Adler (automobile)

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Adler

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Figure Adler sur une Standard 6 (1928)

Création 1880
Dates clés 1957 acquise par Grundig
1958 devient Triumph-Adler
1979 VW entre au capital
1985 devient TA Triumph-Adler
1992 acquise par Olivetti
Disparition 1957 pour l'activité véhicule
Fondateurs Heinrich Ludwig Kleyer
Personnages clés Edmund Rumpler
Hans Gustav Roehr
Karl Jenschke
Siège social Drapeau d'Allemagne Francfort-sur-le-Main (Allemagne)
Activité Véhicules et génie mécanique
Produits Automobile
Moto
Bicyclette
Machine à écrire
Calculateur

Adlerwerke vorm. H. Kleyer AG était une entreprise allemande siégeant à Francfort. Elle a produit des automobiles, des motos, des bicyclettes, puis des machines à écrire et du matériel de bureau sous la marque Adler jusqu'en 1957. La marque arborait pour emblème un aigle (allemand Adler) et proposait de nombreuses innovations techniques. Rachetée par Grundig elle fusionne avec Triumph pour devenir Triumph-Adler, abandonnant la production de véhicules, avant d'être rachetée par Olivetti. Elle subsiste aujourd'hui sous la forme TA Triumph-Adler GmbH dans la gestion de documents.

Histoire[modifier | modifier le code]

Adler 4 1/2HP Vis-à-vis (1901) lors de la course de veilles voitures Londres-Brighton 2010

L'aventure commence à Francfort en 1880, lorsque Heinrich Kleyer monte son entreprise de bicyclette au 9 rue Gutleut, sous le nom Heinrich Kleyer GmbH. Il innove en introduisant le pneumatique en Allemagne dès 1886. Neuf ans après sa naissance, l'entreprise déménage au quartier Gallus de Francfort à proximité de la gare principale, dans une usine de 18 000 m2 qui comptera plus de 600 postes de travail, entre ce qui est aujourd'hui la rue Kleyer (ex Hoechste) et la rue Weilburger. En plus des bicyclettes, Kleyer y produira des tricycles puis des voiturettes armées d'un moteur De Dion-Bouton. Par sa croissance exceptionnelle, l'entreprise transforme son statut juridique et fiscal en société par actions dès 1895, avec un aigle pour symbole, sous le nom Adlerwerke vorm. H. Kleyer AG. Puis c'est en 1898 que commence la production de machines à écrire de haute qualité, au septième étage de la rue Weilburger. Les motocyclettes suivront dès 1902 avec un premier modèle animé d'un moteur monocylindre De Dion-Bouton de 1,75 ch.

La première automobile Adler sort de l'usine en 1900 ; motorisée à l'avant par un De Dion-Bouton monocylindre de 3,5 ch elle proposait des sièges en vis-à-vis. Suivront en 1901 une 8 ch monocylindre de 865 cm3, celle conduite en 1902 par l'écrivain Otto Julius Bierbaum à l'occasion d'un voyage en Italie, puis la première voiture équipée d'un moteur strictement Adler développé par l'ingénieur Edmund Rumpler — inventeur de la fameuse voiture-goutte — à l'occasion du modèle 1904. Il s'agissait du 4 cylindres en ligne de 4 016 cm3 développant 28 ch qui équipait l'énorme Adler-Tonneau pouvant transporter jusqu'à 7 passagers, réduit à 2 cylindres pour le modèle plus modeste à 12-14 ch. Grâce à son dynamisme, l'entreprise devient en 1905 le premier constructeur allemand de véhicules, de moteurs et de boîtes de vitesse. De 1907 à la fin de la Seconde Guerre mondiale toutefois, elle interrompra temporairement la production de moto. Le salon internationale aéronautique de Berlin de 1905 marque sa tentative d'approcher le secteur, avec la présentation d'un prototype de dirigeable motorisé ; sans suite. L'année suivante démarre un chantier de deux ans, destiné à l'agrandissement de l'usine, qui donnera au bâtiment son aspect définitif pourvu des tours crénelées d'inspiration néoclassique.

