In Bloom

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In Bloom

Description de l'image  Nirvana-In-Bloom.png.
Single par Nirvana
extrait de l'album Nevermind
Face B Sliver (live), Polly (live)
Sortie 30 novembre 1992
Enregistré mai 1991
Durée 4:14
Genre Grunge
Auteur Kurt Cobain
Producteur Butch Vig
Label Geffen

Singles par Nirvana

Pistes de Nevermind

In Bloom est une chanson du groupe grunge Nirvana, sortie sur l'album Nevermind en 1991, puis parue en tant que quatrième et dernier single de l'album l'année suivante.

Enregistrement[modifier | modifier le code]

Nirvana interprète la chanson pour la première fois la nuit précédant l'enregistrement de la démo. Selon Krist Novoselic, « elle ressemblait à l'origine à un morceau des Bad Brains, puis Kurt lui a donné un son plus pop »[1]. Kurt Cobain retravaille la chanson juste après l'avoir interprétée pour la première fois et la joue au téléphone pour Novoselic[2]. Le groupe enregistre la démo, avec Chad Channing à la batterie, aux studios Smart en avril 1990[3]. La démo comprend un pont que le producteur Butch Vig supprime ultérieurement[1].

En mai 1991, après avoir changé de label et de batteur, le groupe enregistre l'album Nevermind aux studios Sound City, toujours avec Butch Vig. In Bloom est l'une des premières chansons à être enregistrées car Vig estime qu'il est préférable de commencer la session avec les chansons que le groupe a déjà enregistré aux studios Smart[4]. Les arrangements restent quasiment les mêmes mais Dave Grohl ajoute plus de puissance et de précision à la batterie[5]. Cobain durcit sa voix au cours de l'enregistrement, rendant difficile pour Vig d'équilibrer le volume audio entre les couplets et le refrain[6]. Grohl assure les chœurs malgré des difficultés à harmoniser sa voix avec celle de Cobain car elle est un ton plus basse[7]. Cobain étant peu disposé à faire de multiples prises de ses enregistrements, Vig doit avoir recours à la ruse pour l'y contraindre et le persuade de doubler sa piste vocale sur In Bloom en lui disant que John Lennon, l'une des idoles de Cobain, l'avait fait[4].

Thèmes et composition[modifier | modifier le code]

Comme un bon nombre de chansons de l'album, In Bloom utilise une structure de changements de nuances avec des couplets calmes et un refrain puissant. Le groupe utilise, sur la suggestion de Butch Vig, un amplificateur Mesa Boogie pour obtenir un son plus lourd et déformé[6]. La section rythmique fait dans la simplicité même si la batterie de Dave Grohl est assez proéminente[8]. Ce dernier y affirme ses talents de vocaliste en chantant les harmonies haut perchées du refrain[9].

Pour Michael Azerrad, la chanson est dirigée contre les fans du groupe qui n'étaient pas habitués avant cela à écouter de la musique underground, toute l'ironie résidant dans le fait que le refrain est tellement accrocheur que des millions de personnes l'ont fredonné[10]. Charles Cross y voit quant à lui un « portrait à peine déguisé » de Dylan Carlson, un ami proche de Cobain[11]. Florent Mazzoleni estime pour sa part qu'elle raconte une nouvelle fois l'aliénation ressentie par Kurt Cobain en grandissant à Aberdeen, mettant en avant le fait que le rock lui a servi d’échappatoire[9]. Les paroles « He's the one, Who likes all our pretty songs, And he likes to sing along, But he knows not what it means » (« il est celui qui aime toutes nos jolies chansons, et il aime les reprendre en chœur mais il ne sait pas ce qu'elles signifient ») sont à l'origine de cette différence d'interprétation mais le vers qui est intercalé « And he likes to shoot his gun » (« et il aime tirer avec son flingue ») semble bien faire référence à Carlson, grand collectionneur d'armes à feu[8]. L'évocation des armes à feu reflète aussi l'environnement forestier où il est naturel de posséder ce type d'objets à domicile, mais amène également la problématique du suicide par celles-ci puisque deux membres de sa famille se sont donnés la mort avec alors qu'il était encore enfant[9].

Sortie et accueil[modifier | modifier le code]

In Bloom est le quatrième et dernier single à être extrait de Nevermind et paraît le 30 novembre 1992. Le single se classe à la 5e place du Mainstream Rock Tracks chart et dans le top 30 de l'UK Singles Chart. Le magazine New Musical Express la classe en 16e position dans sa liste des 20 meilleures chansons de Nirvana[12]. Elle figure à la 4e place du classement des 10 meilleures chansons du groupe établi par PopMatters, qui met l'accent sur le son « métallique, où les géniaux changements d'accords sont amplifiés par le jeu de batterie explosif de Dave Grohl » ainsi que sur « les petites touches en plus (la ligne de basse de bon goût de Novoselic, les chœurs à la voix forcée de Grohl) »[13]. En 2004, Rolling Stone la classe en 407e position de sa liste des 500 meilleures chansons de tous les temps[14].

Clip[modifier | modifier le code]

Nirvana enregistre une première version du clip en 1990 pour une compilation VHS du label Sub Pop[15]. On peut y voir en noir et blanc les trois membre du groupe se filmant à Manhattan (à l'aide d'une caméra amateur) faisant les quatre cents coups. Dave Grohl n'était pas encore présent dans le groupe et c'est donc le batteur Chad Channing que l'on peut voir. Krist Novoselic y apparaît parfois chevelu et parfois chauve car il s'était rasé le crâne entre deux jours de tournage en pénitence pour un concert donné entretemps par le groupe qu'il jugeait mauvais[16],[8]. Ce clip est disponible dans le coffret With the Lights Out (2004).

