Abbaye de Villers-la-Ville

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Ancienne abbaye de Villers
Image illustrative de l'article Abbaye de Villers-la-Ville
Ruines du transept sud de l'abbatiale de Villers
Présentation
Nom local Abbaye de Villers-la-Ville
Culte catholique
Type Abbaye
Rattachement Ordre de Cîteaux
Début de la construction 1146
Autres campagnes de travaux XIIIe siècle
Style dominant classique pour les travaux du XVIIIe siècle
Protection Icône du bouclier bleu apposé sur un immeuble classé de la Région wallonne Patrimoine classé (1972, 1992, no 25107-CLT-0002-01)
Icône du bouclier bleu apposé sur un immeuble classé de la Région wallonne Patrimoine exceptionnel (2013, no 25107-PEX-0002-02)
Site web www.villers.be
Géographie
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Département Drapeau de la province du Brabant wallon Province du Brabant wallon
Commune Villers-la-Ville
Coordonnées 50° 36′ N 4° 32′ E / 50.6, 4.5450° 36′ Nord 4° 32′ Est / 50.6, 4.54  

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Ancienne abbaye de Villers

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Ancienne abbaye de Villers

L’Abbaye de Villers ou de Villers en Brabant est une ancienne abbaye cistercienne sise sur le territoire de la commune de Villers-la-Ville (Brabant wallon, Belgique). Fondée en 1146 au creux de la vallée de la Thyle, elle fut abandonnée en 1796 et la majeure partie du site est désormais en ruine. Propriété de l’État belge, les ruines sont classées monument historique et sont inscrites au patrimoine majeur de Wallonie.

Histoire[modifier | modifier le code]

De la fondation à la suppression[modifier | modifier le code]

En 1146, des moines de Clairvaux arrivent à Villers pour y fonder une abbaye (Villers I). Après quelques mois, lors d'une visite de saint Bernard, la communauté se déplace vers un site en contrebas dans la vallée de la Thyle (Villers II).

Au XIIIe siècle, l’abbaye est intégralement reconstruite (Villers III). Ce siècle marque l’apogée de l’abbaye : plusieurs abbés occupent de hautes fonctions au sein de l'ordre de Cîteaux et de nombreux moines de Villers vécurent saintement. La chronique raconte que l’abbaye compte alors environ 100 moines et 300 convers (chiffres plausibles). La taille du domaine s'élève à environ 10 000 ha de terres et de bois, exploités par différentes granges (dont à Grandpré).

La fin du Moyen Âge marque le début d’une période de déclin et de troubles qui perdurent aux XVIe et XVIIe siècles.

Gravure anonyme (1607).

Au XVIIIe siècle, l’abbaye connaît son second âge d’or. Les bâtiments conventuels sont aménagés dans le style classique. La ferme de l’abbaye des XVIIe et XVIIIe siècles fut exploitée par les moines jusqu'en 1796.

L'abbaye est donc devenue une importante puissance au XVIIIe siècle. En 1796 (ou 1793[1]) , l'administration révolutionnaire française la pille et la détruit, puis en vend les ruines à un propriétaire privé.

Dégradations et restaurations[modifier | modifier le code]

Gravure de Beterham, d’après un dessin de Van Wel (1726).

La dégradation de l'édifice va être continue : vente de matériaux, pillages, écroulement de bâtiments, traversée du site par le chemin de fer en 1854 - 1855, etc. Les ruines de l'abbaye attirent d'abord des artistes romantiques, parmi lesquels Victor Hugo est le plus célèbre, puis des touristes en quête de pittoresque.

En 1875 Eugène Van Bemmel, historien universitaire, publie Dom Placide ou les mémoires du dernier moine de Villers, roman a succès qui suscite un intérêt tant pour les ruines de Villers que pour le château de La Motte à Noirhat (Bousval).

Illustration du Dom Placide d'Eugène Van Bemmel. Édition 1934. Dessin d'Alfred Ronner.

