Edmond-Marie Poullain

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Edmond-Marie Poullain

Description de cette image, également commentée ci-après

Edmond-Marie Poullain en 1908

Naissance
Montebourg
Décès
Granville
Nationalité Drapeau de la France France
Activités Peintre-graveur

Edmond-Marie Poullain, né le à Montebourg (Normandie) et mort le à Granville, est un magistrat, peintre-graveur et aquafortiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lorsqu’Edmond-Marie Poullain débarque à Paris en 1903 pour y faire son droit, il est plus soucieux de réaliser son ambition artistique. Il s’inscrit à l’école des beaux-arts, mais il lui préférera les soirées de la Plume, la revue littéraire dirigée par Karl Boès, au Caveau du Soleil d’or, place Saint-Michel.

Dans ces soirées s’organisent des rencontres d’écrivains et de jeunes artistes. C’est dans ce lieu que se retrouvent la plupart de ceux que l’on appellera plus tard la bande à Picasso.

Très attiré par cette existence nouvelle et convoitée de longue date, qui le libère du joug parental, Edmond-Marie Poullain, du bistrot du Père Jean, à la Closerie des Lilas (ou il rencontre Picasso et Paul Fort) en passant par le Bateau-Lavoir, noue les grandes amitiés qu’on lui connaît, surtout avec Guillaume Apollinaire, Max Jacob et André Salmon.

Dans son atelier de la rue de Seine, en 1904, Poullain ébauche le portrait d’Apollinaire, un bien curieux portrait à moustaches (il réalisa deux autres portraits, dont l’un au fusain qui se trouve au Musée de Stavelot en Belgique). C’est dans cet atelier, puis plus tard dans ceux de la rue de Ravignan et de la rue Campagne-Première que Poullain aime à recevoir ses amis lors de soirées artistiques auxquelles prennent part de jeunes femmes peu farouches, et où l’on parle de peinture et de poésie. André Salmon a conté comme personne ne le peut mieux faire dans ses Souvenirs sans fins, ce que furent les réunions dans l’atelier de Poullain, de personnages comme Mécislas Golberg, le peintre Edvard Diricks, Nicolas Deniker, Arne Hammer, Jean Mollet dit le « baron », le sculpteur catalan Manolo Hugué et quelques autres. En 1905, il rencontre Matisse, année à partir de laquelle Poullain exposa au salon des indépendants.

Très tôt, Edmond-marie Poullain perçoit le danger que représente le cubisme, si contraire à sa peinture qu’il sent menacée. Alors il renonce à l’aventure, fuit Paris un jour de 1906, se réfugiant au plus profond de sa Normandie ancestrale à Vauville. Inscrivant sa peinture dans un régionalisme fervent, souffrant de son isolement, il regrette ces moments privilégiés de sa jeunesse et de la « bande à Picasso ».

De 1907 à 1919, il est avocat à Valognes. Il est nommé juge de paix en 1919.

En 1911, on arrête Guillaume Apollinaire que l’on accuse d’être à l’origine du vol de la Joconde. Contrastant avec l’attitude de Picasso, Poullain soutient son ami Guillaume, enfermé à la Prison de la Santé. Il use alors de son talent juridique pour réconforter le poète. Confiant, Apollinaire lui livre certaines confidences dans des lettres de prison.

C’est en 1925 qu’André Salmon et Fernand Fleuret se déplacent chez le peintre à Bréhal et se rendent ensemble à la Foire de Lessay retrouver Louis Beuve. Edmond-Marie Poullain recevra également dans sa maison de Bréhal, à plusieurs reprises, son amie Louise Hervieu, dont-il fera un superbe portrait.

En 1942, il entre dans la Résistance intérieure française, intégré au réseau Marland[1]. En 1946, il accueillera chez lui André Salmon, condamné à une période de cinq ans d’indignité nationale (condamnation très rapidement amnistiée).

Il épousera Odette Cabart-Danneville[2] avec qui il aura deux enfants, Marie-Odette en 1922 qui épousera Ralph Messac et Marthe en 1923.

Edmond-Marie Poullain n’avait pas la prétention d’être un grand peintre mais il avait conscience de son talent. Il n’avait pas appris la peinture, il l’avait en lui.

Edmond-Marie Poullain est inhumé à Granville.

Plaque se trouvant sur le dernier domicile d'Edmond-Marie Poullain à Granville.
Tombe d'Edmond-Marie Poullain dans le cimetière de Granville.

Notes[modifier | modifier le code]

Bibliographie et références[modifier | modifier le code]

  • Catalogue de l’exposition Edmond-Marie Poullain - Éditions Arts et Cultures 1986
  • Laurent Clément, Edmond-Marie Poullain n’est plus, Ouest-France et La Manche libre, 6 juillet 1951.
  • Fernand Vatin, Edmond-Marie Poullain, peintre et aquafortiste, Le Réveil, 20 septembre 1951.
  • André Salmon, Edmond-Marie Poullain, l’ami des peintres et poétes parisiens, La Manche libre, 12 février 1962.
  • Laurent Clément, Edmond-Marie Poullain, la Revue de l’Avranchin, no 262 de mars 1970.
  • Pierre Leberruyer, Le peintre Edmond-Marie Poullain préféra la Hague à Montmartre, La Presse de la Manche, 23 mai 1975.
  • Exposition rétrospective Edmond-Marie Poullain de juin à octobre 1986 à Cherbourg, Granville, La Lucerne-d'Outremer.
  • Vidéo Edmond-Marie Poullain - Arts et Culture 1986 - Edmond-Marie Poullain, André Salmon, Fernand Fleuret et Louis Beuve à la Foire de Lessay.

Photos de l’artiste[modifier | modifier le code]

Quelques œuvres (reproduction interdite)[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]