Abbaye de Villers-la-Ville

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Abbaye de Villers
Image illustrative de l'article Abbaye de Villers-la-Ville
Ruines du transept sud de l'abbatiale de Villers
Présentation
Nom local Abbaye de Villers-la-Ville
Type ancienne Abbaye
Rattachement anciennement Ordre de Cîteaux
Début de la construction 1146
Protection Patrimoine majeur de Wallonie
Géographie
Pays Drapeau belge Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Département Drapeau de la province du Brabant wallon Province du Brabant wallon
Commune Villers-la-Ville
Coordonnées 50° 36′ N 4° 32′ E / 50.60, 4.5450° 36′ Nord
       4° 32′ Est
/ 50.60, 4.54
  

Géolocalisation sur la carte : Belgique

(Voir situation sur carte : Belgique)
Abbaye de Villers

L’Abbaye de Villers ou de Villers en Brabant est une ancienne abbaye cistercienne sise sur le territoire de la commune de Villers-la-Ville (Brabant wallon, Belgique). Fondée en 1146, elle fut abandonnée en 1796 et la majeure partie du site est désormais en ruine. Propriété de l’État belge, les ruines sont classées monument historique et sont inscrites au Patrimoine majeur de Wallonie.

Sommaire

Histoire [modifier]

De la fondation à la suppression [modifier]

En 1146, des moines de Clairvaux arrivent à Villers pour y fonder une abbaye (Villers I). Après quelques mois, lors d'une visite de saint Bernard, la communauté se déplace vers un site en contrebas dans la vallée de la Thyle (Villers II).

Au XIIIe siècle, l’abbaye est intégralement reconstruite (Villers III). Ce siècle marque l’apogée de l’abbaye : plusieurs abbés occupent de hautes fonctions au sein de l'ordre de Cîteaux et de nombreux moines de Villers vécurent saintement. La chronique raconte que l’abbaye compte alors environ 100 moines et 300 convers (chiffres plausibles). La taille du domaine s'élève à environ 10 000 ha de terres et de bois, exploités par différentes granges (dont à Grandpré).

La fin du Moyen Âge marque le début d’une période de déclin et de troubles qui perdurent aux XVIe et XVIIe siècles.

Gravure anonyme (1607).

Au XVIIIe siècle, l’abbaye connaît son second âge d’or. Les bâtiments conventuels sont aménagés dans le style classique.

En 1796, l'administration révolutionnaire française supprime l’abbaye qui est vendue à un propriétaire privé.

Dégradation et restauration [modifier]

Gravure de Beterham, d’après un dessin de Van Wel (1726).

La dégradation de l'édifice va être continue : vente de matériaux, pillages, écroulement de bâtiments, traversée du site par le chemin de fer en 1854 - 1855, etc. Les ruines de l'abbaye attirent d'abord des artistes romantiques, parmi lesquels Victor Hugo est le plus célèbre, puis des touristes en quête de pittoresque. En 1875 Eugène Van Bemmel, historien universitaire, publie Dom Placide où les mémoires du dernier moine de Villers, roman a succès qui suscite un intérêt tant pour les ruines de Villers que pour le château de La Motte à Noirhat (Bousval).

Illustration du Dom Placide d'Eugène Van Bemmel. Édition 1934. Dessin d'Alfred Ronner.

En 1893, l'État belge, reconnaissant enfin la valeur patrimoniale des ruines, procède à leur expropriation « pour cause d'utilité publique ». Une grande campagne de conservation, menée par l'architecte Charles Licot, butera rapidement sur les problèmes spécifiques des ruines. Une ruine restaurée est elle encore une ruine ? lancera un de ses détracteurs au Parlement belge.

En 1972, les ruines sont classées comme "site et monument historique". Et en 1992, classement comme patrimoine exceptionnel de Wallonie.

Depuis 2010, des travaux de valorisation et de réunification des trois parcelles scindées en 1797 sont en cours comme la porte de la ferme qui est refaite, la grange qui a été complètement restaurée, les travaux de la ferme abbatiale ont débuté en janvier 2011 avec possibilité d’hébergement individuel et grand dortoir (durée prévue: 2 ans) et la buanderie est en cours de rénovation depuis avril 2011 (durée prévue 1 an - fin prévue en janvier 2012), une micro-brasserie y sera installée. La drève de 300 m qui relie la ferme à l'abbaye est en cours de déblaiement (la remettre au même niveau qu'au XVIIIe siècle), le Moulin est en attende de l’octroi du permis d’urbanisme pour lancer les appels d’offres. Les travaux devraient débuter en octobre 2012. (Délai : deux ans et demi). Tout cela dans le cadre du programme Feder (Fonds européens).