Entre 1893 et 1896, selon les sources[1], l'État belge, reconnaissant enfin la valeur patrimoniale des ruines, les rachète et procède à leur expropriation « pour cause d'utilité publique ». Une grande campagne de conservation, menée par l'architecte Charles Licot, butera rapidement sur les problèmes spécifiques des ruines. Une ruine restaurée est elle encore une ruine ? lancera un de ses détracteurs au Parlement belge.

Patrimoine architectural[modifier | modifier le code]

Travaux prévus[modifier | modifier le code]

En 1972, les ruines de l'ancienne abbaye sont classées comme "site et monument historique", et en 1992, classées comme patrimoine exceptionnel de Wallonie.

Depuis 2010 :

  • des travaux de valorisation et de réunification des trois parcelles scindées en 1797 sont en cours comme la porte de la ferme qui est refaite,
  • la grange a été complètement restaurée,
  • les travaux de la ferme abbatiale ont débuté en janvier 2011 avec possibilité d’hébergement individuel et grand dortoir (durée prévue : deux ans), et
  • la buanderie est en cours de rénovation depuis avril 2011 (durée prévue 1 an - fin prévue en janvier 2012), une micro-brasserie y sera installée ;
  • la drève de 300 m qui relie la ferme à l'abbaye est en cours de déblaiement (la remettre au même niveau qu'au XVIIIe siècle), et le moulin est en attente de l’octroi du permis d’urbanisme pour lancer les appels d’offres. Les travaux devraient débuter en octobre 2012 (Délai : deux ans et demi). Tout cela dans le cadre du programme Feder (Fonds européens) ;
  • l'abbaye accueille un jardin d’inspiration médiévale à partir de 2012. Les premières plantes arriveront en octobre 2011. Cette réalisation, faite avec la collaboration de la Fondation Yves Rocher, sera inaugurée le 21 juin 2012 ;
  • le rebouchage des fouilles de la Porte de Bruxelles, le principe est acquis. Coût des travaux : 350 000 €.

Le 22 octobre 2013, un camion heurte les deux arcades qui surplombent la nationale le long des ruines de l'abbaye[2] ; l'édifice du XIIe siècle est fortement endommagé : la première arcade menace de s'effondrer, la deuxième est tombée sur la cabine du camion.

Styles achitecturaux[modifier | modifier le code]

L’abbaye reflète tous les styles architecturaux qui se sont succédé dans ces contrées.

Au XVIIIe siècle, les bâtiments conventuels de l'abbaye sont aménagés dans le style classique. Quant au palais abbatial et à sa cour d'honneur, ils témoignent aux aussi de la munificence architectural et décorative de ce siècle[1].

Aujourd'hui, l'abbaye offre au public des vestiges en style romano-ogival du XIIIe siècle : demeure des abbés, refuge des pauvres, salle des moines, réfectoire, cloître, parloir, salle du chapitre, dortoir, infirmerie, bibliothèque, etc. L'église abbatiale, qui date elle aussi du XIIIe siècle, mesure 91 mètres de long sur 41 mètres de large[1]. Des jardins en terrasses, dominés par une chapelle datant de 1613-1616, consacrée à Notre-Dame de Montaigu[3], permettent d'avoir une vue d'ensemble révélatrice des ruines. L'intérieur de ces débris gigantesques demeure considérable[1].

Gestion actuelle[modifier | modifier le code]

La gestion des lieux (hors travaux de restauration) est successivement confiée, en 1922[1], au Touring Club de Belgique puis, de 1982 à 1992 à la province du Brabant wallon et à la commune de Villers-la-Ville et enfin, depuis 1992, à une Association pour la promotion touristique et culturelle de Villers (APTCV).

L'Abbaye de Villers est membre de la Charte des Abbayes et Sites Cisterciens d'Europe[4].

Étés théâtraux de Villers-la-Ville[modifier | modifier le code]

Depuis l'été 1987, des représentations théâtrales ont lieu dans les ruines de l'abbaye.

