Ötzi

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46° 46′ 44″ N 10° 50′ 23″ E / 46.77889, 10.83972

Ötzi

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Reconstitution de la momie d'Ötzi
présentée au musée de Préhistoire de Quinson.

Alias
Homme de Similaun
ou Homme de Hauslabjoch
Naissance fl. c. -3300
près de l'actuel village de Feldthurns (Velturno), au nord de Bolzano, Italie
Décès fl. c. -3255 (à env. 45 ans)
Alpes de l'Ötztal, près de Hauslabjoch sur la frontière entre l'Autriche et l'Italie

Ötzi [ˈœtsi] est le nom donné à un être humain momifié naturellement (congelé et déshydraté) découvert fortuitement par un couple de randonneurs, Helmut et Erika Simon, le 19 septembre 1991 à 3 210 mètres d'altitude, à la frontière entre l'Italie et l'Autriche dans le glacier du Hauslabjoch (il est aussi appelé homme de Hauslabjoch), près de la chaîne de Similaun (il est appelé également Homme de Similaun) dans les Alpes de l'Ötztal (d'où le surnom d'Ötzi), non loin des Dolomites italiennes. Il était enseveli sous une couche de glace et son existence a été révélée par la fonte importante du glacier cet été-là. Il date du Chalcolithique (4 546 ± 15 ans BP). Dans les médias français, il a parfois été appelé Hibernatus, par référence au film du même nom[1].

Découverte[modifier | modifier le code]

Le point rouge indique le lieu de sa découverte, près du refuge du Hauslabjoch.

Le corps gisant sous un glacier dans les Alpes de l'Ötztal, Ötzi a été mis au jour par un vent de sable hivernal du type foehn qui a fait fondre le glacier. Il a été découvert fortuitement le 19 septembre 1991 par un couple de randonneurs venus de Nuremberg, Helmut et Erika Simon, qui alertent la gendarmerie autrichienne, pensant qu'il s'agit d'un alpiniste mort de froid peu auparavant[2]. La momie et les objets qui l'accompagnaient ont subi les jours suivants plusieurs dommages du fait de curieux avant que des scientifiques n'interviennent : vêtements déchirés, récipient cylindrique brisé, « bâton » (en réalité l'arc d'Ötzi) fiché dans la glace et cassé, etc. Deux alpinistes intrigués, dont Reinhold Messner, ont tenté de dégager le corps avec leurs bâtons de marche et ont alerté la presse, faisant passer la momie pour un tyrolien âgé de 500 ans. Devant les caméras de télévision, le corps est dégagé des glaces le 22 septembre à l'aide d'un marteau piqueur à compression. Il est à cette occasion endommagé au niveau du fessier et d'une cuisse, l'humérus étant rompu. Il est ensuite héliporté par les secours en montagne d'Innsbruck. Pensant à un crime, le procureur local porte plainte contre X, le corps présentant des traces bleuâtres et le crâne une blessure[3].

Le corps a été découvert couché sur le ventre. On pensait qu'il avait chuté en avant mais la face gauche déformée suggère plutôt qu'il était couché sur le côté gauche et qu'une fois enseveli sous la neige, l’écoulement du glacier a retourné son corps[4].

Les premières observations soulignent que son épiderme s'est transformé en adipocire avant d'être momifié. Les vestiges archéologiques associés au corps retiennent l'attention des archéologues. Devant l'intérêt du corps, les autorités italiennes le réclament, puisqu'il a été découvert sur leur territoire. Une équipe internationale dirigée par Rainer Henn, le responsable de la mission scientifique autrichienne, réalise une étude publiée en 1996 avant de le remettre aux Italiens[5].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

La momie congelée est celle d'un homme d'environ 45 ans, de 1,59 mètre et de 40 kilogrammes, brachycéphale, glabre excepté pour la barbe. Il porte des incisives très écartées, type « dents du bonheur »[6]. Une première datation par le carbone 14 indiquait que l'individu a vécu durant une période comprise entre 3 350 et 3 100 av. J.-C. Une datation plus précise par spectrométrie de masse par accélérateur permet d'estimer l'âge à 4 546 ± 15 ans BP, ce qui correspond à la période du Chalcolithique[7].

