Guillaume V d'Orange-Nassau

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Guillaume V d'Orange-Nassau, par Johann Georg Ziesenis.

Guillaume V Batave, prince d'Orange-Nassau (Willem V Batavus, prins van Oranje en Nassau) La Haye, 8 mars 1748 - Brunswick, 9 avril 1806. Prince de Nassau-Dietz, prince d'Orange-Nassau 1751, stathouder des Provinces-Unies de 1751 à 1795, date de la suppression de cette fonction, prince de Fulda et comte de Corvey (1802). Il fut le dernier stathouder des Provinces-Unies.

Famille[modifier | modifier le code]

Fils du prince Guillaume IV d'Orange-Nassau (1711-1751), prince de Nassau-Dietz, prince d'Orange-Nassau (1711-1751), et d'Anne de Hanovre (1709-1759), princesse royale de Grande-Bretagne et d'Irlande, régente des Provinces-Unies (1751-1759).

Il épouse, le 4 octobre 1767, à Berlin, Wilhelmine de Prusse (1751-1820), nièce du grand Frédéric et fille d'Auguste-Guillaume prince héritier de Prusse, sœur de Frédéric-Guillaume II de Prusse, petite-fille de Frédéric-Guillaume Ier de Prusse.

De son union avec la princesse Wilhelmine, il eut cinq enfants :

  • Fils, prince de Nassau (La Haye, 23-24 mars 1769).
  • Louise Frédérique Wilhelmine (La Haye, 28 novembre 1770 - La Haye, 15 octobre 1819), princesse de Nassau, mariée en 1790 au prince héritier Charles-Georges-Auguste de Brunswick-Wolfenbüttel (1766-1806), fils de Charles-Guillaume-Ferdinand de Brunswick.
  • Enfant mort né (La Haye, 6 août 1771).
  • Guillaume Frédéric (La Haye, 24 août 1772 - Berlin, 12 décembre 1843), prince d'Orange-Nassau, grand-duc de Luxembourg, roi des Pays-Bas (1815-1840) en tant que Guillaume Ier.
  • Guillaume Georges Frédéric (La Haye, 15 février 1774 - Padoue, 6 janvier 1799), prince de Nassau.

Biographie[modifier | modifier le code]

Âgé de dix huit ans, Guillaume V d'Orange-Nassau devint stathouder (1766) après le décès de son père survenu en 1751 et après une longue période de régence, assurée par sa mère, Anne de Hanovre de 1751 à 1759, sa grand-mère, Marie Louise de Hesse-Cassel de 1759 à 1765, sa sœur Caroline d'Orange-Nassau de 1765 à 1766.

Orphelin de père dès l'âge de trois ans, bon enfant mais faible, Guillaume V d'Orange-Nassau avait confié les affaires politiques au duc Louis-Ernest de Brunswick-Wolfenbüttel, beau-frère du roi Frédéric II de Prusse ce qui provoqua une opposition véhémente du parti patriotique.

Le duc de Brunswick maria le jeune statthouder à sa nièce Wilhelmine de Prusse (1751-1820).

Défaites[modifier | modifier le code]

Lors de la Guerre d'indépendance américaine, Guillaume V d'Orange-Nassau resta neutre.

À la tête de la faction anglaise, il tenta de bloquer dans son État les initiatives pro-révolutionnaires et plus tard pro-françaises, mais ne put échapper à la guerre.

En effet, les Hollandais tentèrent de s'unir à la "ligue des neutres" soutenue par la Russie[1], ce qui en 1780 les plongea dans la guerre avec l'Angleterre.

Celle-ci leur reprochait leur neutralité alors que des traités d'alliance les obligeaient à prêter assistance aux forces britanniques et la soupçonnait de commercer secrètement avec la France.

Après de nombreuses pressions et discussions de beaucoup d'hommes politiques et de diplomates français et américains, ils se décidèrent à reconnaître en 1782 l'indépendance des États-Unis.

Après quatre ans de guerre, les Hollandais sont défaits, les Pays-Bas sont appauvris.

En 1785 un incident diplomatique avec les Pays-Bas autrichiens provoqua la guerre de la Marmite qui eut pour conséquence la Première Révolution batave.

Révolutions[modifier | modifier le code]

Wilhelmine de Prusse

Menés par Joan Derk van der Capellen tot den Pol, une bande de jeunes gens, appelés Patriotes, pour la plupart issus de la bourgeoisie commerçante, inquiets de la décadence des Provinces-Unies, acquis aux idées nouvelles de liberté et soupçonnant les Orange-Nassau de vouloir établir la monarchie au profit de leur Maison, provoquèrent l'autorité du statthouder.

