Assemblées de Frères

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Le courant des Assemblées de Frères ou Plymouth Brethren ou encore Frères de Plymouth constitue l'une des branches du protestantisme évangélique. Ce mouvement est né à Dublin et en Grande-Bretagne vers 1830 et a connu une importante scission en 1848 qui a abouti à distinguer un courant « ouvert » d'une part, les « Open Brethren », et un courant « exclusif » d'autre part, appelé aussi « darbyste ». La branche la plus « étroite » a suivi John Nelson Darby et la branche plus ouverte des leaders comme George Müller et Henry Craik. Ces deux courants se sont développés dans le monde et notamment en France pour faire partie des cinq principales dénominations évangéliques sur quarante-trois significatives.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Les Frères de Plymouth, appelés aussi Assemblées de Frères trouvent leur origine vers 1830. De jeunes chrétiens assez cultivés se retrouvent pour étudier la Bible et la vivre plus intensément à Dublin vers 1825 et, presque indépendamment, un peu plus tard à Plymouth, Bristol et Barnstaple en Grande-Bretagne. Ils osent partager en toute la liberté la Cène. L’étude des prophéties bibliques prend une place importante dans un contexte de peurs liées notamment aux conséquences de la Révolution française et des guerres napoléoniennes. On y parle déjà de la restauration d’Israël et de se préparer au retour de Jésus-Christ. Ils provenaient d’Églises différentes et voulaient manifester l’unité des chrétiens. Leur compréhension du sacerdoce universel les amène à rejeter la distinction « clergé-laïc ».

Parmi les pionniers, on trouve Anthony Norris Groves, John Gifford Bellett, Edward Cronin, John Parnell (qui devint ensuite Lord Congleton), Henry Craik et George Müller. Henry Craik se convertit en 1828 et devint tuteur des enfants de la famille Groves, Müller épousa une sœur de Groves. En 1831, Craik et Müller démarrent un groupe à Bristol qui atteindra en quelques années le millier de membres. Müller, homme de foi exceptionnel, sera à l’origine des célèbres orphelinats de cette ville.

L'Assemblée à Plymouth[modifier | modifier le code]

Des leaders comme Benjamin Wills Newton et Samuel Prideaux Tregelles aidé ponctuellement par John Darby, ont conduit l’une des assemblées les plus rayonnantes à partir de 1831. En 1832, le périodique Christian Witness y est créé, faisant ainsi connaître cette Assemblée et le réseau qui commencent à se tisser. D’où le nom « Frères de Plymouth ».

John Nelson Darby[modifier | modifier le code]

Il renonce à une carrière juridique pour devenir pasteur dans l’Église anglicane en Irlande vers 1826. L’année suivante il fit connaissance du groupe de Dublin avec qui il sympathisa. Il rompit avec l’Église anglicane dix ans plus tard. Les capacités impressionnantes de Darby lui ouvriront de nombreuses portes dans ces nouvelles et informelles assemblées de Frères. Par ses voyages incessants il deviendra l’un des principaux ambassadeurs de ces Églises dans les Îles Britanniques, en Suisse ou encore en France. Mais, dans plusieurs domaines, ses positions provoqueront une forte contestation notamment sur sa conception de l’apostasie de la chrétienté ou du baptême des enfants. Par la sévérité des exclusions qu’il avait prononcées dans les années 1840, le mouvement des Frères aboutira à sa plus grande division en 1848. Darby exclut tous ceux qui ne se joignent pas à lui pour exclure l'église de Bethesda ( à exclure selon son jugement personnel) Une aile « exclusive » suivra les positions de Darby, et les autres suivront l’approche plus « ouverte » de Müller, Craik ou Chapman.

Développement[modifier | modifier le code]

Malgré ces tensions, les Églises se développeront et l’élan missionnaire, à la suite de Groves, se déploiera dans de nombreuses nations. En Grande-Bretagne, le Réveil de 1859 bénéficia à l’ensemble des évangéliques et permit une croissance forte des Assemblées de Frères. Le mouvement se développa par la suite en Europe et dans tous les pays anglo-saxons. Il s'implanta aussi en terre de mission (Afrique, Moyen-Orient, Inde…) au XXe siècle.

