Acarnanie

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38° 45′ N 21° 05′ E / 38.75, 21.083

Acarnanie

L’Acarnanie (en grec ancien : Ἀκαρνανία / Akarnanía ; en latin classique : Acarnānǐa, -ae) est une région occidentale de la Grèce antique, délimitée au nord par le golfe Ambracique, à l'ouest et au sud-ouest par la mer Ionienne. À l'est, le fleuve Achéloos la sépare de l'Étolie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Mythologie[modifier | modifier le code]

D'après le témoignage de Pline l'Ancien[1], l'Acarnanie se serait d'abord appelée la Curétide (Cũrētis, -ǐdis).

Selon la mythologie grecque, elle aurait été fondée par Acarnan, fils d'Alcméon.

Ses premiers habitants sont :

  • Les Curètes (Κουρῆτες) ;
  • Les Téléboens (Τηλεβόαι ; Tēlěbǒae, -ārum), venus des îles Téléboïdes (Tēlěbǒides insǔlae) ou Taphies (Taphǐae) et qui colonisèrent l'île de Caprée, en face de Sorrente ;
  • Les Lélèges (Λέλεγες ; Lělěges, -um) de Locride, Carie et Thessalie.

Périodes archaïque et classique[modifier | modifier le code]

Elle est composée de póleis, colonies fondées, entre autres, par les CorinthiensLeucade dans l'île éponyme, Anactorion et Solion — au VIIe siècle av. J.-C. ainsi que d'éthnē.

Éloignée de la Grèce des cités, l'Acarnanie passe aux yeux des autres Grecs pour une contrée semi-barbare. Thucydide indique qu'elle vit, à l'instar de la Locride ozolienne et de l'Étolie, « à la manière ancienne » (I, V, 3), c'est-à-dire de piraterie et de brigandage. Elle émerge au Ve siècle comme enjeu de bataille entre Sparte et Athènes, pendant la guerre du Péloponnèse.

L'Acarnanie est alliée d'Athènes durant la guerre du Péloponnèse. Elle se rapproche de Sparte en -388 mais adhère, en -375, à la deuxième alliance maritime athénienne : à Chéronée, en -338, deux mille hoplites acarnaniens combattent au côté des Athéniens contre Philippe II de Macédoine.

Période épirote[modifier | modifier le code]

Vers -281, Pyrrhos Ier d'Épire semble exercer l'hegemon sur l'Acarnanie. La présence épirote se prolonge jusqu'à la Guerre chrémonidéenne (-267 - -262) : Alexandre II d'Épire cherche refuge en Acarnanie après son échec face aux Macédoniens et ses alliés acarnaniens et étoliens l'aident à recouvrer son royaume.

Vers -263 ou -262, une alliance assortie d'une isopolitie unit Étoliens et Acarnaniens. Mais, dix ans plus tard (-253 ou -252), l'Acarnanie est partagée entre l'Épire et les Étoliens.

L'Acarnanie est soumise par les Macédoniens en -225.

Période romaine[modifier | modifier le code]

Carte du diocèse de Macédoine (vers 400)
L'Épire ancienne et les autres provinces du diocèse de Macédoine (vers 400)

Alliés de Philippe V de Macédoine dans la Deuxième Guerre macédonienne, les Acarnaniens entrent dans la clientèle de Rome après -197.

Ses principales cités sont Stratos et Leucade.

En -27, l'Acarnanie est incorporée à l'Achaïe, province comprenant la Grèce proprement dite, y compris l'Épire méridionale et la Thessalie, ainsi que les îles de la mer Égée — l'archipel des Sporades et une partie de celui des Cyclades — et de la mer Ionienne.

Au Bas-Empire, l'Acarnanie fait partie de l'Épire ancienne (Epirus vetus), province comprenant, en outre, l'Épire antique et les îles de Corcyre et d'Ithaque, et relevant du diocèse de Macédoine et de la préfecture d'Illyrie dont le vicaire et le préfet résident à Thessalonique.

Période byzantine[modifier | modifier le code]

Carte de la Grèce byzantine divisée en thèmes (vers 900)
Thèmes byzantins en Grèce (vers 900)

L'Empire byzantin succède à l'Empire romain d'Orient. Vers 886, sous le règne de l'empereur Léon VI le Sage, l'Acarnanie fait partie du thème de Nicopolis, ayant Naupacte pour chef-lieu.

Lorsqu'en 1204, la Quatrième croisade éclipse le pouvoir de l'empire byzantin, l'Acarnanie passe sous la domination du Despotat d'Épire des Doukas puis des Ursins.

Période ottomane[modifier | modifier le code]

Charles Ier partage ses possessions entre ses fils et son neveu. L'Acarnanie est partagée entre Memnon, Turnus et Hercule, l'Étolie revenant à son neveu Charles, fils de son frère Léonard. Memnon, Turnus et Hercule se disputent entre eux l'héritage paternel jusqu'à ce que Memnon appelle Mourad à son secours. Ce dernier feint d'écouter sa demande et envoie une partie de son armée sous les ordres de Kharadja Pacha en Acarnanie.

En 1480, l'Acarnanie est incluse dans l'Empire ottoman.

Elle fait partie du sandjak de Karlélie qui relève de l'eyalet des îles et de la mer Méditerranée (en turc : Cezayir-i Bahr-i Sefid Eyaleti ou Cezayir-i Bahr-i Sefid Beylerbeyliği), administré par le capitan pacha (Kaptan Paşa ou Kaptan-ı derya), puis de l'eyalet de Morée (Mora Eyaleti ou Mora Eyaleti).

Par le protocole du 26 septembre 1831, la Conférence de Londres attribue l'Acarnanie et l'Étolie à la Grèce, moyennant le versement d'une compensation financière à la Porte[2]. L'attribution est confirmée par le traité de Londres du 7 mai 1832[3].

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Elle forme, avec l'Étolie, le district régional d'Étolie-Acarnanie qui relève de la périphérie (περιφέρεια / periféria) de Grèce-Occidentale (en grec : Δυτική Ελλάδα).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, IV, 5.
  2. Protocole du 26 septembre 1831 : « L'Étolie et l’Acarnanie sont des pays arides et pauvres, dont la population, peu nombreuse mais guerrière, ne s’est, dans aucun temps, entièrement soumise à l’autorité de la Porte. La possession de ces deux districts, loin d’assurer à l’Empire ottoman un accroissement de revenu ou de puissance, n’est donc pour lui qu’une source d’inquiétude et de trouble, tandis qu’elle donnerait au Gouvernement grec une bonne frontière, une sécurité complète et les moyens d’entretenir avec la Turquie des relations de bon voisinage, mutuellement indispensables. Ces motifs sembleraient devoir porter le Gouvernement turc à accepter l’équivalent qui lui sera proposé ».
  3. Traité de Londres du 7 mai 1832, article 5 : « Les limites définitives du territoire Grec seront telles qu'elles résulteront des négociations que les Cours de France, de la Grande-Bretagne et de Russie viennent d'ouvrir avec la Porte Ottomane, en exécution du Protocole du 26 septembre 1831 ».