Villers-la-Ville (Belgique)

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Villers-la-Ville et Villiers.
Villers-la-Ville
L'abbaye vue depuis l'ouest - Gravure de Vorstermans le Jeune (1659)
L'abbaye vue depuis l'ouest - Gravure de Vorstermans le Jeune (1659)
Blason de Villers-la-Ville
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province du Brabant wallon Province du Brabant wallon
Arrondissement Nivelles
Bourgmestre Emmanuel Burton (MR)
Majorité MR-AC
Sièges
MR
PS-IC
AC
Ecolo
21
12
4
3
2
Section Code postal
Villers-la-Ville
Marbais
Mellery
Sart-Dames-Avelines
Tilly
1495
1495
1495
1495
1495
Code INS 25107
Zone téléphonique 071
Démographie
Gentilé Villersois(e)
Population
– Hommes
– Femmes
Densité
10 240 (1er janvier 2014)
49,2 %
50,8 %
216 hab./km2
Pyramide des âges
– 0–17 ans
– 18–64 ans
– 65 ans et +
(1er janvier 2013)
23,72 %
62,73 %
13,55 %
Étrangers 3,64 % (1er janvier 2013)
Taux de chômage 9,89 % (octobre 2013)
Revenu annuel moyen 14 994 €/hab. (2011)
Géographie
Coordonnées 50° 34.64′ N 4° 31.81′ E / 50.57733, 4.5301750° 34.64′ Nord 4° 31.81′ Est / 50.57733, 4.53017  
Superficie
– Surface agricole
– Bois
– Terrains bâtis
– Divers
47,45 km2 (2005)
70,58 %
10,38 %
15,93 %
3,11 %
Localisation
Situation de la commune au sein de la province du Brabant wallon
Situation de la commune au sein de la province du Brabant wallon

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Villers-la-Ville

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Villers-la-Ville
Liens
Site officiel www.villers-la-ville.be

Villers-la-Ville [vilɛʀslavil][1] (en wallon L’Abeye, Vilé-l'-Veye) est une commune francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province du Brabant wallon.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Du latin villare, écart d'un domaine (villa) puis village ; la-Ville fut ajouté par la suite pour distinguer le village de l'abbaye.

Géographie[modifier | modifier le code]

Villers-la-Ville, une commune située aux confins du Brabant wallon, est partagée entre champs d'un côté et bois de l'autre. La Thyle, le principal affluent de la Dyle, et le Gentissart y ont creusé leurs parcours sinueux dans une terre limoneuse et dans le schiste gris aux reflets bleutés.

Le cadastre divise le territoire de Villers-la-Ville (le village en lui-même, pas la commune) en deux sections : le Village et Holers.

La commune est traversée par la ligne ferroviaire n° 140. Il y un point d'arrêt à Villers-la-Ville. Près de l'ancienne abbaye, le chemin de fer passe sur un viaduc qui coupe le domaine en deux.

Sections de la commune[modifier | modifier le code]

Marbais, Mellery, Sart-Dames-Avelines, Tilly et Villers.

Histoire[modifier | modifier le code]

Villers est cité au début du IXe siècle (Vilers): un certain Rouin (Rothing), et son épouse Gile (Gisla) y achètent une exploitation appartenant au roi (mansus fiscalis) "dépendant depuis fort longtemps de l’autel de saint Pierre prince des apôtres". Cette dernière en fit don à l'abbaye de Gembloux que venait de fonder son petit-fils saint Guibert (Wichpert), donation entérinée en 946 par une charte d'Otton Ier[2].

Les ruines du transept nord de l'abbatiale.

Cependant l'histoire et le développement de Villers-la-Ville sont liés à l'évolution de l'abbaye cistercienne. Celle-ci fut progressivement érigée par des moines cisterciens venus de Clairvaux dès 1146 sur le modèle de la maison mère de Cîteaux.