La rue Weilburger en 2007

Adler poursuit sa croissance ; 20 % des voitures immatriculées en Allemagne sont en 1914 une Adler. Après la première guerre mondiale l'entreprise ouvre 10 succursales dans différentes villes et emploie jusqu'à 10 000 personnes. Le succès continue avec l'apparition du modèle Adler Standard 6 en 1926, l'un des plus vendus jusqu'en 1934 avec plus de 10 600 exemplaires. Le fondateur du Bauhaus Walter Gropius dessinera même quelques éléments de carrosserie. Mais la crise de 1929 laissera des traces et les effectifs de 1930 fondent à moins de 3 000 employés, pour arriver péniblement à 7 000 à l'aube de la Seconde Guerre mondiale. Adler parviendra tout de même à rester troisième constructeur allemand jusqu'en 1936, avant d'être reléguée à la quatrième place par Mercedes, grâce aux innovations apportées par Hans Gustav Röhr. Ce dernier dote la nouvelle Adler Trumpf, en 1932, de la suspension indépendante et de la transmission en traction. Le modèle plus modeste Trumpf Sport atteindra ainsi jusqu'en 1939 plus de 100 000 exemplaires produits. L'arrivée de l'ingénieur Karl Jenschke, débauché de chez Steyr Daimler Puch en 1935, apportera encore son lot d'innovations sur le modèle Adler 2,5 liter Autobahn, qui sera nommé Autobahnadler par la population. Le moteur refroidi par eau et lubrifié sous pression, des suspensions à triangle sur les roues avant, avec des amortisseurs hydrauliques pour les quatre roues, les freins actionnés par commande hydraulique et sa vitesse de pointe de 125 à 150 km/h pour le modèle sport en faisaient une voiture adaptée aux autoroutes naissantes de l'Allemagne.

La Seconde Guerre mondiale mettra un terme à la production automobile. Durant cette période, comme tout constructeur allemand, Adler aura l'obligation de contribuer à l'effort de guerre en produisant des véhicules militaires. Durement touchée par un bombardement des alliés le 22 mars 1944, l'usine externalise une partie de sa production, gardant sur place la construction des moteurs et châssis de blindés. La main-d'œuvre issue des travailleurs forcés faisant défaut, Adler demandera l'autorisation de faire venir des prisonniers des camps de concentration. Ce sont ainsi 1 600 prisonniers du camp du Struthof, en Alsace, qui seront logés dans les locaux de la rue Weilburger sous le nom de code Katzbach, entre août 1944 et le 24 mars 1945[1]. Après la guerre, les Américains confisquent les outils et interdisent la construction automobile. Dans l'espoir d'annuler l'interdiction, des négociations ont lieu jusqu'en 1948. Mais le directeur général Hagemeier Ernst, de retour d'internement la même année, mettra un terme définitif à tout espoir. Adler se repositionne alors dans la production de machines à écrire et de vélos, ouvre un pôle machine-outils et relance son activité moto dès 1949. L'entreprise rencontre un vif succès avec la série M250 Sport bicylindre capable d'atteindre 160 km/h en pointe, mais les ventes déclinent peu à peu à partir de 1955. La tentative de rebond par un projet de scooter 100 cm3, l'Adler Junior, restera d'autant plus vaine que Grundig, le repreneur de 1957, décidera la fusion avec Triumph AG, pour fonder la société Triumph-Adler spécialisée dans le matériel bureautique comme les machines à écrire, les calculateurs et les ordinateurs.

Cette dernière, renommée TA Triumph-Adler en 1984 restera en activité indépendante dans ses locaux de la Kleyerstrasse jusqu'en 1986, avant d'être acquise par Olivetti qui en fera son distributeur d'ordinateur jusqu'en 1992 et de machines à écrire électroniques. En 1999 elle acquiert UTAX GmbH pour proposer son actuelle activité de gestion de documents (photocopie, impression, archivage, télécopie)[2]. Grâce à son alliance stratégique avec le Japonais Kyocera Mita, Triumph-Adler AG est aujourd'hui l'un des premiers acteurs de son secteur.

Automobiles[modifier | modifier le code]

Motos[modifier | modifier le code]

Bicycles et tricycles[modifier | modifier le code]

Machines à écrire et ordinateurs[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Les travailleurs forcés d'Adlerwerke à Francfort, site
  2. Histoire de Triumph-Adler, site de l'entreprise actuelle articles