Victor Vignon

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Victor Alfred Paul Vignon, né le à Villers-Cotterêts (Aisne) et mort le à Meulan (Seine-et-Oise), est un peintre paysagiste et un graveur français appartenant au groupe impressionniste.

Souvent critiqué par les éditorialistes comme Roger Marx ou Félix Fénéon, l'artiste n'a pas de forte notoriété alors qu'il était très apprécié des collectionneurs[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Les Usines de Nanterre, Aix-les-Bains, musée Faure.

Victor Vignon est issu d'un milieu aisé. Sa mère, la sculptrice Marie-Noémi Cadiot, dite Madame Claude Vignon, possède un hôtel particulier que Pierre Puvis de Chavannes se charge de décorer entre 1850 et 1860[2].

Élève de Camille Corot, conseillé par Adolphe-Félix Cals, Vignon a d'abord travaillé à Clamart, puis à Bougival, puis à La Celle-Saint-Cloud où il a réalisé Saulaie à Bougival (1877), Le Chemin de la plaine à Bougival et La Route de la Jonchère à La Celle-Saint-Cloud[1]. Il déménage ensuite pour Pontoise, puis pour Jouy-le-Comte. Vers 1878-1880, on le retrouve à Auvers-sur-Oise en compagnie de Camille Pissarro, Armand Guillaumin et Paul Cézanne, où il peint des sujets identiques aux leurs : Chemin de Chaponval (1881), La Côte Saint-Nicolas à Auvers (1882), Masures à Auvers (1883)[1].

Il s'installe ensuite à Nesles-la-Vallée à Éragny et à l'Isle-Adam comme Corot[réf. nécessaire].

Vignon est très lié avec Théo et Vincent van Gogh, le docteur Paul Gachet, et le pâtissier-écrivain-peintre Eugène Murer qui lui achète quatre tableaux : Soleil couchant orageux, effet d'automne, Femme à la chèvre, matin d'hiver, Les Peupliers d'or, matin sauvage et Le Dégel[3],[4]. Il est également ami de Frédéric Samuel Cordey et Auguste Renoir.

La critique et les refus[modifier | modifier le code]

Victor Vignon est attaqué dès 1894 par Roger Marx dans la préface de la rétrospective de l'artiste organisée chez Bernheim, lui reprochant d'avoir choisi comme initiateurs les maîtres hollandais[2], Il explique ainsi pourquoi Vignon n'a été admis qu'une seule fois au Salon, en 1878, avec Les Châtaigniers un soir d'hiver et La Seine à Bougival un soir de printemps : « Cet art réaliste et réfléchi [lui] a attiré systématiquement le refus du Salon[1]. »

Félix Fénéon commente ainsi les 19 tableaux présentés par Vignon à l'exposition impressionniste de 1886 : « P. Vignon empile les rochers, arbres, et maisons, en des ensembles invariables et ternes[1] »

La huitième exposition des peintres impressionnistes[modifier | modifier le code]

En 1886, Victor Vignon demeure à Jouy-le-Comte et participe à la huitième et dernière exposition des peintres impressionnistes qui se déroule à la Maison Dorée, aujourd'hui au 20, boulevard des Italiens et 1-3, rue Laffitte à Paris. Auguste Renoir n'y participe pas, y ayant renoncé comme d'autres. Outre Vignon, sont présents : Marie Bracquemond, Mary Cassatt, Edgar Degas, Jean-Louis Forain, Paul Gauguin, Armand Guillaumin, Berthe Morisot, Camille Pissarro, Lucien Pissarro, Odile Redon, Henri Rouart, Émile Schuffenecker, Georges Seurat, qui y expose la Grande Jatte, Paul Signac, Charles Tillot, Federico Zandomeneghi.

Postérité[modifier | modifier le code]

Vignon n'a jamais connu le succès des autres impressionnistes. En 1900, c'est grâce au Docteur Viau que l'un de ses tableaux figure à l'Exposition universelle de 1900[3]. En 1903, une exposition est organisée pour lui venir en aide. Auguste Renoir conseille à Durand-Ruel de choisir parmi ses petits formats[3]. En 1910, la fille de Berthe Morisot, Julie Manet-Rouart, obtient de Renoir une toile pour la vente organisée en faveur de la veuve de Vignon[3].

Parmi les grands collectionneurs possédant des œuvres de Victor Vignon, on compte Georges Viau dont la collection sera dispersée en 1907 et 1909[5] ; Stumpf, dont la dispersion des collections, en 1906, fait apparaître une quinzaine de toiles de l'artiste[réf. nécessaire] ; Roger Marx qui possède trois tableaux de Vignon dans sa collection, dont on ignore la date d'achat[6]. Maxime Maufra lui achète une toile en 1903, La Rivière.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

En Allemagne
Au Danemark
En France
En Suisse

Estampes[modifier | modifier le code]

  • La Vache à Auvers-sur-Oise, 1893, eau-forte, 27 × 25 cm, parue dans L'Estampe Originale en 1893.
  • Nature morte, 1894, eau-forte et aquatinte.
  • Moulin à vent, eau-forte, 32 × 25 cm.

Expositions[modifier | modifier le code]

  • du 15 avril au 15 mai 1874 : 1re exposition des impressionniste organisée par le père Martin à l'atelier Nadar à Paris.
  • 1884 : galerie Georges Petit, Paris.
  • 1885 : 7e exposition des impressionnistes.
  • du 15 mai au 15 juin 1886 : 8e et dernière exposition des impressionnistes à la Maison Dorée à paris.
  • avril 1894 : galerie Bernheim Jeune à Paris, peintures et gravures.
  • du 2 au 30 avril 1901 : rétrospective, galerie Georges Petit, Paris.
  • du 25 mai au 15 septembre 2002 : Pontoise, musée Tavet-Delacour.
  • du 26 mai au 23 septembre 2007 : Pontoise, musée Tavet-Delacour.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Monneret 1987, tome II, p. 78.
  2. a et b Monneret 1987, tome II, p. 77.
  3. a, b, c et d Monneret 1987, tome II, p. 79.
  4. Monneret 1987, tome I, p. 610.
  5. Monneret 1987, tome II, p. 72.
  6. Monneret 1987, tome I, p. 506.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Cabanne et Gérard Schurr, Dictionnaire des petits maîtres de la peinture.
  • Thérése Burollet, Dictionnaire Universel de l'Art et des Artistes, Paris, Éditions Hazan, 1967.
  • Théodore Duret, Histoire des Peintres Impressionnistes, Éditions Fleury, 1922.
  • Dictionnaire Bénézit.
  • Larousse, Encyclopédie de la peinture.
  • La Chronique des Arts et de la curiosité, supplément de la Gazette des Beaux-arts de 1886-1891-1901.
  • Catalogue de la première exposition des Impressionnistes, 35 Bd des Capucines, Paris, Imp. Alcan-Lévy, 1874.
  • Benoît Noël, Jean Hournon, La Seine au temps des Canotiers, Arom-Productions, 1997, 144 p.
  • Georges Pillement, « Victor Vignon, l'impressionniste méconnu », L'Amateur d'art, no 51619, avril 1973.
  • S. Astic, « Victor Vignon, un peintre du XIXe siècle à découvrir », Vivre en Val-d'Oise, no 74.
  • Sophie Monneret, L'Impressionnisme et son époque, vol. 2, t. I, Paris, Robert Laffont, , 997 p. (ISBN 2-22105412-1).
  • Sophie Monneret, L'Impressionnisme et son époque, vol. 2, t. II, Paris, Robert Laffont, , 1185 p. (ISBN 2-22105413-X).

Liens externes[modifier | modifier le code]