Les artistes hollandais Adrie et Alfons Kennis ont utilisé des scanners 3D de l'« homme des glaces » et d'autres indications anatomiques pour créer un modèle grandeur nature.

Il s'agit de la plus ancienne momie naturelle connue jusqu'en 1995, année de la découverte de Rosalia, une momie retrouvée à La Cueva de las Momias et datant de 5 340 ± 70 BP[8].

Équipement et habillement[modifier | modifier le code]

Reconstitution de la hache en cuivre d'Ötzi.

Dans la poche de la ceinture d'Ötzi et à ses côtés se trouvaient un arc en if en fibre d'écorce torsadée de 182 cm, inachevé, 14 flèches dans leur carquois (12 en cours de fabrication ou à réparer, dépourvues de pointes en silex et de plumes), une hache à lame de cuivre pur poli (tenue par un lacet de cuir et « collée » au manche en bois d'if avec de la sève de bouleau), un couteau à lame de silex emmanchée sur un manche de frêne, dans un fourreau en tissu d'ortie et quelques champignons (polypores du bouleau) enfilés sur une lanière de cuir, probablement à usage médicinal (système digestif infesté de vers)[9]. Le corps était encore enveloppé dans une partie de ses vêtements formant trois couches successives : un pagne en peau de chèvre maintenu par une ceinture en peau de veau, une grande veste en cuir de chamois et de bouquetin, des jambières attachées à la ceinture par des jarretelles, une cape en fibres végétales tressées, un bonnet de fourrure en peau d'ours. Il avait également une hotte munie d'une armature formée d'une longue tige de noisetier, deux récipients cylindriques en écorce de bouleau, un petit sac comprenant un nécessaire à feu (amadou, silex, fragments de pyrite, …)[10] et un petit sac de cuir contenant de petits outils de silex (grattoir, perçoir, lame pointue), notamment un retoucheur (ou retouchoir) servant à retravailler les outils en silex. Deux de ses flèches, son poignard et sa cape sont couverts de sang appartenant à 4 individus différents. Ötzi portait des chaussures en peau (semelle en cuir d'ours, enveloppe en peau de cerf) et paille (foin séché maintenue servant d'isolant), et à brides en fibres d'écorce[11].

0.7
Dessin artistique de la chaussure droite en cuir d'Ötzi.

En 2008, une étude réalisée par des biochimistes de l'université de Sarrebruck a permis d'en savoir plus sur ses vêtements[12],[13]. Quatre échantillons de cuir recouvrant ses mocassins, ses bas et son manteau ont été analysés par une méthode basée sur la spectrométrie de masse par MALDI-TOF, initialement conçue pour identifier les plumes et le duvet lors des contrôles de qualité dans l'industrie de la literie. Il en ressort que le cuir des chaussures est constitué de peau de bovin tandis que les trois autres échantillons proviennent de moutons. Seuls les éleveurs et les agriculteurs pouvaient se vêtir de peaux d'animaux domestiques. Ötzi devait donc être un berger habitué à partir en transhumance dans les alpages.

Une exposition au Château-musée de Bélesta (Pyrénées-Orientales) montre cette reconstitution complète d'Ötzi : bonnet en peau d'ours brun, manteau de fourrure et pantalon en peau de chèvre, couche de foin dans des languettes de peau protégeant des mocassins en cuir de cerf avec des semelles en cuir d'ours, ceinture en peau de veau, amulette, hache en cuivre, arc et son carquois[14].

Alimentation[modifier | modifier le code]

Le dernier repas d'Ötzi se composait de céréales (75 % des restes de végétaux), de cerf et de bouquetin ; c'est ce que révèle l'étude de l'ADN des aliments conservés dans ses viscères[15]. Il semblerait qu'Ötzi ne pouvait pas digérer le lactose[16].

