréquente le collège de Saint-Lô, où son père est professeur de sciences naturelles. En 1919, il séjourne à Leeds pour perfectionner, en vain, son anglais, et en 1921 entreprend des études de droit à la Faculté de Caen, effectuant en 1923 un premier voyage à Paris. Il est, pour raisons de santé, exempté de service militaire.

Jean Follain se fixe l'année suivante à Paris, effectue un stage chez un avoué, et découvre les milieux littéraires. En 1927 il s'inscrit au Barreau de Paris, participe aux réunions du groupe “Sagesse”, fait la connaissance d'André Salmon, Pierre Reverdy, Pierre Mac Orlan, Max Jacob et Armen Lubin. Il publie en 1933 son premier recueil, "Cinq poèmes", se lie avec Eugène Guillevic et Pierre Albert-Birot. Il se marie en 1934 avec la fille du peintre Maurice Denis, Madeleine, peintre elle-même sous le nom de Dinès. La même année, il rencontre Edmond-Marie Poullain. Il reçoit en 1939 le prix Mallarmé. Malgré sa très mauvaise vue, il est mobilisé en 1940 comme canonnier dans la DCA de Châteaudun. Jean Follain, qui reçoit en 1941 le prix Blumenthal, soutient ensuite les mouvements poétiques qui refusent l'ordre de Vichy.

Premier Salon de Mai

En 1951 il abandonne sa carrière d'avocat, continuant de résider à Paris, pour un poste de magistrat au Tribunal de grande instance à Charleville. Membre du Comité du PEN club depuis 1949 il voyage à ce titre, en 1957, en Thaïlande et au Japon, et reçoit en 1958 le prix international de Capri. Multipliant les voyages, au Brésil, au Pérou et en Bolivie (1960), plus tard aux États-Unis (1966), en Côte d'Ivoire et au Sénégal (1967), il abandonne en 1961 la magistrature, participant assidûment aux Décades culturelles de Cerisy-la-Salle, tout proche de Canisy. Il reçoit en 1970 le grand prix de poésie de l'Académie française.

Il meurt à Paris le 10 mars 1971, alors qu'il rentre d'un banquet donné sur le bateau du Touring Club, renversé par une voiture peu après minuit, au débouché du tunnel sur le quai des Tuileries. Il est enterré le 16 mars à Canisy.

L’Association « Lire à Saint-Lô » et la Ville de Saint-Lô avec le concours de la Direction régionale des Affaires culturelles de Basse-Normandie, du Centre régional des Lettres de Basse-Normandie, du Conseil général de la Manche, organisent un concours littéraire bisannuel « prix Jean Follain de la ville de Saint-Lô ».

Éléments de bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Cinq poèmes, La Rose des Vents, 1933
  • La Main chaude, avec une introduction d'André Salmon, Corréa, 1933
  • L’Année poétique n°1, Éditions des Trois Magots, 1934
  • Huit poèmes, Debresse, 1935
  • Paris, Corréa, 1935; Phébus, 1978 (présenté par Gil Jouanard)
  • Le Gant rouge, Sagesse, 1936
  • La Visite du domaine, G. L. M., 1936
  • Chants terrestres, Denoël, 1937
  • L’Épicerie d'Enfance, Corréa, 1938
  • Poètes, Éditions Beresniack, 1941
  • Ici-bas, Éditions Du Journal des Poètes, 1941
  • Canisy, Gallimard, 1942. Nouvelle édition, 1986. Cet ouvrage a été illustré par Pierre-Eugène Clarin de lithographies en couleurs, pour le compte des Bibliophiles de France et de Normandie 1974
  • Inventaire, Cahiers de Rochefort, 1942
  • Usage du temps suivi de Transparence du monde, Gallimard, 1943
  • Exister, Gallimard, 1943
  • Chef-lieu, Gallimard, 1950. Nouvelle édition, 1986
  • Les Choses données, Seghers, 1952
  • Territoires, Gallimard, 1953
  • Palais souterrain, PAB, 1953
  • Objets, Rougerie, 1955
  • Tout instant, Gallimard, 1957
  • Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars, Plon, 1959
  • Des heures, Gallimard, 1960
  • Notre monde, Éditions R. Atteln, Wulfrath, 1960
  • Poèmes et prose choisis, Gallimard, 1961
  • Appareil de la terre, avec des lithographies de Lapicque, Galanis, 1962 et Gallimard, 1964
  • Pérou, Rencontre, 1964
  • Cheminements, Club du Poème (Genève), 1964
  • Célébration de la pomme de terre, Robert Morel, 1966; Deyrolle Éditeur, 1997
  • Petit glossaire de l'argot ecclésiastique, Jean-Jacques Pauvert, 1966
  • D'après tout, Gallimard, 1967
  • Pierre Albert-Birot, Poètes d'aujourd'hui, Pierre Seghers, 1967
  • Approches, Vodaine, 1969
  • Éclats du temps, Duchêne, 1971
  • Espaces d'instants, Gallimard, 1971
  • Pour exister encore, Société Silium, 1972
  • Collège, préface de Marcel Arland, Gallimard, 1973
  • Comme jamais, Éditeurs Français Réunis, 1976
  • Faire valoir, Commune mesure, 1976
  • Noir des carmes, Commune mesure, 1976
  • Le pain et la boulange, La Feugraie, 1977
  • Présent jour, avec 36 dessins originaux de Denise Esteban, Galanis/Fata Morgana, 1978
  • Les Uns et les autres, Rougerie, 1981
  • "L'érotisme d'avant 1914", "Pierre Reverdy", "Maurice Denis", dans "Poésie Présente" - Cahiers trimestriels de poésie n° 39 - Rougerie, Juin 1981
  • Cérémonial bas-normand, Fata Morgana, 1982
  • La Table, Fata Morgana, 1984
  • Canisy suivi de Chef-lieu, Gallimard, 1986 (ISBN 2070707520)
  • Ordre terrestre, préface d'André Frénaud, Fata Morgana, 1986
  • Agendas 1926-1971, Édition établie et annotée par Claire Paulhan, Seghers, 1993 (ISBN 2232102904)

