Cathédrale Saint-Bavon de Haarlem

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Cathédrale Saint-Bavon
Image illustrative de l'article Cathédrale Saint-Bavon de Haarlem
Le dôme de la cathédrale
Présentation
Nom local Kathedrale Basiliek Sint Bavo
Culte Catholicisme
Type Basilique-Cathédrale
Début de la construction 1895
Fin des travaux 1930
Architecte Joseph Cuypers & Pierre Cuypers
Style dominant Romano-byzantin & Néogothique
Site web www.rkbavo.nl
Géographie
Pays Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Région Zuid-Kennemerland
Province historique Hollande-Septentrionale
Commune Haarlem
Coordonnées 52° 22′ 35″ N 4° 37′ 20″ E / 52.376389, 4.622222 ()52° 22′ 35″ Nord 4° 37′ 20″ Est / 52.376389, 4.622222 ()  

Géolocalisation sur la carte : Pays-Bas

(Voir situation sur carte : Pays-Bas)
Cathédrale Saint-Bavon

La basilique-cathédrale Saint-Bavon (néerlandais: Kathedrale Basiliek Sint Bavo) est une cathédrale romano-byzantine et néogothique de la fin du XIXe siècle siècle située dans la ville de Haarlem aux Pays-Bas. Elle est la plus grande église des Pays-Bas après la cathédrale Saint-Jean de Den Bosch.

Elle est le siège de l'évêché de Haarlem-Amsterdam depuis le XXe siècle.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Depuis 1559, et le premier évêque Nicolaas van Nieuwland, il existait à Haarlem une cathédrale Saint-Bavon dédiée à Saint-Bavon de Gand, baptisée Grote of Sint-Bavokerk. La Guerre de Quatre-Vingts ans et la dissolution des Dix-Sept Provinces entraînent un climat politique et religieux instable qui se répercute sur la ville.

Godfried van Mierlo, IIe évêque de Haarlem
Gaspard Bottemanne, VIe évêque de Haarlem

Guerre de Quatre-Vingts ans[modifier | modifier le code]

En 1572, Haarlem est au centre de la guerre opposant les Espagnols, dirigés par le Don Fadrique Álvarez de Toledo, au stathouder Guillaume d'Orange, favorable à la Réforme protestante. En juin 1573, la ville se rend aux Habsbourg après un long siège[1]. Jusqu'à leur départ en 1577, les Espagnols mettent en place de sévères répressions contre les protestants.

Les Accords de Veere ou Satisfactie van Haarlem ratifiés par l'évêque de Haarlem Godfried van Mierlo assurent en 1577 une liberté de culte aux catholiques en échange d'une allégeance à Guillaume le Taciturne, plutôt qu'à Philippe II d'Espagne. Mais le 29 mai 1578, les accords sont transgressés lorsque des calvinistes prennent d'assaut l'église Saint-Bavon. Ils ravagent les autels et tuent un prêtre. Les monastères sont pillés et partiellement détruits. Godfried Van Mierlo est alors contraint de s'enfuir à Rome[2].

L’évêché est renversé et l'église Saint-Bavon est confisquée et convertie au protestantisme en 1578[3]. Le culte entre dans la clandestinité, et se perpétuera en secret dans les Schuilkerk, églises dissimulées et provisoires.

Construction de la cathédrale[modifier | modifier le code]

La hiérarchie catholique restera brisée jusqu'en 1853, date de la nomination de Monseigneur Franciscus Jacobus van Vree à la tête de l’évêché.

L'évêque Gaspard Bottemanne commandite en 1893 le projet d'une nouvelle cathédrale Saint-Bavon à Haarlem[4]. Il s'adresse à l'architecte Pierre Cuypers et à son fils Joseph Cuypers[5] qui réalisera la majorité des travaux. L'architecte Jan Stuyt, et le fils de Joseph Cuypers sont associés au projet.