Maladies d'Ötzi[modifier | modifier le code]

Les tatouages arborés par Ötzi[2] (57 petits groupes de traits parallèles ou deux marques disposés en croix sur les lombaires, les genoux et des chevilles, réalisés par incision et insertion de poudre de charbon de bois) semblent en relation avec des lésions d'arthrose qui ont été repérées à la radiographie. On connaît d'autres pratiques thérapeutiques analogues consistant à déposer une poudre végétale dans une petite incision sous la peau, attestées par l'ethnographie et les sources anciennes. Ötzi porte les plus anciens tatouages néolithiques connus en Europe[17].

Une équipe autrichienne a remarqué que, parmi les 15 groupes de traits dont était tatoué Ötzi, neuf étaient proches de points de méridiens de l'acupuncture chinoise. Toutefois, comme le fait remarquer L. Renaut, « la pratique actuelle recense 670 points répartis symétriquement sur tout le corps humain, le long de 12 méridiens (ou canaux) bilatéraux et de deux méridiens axiaux. La surface du corps humain étant littéralement constellée de points d’insertion, on peut estimer comme dépourvu de toute espèce de signification statistique le fait que les tatouages d’Ötzi, longilignes et assez étendus, coïncident de temps à autre avec certains de ces points. »[17].

L'examen des cheveux au microscope électronique a permis d'établir la présence d'une pathologie névrotique et l'examen du seul ongle récupéré révèle une anomalie de la lame unguéale caractéristique d'un stress intense 8, 12 et 16 semaines avant sa mort. Ce mauvais état général semble lié à la présence dans son intestin d'œufs de trichine, un parasite qui produit des crises tous les vingt jours. Le champignon Piptoporus betulinus, dont Ötzi avait emporté une réserve, est connu pour détruire ces vers et ces œufs et agir comme un puissant laxatif. Une série de fractures des côtes du côté gauche, recalcifiées, semble indiquer une chute telle qu'on peut en faire en montagne. D'autres fractures non soignées, du côté droit, peuvent provenir d'un autre accident, d'une rixe ou de la simple pression de la glace[18].

Des chercheurs ont trouvé l'empreinte génétique de la bactérie Borrelia burgdorferi. Cela fait d'Ötzi le premier homme connu à avoir été infecté par le parasite à l'origine de la maladie de Lyme[11].

Des études en 2011 ont révélé d'autres pathologies : athérosclérose, poumons encrassés par la fumée des feux de camp, enthésopathie au niveau des genoux, présence de trois calculs biliaires indiquant que le régime d’Ötzi était riche en protéines.

Génétique[modifier | modifier le code]

Une analyse du génome mitochondrial d'Ötzi montre que ce dernier fait partie de l'haplogroupe K, fréquent dans les Alpes, mais sur une branche K1 qui n'est plus représentée à l'heure actuelle dans la région[19] (il s'agit de l'haplogroupe K1f, anciennement K1ö). En 2012, l'analyse à 96 % de son ADN nucléaire, plus précise que l'analyse de l'ADN mitochondrial, a révélé une mutation du chromosome Y qui se retrouve seulement dans 20 % de la population corse du sud de l'île et 9 % de la population sarde, à savoir l'haplogroupe ADN-Y G2a2b (anciennement G2a4). On a découvert également qu'Ötzi souffrait d'une prédisposition génétique à l'artériosclérose et aux maladies cardio-vasculaires[20].

Paléo-environnement[modifier | modifier le code]

Les pollens trouvés à l'intérieur du corps, prélevés par endoscopie, appartiennent à un environnement de type forestier, ceux contenus dans son estomac indiquent qu’il a pris son dernier repas à basse altitude, au printemps. Ceux trouvés dans ses vêtements (17 espèces d’arbres et d’arbrisseaux, 30 espèces de bryophytes), ainsi que deux grains de blé, deux prunelles, des résidus de feuilles (érable) et de bois (if, mélèze, noisetier, tilleul, bouleau) indiquent que son clan vivait dans une zone de moyenne montagne sur les bords du lac de Constance. Ceux contenus dans la neige l'entourant sont typiques de la fin d’été ou du début d’automne[5],[21]. Les détails de la facture de ses vêtements ont fourni d'abondantes observations et correspondent à ceux d'une longue tradition alpine. Il en est de même de l'outillage très complet qu'il avait emporté avec lui[18].

