Malédiction du pharaon

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Masque funéraire en or de Toutânkhamon.

La malédiction du pharaon, appelée aussi malédiction de Toutânkhamon, est une légende contemporaine ayant pris naissance au début du XXe siècle. On ne sait pas exactement qui en est l'initiateur, mais les médias et les journaux de l'époque en ont fait une légende.

Elle prétend que certains membres de l'équipe d'archéologues ayant exhumé la momie du pharaon Toutânkhamon seraient morts de cause surnaturelle suite à une malédiction du souverain défunt. En effet, plusieurs membres de l'équipe sont décédés quelques années après la découverte et notamment le plus illustre, Lord Carnarvon, le commanditaire des fouilles.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Portrait de Lord Carnarvon.

Tout commence par la mort du canari de Howard Carter, avalé par un cobra qui s'était glissé dans sa cage à quelques jours de l'ouverture du tombeau. Le cobra étant « le serpent des pharaons », les ouvriers locaux (employés par Carter pour ses fouilles) y voient un mauvais présage. Puis, au milieu de mars 1923, Carnarvon est pris de fièvres, frissons, sueurs : les médecins accusent une piqûre de moustique au visage, égratignée en se rasant, qui se serait infectée et, doublée d'une pneumonie, aurait provoqué une septicémie mortelle.

La presse, au courant de la mort curieuse du canari, voit en Lord Carnarvon la première victime d’une malédiction. Les journalistes arrivent, en douze ans, à une liste de 27 personnes proches de l'expédition, mortes de causes suspectes pouvant être mises en rapport avec la découverte du tombeau. Arthur Conan Doyle, adepte du spiritisme, est l'un des premiers à propager cette « malédiction du pharaon » provoquée selon lui par les sorts magiques jetés par les prêtres[1] pour protéger la sépulture, tandis qu'Agatha Christie s'en inspire dès 1923 pour écrire L'Aventure du tombeau égyptien[2].

De nombreuses théories farfelues tentant d'expliquer la malédiction voient alors le jour : gaz mortels dégagés par les bandelettes de la momie imprégnés par les embaumeurs d'huile d'amande douce s'étant transformée en acide cyanhydrique, bougie de cire enduite d'arsenic, capsules à base de blé parasitées par le champignon Claviceps purpurea responsable de la maladie de l'ergot de seigle, concentration de radioactivité, etc.[3].

Parmi les victimes, on dénombre un taux élevé de pneumonies asphyxiantes. Le docteur Geoffrey Dean de l'hôpital de Port Elizabeth, en Afrique du Sud croit que les morts sont les victimes d'un virus présent dans ce tombeau resté fermé plus de 3 000 ans. Mais cette hypothèse a fait son temps, puisque les virus pathogènes pour l'homme ne peuvent survivre que dans des milieux vivants et non dans les chairs mortes. Le docteur Caroline Stenger-Philipp a fourni une explication plausible à cette série de morts mystérieuses en 1985 suite à la restauration de la momie de Ramsès II[4] : l'analyse de la momie révèle en effet la présence d'éléments de propagation de nombreux champignons. Or d’après les descriptions de Carter, la tombe de Toutânkhamon était suffisamment humide pour abriter de tels champignons. Il décrit même « des cultures de champignons » apparaissant sur les murs de la chambre funéraire, « où elles étaient si nombreuses qu'elles causaient un grand défigurement », ajoutant qu’« il règne dans ces sépultures un air suffocant. Infestée des exhalaisons des cadavres, une poussière fine s'élève sous les pas et irrite les poumons[5] ».

Tissus infectés par Histoplasma capsulatum.

D’après les indices en la possession de Caroline Stenger-Philipp, les véritables coupables seraient des substances organiques (fruits ou légumes) présentes dans la tombe ; au cours des siècles, ces produits, censés servir de nourriture au pharaon « pendant son voyage vers l’éternité », se sont décomposés et ont formé de la moisissure qui s'est décomposée en particules de poussière organique fortement allergènes.

La maladie des archéologues est « une pneumonie à précipitines, un conflit immuno-allergique dû à l'inhalation de particules d'origine animale ou végétale dotées de propriétés antigéniques » correspondant à une alvéolite allergique extrinsèque. L'histoplasmose, maladie provoquée par un champignon nommé Histoplasma capsulatum et qui se caractérise par une pneumonie aiguë, est évoquée mais Histoplasma capsulatum n'a pu se développer dans le tombeau hermétique. L'analyse fongique de la momie de Ramsès II révèle en fait la présence de nombreux champignons (basidiomycètes, ascomycètes de type Aspergillus) et des bactéries (Pseudomonas ou Staphylococcus[6]) dangereux pour la santé de l'homme (spores ou composants allergiques) : Aspergillus niger ou Aspergillus flavus, moisissures fréquemment retrouvées sur des momies, semblent être les candidats les plus sérieux à l'origine de la « malédiction du pharaon »[7].

Toutefois, pendant les semaines qui suivirent la découverte du tombeau, une foule de curieux s'y précipitèrent dont de nombreux archéologues, égyptologues, photographes, dessinateurs, ouvriers, notables locaux et même la reine de Belgique, or rien de fâcheux ne leur arriva. Une chose est sûre, Howard Carter (le découvreur du tombeau) et Lady Evelyn Herbert (la fille de Lord Carnarvon), qui avaient tous deux passé beaucoup de temps dans le tombeau, ne moururent que de longues années plus tard.

