Carlo Sarrabezolles

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Charles, Marie, Louis, Joseph Sarrabezolles, dit Carlo Sarrabezolles, né le à Toulouse et mort le (à 82 ans) à Paris, est un sculpteur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études à l'École supérieure des beaux-arts de Toulouse, de 1904 à 1907, il rejoint l'École des beaux-arts de Paris où il est l'élève des sculpteurs toulousains Antonin Mercié et Laurent Marqueste. Il entre en loge chaque année, pour le prix de Rome, malgré son très jeune âge, jusqu'en 1914, année où il remporte le second grand prix. La déclaration de guerre l'empêche de rejoindre la villa Médicis à Rome.

Mobilisé, il se porte volontaire pour ouvrir des vannes, afin de noyer des stocks de munitions, pour les soustraire aux Allemands. L'effort lui provoque une hernie, il est prisonnier jusqu'en 1918.

En 1920, il épouse Nicole Cervi, avec laquelle il aura trois enfants.

En 1922, L'Âme de la France lui vaut le Prix national.

Il réalise de nombreuses œuvres pour l'exposition des Arts décoratifs de 1925, dont Pallas Athéné, à l'entrée du pavillon des architectes français.

Il s'oriente vers une sculpture monumentale, participant aux reconstructions d'après-guerre et édifiant de nombreux monuments. Il travaille en collaboration étroite avec les architectes Paul Tournon, Roger-Henri Expert[1], Joseph Marrast, Jacques Droz, Jacques Carlu et Henri Joulie.

Le sculpteur du béton[modifier | modifier le code]

En 1926, Carlo Sarrabezolles initie une nouvelle technique, la taille directe du béton frais, qu'on a aussi appelée sculpture à fresque, étant donné l'équivalence qu'elle peut avoir avec cette technique picturale. Elle est appliquée la première fois pour le campanile de l'église de Villemomble (Seine-Saint-Denis).

Du 20 août au 3 novembre 1926, Sarabezolles sculpte vingt statues de personnages, quatre séraphins, les symboles des évangélistes et de nombreuses inscriptions. Jusque-là, le ciment permettait de réaliser des sculptures par moulage. Ici, il n'est plus question ni de moule, ni de maquette : il faut tailler dans la masse du béton en prise, donc très rapidement, et par assises successives, en partant du bas. Il s'agit là d'un travail d'improvisation qui relève de la performance, ce qui explique qu'il ait fait peu d'émules dans cette spécialité qui satisfaisait les maîtres d'œuvre, tant pour son aspect économique qu'esthétique. La sculpture fait corps, indissociablement, avec l'architecture. Il réalise de cette façon la façade et le clocher de l'église Sainte-Thérèse-de-l'Enfant-Jésus d'Élisabethville à Aubergenville (Yvelines), les deux géants légendaires, Lydéric et Phinaert, qui constituent le soubassement du nouveau beffroi de Lille, et d'autres réalisations de ce type dans les années suivantes : la sculpture-clocher de l'église Saint-Pierre d'Alfortville (1932, détruite en 1980), l'Église Notre-Dame-des-Missions d'Épinay-sur-Seine (1934, architecte Paul Tournon), la décoration extérieure de l'église Saint-Louis de Marseille (1935, architecte Jean Sourdeau).

Il est l'auteur du groupe les quatre éléments de l'aile Passy du Palais de Chaillot à Paris. Son exigence de qualité est telle que, le groupe en place, il en découpe une partie qui ne le satisfait pas, la refait et la remet en place, le tout à ses frais. En 1935, son ami l'architecte Roger Expert, chargé de l'aménagement du paquebot Normandie lui commande un bronze, le Génie de la mer, qui n'est finalement pas installé sur le paquebot.

En 1967, il restaure les figures sculptées par David d'Angers au fronton du Panthéon de Paris.

Il n'a cessé de travailler, tant en France qu'à l'étranger (parc de la propriété et bustes des Dupont de Nemours aux États-unis, ambassade de France à Belgrade...), jusqu'à ce que la mort le surprenne dans son atelier de la rue des Volontaires à Paris en 1971[2].

L'atelier de Carlo Sarrabezolles au 16 rue des Volontaires (Paris 15ème)

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Monument à la mémoire d'Oscar et Jean Auriac à Saint-Girons inauguré le 25 juin 1950 par Paul Caujolle
  • Médaille en bronze signée Carlo Sarrabezolles frappée lors du décès de Paul Caujolle et inhumation à Saurat, une réplique grand format de cette médaille est visible sur la tombe.
  • Statue de Notre-Dame de France, située au milieu des champs à Ancretiéville-Saint-Victor (Seine-Maritime). Elle est sculptée en 1946, à la suite d'un vœu fait en 1939 et renouvelé en 1944 par le prêtre de la paroisse (il ferait ériger une statue dès la fin des hostilités si tous les soldats de la commune et lui-même revenaient sains et saufs).
  • à Privas (Ardèche), monument aux morts de la Résistance, Piétà monumentale du Mont-Toulon, sculptures de l’Hôpital de la ville (entrée, chapelle)

Monuments aux morts[modifier | modifier le code]

  • Châtillon-sur-Indre (architecte Albert Laprade)

Expositions[modifier | modifier le code]

La Piscine, musée d'Art et d'Industrie de Roubaix lui a consacré une exposition rétrospective itinérante intitulée Carlo Sarrabezolles - De l'esquisse au colossal, du 21 juin au 21 septembre 2008. Exposition reprise au musée des beaux-arts de Reims d'octobre 2008 à janvier 2009, puis à Paris, 15 square de Vergennes de février à mai 2009, à Mont-de-Marsan, musée Despiau-Wlérick de juin à septembre 2009, enfin à Chambéry en 2009.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sarrabezolles conçut son épée d'académicien.
  2. Le sculpteur Carlo Sarrabezolles (1888-1971). Résumé d'un article de Bernadette Brot et Michel Périn in Bull. Soc. hist. & arch. du XVème arrondt de Paris – N° 9".

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Geneviève Sarrabezolles-Appert et Marie-Odile Lefèvre, Carlo Sarrabezolles, Somogy éditions d'art, Paris, 2002.
  • Jean-Pierre Chaline, « Une œuvre du sculpteur Carlo Sarrabezolles dans la campagne cauchoise », Études normandes, 1-2012

Liens externes[modifier | modifier le code]