Celui-ci dut déplacer sa cour en Gueldre, et cet éloignement du centre politique fut la seule mesure prise par le stathouder. Il respecta le désir de son influente épouse Wilhelmine de Prusse, ce qui n'améliora pas la situation.

Guillaume V d'Orange-Nassau et son épouse tentèrent de se rendre à La Haye, mais furent arrêtés par les Patriotes qui les incitèrent à retourner en Gueldre.

Pour la nièce du "grand Frédéric" et son époux ce fut un camouflet. Le stathouder appela à son secours son beau-frère le roi Frédéric-Guillaume II de Prusse qui ordonna, en 1787, à une partie de son armée commandée par leur talentueux cousin Charles II, duc de Brunswick de pénétrer aux Pays-Bas afin de vaincre les Patriotes.

Cette campagne sans effusion de sang valut au duc l'admiration de ses contemporains.

Reconnaissant, le stathouder s'allia à la Maison de Brunswick et donna en mariage sa fille Frédérique au fils aîné du duc de Brunswick en 1790.

L'année suivante, le prince Guillaume, son fils aîné épousa Wilhelmine de Prusse (1774-1837), aînée des filles du roi Frédéric-Guillaume II. Les Orange-Nassau s'inscrivaient ouvertement dans la lignée des souverains anti-révolutionnaires.

Les Patriotes se réfugièrent en Flandre française notamment à Dunkerque dont les habitants parlaient leur langue.

Guerres[modifier | modifier le code]

La France déclara la guerre à l'empereur en avril 1792 provoquant un conflit qui allait devenir mondial et durer 25 ans.

En août le duc de Brunswick, commandant des forces impériales, proche parent du stathouder et comme lui également parent du roi de Prusse et du roi d'Angleterre, fit publier une déclaration dont le dessein était de replacer le roi de France dans ses prérogatives et que l'histoire retint sous le nom de Manifeste de Brunswick.

À l'orgueil aristocratique du duc répondit la fierté des révolutionnaires français. Une émeute conduisit la famille royale en prison où, après avoir été déchue, l'attendait un destin tragique.

Les Patriotes hollandais apprirent avec joie la proclamation de la république à Paris et la victoire française de Valmy en septembre1792.

Guillaume V (par Tischbein, 1789)

En 1793, la France déclara la guerre aux Provinces-Unies et à l'Angleterre.

En plein hiver 1794, le général Pichegru fit traverser à ses troupes la Meuse et le Rhin gelés et bloqua dans ses ports la flotte hollandaise.

Les Patriotes revinrent aux Pays-Bas et instaurèrent la République Batave qui devint une république sœur de la République française non sans laisser à celle-ci la rive gauche du Rhin. Cependant, la protection de la grande sœur française se transforma rapidement en tutelle.

Fin du monde[modifier | modifier le code]

En janvier 1795, Guillaume V d'Orange-Nassau et sa famille s'exilèrent en Angleterre.

Subissant les pressions de son hôte, l'ex-stathouder donna instruction à ses administrateurs de céder les territoires d'outre-mer néerlandais, notamment Java, Malacca et les Moluques à l'Angleterre afin qu'ils ne tombent pas aux mains des Français.

Puis, il s'exila avec sa famille dans le duché de Brunswick.

En 1801, au Traité de Lunéville qui légalisait l'annexion du sud des ex-Provinces-Unies par la France, il reçut en dédommagement les terres des abbayes de Corvey et de Fulda en Allemagne, qu'il légua à son fils en 1802.

Il mourut à Brunswick en 1806 à l'âge de 58 ans.

Son fils Guillaume revint en Hollande en 1813, il devint, en 1815, le premier roi des Pays-Bas sous le nom de Guillaume Ier.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Guillaume V d'Orange-Nassau appartient à la sixième branche (Nassau-Dietz), elle-même issue de la seconde branche (Nassau-Dillenbourg) de la Maison de Nassau. Cette lignée de Nassau-Dietz, puis Orange-Nassau appartient à la tige ottonienne qui donna des stathouders à la Flandre, la Zélande, la Gueldre, la Frise, la Hollande, aux Provinces-Unies, un roi à l'Angleterre et à l'Écosse en la personne de Guillaume III d'Orange-Nassau, des rois et des reines aux Pays-Bas.

Guillaume V d'Orange-Nassau est l'ascendant du roi Willem-Alexander des Pays-Bas.

Titres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "Ligue des neutres", composée de la Russie, de la Suède, du Danemark, puis du Portugal.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes et sources[modifier | modifier le code]

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