Depuis 1848, il est scindé en deux tendances :

  • les frères « larges » qui, lors de la séparation, sont devenus les assemblées évangéliques et se sont distancés de la « doctrine » de Darby. Ils correspondent aux Open Brethren en Grande-Bretagne, historiquement aux Communautés et assemblées évangéliques de France (CAEF) en France, aux Assemblées et Églises évangéliques de Suisse Romande (AESR) en Suisse (maintenant intégrées à la Fédération romande d'Églises évangéliques) et doctrinalement aux "Assemblées de frères" d'Europe francophone. Ils donnent plus d'autonomie aux Églises locales, sont plus ouverts aux autres croyants et aux changements doctrinaux, et sont plus actifs dans l'évangélisation. Leur nombre est évalué à deux millions dans le monde.
  • Les frères « étroits » qui sont restés attachés à la « doctrine » de Darby. Ils sont plus interdépendants, plus conservateurs, très attachés à la spontanéité et à la collégialité… Ils forment plusieurs cercles de communion plus ou moins cloisonnés, des plus modérés aux plus étroits. Ils sont moins de 500 000 dans le monde. Ils sont souvent qualifiés de darbystes, mais ne se désignent eux-mêmes que rarement ainsi prétendant être des chrétiens cherchant à appliquer de façon exacte les principes doctrinaux de la Bible.

En France[1], on compte notamment[note 1]:

  • les frères « larges »  : Les Communautés et assemblées évangéliques de France (aile la plus ouverte des Frères) avec une centaine d'églises, et les « Assemblées de frères d'Europe francophone » (plutôt proches des frères larges traditionnels) avec plus de 70 églises recensées[2] ;
  • les frères « étroits » : Les assemblées exclusives sont au nombre d'une centaine dont , « l'Assemblées Chrétiennes de frères » (ou « darbystes »)[3], l'« Union nationale des Frères de Plymouth de France » [4] (ou « tayloristes ») qui regroupe au moins une vingtaine d'assemblées.

Ligne théologique[modifier | modifier le code]

La ligne théologique des Assemblées de Frères est de type réformé, avec comme axes majeurs :

  • L'importance de l'engagement personnel qui les rapproche du courant évangélique,
  • La volonté d'être réunis « autour du Seigneur », dans la simplicité, entre « frères » (dans une démarche originellement piétiste),
  • Le sacerdoce universel sans nomination et spontané (absence de clergé et de liturgie),
  • L'autonomie des Églises locales dirigées par des anciens (congrégationalisme).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Une liste exhaustive est difficile à établir, seules les églises identifiées comme associations cultuelles étant facilement recensables. Cette organisation n'est adoptée que si l'activité ou la taille des églises l'impose.

Références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Robert H. Baylis, My people: the story of those Christians sometimes called Plymouth Brethren, Harold Shaw Publishers, Wheaton, 1995, 336 p. (ISBN 978-0877885771)
  • (en) F. Roy Coad, A history of the Brethren movement: its origins, its worldwide development and its significance for the present day, Regent College Publishing, Vancouver, 2001, 327 p. (ISBN 1573831832) (1re édition, Paternoster Press, 1968)
  • (en) Neil Dickson, Tim Grass, The growth of the Brethren Movement: national and international experiences: essays in honour of Harold H. Rowdon, Wipf & Stock Publishers, Eugene, 2006 (ISBN 9781556351174)
  • (en) Tim Grass, Gathering to His name: the story of the Open Brethren in Britain and Ireland, Paternoster, Milton Keynes, 2006, 589 p. (ISBN 1842272209)
  • (en) Harold Hamlyn Rowdon, The origins of the Brethren, 1825–1850, Pickering and Inglis, Londres, 1967, 323 p. (ISBN 0720800005)
  • Alfred Kuen, L’audace de la foi : George Müller, Édition Emmaüs, Saint-Légier, 1982, 175 p. (ISBN 9782828700225)
  • La série d’articles de Jean-Pierre Bory publiés par la revue Servir en l’attendant, janvier 1996 à août 1998 [lire en ligne]
  • "Le monde attend derrière la porte", roman ado, Thierry Magnier, 2004, inspiré par la communauté des "Frères de Plymouth" N° 4, dits aussi "Frères exclusifs" ou "Purs"
  • Histoire des protestants en France, Fayard, 2012