La construction débute en 1895 au sud-ouest du centre-ville, sur les rives canal Leidsevaart. La première phase de 1895 à 1898 permet l'élévation du chœur et des chapelles rayonnantes, centre de gravité de la structure. Puis de 1902 à 1906 sont construits le transept et la nef[6]. Les tours et le portail sont érigés entre 1927 et 1930. Sa structure s'étend sur une longueur d'environ cent mètre, pour une hauteur approximative de soixante mètre et une largeur de quarante-deux mètre.

Le 2 mai 1898, Gaspard Bottemanne consacre la cathédrale. Le Pape Pie XII lui accorde le titre de basilique mineure en 1948.

Architecture[modifier | modifier le code]

Style architectural extérieur[modifier | modifier le code]

La cathédrale et le canal Leidsevaart

La cathédrale est une œuvre composite, constituée d'un assemblage de styles et d'inspirations différentes, avec une prédominance du style romano-byzantin. La construction intègre une profusion de voûtes et de coupoles qui s’enchevêtrent, évoquant parfois le style néo-byzantin de la cathédrale Alexandre-Nevski de Sofia construite à la même période. Comme pour l'architecture byzantine classique, les façades extérieures sont en briques, et l'intérieur est décoré par placage avec des parements plus précieux. Le grand choeur, première structure achevée de la cathédrale, est de style néo-roman, contrairement à la nef de style néo-gothique. La façade et les deux tours illustrent le style néo-gothique néerlandais hérité de Pierre Cuypers.

Le transept et la nef s'inspirent des influences de l'architecture hispano-mauresque, tandis que le dôme et le portail nord illustrent l'intérêt de Joseph Cuypers pour l'architecture indienne après la construction de la cathédrale Sainte-Marie de Rangoon en Birmanie. Le reste de la structure subit une influence néo-romane, avec des emprunts forts à l'architecture byzantine, notamment à la cathédrale Sainte-Sophie de Constantinople, à l'architecture indienne, slave, orientale, islamique, à l'art asiatique et au Jugendstil.

Style architectural intérieur[modifier | modifier le code]

L'intérieur est principalement de style néo-gothique, avec une structure éclectique s'inspirant du début du gothique français, de l'art nouveau et de la parure assyrienne. La basilique est richement décorée avec de la poterie de terre cuite et du verre au plomb.

Musée d'art liturgique[modifier | modifier le code]

La sacristie abrite une importante collection d'objets liturgiques, d'orfèvrerie du XVe siècle, et d'ornements sacerdotaux du début du XVIe siècle, ainsi qu'une précieuse collection en argent de la chapelle du Palais Royal à Amsterdam. Les divers objets qui ont survécu de la Réforme ont trouvé leur place dans la collection: chasubles, dalmatiques et surplis du clergé de Haarlem, pièces d'orfèvrerie en or et en argent, ainsi que de nombreuses peintures du XVIIIe siècle, notamment un tableau de 1673 du peintre néerlandais Reyer van Blommendael représentant le secours de la ville de Haarlem par Saint-Bavon en 1268. La plus ancienne pièce de la collection est un calice en argent du gothique flamboyant.

Galerie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie et références[modifier | modifier le code]

  1. Koorn, Vrieseborch & Zwolle, Ach lieve tijd: 750 jaar Haarlem, de Haarlemmers en hun rijke verleden (1984)
  2. Deugd boven geweld, Een geschiedenis van Haarlem, 1245-1995, Gineke van der Ree-Scholtens (1995)
  3. Comme de nombreuses autres cathédrales des Pays-Bas, telle la cathédrale Saint-Martin d'Utrecht.
  4. Henk Ahles, Meer dan Steen: Haarlemse kerken en andere gebedshuizen, vroeger en nu (2007)
  5. Joseph Cuypers, La cathédrale Saint-Bavon de Haarlem, Architectura (3 Mars 1906)
  6. Th.Bekkers, De kathedraal van Haarlem (1923)