Une seconde version du clip est réalisée par Kevin Kerslake à l'occasion de la sortie du single. La première idée de Kurt Cobain était de raconter l'histoire d'une jeune fille élevée au sein du Ku Klux Klan et qui réalisait un jour à quel point cette organisation était malfaisante. Mais ce concept était trop ambitieux et il a donc été décidé à la place de parodier les interprétations de groupes des années 1960 dans les émissions télévisées musicales comme The Ed Sullivan Show[17]. Le clip représente un petit concert en studio, avec un public composé en grande partie d'adolescentes hystériques, retranscrit sur une télévision en noir et blanc. Les trois membres du groupe sont habillés au début du clip de façon rétro, tirés à quatre épingles, coiffés avec la raie sur le côté, et ils jouent de façon très académique. Au fur et à mesure que la chanson progresse, ces séquences alternent avec d'autres où ils sont habillés avec des vêtements féminins et où ils se déchainent. Sur la fin du clip, ils détruisent le décor du plateau et leurs instruments de musique[18],[8]. Ce clip remporte en 1993 le MTV Video Music Award de la meilleure vidéo de rock alternatif[19] et, dans le sondage annuel réalisé par The Village Voice, les critiques américains le classe à la première place de leur sélection des meilleurs clips de l'année 1992[20].

Liste des pistes[modifier | modifier le code]

  1. In Bloom - 4:17
  2. Sliver (live, 28 décembre 1991, Pat O'Brien Pavilion, Del Mar Fairgrounds, Del Mar) - 2:06
  3. Polly (live, 28 décembre 1991, Pat O'Brien Pavilion, Del Mar Fairgrounds, Del Mar) - 2:47

Classements[modifier | modifier le code]

Meilleures positions de In Bloom dans les classements musicaux
Classement musical Meilleure
position
Drapeau des États-Unis États-Unis (Mainstream Rock)[21] 5
Drapeau de l'Irlande Irlande (Irish Singles Chart)[22] 7
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande (RIANZ)[23] 20
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas (MegaCharts)[24] 87
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni (UK Singles Chart)[25] 28
Drapeau de la Suède Suède (Sverigetopplistan)[26] 30

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Charles R. Cross, « Requiem for a Dream », Guitar World,‎ octobre 2001
  2. (en) David Fricke, « Krist Novoselic on Nevermind », Rolling Stone,‎ 31 octobre 2002 (consulté le 23 mars 2013)
  3. Azerrad 1993, p. 137
  4. a et b « Classic Albums: Nirvana-Nevermind », Isis Productions, 2004, DVD
  5. Azerrad 1993, p. 173
  6. a et b Berkenstadt 1998, p. 70
  7. Azerrad 1993, p. 174
  8. a, b, c et d Chelley 2005, p. 83-88
  9. a, b et c Mazzoleni 2006, p. 108
  10. Azerrad 1993, p. 215
  11. Cross 2001, p. 149
  12. (en) « Countdown: 20 Greatest Nirvana Songs Ever », New Musical Express (consulté le 23 mars 2013)
  13. (en) « The 10 Best Nirvana Songs Ever », PopMatters (consulté le 23 mars 2013)
  14. (en) « The RS 500 Greatest Songs of All Time », Rolling Stone (consulté le 23 mars 2013)
  15. (en) Gillian Gaar, « Verse Chorus Verse: The Recording History of Nirvana », Goldmine,‎ 14 février 1997
  16. Azerrad 1993, p. 133-134
  17. Azerrad 1993, p. 291
  18. Azerrad 1993, p. 292
  19. Cross 2001, p. 286
  20. (en) « The 1992 Pazz & Jop Critics Poll », sur robertchristgau.com (consulté le 23 mars 2013)
  21. (en) « Nirvana Awards », Allmusic (consulté le 23 mars 2013)
  22. (en) « Search by Artist - Nirvana », sur IrishCharts.ie (consulté le 23 mars 2013)
  23. (en) Charts.org.nz – Nirvana – In Bloom. RIANZ. Hung Medien.
  24. (nl) « Nirvana - In Bloom », sur dutchcharts.nl (consulté le 23 mars 2013)
  25. (en) « Nirvana Singles », sur OfficialCharts.com (consulté le 23 mars 2013)
  26. (en) Swedishcharts.com – Nirvana – In Bloom. Singles Top 60. Hung Medien.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Michael Azerrad, Come as You Are: The Story of Nirvana, Doubleday,‎ 1er septembre 1993, 336 p. (ISBN 0-385-47199-8)
  • (en) Jim Berkenstadt et Charles R. Cross, Classic Rock Albums: Nevermind, Schirmer Books,‎ 9 novembre 1998, 173 p. (ISBN 0-02-864775-0)
  • (en) Charles R. Cross, Heavier Than Heaven: A Biography of Kurt Cobain, Hyperion,‎ 21 août 2002, 432 p. (ISBN 0-7868-8402-9)
  • Isabelle Chelley, Dictionnaire des chansons de Nirvana, Tournon,‎ 18 avril 2005, 213 p. (ISBN 2-914237-40-5)
  • Florent Mazzoleni, Nirvana et le Grunge : 15 Ans de Rock Underground américain, Presses de la Cité, coll. « Gilles Verlant présente »,‎ 6 février 2006, 159 p. (ISBN 2-258-06963-7)