Un soir autour du monde[modifier | modifier le code]

Le festival Un Soir autour du Monde est un festival de musique festive organisé chaque année par l'asbl du même nom. Jusqu'en 2011, il se déroulait le dernier week-end d'avril et, depuis 2012, dans le courant du mois de septembre.

« Sanctuary’s battle »[modifier | modifier le code]

Tournage du court métrage fantastique « Sanctuary’s battle » de Emre Olcayto le 31 octobre 2011. Avec un budget de seulement 6000 €, il ouvrira le BIFFF (Festival International du Film Fantastique de Bruxelles) en avril 2012.

Voûtes du chœur de l'abbatiale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Joseph Delmelle, Abbayes et béguinages de Belgique, Rossel Édition, Bruxelles, 1973, p. 50.
  2. Faudra-t-il détruire les arches de Villers-la-Ville ? sur lavenir.net
  3. « Cronologie historique de l'abbaye de Villers-la-Ville » (consulté le 2 décembre 2014).
  4. http://www.cister.net

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • BRAIVE (Gaston) et DUBUISSON (Michel), Bibliographie d'histoire de l'Abbaye de Villers-en-Brabant, Villers-la-Ville, APTCV, 2002, 38 p. (Supplément à la revue Villers n° 24).
  • BROUETTE (Emile), Abbaye de Villers à Tilly dans Monasticon belge, t.IV. Province de Brabant, vol. 2, Liège, Centre national de recherche religieuse, 1964, p. 341-405.
  • COOMANS (Thomas), L’abbaye de Villers-en-Brabant. Construction, configuration et signification d’une abbaye cistercienne gothique, Bruxelles, Racine; Brecht, Cîteaux. Commentarii cistercienses, 2000, 622 p. (Studia et documenta, XI).
  • COOMANS (Thomas), L'abbaye de Villers. Histoire des ruines (1796-1984), Louvain-la-Neuve, 1990 (Publication d'histoire de l'art et d'archéologie de l'université catholique de Louvain, 72).
  • COOMANS (Thomas), From Romanticism to New Age : The Evolving Perception of a Church Ruin, in Téoros: revue de recherche en tourisme, Université du Québec à Montréal / École des Sciences de la Gestion, 24/2, 2005, p. 47-57.
  • DE MOREAU (Edouard), L'abbaye de Villers en Brabant aux XIIe et XIIIe s. Étude d'histoire religieuse et économique, suivie d'une notice archéologique par le chanoine R. Maere, Bruxelles, A. Dewit, 1909, LXXI-350 p. (Université de Louvain. Recueil de travaux publiés par les membres des conférences d'histoire et de philologie, 21).
  • DUBUISSON (Michel), Anthologie de la vie quotidienne à l'abbaye de Villers-en-Brabant (XIIe-XVIIIe siècles), Villers, asbl Abbaye de Villers-la-Ville, 2006, 177 p.
  • HENRIVAUX (Omer), Autour de l’abbatiat de Robert Henrion. 180 ans d’histoire de l’abbaye de Villers, 1486-1666, Beauvechain, Nauwelaerts, 2002, 249 p.
  • HENRIVAUX (Omer), Jacques Hache, abbé de Villers, Beauvechain, Nauwelaerts, 2004, 285 p.
  • PLOEGAERTS (Théophile) et BOULMONT (Gustave), L'abbaye cistercienne de Villers pendant les cinq derniers siècles de son existence. Histoire religieuse et économique du monastère, dans Annales de la Société archéologique de l'Arrondissement de Nivelles, t. XI, 1914-1926, p. 93-679.
  • Bruno Kervyn de Meerendré, « L'évolution d'un grand chantier médiéval : l'église abbatiale deVillers-la-Ville », Bulletin de la Commission royale des Monuments et des Sites, Commission royale des Monuments et des Sites, t. 10,‎ 1981, p. 46-105 (lire en ligne)
  • Villers. Revue trimestrielle de l'abbaye, Villers-la-Ville, Association pour la promotion touristique et culturelle de Villers-la-Ville, 1996-

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]