De nombreuses plaquettes de Jean Follain ont été illustrées de dessins, gravures et lithographies.

Plusieurs recueils de Jean Follain ont été réédités dans la collection de poche Poésie/Gallimard :

Sur Jean Follain[modifier | modifier le code]

  • André Dhotel, Jean Follain, Poètes d'aujourd'hui, Pierre Seghers, 1956
  • Jean Follain, (textes notamment de Raymond Queneau, Jean Tardieu, Eugène Guillevic, André Frénaud…), La Nouvelle Revue Française, no 222, Paris, juin 1971
  • "Visages de Jean Follain" avec des inédits - "La Barbacane" numéros 11/12 - 1971 - tirage 500 exemplaires.
  • « Hommage à Jean Follain », Les Cahiers bleus, no 4, printemps 1976
  • Jean Follain, Sud, printemps 1979
  • Lire Follain, sous la direction de Serge Gaubert, textes de Lucette Czyba, Jean-Yves Debreuille, Robert Fabre, Serge Gaubert, Guillevic, Pierre Michel, René Plantier et Jean Rousselot, Presses Universitaires de Lyon, 1981 (ISBN 2-7297-0124-9)
  • Jean-Yves Debreuille, Jean Follain, Un monde peuplé d'attente, Éditions Autres Temps, 1995
  • Françoise Rouffiat, Jean Follain le même, autrement, Éditions Champ Vallon, collection « Champ poétique », 1996 (ISBN 2-87673-224-6)
  • Joseph Rouffanche, Jean-Follain et la Passion du Temps, (d'après une thèse d'État), Rougerie, 2001.
  • Yves Dodeman, « Le poète Jean Follain aurait 100 ans », Revue généalogique normande, no 92,‎ 2004 (ISSN 0294-7382)
  • "Contrordre" n°3 ; avec 4 poèmes inédits de Jean Follain (date non précisée) - tirage 600 exemplaires.

Jugements[modifier | modifier le code]

« Décrits, saisis dans ses poèmes, une scène, un événement du présent sont comme s'ils nous avaient déjà échappé; le temps les déborde de toutes parts ; leur rayonnement discret, mais unique, nous parvient à travers une glace infranchissable, et nous les voyons avec les yeux de ceux qui viendront après nous ; ce sont des pans demeurés debout d'une réalité déjà détruite. Pour Jean Follain, tout événement, toute vision appartient à un passé virtuel, comme s'il ne pouvait vivre et voir qu'à reculons. »

Luc Decaunes

« C'est durant la Seconde Guerre mondiale, et plus particulièrement en 1942 et 1943, que se sont révélés les trois principaux poètes de l'objet : Francis Ponge, Eugène Guillevic et Jean Follain. (…) Jean Follain – comme Guillevic – remettait en cause les rapports de l'homme avec son univers ambiant. Cette intériorisation faisait de lui un philosophe de l'imaginaire et un poète ennemi des grandes démonstrations romantiques. »

Alain Bosquet, dans Le Monde, Paris, 11 mars 1971

« De sa génération, Follain a été le premier à écrire en dehors du surréalisme, sinon contre lui. Peut-être parce que, comme moi, il avait vécu longtemps à la campagne. Et la campagne d'abord, c'est le silence. Le surréalisme a produit beaucoup de bruit. Le silence nous a donné une approche des mots. Pour nous, le mot se détache du silence. »

Eugène Guillevic, dans Lire Follain, 1981

« Il est à la fois le Jean-Henri Fabre du souvenir méticuleux et le Wang Wei de l'immobilité contemplative, celui qui livre les choses sans les commenter ni les enjoliver (…) Lui, grand consignateur, n'interprète pas : il délivre. »

Gil Jouanard [réf. nécessaire]