L’abbaye connut des crises graves suivies de périodes de restauration et devint même le plus gros propriétaire foncier du Brabant possédant plus de 10 000 ha de terre. Durant la révolution brabançonne les troupes de l'armée impériale en débâcle saccagèrent l'Abbaye. En 1794, celle-ci fut à nouveau pillée, par les troupes françaises. Les terres et les bâtiments furent mis en vente publique en 1797 par la République française. De 1892 à 1894, il y eut différents arrêtés royaux d'expropriation pour cause d'utilité publique. Le site classé en 1972 est en cours de restauration et de consolidation.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jean t'Serclaes, comte de Tilly, chef de guerre, 1599-1632
  • Eugène Van Bemmel (1824-1880) Historien, auteur de Dom Placide, mémoire du dernier moine de Villers-la-Ville[3]
  • Général-baron Gaston de Trannoy, 1880 - 1960, célèbre cavalier, ancien combattant de 14-18 et de 40-45, gouverneur militaire de la province du Luxembourg en 40...

Armoiries officieuses[modifier | modifier le code]

Blason Villers-la-Ville.svg
Blason de Villers-la-Ville
Blasonnement : D'argent au faucon de sable, chaperonné de gueules, membré et grilleté d'or, perché sur un rameau feuillu de sinople posé en pointe et empiétant son chaperon d'une patte[4].



Patrimoine[modifier | modifier le code]

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

Les ruines de l'aile des convers, du mur sud et des tours de l'abbatiale.

Villers-la-Ville[modifier | modifier le code]

Abbaye de Villers : l’abbaye de Villers, fondée en 1146, constitue, avec ses ruines majestueuses, l'un des témoignages les plus prestigieux de la vie des moines de l'Ordre des cisterciens.

Les moines et les convers aménagent ce lieu encaissé et marécageux grâce à un ingénieux système hydraulique constitué de canalisations souterraines, moulins et étangs. Le vaste cloître construit au XIIIe siècle constitue le centre du monastère autour duquel s'articulent les bâtiments construits ou aménagés par les religieux pour la prière et le recueillement mais aussi pour des activités manuelles.

L’abbaye reflète tous les styles architecturaux qui se sont succédé dans ces contrées. Devenue une importante puissance au XVIIIe siècle, l’abbaye est pillée en 1794 par l'armée française. Entre les ruines de l’abbaye et le centre du village, la ferme de l’abbaye des XVIIe et XVIIIe siècles fut exploitée par les moines jusqu'en 1796. Le 22 octobre 2013, un camion heurte les deux arcades qui surplombent la nationale le long des ruines de l'abbaye ; l'édifice du 12e siècle est fortement endommagé : la première arcade menace de s'effondrer, la deuxième est tombée sur la cabine du camion.

Chapelle Saint-Bernard de Villers-la-Ville

Moulin abbatial de Villers-la-Ville

Ferme de l'abbaye de Villers-la-Ville

Église paroissiale Notre-Dame de la visitation (Villers-la-Ville) : reconstruite en 1925 en style néo-roman. La tour carrée date des XIe et XIIe siècles avec sa tourelle ajourée.

À l'intérieur, deux retables des XVe et XVIe siècles, le monument funéraire en pierre de François et Hélène de Marbais (1610), un tympan roman avec agneau pascal sculpté du XIIe siècle, un christ au tombeau (XVIe) ainsi qu'une chaire de vérité de la même époque, des confessionnaux Louis XVI, une Vierge des Affligés de 1608, une cuve baptismale du XVIe, des tableaux d'abbés.

Chapelle Notre-Dame des Affligés de Villers-la-Ville : un petit oratoire construit en 1731, abrite une Vierge en chêne des années 1600. Elle y est invoquée pour la guérison des maux de jambes et la protection des jeunes enfants. La tradition attribue à un soldat français la construction de cette chapelle votive où il déposa, après son retour de la guerre, une antique statue de la Vierge, sauvée d'un incendie en Allemagne. Il établit domicile au sud de l'abbaye, vivant là comme un ermite, recueillant sou par sou la somme nécessaire à l'exécution de son vœu. La chapelle, achevée en 1731, devint rapidement un lieu de pèlerinage.

Marbais[modifier | modifier le code]

Église Saint-Martin (Marbais) : fut rénovée en 1886. Son plan est calqué sur celui de l'église abbatiale de Villers. Elle possède un reliquaire du XVe siècle renfermant un fragment de la Sainte-Croix.

