Bernard Drainville

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Bernard Drainville
Image illustrative de l'article Bernard Drainville
Fonctions
Ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne
En fonction depuis le
Prédécesseur Nouveau poste
Député de Marie-Victorin
En fonction depuis le
Prédécesseur Cécile Vermette
Biographie
Date de naissance (50 ans)
Lieu de naissance Île Dupas, Drapeau : Québec Québec
Parti politique Parti québécois
Conjoint Martine Forand
Diplômé de Université d'Ottawa,
London School of Economics
Profession Journaliste

Bernard Drainville (né le à La Visitation-de-l'Île-Dupas, au Québec) est un journaliste, un animateur de télévision et un homme politique québécois. Après une carrière d'une vingtaine d'années à titre de journaliste, de correspondant international et d'animateur d'émissions d'affaires publiques à la télévision de Radio-Canada, il choisit d'entreprendre une carrière politique sous la bannière du Parti québécois en 2007. Il siège présentement à titre de député de la circonscription de Marie-Victorin à l'Assemblée nationale. Du 19 septembre 2012 jusqu'aux élections du 7 avril 2014, il était le ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne et Président du Comité ministériel de l'identité dans le gouvernement de Pauline Marois.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à l'Île Dupas, entre Berthierville et Sorel, Bernard Drainville obtient, après ses études secondaires au Collège Champagneur de Rawdon (Clercs de St-Viateur), un baccalauréat en sciences politiques à l'Université d'Ottawa, puis sa maîtrise en relations internationales à la London School of Economics en 1988. La même année, il reçoit une bourse du Commonwealth.

Il entreprend sa carrière de journaliste à Radio-Canada en 1989 à la radio de Windsor. Il intègre l'équipe du journal télévisé régional de Montréal, pour qui il couvre la scène politique municipale. La qualité de son travail lui mérite le prix Judith-Jasmin en 1997 après qu'il a révélé le financement irrégulier de la formation politique du maire de Montréal, Pierre Bourque[1]. Il devient ensuite correspondant parlementaire de Radio-Canada à Ottawa, où il couvre le gouvernement de Jean Chrétien. Il accompagne le premier ministre canadien dans plusieurs périples à l'étranger[1].

Drainville est impliqué, bien malgré lui, dans une controverse au sujet de son mariage, célébré le . Dans une entrevue qu'il accorde à l'écrivain et biographe Georges-Hébert Germain, publiée dans Le Devoir du 4 novembre, le chanteur Jean-Pierre Ferland s'étonne que personne n'ait pris publiquement sa défense lorsqu'un journal à sensation a publié une photo de lui chantant au mariage d'un associé de Maurice « mom » Boucher, le chef des Hells Angels au Québec, surtout qu'il a aussi chanté au mariage de Drainville le même soir[2]. Dans une réplique au Devoir, publiée le mardi suivant, Drainville confirme que Jean-Pierre Ferland avait chanté à son mariage, ajoutant que le chanteur populaire acceptait d'aller chanter aux mariages des gens de sa région qui le lui demandaient. Il a gardé le silence pendant trois mois afin de protéger sa vie privée et celle de ses proches[3].

En 2001, il devient le correspondant de Radio-Canada en Amérique latine. Basé à Mexico, il interviewe les présidents Efraín Ríos Montt (Guatemala), Hugo Chávez (Venezuela) et Enrique Bolanos (Nicaragua)[1]. Il constate aussi la pauvreté et l'oppression quotidienne, qu'il présente en ondes aux téléspectateurs. À titre de journaliste, sa sécurité est menacée à quelques reprises. À une occasion, il est arrêté par des policiers mexicains corrompus et pris à partie par une foule hostile. Il est finalement relâché après une intervention du bureau de la présidence mexicaine[réf. nécessaire].

Il se rend en Colombie pour rapporter les faits sur le massacre de Bojava en 2002. Lors de ce voyage, un guide-interprète le mène à un village contrôlé par les FARC qui vont le détenir avant de le relâcher avec son équipe. Il se rendra également dans la région de Medellin interviewer des combattants paramilitaires membres des AUC.

