Porte-jarretelles

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Porte-jarretelles en dentelle avec quatre jarretelles

Le porte-jarretelles est un sous-vêtement féminin. Pièce de lingerie, il s'apparente à une ceinture entourant la taille ou reposant sur les hanches. Il est muni de paires de jarretelles (le plus souvent 2 ou 3), avec des petites attaches[1] en plastique ou en métal aux extrémités, servant à soutenir les bas « simples ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Une légende[2] lancée par l'écrivain et dessinateur Jacques Lob dans le magazine Pilote puis plus tard dans L'Écho des savanes, en attribue la paternité à Gustave Eiffel, c'était un canular[3]. Une autre légende, selon Thomas de Quincey, attribue l'invention d'un porte-jarretelles tendu par des ressorts à Emmanuel Kant pour pouvoir se promener dans les rues de Königsberg sans perdre ses bas de soie[4]. En réalité, c'est en 1876 que Féréol Dedieu, corsetier, tente de remettre au goût du jour un système d'attache des bas en vogue sous Louis XIV pour des raisons ... médicales[2],[5]. En effet, les jarretières posaient des problèmes de circulation sanguine à certaines femmes. Jugé inesthétique, ce système fut tout d’abord boudé. Lorsque la mode imposa le corset qui s’ornait de jarretelles pour soutenir les bas, ce furent tout d’abord les Anglaises qui l’adoptèrent à partir de 1893.

La jarretelle est une modernisation de la jarretière. Une jarretelle est un ruban élastique muni d’une pince à l'une de ses extrémités et servant à fixer les bas à la gaine ou au porte-jarretelles. L'utilisation veut que la culotte soit portée par dessus l'ensemble porte-jarretelles/bas afin de faciliter l'usage des toilettes sans avoir à démonter le tout.

Paul Poiret, grand couturier français des années 1930, contribuera à donner au porte-jarretelles ses lettres de noblesse. L’affiche du film L'Ange bleu sur laquelle on voit Marlène Dietrich vêtue de bas dans une pose provocante contribua également à lancer cette pièce de lingerie. Mais les privations de la Seconde Guerre mondiale et l’absence de bas portent un coup d’arrêt à son développement.

Après la Guerre, les Américains répandent les bas nylons. Marcel Rochas crée la guêpière. La mode change et le porte-jarretelles a mauvaise réputation, devenant le signe de reconnaissance de la prostituée. Pendant les années 1960, la minijupe s'accommode mieux du collant, plus pratique et moins voyant.

Dans les années 1970, Chantal Thomass, entre autres, réintroduisit la lingerie sexy et sophistiquée pour les femmes élégantes. Les années 1980 sont celles du redémarrage du porte-jarretelles.

Jusqu'à l'apparition du collant, à la fin des années 1960, la fonction du porte-jarretelles est utilitaire. Depuis lors, il est porté dans un but de séduction ou d'érotisme et est devenu un puissant symbole de féminité. De nos jours, les femmes qui utilisent le porte-jarretelles sont généralement reconnues pour leur charme, leur élégance, leur raffinement, voire leur sophistication. Associé à la volonté de séduction de celles qui le portent, le porte-jarretelles est l'objet de fantasmes, voire de fétichisme de la part de beaucoup d'hommes.

Le porte-jarretelles regagne depuis quelques années la faveur des jeunes femmes, surtout depuis la vague de la mode porno chic ainsi que du New burlesque. En France 10 à 15 % des femmes déclarent en porter[réf. nécessaire]. Sa présence fréquente dans les rayons des supermarchés, et non plus exclusivement dans les boutiques de lingerie, en est la démonstration.

Le serre-taille et la guêpière sont deux pièces de lingerie proches du porte-jarretelles.

Serre-taille[modifier | modifier le code]

Serre-taille de nos jours

À l'origine, un serre-taille (« Waspie » ou « Waist cincher ») est un petit corset permettant de maintenir la taille[6] et le ventre, voire de donner une taille de guêpe, sans prendre le buste, et dépourvu de jarretelles. Il n'avait pas fonction de soutenir la poitrine.