Chapelle Notre-Dame Auxiliatrice du Triolet (Marbais) : construction mentionnée en 1720, elle était rattachée à la ferme de la Jouerie à Marbais. Elle est consacrée à Notre Dame des Affligés, elle porte une invocation datée de 1750. À côté une pierre rappelle qu'autrefois le lieu était peu sûr puisque Philippe Pieret, censier de la Jouerie y fut assassiné par des brigands le 6 juillet 1666.

Église Notre-Dame de Marbisoux (Marbais) : conserve du mobilier du XVIIIe siècle.

Mellery[modifier | modifier le code]

Église Saint-Laurent (Mellery) : édifiée en 1776, abrite une statue de saint Bernard (en bois) attribuée à Laurent Delvaux, une statue de saint Antoine l'Ermite (XVIe siècle), un Ecce Homo de la fin du XVe siècle. La cure date de la fin du XVIIIe siècle.

Sart-Dames-Avelines[modifier | modifier le code]

Église Saint-Nicolas (Sart-Dames-Avelines) : construite en 1807, possède des fonts baptismaux du XVIe siècle, une Vierge baroque et plusieurs belles pièces d'orfèvrerie.

Tilly[modifier | modifier le code]

Église Saint-Martin (Tilly) (1863) : abrite un grand Christ en chêne attribué à Laurent Delvaux et un bénitier de pierre du XVIe siècle servant de fonts baptismaux. Des vitraux modernes furent offerts en 1956 à l'église.

Patrimoine historique[modifier | modifier le code]

Le Châtelet (Marbais) : vieux château occupé en 1219 par les seigneurs de Marbais. Au centre de la cour se dresse un donjon massif en schiste du XIIe ou XIIIe siècle à trois niveaux. Il appartint, entre autres, à Jean t'Serclaes; Comte de Tilly.

Château-ferme de Cognée : résidence d’Édouard Dumont de Chassart, dans un parc de style Louis XVI, un des plus gros marronniers du pays. Depuis 2005, une pico brasserie expérimentale y est installée : la brasserie de Cognée.

Ferme du Colombier (Mellery) : belle construction rurale qui a gardé ses murs défensifs et son porche-tour, surmonté d'un toit octogonal. L'ensemble qui relevait de l'abbaye de Gembloux fut cédé aux Cisterciens de Villers au XVIe siècle.

Grange de la Neuve Cour (Sart-Dames-Avelines) : bâtiment unique au XIIIe siècle, cette ancienne dépendance de l'abbaye de Villers-la-Ville fut scindée en Basse Neuve Cour et en Haute Neuve Cour, en 1554. Elles furent reconstruites au XVIIe siècle et appelées dès lors fermes de la Haute et de la Basse Cense. L'exploitation de l'époque comptait plus de 450 hectares.

Moulin d'Hollers (Villers-la-Ville) dont les origines remontent à 1530.

Patrimoine industriel[modifier | modifier le code]

Usine Chassart (Marbais): ancienne sucrerie-distillerie-levurerie. En 1906, la prospérité de l'entreprise fut telle qu'elle valut un anoblissement à ses propriétaires devenant ainsi la famille Dumont de Chassart. Les affaires périclitèrent à partir de l'entre-deux-guerres. La sucrerie ne pouvant résister à la concurrence internationale,elle fut rachetée en 1957 par la Raffinerie tirlemontoise. Onze années plus tard, c'est la division "alcool" qui fut absorbée par le groupe "Martini". La distillerie de genièvre fabriquait notamment le Chassart-Vieille Cuvée.

Voir aussi la liste du patrimoine immobilier classé de Villers-la-Ville.