La mort d'Ötzi[modifier | modifier le code]

Le mémorial d'Ötzi.

L'examen aux rayons X (révélant une pointe de silex d'une flèche ayant transpercé l'omoplate) et les expérimentations avec l'arc ont montré qu'Ötzi a été frappé de dos, de haut en bas, à une distance de 30 à 40 mètres, donc il devait se tenir accroupi ou agenouillé, ou debout en contrebas du tireur[22].

Ceci rappelle une gravure figurant sur un menhir contemporain d'Ötzi conservé dans une église de la vallée au village de Laces, dans laquelle on voit un homme abattu de dos par un agresseur qui lui tire une flèche, comme le montre un reportage de la National Geographic Society[11]. La mort d'Ötzi, chef important comme le prouve sa hache de cuivre, était-elle déjà entrée dans la légende, au point d'être gravée dans la pierre, se demande le professeur qui intervient dans ce film.

Plusieurs hypothèses se sont succédé pour expliquer sa mort[23] :

  • Ötzi était un berger qui se serait perdu dans le froid car il a été retrouvé près d'un chemin de transhumance ; cette première hypothèse est infirmée par l'absence d'excréments de troupeaux ainsi que par la possession d'une hache et de divers éléments tels des champignons médicinaux.
  • Ötzi était un marchand forgeron ambulant et guérisseur qui aurait dû fuir suite à un échec ; cette hypothèse ne correspond pas avec une blessure à la main typique des guerriers, ainsi qu'avec la répartition des éléments radioactifs présents dans ses dents, plus en rapport avec une vie sédentaire.
  • Selon une hypothèse actuelle, Ötzi, qui était armé d'une hache en cuivre, aurait été un membre influent (roi, chamane) de sa tribu, située à la frontière formée par la crête des Alpes[24], dont la sépulture aurait été placée intentionnellement sur une plate-forme rocheuse de cette frontière, le corps ayant ensuite glissé à cause de la fonte partielle de la neige qui l’entourait[25].
  • Selon une autre hypothèse, sa mort au niveau d'un col (frontière entre deux clans vivant dans des vallées voisines) témoignerait d'un combat entre ces deux clans, comme le montrent les traces de sang trouvées sur le manteau, les flèches et la lame du couteau d'Ötzi, traces de sang appartenant à quatre personnes différentes.

L'autopsie a montré qu’il n'était pas mort de faim (son tube digestif comportant des restes de farines et de cerf), ni d'un accident ou d'une chute. En juillet 2001, des scientifiques italiens ont trouvé une blessure dans l'épaule près du poumon gauche d'Ötzi, infligée par une pointe de flèche. L'étude de la blessure montre qu'elle aurait pu atteindre l'artère sous-clavière irriguant le bras, et que Ötzi aurait pu se vider de son sang très rapidement. L'ossification mise en évidence par la radiographie met cependant en évidence que cette blessure était ancienne. L'état de ses ongles (présence de stries témoignant d'un arrêt, puis d'une reprise de croissance) laisse également penser qu'il a été malade quelques jours ou semaines avant de mourir.

Une étude réalisée par des chercheurs suisses de l'université de Zurich en collaboration avec des chercheurs italiens a pu lever le voile sur cette énigme vieille de plus de 5 000 ans grâce à un tomographe. Les résultats de l'étude[26] ont été publiés dans Journal of Archaeological Science et ont été évoqués dans l'édition de juillet 2007 du magazine National Geographic. L'hypothèse d'une mort rapide due à une flèche semble confirmée. Le projectile aurait touché une artère proche de l'épaule et provoqué une hémorragie fatale. Une observation par microscope à force atomique en 2012 sur des globules rouges issus d'une plaie de sa main droite — les cellules sanguines les plus anciennes jamais découvertes par des scientifiques à ce jour — suggère au contraire que l’agonie d'Ötzi a duré plus longtemps qu'estimé (présence de quantité importante de fibrines)[27].

Au-delà de l'analyse des causes de sa mort, l'étude de la dépouille d'Ötzi reste l'une des plus importantes sources de connaissance du mode de vie des hommes de cette époque de la Protohistoire.