De nos jours, par extension, un serre-taille ou galbe taille est un porte-jarretelles, avec une ceinture haute, se portant au-dessus des hanches[7]. Devenu plus confortable par l'utilisation de baleines en plastiques et l’absence de busc rigide (un simple renfort en tissu ou plastique peut le remplacer), il permet malgré tout d'affiner la taille et maintenir le ventre. Pourvu de 2 à 3 paires de jarretelles, des modèles comportent jusqu'à 6 paires.

La vague du shapewear et du New burlesque a poussé certains fabricants de lingerie[8] à proposer systématiquement ce type de modèle dans leurs gammes de produits, en plus du porte-jarretelles ou de la guêpière.

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Marlene Dietrich dans le film L'Ange bleu (1930).

Certains films, à l’instar de L'Ange bleu (1930) où Lola-Lola montre ses jarretelles, contribuent à populariser cet accessoire. Dans En cas de malheur (1958) Brigitte Bardot soulève sa jupe dans le bureau de Jean Gabin et ses jarretelles apparaissent subrepticement[9].

En 1963 dans Hier, aujourd'hui et demain, Sophia Loren dévoile sa lingerie[10] et détache son porte-jarretelles[11] devant Marcello Mastroianni. Trente ans plus tard, les deux protagonistes interprètent une scène similaire avec humour dans Prêt-à-porter de Robert Altman.

Dans Belle de Jour (1967), la très élégante Catherine Deneuve laisse voir son porte-jarretelles[12],[13] lors de ses journées de travail dans une maison de rendez-vous.

Dans les années 80 c'est Kim Basinger qui se déshabille langoureusement dans 9 semaines 1/2 et laisse apparaître furtivement les jarretelles retenant ses bas[14].

En 1992, Emmanuelle Seigner apparaît dans Lunes de fiel en talons aiguilles, bas et porte-jarretelles sous un imperméable. On peut également citer Talons aiguilles où les hommes qui se travestissent en femme commencent toujours par mettre un porte-jarretelles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire du porte-jarretelles
  2. a et b Claire Mabrut, Vincent Le Bee, Les dessous chics, Hugo & Compagnie, 2005 (ISBN 2755600489)
  3. Thomas Baumgartner : « La véritable histoire du porte-jarretelles inventé par Gustave Eiffel ». ARTE Magazine (12/09/05)
  4. Georges Picard, De la connerie, José Corti Editions,‎ 1994, p. 14
  5. Liliane Sztajn, Histoires du porte-jarretelles, La Sirène Sources, coll. « Sirène Bx Livre », 1996 (ISBN 2847870040)
  6. Corset, bustier, guêpière ou serre taille ? 18 février 2011
  7. Serre-taille : ne pas confondre avec un porte-jarretelles à la ceinture haute et des jarretelles courtes se portant sur le hanches par dessus la culotte, plus proche de la gaine.
  8. fabricants de serre-taille, comme Lise Charmel ou What katie Did.
  9. extrait du film « en cas de malheur »
  10. http://www.imdb.com/media/rm2465906176/tt0057171
  11. http://www.dailymotion.com/video/x7sq7z_sophia-loren-scene-culte_shortfilms
  12. image du film "Belle de jour"
  13. extrait du film "Belle de jour"
  14. http://www.vodkaster.com/Films/9-semaines-1-2/9787

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claire Mabrut, Vincent Le Bee, Les dessous chics, Hugo & Compagnie, 2005 (ISBN 2755600489)
  • Inconnu, Lingerie, Parkstone, 2005 (ISBN 1859959687)
  • Liliane Sztajn, Histoires du porte-jarretelles, La Sirène Sources, coll. « Sirène Beaux Livres », 1996 (ISBN 2847870040)

Article connexe[modifier | modifier le code]