En raison de coupures budgétaires au service de l'information, il est rapatrié à Montréal. On lui confie l'émission quotidienne la Part des choses au Réseau de l'information (RDI), en remplacement de l'émission de Pierre Maisonneuve. Dans ce rendez-vous, il reçoit des acteurs de l'actualité qu'il interroge sans complaisance; en plus de donner la parole à ses téléspectateurs.

En , il critique publiquement, en compagnie de ses collègues Paule Robitaille et Jean-Michel Leprince, la décision de Radio-Canada de fermer le bureau de Mexico, une décision qui privera le public d'une information sur « la plus grande partie du continent, notre continent, largement négligé de tous les médias du monde occidental. »[4]. En 2005, il anime le débat des chefs entre les candidats à la mairie de Montréal, Gérald Tremblay et Pierre Bourque.

Vie politique[modifier | modifier le code]

Bernard Drainville participe à une rencontre avec des citoyens de Québec, en mai 2013.

Le , six mois à peine après sa nomination à titre de chef du bureau de Radio-Canada à l'Assemblée nationale du Québec, Bernard Drainville annonce qu'il met sa carrière journalistique en hiatus et demande un congé sans solde de Radio-Canada pour entreprendre une carrière politique sous la bannière du Parti québécois.

Lors de la conférence de presse qui suivit sa décision de se présenter dans la circonscription de Marie-Victorin à Longueuil, il confirme avoir été approché par l'ancien premier ministre Jacques Parizeau. il est élu député à l'élection générale du 26 mars 2007.

Certains médias et commentateurs politiques souligneront la possibilité d'un manque à l'éthique journalistique étant donné qu'il aurait fait un certain nombre d'entrevues avec d'autres partis politiques peu avant sa décision. En outre, quelques jours avant d'annoncer sa candidature au Parti québécois, il recevait en entrevue le chef de ce parti, André Boisclair[5]. Toutefois, il se défendra, durant une conférence de presse, d'avoir fait objectivement son métier et d'avoir pris la décision de se porter candidat à la suite d'une seconde offre survenue après l'entrevue avec André Boisclair.

Pour plusieurs[6],[7], il s'agit d'une tempête dans un verre d'eau puisque la colère entourant sa candidature est perçue davantage comme une certaine jalousie de la part des adversaires politiques plutôt qu'un réel manque à l'éthique.

Même s'il est à ses premières heures en politique, Drainville a été évoqué comme une possible solution de rechange à André Boisclair[8]. Toutefois, après la démission de Boisclair, le , Bernard Drainville ne tarde pas à appuyer la candidature de Pauline Marois lors de cette course à la direction.

Au début de l'été 2011, après la crise qui éclate au sein du Parti québécois et qui voit quatre députés (Pierre Curzi, Lisette Lapointe, Louise Beaudoin et Jean-Martin Aussant) démissionner du caucus, le nom de Bernard Drainville circule parmi les candidats putatifs pour remplacer Pauline Marois, dont le leadership sort très affaibli par cette crise.

Quelques semaines plus tard, il annonce sur son site Web qu'il lance une consultation citoyenne pour rapprocher son parti des Québécois. Selon lui, « le PQ doit changer ou mourir ». Le 25 août 2011, les résultats de cette consultation sont publiés sur son site Web, sous le titre « 10 idées pour redonner confiance aux citoyens »[9]. Depuis ce temps, Bernard Drainville s'est fait le porte-parole d'une grande réforme démocratique, condition sine qua non, selon lui, pour que les Québécois reprennent confiance dans la politique.

À l'automne 2011, la crise s'est accentuée au sein du Parti québécois. Le leadership de Pauline Marois étant d'autant plus fragile, le nom de Bernard Drainville a abondamment circulé dans les médias comme futur candidat à la chefferie du PQ.

Réformes démocratiques[modifier | modifier le code]

Réélu pour un troisième mandat lors de l'élection générale du 4 septembre 2012, Bernard Drainville est nommé ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne et président du Comité sur l'identité dans le gouvernement de Pauline Marois. Dans les mois qui suivent son assermentation, il dépose trois projets de loi visant à rétablir le lien de confiance entre la population québécoise et la classe politique. Ces réformes se retrouvent dans le texte « 10 idées pour redonner confiance aux citoyens », publié en août 2011 suite à la consultation citoyenne qu'il avait initiée[9].