Le musée de Bozen-Bolzano[modifier | modifier le code]

L'homme des glaces repose dans une chambre froide du musée archéologique de Bozen-Bolzano, en Italie. Ötzi y est présenté au public dans une vitrine spéciale : posé sur une balance pour contrôler son poids (21,118 kg), reposant sur un drap vert de chirurgie, au centre d'une chambre froide à moins 6 °C et avec une humidité relative à 98 %, Ötzi est enveloppé dans un drap tous les quinze jours pour assurer sa conservation[9]. L'état particulièrement bon de conservation du corps rend cette vision très réaliste, ce qui pose de façon assez crue un problème éthique quant à la présentation de la mort au musée. À cette occasion, il a fallu également mener une réflexion de fond sur la double nature d'Ötzi, à la fois document archéologique exceptionnel et être humain décédé[18].

La « malédiction » d'Ötzi[modifier | modifier le code]

Reconstitution d'Ötzi : bonnet en peau d'ours brun, manteau de fourrure et pantalon en peau de chèvre, couche de foin dans des languettes de peau protégeant des mocassins en cuir de cerf avec des semelles en cuir d'ours, ceinture en peau de veau ; amulette, hache en bronze.
Naturhistorisches Museum de Vienne.

Les médias ont colporté la légende d'une prétendue malédiction d'Ötzi, faisant écho à la malédiction de Toutânkhamon. Sept personnes liées de près ou de très loin à la découverte d'Ötzi sont mortes depuis :

  • Le touriste allemand, Helmut Simon qui a découvert la momie, meurt à 67 ans en 2004 lors d'une randonnée.
  • Dieter Warnecke, guide de haute montagne parti à la recherche d’Helmut Simon, meurt d’une crise cardiaque à 45 ans.
  • L'archéologue Konrad Spindler qui a été le premier à examiner la momie, meurt à 55 ans d'une sclérose en plaques. Selon le quotidien britannique Guardian, Konrad Spindler avait déclaré en plaisantant : « La prochaine victime pourrait être moi. »
  • Le chef de la mission scientifique consacrée à Ötzi, Rainer Henn, meurt à 64 ans dans un accident de voiture, alors qu'il allait donner une conférence sur le sujet.
  • Le guide de montagne Kurt Fritz, qui a emmené le journaliste Rainer Hoezl auprès de la momie, meurt à 52 ans dans une avalanche.
  • Le journaliste Rainer Hözl, meurt à 47 ans d'une tumeur au cerveau.
  • Le spécialiste en chimie moléculaire, Tom Loy, 63 ans, découvert décédé le 21 octobre 2005 à son domicile de Brisbane, en Australie. L'archéologue souffrait d'une infection du sang depuis une douzaine d'années. Sa maladie avait été diagnostiquée peu après que son chemin eut croisé celui de la momie congelée. Il terminait un livre consacré justement à Ötzi.