Folklore et traditions[modifier | modifier le code]

Confréries[modifier | modifier le code]

  • Confrérie du Serment de Saint-Sébastien - Société royale (Marbais) : confrérie d'archers dont les origines remontent au corps des archers des comtes de Marbais (XVIe)
  • Confrérie royale des Chevaliers Sapeurs de la Sainte Croix de Marbais : la confrérie a pour but premier et exclusif d'honorer la sainte Croix. Elle garde ainsi un caractère religieux.
  • Confrérie des Hostieux Moines : La Confrérie des Hostieux Moines est largement inspirée de l'histoire de l'Abbaye de Villers-la-Ville qui comptait déjà en 1212 une hostellerie (d'où le nom de " Hostieux ") où les moines servaient les produits de leur production, tels le pain, la bière, le fromage, ...
  • Confrérie du Vignoble de l'Abbaye de Villers en Brabant : producteur du Clos de Villers-la-Vigne
  • Confrérie Royal des Pèlerins de Saint Roch de marbisoux, Confrérie composée de 12 "frères" honore Saint Roch dont la statue se trouve dans l'église Notre Dame de Marbisoux.

Fêtes[modifier | modifier le code]

  • Fête de la Saint-Bernard
  • Fête de la Saint-Hubert
  • Carnaval de Villers le dimanche 49 jours avant Pâques : Grand bal des enfants le samedi à 14h00, grande soirée le samedi à 21h00, cortège folklorique le dimanche et grande soirée de clôture gratuite. www.carnavaldevillers.be, Ainsi que "Les Bossus du Ramipont" Gilles et Brûle Bosses le dimanche en fin de cortège.
  • Tour Sainte-Croix : procession dont l'origine est liée à l'histoire de la relique de la sainte Croix que possède la paroisse de Marbais.
  • Festival Un Soir Autour du Monde : ce festival de musique festive est organisée chaque année par l'asbl du même nom le dernier week-end d'avril et connaît un important succès.
  • Fête du 15 août à Marbisoux (Pèlerinage) : Trois pèlerins de la ducasse de Marbisoux (Marbais-en-Brabant), 1952. Ils rentrent avec leur butin attaché à leur bâton. Le lundi de la fête locale, qui a lieu le dimanche le plus rapproché du 15 août, douze "pèlerins" de la Confrérie Saint-Roch, créée en 1860 au plus tard sous le vocable de saint Jacques, assistent à la messe de 8 heures, puis "partent pour Jérusalem" par groupe de trois. Ils vont collecter des légumes, des fruits, des fleurs, de l'argent. La quête terminée, les musiciens et les pèlerins se rendent au kiosque de la fête, où l'un d'eux narre avec humour leur voyage. Puis on procède à la "vente du bien d'autrui", avec "notaire" qui pratique la vente forcée. Celle-ci terminée, la danse des pèlerins a lieu entrecoupée d'interruptions et de disputes; on paye à boire aux musiciens, on chasse les femmes parce qu'elles dansent mal. Soudain s'affale un "frère". On chante une marche funèbre, l'ausculte; il refuse de l'eau, dont il asperge les curieux. D'un bond, il reprend sa place : la fête est terminée[5].

Tradition culinaire[modifier | modifier le code]

  • Les bières : La t'Serclaes (ambrée), la Vieille Villers (brune), la Triple Villers (blonde).
  • Le saucisson : "Le Bâton de St-Bernard" d'après une recette originale.
  • Le pain des moines : un pain à la bière.
  • Le gâteau des moines : un gâteau sec.
  • Clos de Villers-la-Vigne : vin rouge primeur, le premier Marc wallon, alcool titrant à 40°C exclusivement obtenu à partir des restes du pressurage des raisins du vignoble et du Mistelle de Villers-la-Vigne, boisson obtenue par assemblage d'eau de vie du raisin ou Marc avec le jus de raisin frais non fermenté[6]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Louvain-la-Neuve, Peeters,‎ 1994 (lire en ligne), p. 106.
  2. Charte éditée et traduite par le Corpus Etampois
  3. Le roman évoque un amour entre un moine de l'abbaye de Villers et la chatelaine du château de La Motte à Noirhat (Bousval)
  4. Lieve Viaene-Awouters et Ernest Warlop, Armoiries communales en Belgique, Communes wallonnes, bruxelloises et germanophones, t. 2 : Communes wallonnes M-Z, Communes bruxelloises, Communes germanophones, Bruxelles, Dexia,‎ 2002, p. 776
  5. Roger Pinon, Wallonie - Culture - Les traditions wallonnes (2/2)
  6. Villers-la-Vigne