Dès le début des travaux de la 40e législature, Drainville dépose le projet de loi 2, modifiant la Loi électorale afin de réduire la limite des contributions par électeur, de diminuer le plafond des dépenses électorales et de rehausser le financement public des partis politiques du Québec[10] est venu changer de façon importante le financement politique au Québec. En adoptant un financement essentiellement public, le gouvernement du Parti québécois a voulu mettre un terme au stratagème des prête-noms qui avait pour but de contourner la Loi de René Lévesque sur le financement des partis politiques adoptée en 1977[11], ainsi qu’à l’influence des collecteurs de fonds sur le système démocratique[12]. Bien que ce nouveau modèle de financement des partis politiques soit essentiellement public, il demeure permis pour un électeur de contribuer à hauteur de 100$ à la caisse d’un parti politique québécois[13]. Le projet de loi est adopté à l'unanimité le 6 décembre 2012[10].

Le ministre dépose également le projet de Loi 3, qui prévoit la tenue des prochaines élections québécoises à date fixe[14]. En mettant de l’avant cette réforme majeure des institutions démocratiques, Bernard Drainville a indiqué à plusieurs occasions vouloir mettre fin au pouvoir arbitraire du premier ministre de décider de la date des élections, question de «redonner au peuple l’appel aux urnes»[15].

Enfin, considérant que le niveau de participation au processus électoral des jeunes de 18 à 25 ans est des plus préoccupantes étant donné le plus faible taux de participation de ce groupe[16],[17], Drainville dépose le projet de loi 13 afin d'accroître la participation démocratique des jeunes Québécois[18]. En permettant aux étudiants des cégeps, des universités et des centres de formation professionnelle de voter directement sur leur campus, le gouvernement du Parti Québécois espère favoriser de façon significative de taux de participation électorale des jeunes. On estime à plus de 450 000, le nombre de jeunes Québécois qui pourront se prévaloir de cette nouvelle possibilité lors de la prochaine élection générale[19]. Le projet de loi a été adopté à l'unanimité le 23 avril 2013[18].

Charte des valeurs québécoises[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Charte des valeurs québécoises.

À l'automne 2013, Bernard Drainville est chargé par la première ministre de piloter un projet de Loi sur la laïcité de l’État et sur l’encadrement des demandes d’accommodements religieux, conformément aux engagements électoraux du Parti Québécois[20]. Le , il dépose les propositions gouvernementales en matière de neutralité religieuse de l’État et d’encadrement des accommodements religieux[21]. Il lance une vaste campagne de consultation sur les propositions gouvernementales par le biais d'Internet[22] à laquelle participent plus de 26 000 citoyens. Parmi les personnes qui ont communiqué leur avis dans le cadre de l'appel à commentaires, 47% se sont prononcés en faveur du projet sans modification, alors que 21% ont suggéré des changements au projet initial du gouvernement[23],[24].