L'abbaye accueillera dès 2012 un jardin d’inspiration médiévale. Les premières plantes arriveront en octobre 2011. Cette réalisation, faite avec la collaboration de la Fondation Yves Rocher, sera inaugurée le 21 juin 2012.

Et le rebouchage des fouilles de la Porte de Bruxelles : le principe est acquis. Coût des travaux : 350 000 €.

Gestion actuelle [modifier]

La gestion des lieux (hors travaux de restauration) est successivement confiée au Touring Club de Belgique puis, de 1982 à 1992 à la province du Brabant wallon et à la commune de Villers-la-Ville et enfin, depuis 1992, à une Association pour la promotion touristique et culturelle de Villers (APTCV).

L'Abbaye de Villers est membre de la Charte des Abbayes et Sites Cisterciens d'Europe[1].

Étés théâtraux de Villers-la-Ville [modifier]

Depuis l'été 1987, des représentations théâtrales ont lieu dans les ruines de l'abbaye.

Un soir autour du monde [modifier]

Le festival Un Soir autour du Monde est un festival de musique festive organisé chaque année par l'asbl du même nom. Jusqu'en 2011, il se déroulait le dernier week-end d'avril et, depuis 2012, dans le courant du mois de septembre.

« Sanctuary’s battle » [modifier]

Tournage du court métrage fantastique « Sanctuary’s battle » de Emre Olcayto le 31 octobre 2011. Avec un budget de seulement 6000 €, il ouvrira le BIFFF (Festival International du Film Fantastique de Bruxelles) en avril 2012.

Voûtes du chœur de l'abbatiale.

Bibliographie [modifier]

  • BRAIVE (Gaston) et DUBUISSON (Michel), Bibliographie d'histoire de l'Abbaye de Villers-en-Brabant, Villers-la-Ville, APTCV, 2002, 38 p. (Supplément à la revue Villers n° 24).
  • BROUETTE (Emile), Abbaye de Villers à Tilly dans Monasticon belge, t.IV. Province de Brabant, vol. 2, Liège, Centre national de recherche religieuse, 1964, p. 341-405.
  • COOMANS (Thomas), L’abbaye de Villers-en-Brabant. Construction, configuration et signification d’une abbaye cistercienne gothique, Bruxelles, Racine; Brecht, Cîteaux. Commentarii cistercienses, 2000, 622 p. (Studia et documenta, XI).
  • COOMANS (Thomas), L'abbaye de Villers. Histoire des ruines (1796-1984), Louvain-la-Neuve, 1990 (Publication d'histoire de l'art et d'archéologie de l'université catholique de Louvain, 72).
  • COOMANS (Thomas), From Romanticism to New Age : The Evolving Perception of a Church Ruin, in Téoros: revue de recherche en tourisme, Université du Québec à Montréal / École des Sciences de la Gestion, 24/2, 2005, p. 47-57.
  • DE MOREAU (Edouard), L'abbaye de Villers en Brabant aux XIIe et XIIIe s. Étude d'histoire religieuse et économique, suivie d'une notice archéologique par le chanoine R. Maere, Bruxelles, A. Dewit, 1909, LXXI-350 p. (Université de Louvain. Recueil de travaux publiés par les membres des conférences d'histoire et de philologie, 21).
  • DUBUISSON (Michel), Anthologie de la vie quotidienne à l'abbaye de Villers-en-Brabant (XIIe-XVIIIe siècles), Villers, asbl Abbaye de Villers-la-Ville, 2006, 177 p.
  • HENRIVAUX (Omer), Autour de l’abbatiat de Robert Henrion. 180 ans d’histoire de l’abbaye de Villers, 1486-1666, Beauvechain, Nauwelaerts, 2002, 249 p.
  • HENRIVAUX (Omer), Jacques Hache, abbé de Villers, Beauvechain, Nauwelaerts, 2004, 285 p.
  • PLOEGAERTS (Théophile) et BOULMONT (Gustave), L'abbaye cistercienne de Villers pendant les cinq derniers siècles de son existence. Histoire religieuse et économique du monastère, dans Annales de la Société archéologique de l'Arrondissement de Nivelles, t. XI, 1914-1926, p. 93-679.
  • Villers. Revue trimestrielle de l'abbaye, Villers-la-Ville, Association pour la promotion touristique et culturelle de Villers-la-Ville, 1996-

Voir aussi [modifier]

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Notes et références [modifier]

Lien externe [modifier]