Jean-Albert Grégoire

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Jean-Albert Grégoire, né le 7 juillet 1899 à Paris 17e et mort le 19 août 1992 à Neuilly-sur-Seine, est un ingénieur français polytechnicien (X1918) et docteur en droit, l'un des grands pionniers de la traction avant dans le monde et le premier en France.Il prona l'utilisation des alliages d'aluminium dans la technique automobile.

Il fut aussi en son temps un champion de France du 100 mètres[1] aux championnats interscolaires.

Il participa plusieurs fois aux 24 heures de Mans ou il engageai des Tracta, roadsters de sport à traction avant.

Panhard Dyna X (1948), conçue d'après le prototype Aluminium Français de J.-A. Grégoire

Le joint « Tracta »[modifier | modifier le code]

Article détaillé : joint Tracta.

Le joint Tracta est un double cardan sphérique breveté[2] en décembre 1926 par Pierre Fenaille, associé de J.-A. Grégoire, puis industrialisé par la société Tracta. C'est un joint homocinétique (adjectif inventé à cette occasion[3]) qui fut utilisé dans la construction des premières automobiles européennes à traction avant.

Le joint Tracta a été adopté par différentes marques, dont DKW entre 1929 et 1936 et Adler de 1932 à 1939, ainsi que sur la plupart des voitures conçues par J.-A. Grégoire.

On le retrouve dans de nombreux véhicules militaires de la Seconde Guerre mondiale : Laffly et Panhard en France, Alvis et Daimler au Royaume-Uni et Willys aux États-Unis qui monta le joint Tracta dans un quart de million de jeeps et nombreux autres véhicules. Ce succès se confirma après la guerre, dans les premiers modèles de Land Rover.

Conception d'automobiles à traction avant[modifier | modifier le code]

Tracta Gephi[modifier | modifier le code]

La Tracta Gephi est la première automobile conçue sous la direction de J.-A. Grégoire pour l'application pratique du joint Tracta. Toutes les voitures Tracta (environ 200 fabriquées entre 1927 et 1932) l'utilisèrent. La première d'entre elles courut aux 24 Heures du Mans 1927 et parvint à l'arrivée. Les voitures Tracta eurent des moteurs S.C.A.P. de 1 100 à 1 600 cm³, et des moteurs Continental et Hotchkiss dans la gamme des 2 700 à 3 300 cm³.

Donnet[modifier | modifier le code]

J.-A. Grégoire dessina avec Lionel Mallard une 11 CV à 6 cylindres pour Donnet en 1932. Seuls cinq prototypes ont été produits, dont l'un fut présenté au Salon de Paris de 1932, avant que Donnet n'eût été mis en liquidation.

Chenard et Walcker[modifier | modifier le code]

Il a ensuite collaboré avec Lucien Chenard sur la conception de deux voitures pour Chenard et Walcker. Elles étaient de conception avancée, mais n'ont pas eu de succès commercial.

Amilcar Compound[modifier | modifier le code]

En 1937, il conçut l'Amilcar Compound, produite par Hotchkiss de 1938 à la Seconde Guerre mondiale, époque à laquelle 681 exemplaires furent réalisés. Cette voiture faisait appel à d'autres idées de Grégoire, comme un châssis en Alpax (alliage d'aluminium léger). D'autres fonctionnalités avancées avaient été prévues, comme la direction à crémaillère et la suspension indépendante sur les quatre roues. Mais la voiture avait des faiblesses, comme les freins et le changement de vitesse à câbles, ou encore un moteur à soupapes latérales, bien que ce fût encore la règle sur la plupart des voitures de cette époque. Une version à soupapes en tête est venue plus tard.