Le 7 novembre, Drainville dépose le projet de loi 60. Intitulé Charte affirmant les valeurs de laïcité et de neutralité religieuse de l’État ainsi que d’égalité entre les femmes et les hommes et encadrant les demandes d’accommodement[10], le projet de loi est conforme aux orientations du gouvernement. Il prévoit en outre que tous les organismes publics québécois devront faire preuve de neutralité en matière religieuse et refléter le caractère laïque de l'État. Il interdit notamment aux employés de l'État de porter tout « objet marquant ostensiblement une appartenance religieuse » et précise un cadre d'analyse pour juger des demandes d’accommodements religieux[25].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Thérèse Parisien, « Bernard Drainville fait La part des choses », La Presse,‎ 20 septembre 2003, p. 9
  2. Georges-Hébert Germain, « Ferland, bienheureux insoumis/lien périodique=Le Devoir », Le Devoir,‎ 4 novembre 2000, A1.
  3. Drainville, « Ferland et les mariages », Le Devoir,‎ 7 novembre 2000.
  4. Nathalie Collard, « L'Amérique existe-t-elle pour Radio-Canada? », La Presse,‎ 19 novembre 2003.
  5. Katia Gagnon et Denis Lessard, « Drainville confirme sa candidature », La Presse,‎ 9 février 2007 (lire en ligne).
  6. Patrick Bourgeois, « «Le courageux Bernard Drainville choque les obséquieux! » », Le Québécois,‎ 8 février 2007 (lire en ligne).
  7. Christian Charron. 2007. « Bernard Drainville, un des plus grands atouts du Parti Québécois ». Québec-Politique, le 28 mars 2007. Page consultée le 29 mars 2007.
  8. Christian Charron . 2007. « Bernard Drainville doit remplacer André Boisclair à la tête du Parti québécois ». Québec-Politique, le 28 mars 2007. Page consultée le 29 mars 2007.
  9. a et b Bernard Drainville, « 10 idées pour redonner confiance aux citoyens »,‎ 25 août 2011 (consulté le 16 décembre 2013)
  10. a, b et c Québec. Loi modifiant la Loi électorale afin de réduire la limite des contributions par électeur, de diminuer le plafond des dépenses électorales et de rehausser le financement public des partis politiques du Québec, L.Q. 2012, chap. 26. (version en vigueur : 1er janvier 2013) [lire en ligne (page consultée le 16 décembre 2013)]
  11. Radio-Canada, « La loi de René Lévesque », Radio-Canada nouvelles,‎ 28 avril 2011 (lire en ligne)
  12. Donald Riendeau, « Indépendance des administrateurs - Des liens inquiétants avec les collecteurs de fonds », Le Devoir, Montréal,‎ 22 octobre 2010 (lire en ligne)
  13. Radio-Canada, « Québec veut plafonner à 100 $ les dons individuels », Radio-Canada Nouvelles,‎ 6 novembre 2012 (lire en ligne)
  14. Québec. Loi modifiant la Loi électorale afin de prévoir des élections à date fixe, L.Q. 2013, chap. 13. (version en vigueur : 14 juin 2013) [lire en ligne (page consultée le 16 décembre 2013)]
  15. Radio-Canada, « Des élections à date fixe au Québec », Radio-Canada nouvelles,‎ 14 juin 2013 (lire en ligne)
  16. Directeur général des élections du Québec, « Participation électorale aux élections générales de 2012 au Québec - Les électeurs de 18 – 44 ans sont retournés aux urnes en grand nombre lors de la dernière élection générale »,‎ 19 décembre 2012 (consulté le 17 décembre 2013)
  17. François Gélineau, « Vote des jeunes en 2012 - Le printemps érable moins participatif que prévu », Le Devoir,‎ 19 décembre 2012 (lire en ligne)
  18. a et b Québec. Loi modifiant la Loi électorale concernant le vote des étudiants dans les locaux des centres de formation professionnelle et des établissements d’enseignement postsecondaire, L.Q. 2013, chap. 5. (version en vigueur : 24 avril 2013) [lire en ligne (page consultée le 17 décembre 2013)]
  19. Québec, « 450 000 jeunes pourront enfin voter dans leur établissement d’enseignement », sur Ministère des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne,‎ 23 avril 2013 (consulté le 17 décembre 2013)
  20. Parti Québécois, « Programme » (consulté le 17 décembre 2013)
  21. Québec, « Québec présente ses propositions en matière de neutralité religieuse de l’État et d’encadrement des accommodements religieux », sur Ministère des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne,‎ 10 septembre 2013
  22. Québec, « Parce que nos valeurs, on y croit », sur http://www.nosvaleurs.gouv.qc.ca/,‎ 2013 (consulté le 17 décembre 2013)
  23. Radio-Canada, « Charte des valeurs : Drainville satisfait des commentaires, l'opposition s'impatiente », Radio-Canada nouvelles,‎ 22 octobre 2013 (lire en ligne)
  24. Québec, « Bilan de la campagne d’information sur la Charte des valeurs québécoises: « Une contribution exceptionnelle à un débat nécessaire » », sur Ministère des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne,‎ 22 octobre 2013 (consulté le 17 décembre 2013)
  25. La Presse canadienne, « Charte des valeurs – Bernard Drainville a déposé son projet de loi », Le Devoir,‎ 7 novembre 2013 (lire en ligne)

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