Chronologie des actions et des décès[modifier | modifier le code]

Howard Carter en 1924.

Découvertes

Décès

  • 5 avril 1923 : décès de Lord Carnarvon, 4 mois et 7 jours après l'ouverture de la tombe, à l'âge de 57 ans, suite à une piqûre de moustique[8];
  • mai 1923 : décès du professeur La Fleur, archéologue canadien, ami intime de Carter ;
  • 16 mai 1923 : décès du financier George Jay Gould I d’une pneumonie suite à une fièvre contractée après la visite de la tombe ;
  • 26 septembre 1923 : décès du jeune demi-frère de Lord Carnarvon, le colonel Aubrey Herbert, six mois après la mort de son frère ;
  • 1924 : le professeur Hugh Evelyn-White, collaborateur de Carter qui fut un des premiers à pénétrer dans la chambre mortuaire ; souffrant de dépression nerveuse, se pend ;
  • 1924 : décès d'Archibald Douglas Reed, le radiologiste employé du gouvernement égyptien, qui reçut l'ordre de radiographier la momie de Toutânkhamon ;
  • 1926 : décès de l'infirmière qui avait soigné Lord Carnarvon ;
  • 1928 : le savant Arthur C. Mace (1874-1928), archéologue anglais, qui aida Carter à abattre le mur de la chambre mortuaire, meurt sans aucune cause apparente ;
  • 1929 : décès du secrétaire de Carter, Richard Bathell, 35 ans, trouvé mort dans son lit, apparemment d'un accident vasculaire ;
  • 2 décembre 1935 : décès à New York de James Henry Breasted, égyptologue américain, suite à une infection par streptocoque ;
  • 2 mars 1939 : décès d'Howard Carter, à l'âge de 64 ans ;
  • 1967 : Mohammed Mehri, directeur du département des antiquités égyptiennes au musée du Caire, décède subitement d'une hémorragie cérébrale après avoir signé l'accord de sortie du trésor de Toutânkhamon pour l'exposition au Petit Palais à Paris ;
  • 1969 : décès de Lady Almina, veuve de Lord Carnarvon à l'âge de 92 ans.
  • février 1972 : Gamal Mehrez, successeur de Mohammed Mehri, décède à 52 ans, également d'une hémorragie cérébrale juste après la signature pour une exposition à Londres.
  • 1980 : décès de Lady Evelyn Herbert à l'âge de 79 ans.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

La malédiction en littérature[modifier | modifier le code]

La malédiction en films[modifier | modifier le code]

  • La Malédiction du pharaon (Manhattan Baby), film italien de Lucio Fulci, 1982
  • La Momie (The Mummy), film américain de Karl Freund, sorti en 1932
  • Code Quantum (saison 4 épisode 21 : La Malédiction du Pharaon / The Curse of Ptah Hotep)
  • La Momie (The Mummy), film américain de Stephen Sommers, sorti en 1999, remake du précédent.

La malédiction en jeux[modifier | modifier le code]

  • Pour Windows, la malédiction du pharaon est aussi un jeu original qui combine jeu de plateforme et puzzles. En utilisant marteaux, pioches, pelles ou perceuses pour briser les murs qui renferment de l'or ou des bonus, on collecte tout l'or d'un niveau pour accéder au suivant. Il y a 70 niveaux et des momies en pagaille pour empêcher de réfléchir et de progresser.
  • Livre dont vous êtes le héros[9] : Le tombeau d'un grand pharaon est enfoui sous les sables brûlants du désert. D'immenses richesses attendent celui qui les découvrira. En arrivant à déjouer les traîtrises, à vaincre le terrible désert, à trouver le bon chemin menant à la chambre funéraire, dans la pyramide du pharaon, peut-on cependant échapper à la Malédiction du Pharaon ?
  • Dans le jeu League of Legends, la malédiction d'Amumu est le sort ultime de l'un des personnages du jeu, une momie enfantine et mélancolique. Ce sort entrave les ennemis proches dans des bandelettes, en infligeant des dégâts et en les empêchant d'attaquer et de se déplacer.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Contrairement à d'autres tombes, celle de Toutânkhamon n'avait pas sur ses murs de formules de malédictions
  2. (en) James Hamilton & Paterson Carol Andrews, Mummies: Death and Life in Ancient Egypt, Collins,‎ 1978 (ISBN 0-00-195532-2), p. 196
  3. La découverte du siècle
  4. Dominique Legrand, « La malédiction du pharaon », sur Le Soir,‎ 20 avril 2011
  5. La fabuleuse découverte de la tombe de Toutânkhamon d'Howard Carter
  6. (en)Brian Handwerk, Curse of the Mummy sur National Geographic
  7. Stéphane Bern, « Toutankhamon : un trésor de Pharaon », émission Secrets d'histoire sur France 2, juillet 2011
  8. " Carnarvon Is Dead Of An Insect's Bite At Pharaoh's Tomb. Blood Poisoning and Ensuing Pneumonia Conquer Tut-ankh-Amen Discoverer in Egypt. ", New York Times (April 5, 1923).
  9. Livre dont vous êtes le héros, Éditeur : Gallimard Jeunesse, collection Folio Junior, (ISBN 2-07-054404-4)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]