La malédiction est considérée par de nombreux observateurs et paléoanthropologues comme une pure construction médiatique (rumeur apparue après le quatrième décès, celui d’Helmut Simon) issue des débats entre spécialistes autrichiens et italiens et une série de coïncidences ne devant rien aux phénomènes paranormaux[28]. Selon Angelika Fleckinger, directrice du musée de Bolzano, « cette histoire de malédiction est un phénomène intéressant qui en dit long sur la difficulté qu'ont nos sociétés à regarder la mort. Beaucoup de gens voient un cadavre pour la première fois au musée. Ça touche, évidemment »[29].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Libération, 13 juin 1995 : Jean-Paul Demoule : pourquoi Hibernatus nous fait-il fantasmer ?.
  2. a et b (en) Ewen Callaway, « World's oldest tattoos were made of soot », New Scientist,‎ 15 juillet 2009 (lire en ligne)
  3. Les mésaventures - Ötzi
  4. (de) Elisabeth Rastbichler Zissernig, Der Mann im Eis, The Innsbruck University Press, 2006, p. 14
  5. a et b (en) Klaus Oeggl et coll, « The reconstruction of the last itinerary of « Ötzi », the Neolithic Iceman, by pollen analyses from sequentially sampled gut extracts », Quaternary Science Reviews, vol. 26, no 7,‎ avril 2007, p. 853-861 (lire en ligne)
  6. Ötzi, 5 300 ans et les dents du bonheur
  7. Précision sur la datation de Ötzi
  8. Des momies andines vieilles de 6 000 ans
  9. a et b Natalie Levisalles, « Eurêka. Les pièces célèbres des musées scientifiques », sur liberation.fr,‎ 14 juillet 1998
  10. (de) Konrad Spindler, Der Mann im Eis, Springer,‎ 1995 (ISBN 978-3-211-82626-3), p. 75
  11. a, b et c DVD La mystérieuse histoire d'Ötzi. La momie des glaces, éd. National Geographic, coll. Les grandes énigmes de notre histoire, 2008
  12. (en) Hollemeyer, K., Altmeyer, W., Heinzle, E. et Pitra, Ch. (2008) - « Species identification of Oetzi's clothing with matrix-assisted laser desorption/ionization time-of-flight mass spectrometry based on peptide pattern similarities of hair digests », Rapid Communications in Mass Spectrometry, vol. 22, 18, pp. 2751-2767. (résumé (en))
  13. MALDI-TOF Mass Spectrometry Of Ötzi/Oetzi The Iceman’s Clothing
  14. (en)Otzi the Iceman. What have archaeologists learned about the Iceman ?
  15. (en) Paul Gostnera et col, « New radiological insights into the life and death of the Tyrolean Iceman », Journal of Archaeological Science,‎ 17 août 2011 (DOI 10.1016/j.jas.2011.08.003)
  16. Ötzi avait des possibles origines corses, Cyrille Vanlerberghe, Le Figaro.fr, 29 février 2012
  17. a et b L. Renaut, « Les tatouages d’Ötzi et la petite chirurgie traditionnelle », L’Anthropologie 108 (2004), pp. 69–105 résumé en ligne
  18. a, b et c Histoire de l'humanité, t. II, « De 3000 à 700 av. J.-C. », éditions UNESCO, 2001, pp. 3-12. (ISBN 92-3-202811-5)
  19. Dernières nouvelles d'Ötzi, l'homme des glaces sur http://www.hominides.com
  20. L'ADN de l'homme des glaces a parlé !, article du Point, 5 mars 2012.
  21. Sigmar Bortenschlager & Klaus Oeggl, The Iceman's environment, The Iceman and his Natural Environment : Palaeobotanical Results, 2000, p. 11-24
  22. C. Casseyas, « Mais où est la corde de l’arc d’Ötzi ? Expérimentations avec la corde dite de l’arc de la momie des glaces », Bulletin de la société royale belge d’études géologiques et archéologiques, n° 39, 2004, pp. 49-58
  23. Noel Dockstader, documentaire Ötzi, autopsie d'un meurtre, 2008.
  24. Jean Guilaine, Caïn, Abel, Otzi : L'héritage néolithique, Gallimard, 2011.
  25. (en) A. Vanzetti & et col, « The Iceman as a burial », Antiquity, vol. 84, no 325,‎ 2010, p. 681
  26. Patrizia Perntera, Paul Gostnera, Eduard Egarter Viglb and Frank Jakobus Rühli, « Radiologic proof for the Iceman's cause of death (ca. 5’300 BP) », Journal of Archaeological Science, 2007
  27. (en) M. Janko, R. W. Stark et A. Zink, « Preservation of 5300 year old red blood cells in the Iceman », Journal of The Royal Society Interface,‎ 2 mai 2012 (DOI 10.1098/rsif.2012.0174)
  28. Guy Benhamou, Johana Sabroux, La malédiction de la momie d'Otzi : 7 morts mystérieuses autour d'une momie de 5300 ans, Éd. Plon, 2006, 235 p.
  29. Article du Monde, « La malédiction de la momie », paru dans l'édition du 30 décembre 2005.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J. Dickson, K. Oeggl, L. Handley, « Qui était Ötzi, l'homme des glaces ? », in Les maux de nos ancêtres, Dossier « Pour la science », janvier-mars 2006, p. 64-69.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]