Aluminium Français-Grégoire et Dyna X Panhard[modifier | modifier le code]

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Grégoire travailla en secret avec son équipe d'ingénieurs d'Asnières-sur-Seine sur une petite voiture, l'Aluminium Français-Grégoire (en association avec Aluminium Français, société qui deviendrait plus tard Aluminium Péchiney) : elle avait un châssis-cadre en alliage léger, la traction avant, un moteur à deux cylindres à plat (« flat-twin ») à refroidissement par air et une suspension indépendante sur les quatre roues. Cette petite voiture à quatre places, qui pesait seulement 400 kg et pouvait atteindre 100 km/h fut à la base de la construction en grande série de la Panhard Dyna X de 1948.

Hotchkiss-Grégoire[modifier | modifier le code]

En 1950 apparut l'Hotchkiss-Grégoire, une autre voiture construite en collaboration avec Hotchkiss, qui comportait à nouveau un châssis alpax et une carrosserie en alliage léger. Avec sa suspension à flexibilité variable, son moteur quatre cylindres à plat de 2 litres puis 2,2 litres refroidi par eau en porte-à-faux avant et sa carrosserie aérodynamique étudiée en soufflerie, cette voiture était rapide (150 km/h) et sûre, mais son prix trop élevé, entre autres, fit qu'elle ne fut construite qu'en 247 exemplaires, jusqu'en 1954.Les numéros allant de 500 à 747.

C'est l'une des plus rares autos de tourisme car commercialisée seulement en pré-série.L'usine Hotchkiss étant en liquidation dés 1954.Il en subsisterai moins de 60.

Grégoire sport[modifier | modifier le code]

Début 1956, à Dearborn (EU), Grégoire présenta un cabriolet trois places équipé du moteur 4-cylindres 2 188 cm³ de la Hotchkiss-Grégoire suralimenté par un compresseur Constantin et d'une puissance de 125 ch à 4 500 tr/min. Dessiné par le Français Carlo Delaisse, reprenant les principes de la berline (traction avant, suspension à roues indépendantes et flexibilité variable, structure coulée en alliage léger) mais abandonnant toute recherche aérodynamique, il était doté de freins assistés, à disques à l'avant. Moins de dix exemplaires furent produits (cinq cabriolets et un coupé ?), leur réalisation étant confiée à la carrosserie Henri Chapron.

Moteur électrique et turbine à gaz[modifier | modifier le code]

Toutes les voitures mentionnées précédemment étaient à traction avant, mais Grégoire mena également l'étude d'une voiture à moteur électrique central et roues arrière motrices, et réalisa aussi une voiture expérimentale à turbine à gaz, la Socema-Grégoire[1], avec un groupe moteur avant et des roues arrière motrices.

Publications de J.-A. Grégoire[modifier | modifier le code]

  • L'ingénieur de l'automobile, Éditions Tiranty, Paris, 1949, 67 pages (introduction de Charles Faroux, illustrations de J. Sennep et P. Collot)
  • L'aventure automobile, Flammarion , 1953, 275 pages
  • 24 heures au Mans, roman, Flammarion , 1955, 280 pages
  • Des autos et des mots, la Table ronde, 1985 (ISBN 2-7103-0253-5), 203 pages
  • 50 ans d'automobile : La traction avant, Flammarion, 1974
  • 50 ans d'automobile : Tome 2, la voiture électrique, Flammarion, 1992 (ISBN 2-08-010751-8), 331 pages
  • Vivre sans pétrole, Flammarion,1992 (ISBN 2-08-064164-6), 215 pages
  • Toutes mes automobiles, avec Henri Rouger, Daniel Tard, et Marc-Antoine Colin, éd. Charles Massin, 1993 (ISBN 2-7072-0218-5), 156 pages

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Voitures réalisées par Grégoire
  2. Brevet Pierre Fenaille FR628309
  3. « Un joint qui n'existait pas jusque-là et que nous allions baptiser « homocinétique »... » — J.-A. Grégoire, Toutes mes automobiles

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marc-Antoine Colin, Grégoire, Une aventure Hotchkiss, Massin (ISBN 2-7072-0233-9), 163 pages

Liens externes[modifier | modifier le code]